Comment savoir si Dieu m'appelle ? Quatre repères bibliques

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Introduction

À dix-sept ans, Benjamin Short écoute pour la première fois un missionnaire raconter son appel et ses difficultés. Sa première réaction est la peur. De retour dans sa chambre, il prie : « Je suis prêt à servir, mais franchement, fais en sorte que je ne sois ni missionnaire ni pasteur. » Cinq ans plus tard, il part en Côte d'Ivoire. Il y sera missionnaire dix ans, et il est aujourd'hui pasteur depuis quatre ans. « Autant vous dire que Dieu s'est bien moqué de moi. »

Invité à la convention missionnaire de l'Église Baptiste Toulouse Métropole, il prend une question qui concerne chacun : comment savoir si Dieu m'appelle ? Il le précise d'emblée : « Ce n'est pas une prédication sur un texte, mais des critères bibliques que je veux vous partager avec ce que j'ai vécu. » Le lendemain, au culte, il ouvrira Ésaïe 6 pour parler de la réponse à l'appel.

Le message suit deux temps. D'abord se débarrasser des fausses attentes, des mythes et des peurs qui entourent l'appel. Ensuite donner des repères concrets pour le discerner, après la prière : la Parole, la conviction, les circonstances et la confirmation de l'Église.

Plan du message

1. Le remplaçant aux écouteurs

  • Imagine la finale du Top 14 avec le Stade toulousain. À la 70e minute, l'entraîneur veut faire entrer un remplaçant. Le staff court vers le banc, mais le joueur a les écouteurs sur les oreilles et regarde son téléphone. Il n'entend rien. Un autre entre à sa place et le match se joue sans lui.
  • « Il avait sa place sur la feuille de match, mais il passe complètement à côté de la raison pour laquelle il est là. » Tout le monde aimerait être à sa place, et lui regarde son téléphone au moment le plus décisif.
  • Pour Benjamin Short, nous vivons ce moment décisif. Si le monde continue, c'est parce que Dieu veut rassembler son peuple : c'est à cause de sa patience que nous sommes encore là (2 Pierre 3:15).
  • Si, à ce moment de l'histoire, nous avons nos écouteurs sur les oreilles, occupés de notre propre épanouissement, nous sommes aussi incohérents que ce remplaçant. La question ne concerne donc pas seulement ceux qui pensent partir loin : quel est ton rôle dans ce moment décisif ?

2. Le premier appel : la communion avec le Fils

  • Quand on parle d'appel, on pense spontanément au où, quand, comment : quel métier, quel service, quel pays. C'est légitime, mais la Bible commence ailleurs.
  • Paul écrit : Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur (1 Corinthiens 1:9). Cette communion, c'est la relation avec Jésus, demeurer en lui (Jean 15). C'est aussi participer à ce qu'il fait.
  • Avant de monter au ciel, Jésus dit à ses onze disciples : « Allez, faites de toutes les nations des disciples » (Matthieu 28:18-19). « Si nous ne participons pas à son œuvre, notre communion n'est qu'à moitié. » Garder « mon Jésus dans ma petite relation, dans ma chambre » en laissant son œuvre de côté, cela s'appelle rechercher son intérêt.
  • Étudiant, retraité, plombier, maman au foyer : tu es déjà appelé à vivre en communion avec lui et à le faire connaître.
  • Commencer par le où, quand, comment conduit à trois travers. Le premier : l'appel devient mon projet, et « Dieu, c'est juste un conseiller d'orientation ». Le deuxième : on attend, parfois des années, un appel pour l'autre bout du monde sans parler de Jésus à ses voisins. Le troisième : l'identité se loge dans le où, quand, comment.
  • Benjamin Short l'a vécu. Pendant dix ans, il était « le missionnaire Benjamin parmi les Jula ». Rentré en France, « j'étais plus rien ». Son identité est pourtant dans sa communion avec Jésus-Christ. C'est sur cette base solide que les questions d'un lieu, d'un rôle, d'une mission ou d'une saison deviennent légitimes.
  • Car la Bible est claire : Dieu appelle des hommes et des femmes à des missions précises. Abraham, Moïse, Gédéon, Débora, Samuel, Jonas, Marie, les douze, Paul. Et l'histoire de l'Église continue la liste, comme Hudson Taylor appelé en Chine.

