La Bible — Louis Segond 1910

Ecclésiaste 1

En bref

Ecclésiaste 1 ouvre un livre de sagesse par un cri : tout est vanité. L'auteur, présenté comme fils de David et roi à Jérusalem, observe que les générations passent, que le soleil, le vent et les fleuves tournent en rond, et que rien n'est vraiment nouveau sous le soleil. Il a ensuite cherché à tout sonder par la sagesse, et conclut que cette quête, à elle seule, ne comble pas. Ce chapitre pose la question qui traverse tout le livre : que vaut une vie vécue sans regarder plus haut ?

Le chapitre en 4 parties

  1. v. 1-3Paroles de l'Ecclésiaste : vanité des vanités
  2. v. 4-11Le cycle sans fin : générations, soleil, vent et fleuves
  3. v. 12-15Une occupation pénible : sonder tout ce qui se fait sous les cieux
  4. v. 16-18La sagesse seule ne suffit pas : beaucoup de chagrin

1Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem.

2Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

3Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?

4Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.

5Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.

6Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.

7Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.

8Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire; l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.

9Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

10S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.

11On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.

12Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.

13J'ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme.

14J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.

15Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.

16J'ai dit en mon coeur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science.

17J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.

18Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

Versets clés

Verset 2
Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

Le mot traduit par vanité évoque la fumée ou le souffle : quelque chose qui ne se saisit pas et qui ne dure pas. L'auteur ne dit pas que la vie est sans valeur, mais que tout ce qu'on poursuit sans Dieu s'échappe.

Verset 3
Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?

La question du livre : quel avantage revient-il à l'homme de toute sa peine sous le soleil ? L'expression sous le soleil désigne la vie vue sans regard vers Dieu.

Verset 9
Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Rien de nouveau sous le soleil. Ce constat n'est pas un refus du progrès, mais un rappel que les mêmes questions et les mêmes limites reviennent de génération en génération.

Verset 14
J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.

Après avoir tout observé, l'auteur résume : tout est vanité et poursuite du vent. L'image dit l'effort qui ne rattrape rien, comme courir après le vent.

Verset 18
Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

Beaucoup de sagesse apporte beaucoup de chagrin. Savoir plus, c'est aussi voir plus de problèmes. Le texte ne rejette pas la sagesse mais montre qu'elle ne peut pas être une fin en soi.

Prier pour cette situation

Ce qu'en disent les prédications

Questions fréquentes sur Ecclésiaste 1

Que signifie « vanité des vanités » dans Ecclésiaste 1:2 ?

Le mot hébreu rendu par vanité signifie littéralement un souffle ou de la fumée. L'expression vanité des vanités est un superlatif : la vanité suprême. L'auteur veut dire que tout ce que l'on poursuit sous le soleil, sans Dieu, ne se saisit pas et ne dure pas. Il ne dit pas que la vie n'a aucune valeur.

Qui est l'Ecclésiaste ?

Le texte le présente comme fils de David et roi à Jérusalem. La tradition y reconnaît Salomon, connu pour sa sagesse et sa richesse, et d'autres lecteurs y voient un sage qui parle avec la voix de Salomon. Dans les deux cas, le livre est reçu comme une parole de sagesse sur le sens de la vie.

Que veut dire « rien de nouveau sous le soleil » (Ecclésiaste 1:9) ?

L'auteur constate que les mêmes cycles reviennent : les générations passent, les saisons se répètent, les mêmes questions réapparaissent. Il ne nie pas les découvertes, mais il rappelle que les limites de la condition humaine, elles, ne changent pas. Cette lucidité prépare la réponse du livre : trouver du sens dans la crainte de Dieu.

Quel est le message principal d'Ecclésiaste 1 ?

Que la vie vécue uniquement sous le soleil, par la sagesse, le travail ou le plaisir, ne comble pas le coeur. Le chapitre pose le problème, il ne donne pas encore la solution. Pour beaucoup de chrétiens, la réponse se trouve en Jésus, qui donne un sens durable à ce que l'Ecclésiaste appelle fumée.

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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.