Introduction
« Qui est Dieu ? » En anglais, la question de Simon, pasteur assistant à Summer Hill Anglican Church, à Sydney, peut s'entendre de deux façons : qui est Dieu, et à qui appartient Dieu, autrement dit qui est ton Dieu. C'est tout l'enjeu de 1 Rois 18 : qui est vraiment Dieu, et qui est ton Dieu ?
La sécheresse dure depuis trois ans. Le message de la semaine précédente montrait une veuve et son fils sur le point de mourir de faim (1 Rois 17). Au cœur de cette détresse, la parole de l'Éternel vient à Élie, et le récit conduit jusqu'au mont Carmel, où les prophètes de Baal et le prophète de l'Éternel s'affrontent devant tout Israël.
Simon suit le texte pas à pas : Abdias, le serviteur fidèle dans un palais hostile ; Achab, qui accuse le messager ; un peuple qui ne sait plus quel dieu suivre ; des idoles qui prennent tout et ne rendent rien ; un Dieu qui répond par le feu ; et un petit nuage qui apprend à attendre.
Plan du message
1. La sécheresse est dans la main de Dieu
- Au verset 1, l'Éternel dit à Élie : « Va, présente-toi devant Achab, et je ferai tomber de la pluie sur la face du sol. » Simon relève que la pluie ne dépend pas de la réaction du roi : Dieu ne dit pas qu'il enverra la pluie si Achab se repent.
- Dieu montre clairement que ces trois années de sécheresse viennent de l'idolâtrie d'Israël. Mais la fin de la sécheresse est, elle aussi, entre ses mains.
- Achab et Abdias, l'intendant de sa maison, se partagent le pays pour trouver un peu d'herbe et garder les bêtes en vie. Et c'est Abdias qui tombe sur Élie, celui qui vient annoncer la fin de la sécheresse.
2. Abdias, serviteur de l'Éternel dans le palais d'Achab
- Simon s'arrête sur ce personnage : son nom signifie « serviteur de Yahvé », et il porte bien son nom. Tout en travaillant dans le palais d'Achab, il sert l'Éternel.
- Pendant que Jézabel fait massacrer les prophètes, Abdias en cache cent dans deux cavernes et les nourrit de pain et d'eau, une nourriture rare et précieuse en pleine famine.
- Simon souligne l'ironie : Abdias préserve la vie des prophètes, Achab ne se soucie que de la vie de ses chevaux et de ses mulets.
- Abdias salue Élie avec un profond respect, puis il « s'emballe » pendant six versets, en contraste avec les phrases simples et nettes d'Élie. Sa peur est justifiée : si Élie disparaît, comme il en a l'habitude, Achab le fera mourir.
- Élie le rassure en jurant par l'Éternel vivant qu'ils servent tous les deux. Et si la réaction d'Abdias te paraît exagérée, il suffit d'écouter les premiers mots d'Achab.
3. « Est-ce toi, qui jettes le trouble en Israël ? »
- Achab accueille Élie par ces mots (verset 17). Pour Simon, c'est le cas classique où l'on s'en prend au messager.
- Achab ne tient aucun compte de ce que Dieu avait clairement annoncé ce qui arriverait si les rois se tournaient vers les idoles. Il méprise le message et le prophète.
- Élie voit clair et remet la faute à sa place : « C'est toi, au contraire, et la maison de ton père, puisque vous avez abandonné les commandements de l'Éternel et que tu es allé après les Baals » (verset 18).
- Dieu a pourtant promis de faire grâce, alors même qu'Achab l'accuse et ne se montre pas digne de cette miséricorde. « C'est tout le sens de la miséricorde. Elle n'est pas méritée. Elle ne dépend pas de celui qui la reçoit, mais de celui qui l'accorde. »
4. « Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés ? »
- Élie demande à Achab de rassembler sur le Carmel les 450 prophètes de Baal et les 400 prophètes d'Astarté, près de mille au total. Achab accepte, peut-être en pensant tenir là l'occasion d'humilier Élie et l'Éternel.
- Le Carmel se trouve à la frontière du royaume du Nord, en direction de Tyr et de Sidon, d'où vient la femme d'Achab et d'où Baal est entré en Israël. Simon y voit une concession d'Élie : allons près de chez Baal, peut-être répondra-t-il mieux là-bas, lui, un dieu de l'orage qui n'a pas envoyé de pluie depuis trois ans.