3. Premier mythe : l'appel est forcément spectaculaire

  • Moïse devant le buisson ardent, Paul jeté à terre sur le chemin de Damas, Ésaïe dans le temple : ces appels attirent nos yeux. Alors on se dit : « Je n'ai jamais expérimenté ça dans ma chambre, donc je ne suis pas appelé. »
  • Mais d'autres ont été appelés par la communauté : David par Samuel, Timothée par Paul, les sept par l'Église de Jérusalem. D'autres par les circonstances : Joseph vendu par ses frères, Esther au palais, Daniel déporté à Babylone, Priscille et Aquilas chassés de Rome.
  • Le préféré du prédicateur est Néhémie, qui parle de « ce que mon Dieu m'avait mis au cœur de faire pour Jérusalem » (Néhémie 2:12). « Elle est magnifique, cette formule. »
  • À 23 ans, Benjamin Short est chargé d'affaires à la BNP. Appartement, voiture, vacances coûteuses : la vie dont rêve un jeune Parisien. Son beau-frère lui demande de venir traduire dans le nord de la Côte d'Ivoire. Il part en 2008 avec lunettes de soleil, maillot de bain et crème solaire.
  • Là-bas, il rencontre des chrétiens qui ont tout perdu à cause de Jésus, et qui chantent en priant. « Il y a un bug dans mon logiciel ou quoi ? J'ai tout ce que l'Occident veut me donner. Eux, ils n'ont rien, et ils ont une joie que je n'ai pas. » Il comprend qu'il était « un vrai touriste spirituel » et que la promesse du bonheur par la réussite est un mensonge.
  • Rentré chez lui, il demande à Dieu cette joie. Pas de voix audible, mais une soif de la Parole. Il s'inscrit à l'Institut biblique le soir et le week-end.
  • En 2010, il retourne en Côte d'Ivoire, près de la frontière du Mali, dans des villages entièrement musulmans. Il rencontre des milliers de personnes qui n'ont jamais entendu parler de Jésus. « J'ai entendu mille fois l'Évangile dans mon église, et eux n'ont même pas eu l'occasion de l'entendre une fois. »
  • Il lit des biographies de missionnaires, Hudson Taylor, William Carey et d'autres, prie deux ans, puis démissionne en 2012. « Pas de buisson ardent, pas de lumière sur la route », mais une conviction qui s'est forgée : Dieu lui avait mis quelque chose au cœur.

4. Deux autres mythes : réservé aux pasteurs, facile ou infernal

  • Deuxième mythe : l'appel serait réservé aux pasteurs et aux missionnaires. « Moi, mon appel, c'est pour Toulouse. » Le prédicateur répond : on cherche un appel sérieux pour partir, mais rarement un appel sérieux pour rester. Pour être cohérent, il faut aussi chercher si Dieu veut que tu restes là où tu es.
  • La mission doit viser d'abord les lieux où Jésus n'est pas connu. Mais Dieu a aussi appelé Betsaleel, un artisan rempli de l'Esprit de Dieu pour travailler l'or, l'argent et le bronze (Exode 31:1-6). Daniel n'était pas prêtre, il était haut fonctionnaire à Babylone.
  • « Dieu n'appelle pas que les pasteurs. » Il appelle l'enseignant, l'entrepreneur, l'artiste, le soignant, le père ou la mère au foyer. Le banquier qu'il était s'est retrouvé à élever des poules, construire une maison et diriger un hôpital, tout en partageant l'Évangile.
  • Troisième mythe : si c'est Dieu, ce sera facile, ou au contraire ce sera l'enfer. Paul veut prêcher en Asie, puis en Bithynie, et l'Esprit l'en empêche. Une vision l'appelle en Macédoine (Actes 16:6-10). Quelques jours après, à Philippes, il est battu de verges et jeté en prison, les ceps aux pieds (Actes 16:22-24). « Un appel limpide, une obéissance immédiate, le cachot au bout. »
  • Le prédicateur ne cache rien de ses débuts : paludisme, typhoïde, amibes, vers, hospitalisation et douze kilos perdus en deux mois. Il a vu des pratiques occultes et a souffert du combat spirituel.
  • Mais Dieu ne se contente pas de nous envoyer, il change ce que nous voulons : c'est lui qui produit en nous le vouloir et le faire (Philippiens 2:13). Ce que Paul regardait comme des gains, il l'a regardé comme une perte (Philippiens 3:7).
  • « Aujourd'hui, je rêverais de pouvoir revivre ces moments-là. » Il ne cherche pas la souffrance, mais il croit que dans la souffrance pour le Seigneur, on goûte une communion avec Jésus-Christ que l'on ne trouve nulle part ailleurs, comme les apôtres qui se réjouissaient d'avoir souffert pour son nom (Actes 5:41).

5. Avant tout critère : prier sérieusement

  • Pour expliquer les critères, Benjamin Short raconte un vol retour de Côte d'Ivoire. Au-dessus de Roissy, dans le brouillard, l'avion remet les gaz à cent mètres du sol : l'instrument qui permet d'atterrir sans visibilité ne fonctionne pas. Détour par Toulouse, réparation, puis atterrissage à Paris.
  • Un pilote a besoin de ses sensations, mais seules, elles le trompent. Il a besoin de ses instruments, de la tour de contrôle, qui ne pilote pas à sa place, et de la visibilité. « Il doit tout croiser, tout concorder. » Il en va de même pour l'appel : la Parole est la piste, la conviction correspond aux sensations, les circonstances aux instruments et à la visibilité, l'Église à la tour de contrôle.
  • Mais avant tout cela vient la prière. Un jeune lui confie qu'il pense avoir un appel. En creusant, le pasteur découvre qu'il prie pour cela trois secondes chaque matin. « Écoute, mon ami, ce n'est pas ça, prier. »
  • Néhémie a prié quatre mois avant de partir. Jésus a passé toute la nuit à prier avant de choisir les douze (Luc 6:12-13). Si quelqu'un manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu (Jacques 1:5). Charles Spurgeon disait que Dieu a établi la prière pour agir : le peuple prie et, dans sa souveraineté, Dieu agit.
  • En Côte d'Ivoire, l'équipe creuse un puits à la pioche : trente mètres, pas d'eau, puis quinze mètres à côté, toujours rien. Un ami avec qui il travaillait lui dit : « Benjamin, on va vraiment prier. » Ils prient de 20 h à 22 h 30, sous la lune, en plaidant chaque aspect et en nommant les habitants du village. La semaine suivante, une foreuse arrive et l'eau jaillit à quinze mètres.
  • Plus tard, les premiers convertis voient leurs champs brûlés, et plus personne n'accepte qu'on s'assoie à côté d'eux pour parler de Jésus. La petite communauté d'une vingtaine de personnes prie de 23 h à 5 h du matin, « sobrement, pour tous les quartiers ». Le lendemain, en allant acheter son pain, le missionnaire est invité par une vingtaine d'hommes : « C'est qui, ton Jésus ? » Le soir même, l'un d'eux se met à genoux et accepte Jésus-Christ. « Vous pensez que c'est un hasard ? »