- Un traducteur rend ainsi la question d'Élie : « Jusqu'à quand sauterez-vous d'une crevasse à l'autre ? », comme de petits animaux qui sautent entre les fentes d'un rocher pour s'abriter. Élie appelle le peuple à choisir. Mais le peuple ne répond rien.
- Simon explique ce silence : le peuple est coincé. Des rois lui ont dit d'adorer l'Éternel, d'autres d'adorer Baal. Il garde sa responsabilité dans le choix de son culte, mais il ressemble à ce que Jésus appelle des brebis qui n'ont point de berger, égarées par ceux qui devaient les conduire à Dieu.
- Élie offre alors quelque chose de clair : « Le dieu qui répondra par le feu, c'est celui-là qui sera Dieu » (verset 24). Et le peuple répond : « C'est bien ! »
5. Des idoles qui prennent tout et ne rendent rien
- Les prophètes de Baal invoquent leur dieu du matin jusqu'à midi : « Baal, réponds-nous ! » Personne ne répond. Ils sautent autour de l'autel, le même mot qu'Élie employait pour le peuple qui saute d'une crevasse à l'autre.
- Élie se moque d'eux : « Criez à haute voix, puisqu'il est dieu ; il pense à quelque chose, ou il est occupé, ou il est en voyage ; peut-être qu'il dort, et il se réveillera » (verset 27). Simon note que, derrière l'euphémisme, Élie suggère que Baal est peut-être retenu aux toilettes, comme quelqu'un qui ne peut pas aller ouvrir quand on sonne à la porte.
- Il précise aussitôt : ce passage n'invite pas à se moquer des croyances des autres. Il y a de l'humour noir dans le récit, mais Élie est le prophète de Dieu, dans le pays promis, qui rappelle à Dieu son propre peuple. « Nos situations ne sont pas exactement les mêmes. »
- Les prophètes s'épuisent, crient plus fort, sautent plus fort et se font des incisions jusqu'au sang. « Il n'y eut ni voix, ni réponse, ni signe d'attention » (verset 29).
- « Ils vont donner, donner et donner. L'idole prendra tout, mais à la fin, ce culte est vain. » Les prophètes donnent tout et reçoivent pire que rien, parce qu'il n'y a aucun dieu à appeler.
6. Le Dieu qui répond par le feu
- Face à cette frénésie, Élie agit avec calme et en peu de mots. Il rétablit l'autel de l'Éternel et prend douze pierres, « d'après le nombre des tribus des fils de Jacob ». Celui qui est le Dieu d'Israël depuis toujours le connaissait déjà quand Israël n'était qu'un homme.
- Élie fait verser quatre cruches d'eau, trois fois. « Combien font 4 fois 3 ? 12. » Encore les douze tribus, mais cette fois pour rendre les choses plus difficiles : tout le concours penche en faveur de Baal.
- Puis Élie prie simplement : « Éternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël ! que l'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en Israël. » Le feu de l'Éternel tombe et consume l'holocauste, le bois, les pierres, la terre et l'eau du fossé.
- Le contraste est total. Aux prophètes de Baal, on demande tout, sans garantie et sans signe que quelqu'un écoute. À Élie, on demande la foi que Dieu fera ce qu'il a promis. « Tu te tournes vers une idole, quelle qu'elle soit, tu donnes tout dans l'espoir vain d'en tirer un bénéfice, et à la fin tu n'obtiens rien. Mais le Dieu de l'univers te cherche, il ne te demande que la foi, et il promet la vie. »
- Le peuple tombe sur sa face : « C'est l'Éternel qui est Dieu ! C'est l'Éternel qui est Dieu ! » (verset 39). Les faux prophètes sont mis à mort, selon ce que prévoit le Deutéronome. Mais Achab et le peuple, eux aussi responsables, ne subissent pas ce qu'ils méritent : Élie dit au roi d'aller manger et boire, car la pluie arrive.
- Le détail de l'heure, celle de l'offrande du soir, appuie le propos : c'est Dieu qui allume le feu, Dieu qui offre l'expiation pour le péché du peuple, Dieu qui ramène les cœurs. « Il ne fallait pas le réveiller. Il n'était pas distrait. » Il écoutait depuis le début, prêt à répondre.