6. La piste et les sensations : est-ce biblique ? Est-ce que ça dure ?

  • Premier critère : est-ce biblique ? C'est la piste. Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier (Psaume 119:105). « C'est une lumière qui éclaire vos pieds, ce n'est pas un projecteur. » La Bible ne te dira pas si tu dois partir au Sénégal ou rester à Toulouse.
  • Elle trace pourtant deux choses avec précision. D'abord les limites : Dieu ne t'appellera jamais à désobéir à sa parole. À l'homme qui voulait partir en mission en laissant sa femme et ses enfants se débrouiller, Paul répond que celui qui ne prend pas soin des siens a renié la foi (1 Timothée 5:8).
  • Ensuite le caractère : Dieu ne te dit peut-être pas où aller, mais il te dit qui devenir. Si ton appel ne te rend pas irréprochable, sobre, hospitalier, doux et désintéressé (1 Timothée 3:2-3), « Dieu a besoin de s'occuper de vous avant de votre destination ».
  • Deuxième critère : la conviction intérieure. Paul dit : « Lié par l'Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m'y arrivera » (Actes 20:22). Il savait qu'il allait souffrir, et il avait une conviction accompagnée d'une paix profonde.
  • Le prédicateur fait attention au mot paix. Avoir la paix ne veut pas dire ne pas avoir peur : « J'avais peur d'aller dans ce village en Côte d'Ivoire, mais j'avais la paix et la conviction que Dieu me voulait là-bas. »
  • Seule, la conviction peut venir de nos désirs, de notre fatigue ou de notre orgueil, comme les sensations du pilote dans les nuages. La question est donc : est-ce que ça dure ? Un jeune homme, « chaud bouillant » pendant une convention, était sûr de devoir partir en Turquie ; au péage de l'autoroute, sur le chemin du retour, la conviction était déjà un peu retombée. Il ne s'agit pas d'une émotion, mais de « quelque chose que vous avez en vous qui ne vous lâche pas ».

7. Les instruments et la tour de contrôle : est-ce que ça s'ouvre ? D'autres le voient-ils ?

  • Troisième critère : les circonstances. Les portes fermées en Asie et en Bithynie ont conduit Paul en Macédoine. Parfois l'appel passe par une conviction intérieure, comme le premier départ de Benjamin Short. Parfois il passe par les circonstances, comme son appel à être pasteur en France.
  • Il n'avait aucun désir de rentrer. La maladie de sa femme et la scolarité de sa fille l'y ont obligé. « J'étais au fond du trou. » Quatre ans plus tard, il reconnaît que Dieu a permis ces épreuves : sans elles, « par orgueil, on serait restés » à faire un travail que les Ivoiriens pouvaient faire eux-mêmes.
  • « Si nous croyons à la souveraineté de Dieu, alors vivons-le. » Tes circonstances ne surprennent pas Dieu. Même quand cela fait mal, il te fraye un chemin. Mais elles ne doivent pas guider seules.
  • Quatrième critère : la confirmation. Est-ce que d'autres le voient ? À Antioche, pendant que l'Église adore et jeûne, le Saint-Esprit dit : « Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. » Après avoir jeûné et prié, ils leur imposent les mains et les laissent partir (Actes 13:1-3). Paul était appelé depuis le chemin de Damas, plus de dix ans auparavant, mais c'est l'Église réunie en prière qui entend l'Esprit et qui envoie.
  • Côté dons : si tu penses être appelé à enseigner, les gens viennent-ils te demander d'expliquer un texte ? Quand tu prêches, t'écoutent-ils ou regardent-ils leur montre ? « Les dons que Dieu donne, les autres finissent par les voir. »
  • Côté responsables : en 2010, Benjamin Short a consulté son pasteur, ses parents, son responsable de groupe de maison, les anciens et le conseil. Ils lui ont dit : « Oui, Benjamin, on pense que tu es appelé à partir. » Ce critère est libérateur : la mission n'est plus une aventure personnelle, mais une aventure collective dont l'Église porte la responsabilité avec toi.
  • Il faut aussi être prêt à entendre un non. Un jeune homme convaincu d'être appelé au Japon s'est vu répondre par les anciens, après avoir prié pour lui : « On pense que tu veux partir au Japon parce que tu aimes simplement la culture japonaise. »

8. Néhémie a coché tous les critères

  • Résumé : on prie d'abord. Puis : est-ce biblique ? Est-ce que ça dure ? Est-ce que ça s'ouvre ? Est-ce que d'autres le voient ? Quand tout converge, il faut avancer. « On peut être devant un feu vert et ne pas appuyer sur l'accélérateur. »
  • Néhémie entend le besoin de Jérusalem et prie du mois de Kisleu au mois de Nisan (Néhémie 1:1 ; 2:1). La conviction : Dieu lui a mis au cœur. Les circonstances : le roi lui accorde tout, « car la bonne main de mon Dieu était sur moi » (Néhémie 2:8). La confirmation : arrivé à Jérusalem, le peuple répond « Levons-nous, et bâtissons ! » (Néhémie 2:18).
  • Retour au remplaçant du Stade toulousain. Tes écouteurs, c'est peut-être ton parcours scolaire, ta vie confortable, ton métier, ce que l'Occident te dit. Tu as déjà un plan pour ta vie et tu n'écoutes pas ce que Dieu te dit.
  • Tu appartiens d'abord à une personne avec qui tu es appelé à vivre en communion. Pour le reste, « Dieu ne vous laisse pas deviner » : il t'invite à prier, il te donne sa parole, il peut te donner des convictions, ouvrir les circonstances, et il t'a donné une Église. Le pasteur invite chacun à enlever ses écouteurs pour être à l'écoute de Dieu.

Points à retenir

  • Le premier appel de tout chrétien est la communion avec Jésus : vivre en relation avec lui et participer à son œuvre. L'identité est là, pas dans le lieu ou le ministère.
  • L'appel n'est pas forcément spectaculaire, il n'est pas réservé aux pasteurs, et il n'est ni toujours facile ni forcément un enfer.
  • Avant tout critère, prie sérieusement, avec persévérance, comme Néhémie et comme Jésus avant de choisir les douze.
  • Quatre questions aident à discerner : est-ce biblique ? Est-ce que ça dure ? Est-ce que ça s'ouvre ? Est-ce que d'autres le voient ?
  • Discerner ne suffit pas : devant un feu vert, il faut encore appuyer sur l'accélérateur.

Application personnelle

  1. Quels sont tes « écouteurs » en ce moment : tes études, ton confort, ton métier, ce que le monde te dit de ta vie ?
  2. Vis-tu la communion avec Jésus seulement comme une relation privée, ou participes-tu aussi à son œuvre là où tu es ?
  3. Combien de temps as-tu réellement passé à prier pour ton avenir et ta place dans la mission de Dieu ?
  4. As-tu déjà cherché un appel sérieux pour rester là où tu es, autant que pour partir ailleurs ?
  5. À qui, dans ton Église, pourrais-tu soumettre une conviction que tu portes, en étant prêt à entendre un non ?

Versets cités

Questions fréquentes

Comment savoir si Dieu m'appelle ?

Benjamin Short commence par la prière, une prière sérieuse et persévérante. Il propose ensuite quatre questions : est-ce biblique ? Est-ce que ça dure ? Est-ce que ça s'ouvre ? Est-ce que d'autres le voient ? Comme un pilote qui croise la piste, ses sensations, ses instruments et la tour de contrôle, tu avances quand ces repères convergent.

L'appel de Dieu est-il réservé aux pasteurs et aux missionnaires ?

Non. Tout chrétien est d'abord appelé à la communion du Fils (1 Corinthiens 1:9), ce qui veut dire vivre en relation avec Jésus et participer à son œuvre. Dieu a aussi appelé Betsaleel, un artisan, et Daniel, un haut fonctionnaire. Il appelle des enseignants, des entrepreneurs, des artistes, des soignants, des parents au foyer, là où ils sont.

Faut-il ressentir une paix totale pour savoir que Dieu appelle ?

Benjamin Short se méfie du mot paix compris comme absence de peur. Il croit que l'on peut connaître la paix de Dieu avec des inquiétudes : il avait peur d'aller dans un village de Côte d'Ivoire, mais il avait la paix et la conviction que Dieu le voulait là-bas. Une conviction seule peut venir de nos désirs ou de notre orgueil ; la question est de savoir si elle dure.

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