7. Le petit nuage : attendre un Dieu qui tient parole
- Simon s'adresse à celui qui a l'impression d'appeler sans rien entendre en retour. Élie envoie son serviteur regarder vers la mer, sept fois. Pourquoi Dieu n'a-t-il pas envoyé les nuages aussitôt, comme il a envoyé le feu ?
- À la septième fois, il n'y a qu'« un petit nuage qui s'élève de la mer, et qui est comme la paume de la main d'un homme » (verset 44). Le serviteur devait être à bout de patience.
- Ce silence n'est pas celui que rencontrent les prophètes de Baal. C'est un silence d'attente, posé sur une promesse. Les prophètes de Baal n'ont rien reçu parce qu'il n'y avait personne. Élie et son serviteur attendent parce que Dieu est maître de la situation et du moment.
- Dieu ne promet pas d'envoyer toujours la pluie que nous demandons, ni de consumer par le feu tous nos problèmes quotidiens. Mais c'est lui, l'Éternel, qui est Dieu, et il n'y en a point d'autre.
- L'avenir qu'il nous promet peut paraître petit et lointain, comme une main au-dessus de l'océan. Cela n'enlève rien à la certitude du jour où tous nos problèmes seront résolus et où chacun reconnaîtra que l'Éternel est Dieu.
- La pluie signifiait une vie nouvelle pour Israël, son péché ayant été expié. Nous avons reçu, nous aussi, une vie nouvelle en Christ, qui a expié nos péchés, et nous attendons le jour où nous la vivrons pleinement. « Ce Dieu qui peut faire tomber le feu et faire tomber la pluie, qui envoie Jésus pour nous sauver, qui promet de nous donner un jour une vie nouvelle dans son royaume, ce Dieu-là est notre Dieu. Et il n'y en a point d'autre. »
Points à retenir
- La sécheresse comme la pluie sont dans la main de Dieu : sa grâce ne dépend pas du mérite de celui qui la reçoit, mais de celui qui l'accorde.
- On peut servir l'Éternel fidèlement au cœur d'un milieu hostile, comme Abdias dans le palais d'Achab.
- Les idoles prennent tout et ne rendent rien. Le Dieu vivant te cherche, ne te demande que la foi et tient ce qu'il promet.
- Dieu n'est jamais endormi ni distrait : il entend, il sait et il est prêt à répondre pour notre bien.
- Quand la réponse tarde, le silence de Dieu est un silence d'attente. Le petit nuage annonce la pluie promise.
Application personnelle
- Entre quelles « crevasses » sautes-tu aujourd'hui, au lieu de choisir clairement de suivre l'Éternel ?
- Qu'est-ce qui te réclame tout ton temps, ton énergie ou ton argent, sans jamais rien te rendre ?
- Là où tu travailles ou vis, comment peux-tu servir l'Éternel avec la fidélité discrète d'Abdias ?
- T'arrive-t-il de prier comme si Dieu était distrait ou endormi ? Que change pour toi le fait qu'il entende toujours ?
- Quelle promesse de Dieu te paraît aujourd'hui aussi petite qu'un nuage grand comme la main, et comment peux-tu continuer à regarder vers la mer ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que signifie « Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés ? » dans 1 Rois 18 ?
Simon cite un traducteur qui rend l'image ainsi : « Jusqu'à quand sauterez-vous d'une crevasse à l'autre ? », comme de petits animaux qui sautent entre les fentes d'un rocher pour s'abriter. Le peuple, égaré par des rois qui l'ont mené tantôt vers l'Éternel, tantôt vers Baal, ne sait plus où se mettre. Élie l'appelle à choisir.
Pourquoi Élie fait-il verser de l'eau sur l'holocauste au Carmel ?
Quatre cruches versées trois fois, cela fait douze, comme les douze tribus d'Israël. L'eau rend le sacrifice plus difficile à enflammer : tout le concours penche en faveur de Baal. Pourtant le feu de l'Éternel consume l'holocauste, le bois, les pierres, la terre et l'eau du fossé. C'est Dieu qui fait tout.
Que faire quand Dieu semble ne pas répondre à nos prières ?
Le serviteur d'Élie monte sept fois regarder la mer avant de voir un petit nuage comme la paume d'une main. Pour Simon, ce silence n'est pas celui que rencontrent les prophètes de Baal : c'est un silence d'attente, fondé sur une promesse. Dieu est maître du moment et il tient parole, même quand l'avenir promis paraît petit et lointain.