1 Samuel 2 : le chant d'Anne et le geste signature de Dieu

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Introduction

Sur la radio ABC de Melbourne, une émission s'appelle « Changing Tracks ». Un auditeur écrit pour raconter un moment décisif de sa vie, souvent douloureux, parfois lumineux, et l'animateur Raph Epstein lit son histoire à l'antenne avant de passer la chanson qui reste attachée à ce moment. Nat Rosner ouvre ainsi son message, prêché à St Jude's Anglican Church Carlton dans une série sur le premier livre de Samuel.

Pour lui, 1 Samuel 1 et 2 forment le « changing track » d'Anne : une femme qui pleurait de ne pas avoir d'enfant, un fils donné, puis rendu à l'Éternel, et une chanson. La plupart des chansons de cette émission sont tristes. Celle d'Anne est un chant de joie : « Mon cœur se réjouit en l'Éternel. »

Le prédicateur suit le texte de 1 Samuel 2:1-11 en trois mouvements. Anne se réjouit de la délivrance personnelle et puissante de l'Éternel, de son geste signature, et de son roi. Il termine par une question qui te concerne directement : quel est ton geste signature à toi ?

Plan du message

1. Le « changing track » d'Anne

  • Nat Rosner imagine la lettre qu'Anne aurait pu envoyer à l'émission. Elle vit à Éphraïm, à la fin de l'époque des juges. Elle est mariée à Elkana, mais elle n'a pas d'enfant, alors que l'autre femme de son mari, Peninna, a des fils et des filles.
  • Peninna lui rend la vie dure, surtout chaque année, au moment du sacrifice à Silo. Elkana essaie de la consoler, lui donne une double portion et lui dit qu'il vaut mieux pour elle que dix fils. « Il ne comprenait pas vraiment. »
  • Une année, à Silo, Anne déverse son cœur devant l'Éternel et lui demande un fils, en promettant de le lui donner pour toute sa vie. Le prêtre Éli la croit ivre. Quand elle lui explique qu'elle prie, il lui dit : « Va en paix, et que le Dieu d'Israël exauce la prière que tu lui as adressée ! »
  • Dieu entend, Dieu répond : il lui donne un fils, Samuel. Une fois l'enfant sevré, Anne tient sa promesse et le confie à l'Éternel, à Silo. « Et voici ma chanson, mon chant à Dieu. »

2. Une joie pour la délivrance personnelle et puissante de l'Éternel (versets 1 à 3)

  • Tout au long du chant, le nom « l'Éternel » traduit le nom hébreu YHWH, le nom personnel que Dieu a donné à Israël en le faisant sortir d'esclavage, quand il s'est présenté à Moïse en Exode 3 comme le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Anne connaît ce Dieu personnel, et il a pris soin d'elle de façon très personnelle en répondant à sa prière.
  • Elle chante aussi un Dieu puissant : « Ma force a été relevée par l'Éternel ; ma bouche s'est ouverte contre mes ennemis, car je me réjouis de ton secours. » Le prédicateur le reconnaît : Anne ressemble davantage à une armée victorieuse qu'à une jeune maman.
  • Le mot traduit par force désigne la corne : l'image d'un animal qui vient de vaincre et qui lève la corne. Les orgueilleux du verset 3 sont peut-être ces ennemis : Peninna, ou d'autres qui la regardaient de haut parce qu'elle n'avait pas d'enfant.
  • Ce langage fait aussi écho au cantique de Moïse en Exode 15, après la sortie d'Égypte. Le même Dieu, assez puissant pour délivrer Israël, est assez puissant pour délivrer Anne. Un premier indice du lien entre l'histoire d'Anne et celle d'Israël.
  • Anne répond de tout son être : son cœur, sa force, sa bouche. Dans la Bible, le cœur n'est pas seulement le siège des émotions, c'est le centre de la personne, de ses pensées, de ses projets, de sa volonté. Sa joie en l'Éternel est entière.

3. Quand Dieu ne répond pas comme tu l'espérais

  • Le message de la semaine précédente l'avait rappelé : l'histoire d'Anne n'enseigne pas que Dieu donne toujours ce qu'on demande. Jésus prie à Gethsémané, Paul prie au sujet de son écharde dans la chair, et leurs prières ne sont pas exaucées comme ils le voulaient.
  • Si tu es chrétien depuis un moment, tu l'as peut-être vécu : des prières de guérison, ou des prières pour avoir un enfant, qui n'ont pas reçu la réponse tant désirée. « Je ne veux pas minimiser la douleur que nous ressentons quand cela arrive. »
  • La Bible dit clairement que Dieu prend soin de toi, qu'il est avec toi dans tes peines, pendant que tu continues de faire confiance à Jésus.
  • Le chant d'Anne pose une autre question : te réjouis-tu de ton salut de tout ton être, comme elle ? Et quand ton Dieu personnel et puissant répond à tes prières comme tu le désirais, prends-tu le temps de t'arrêter pour le remercier, lui qui donne toute grâce excellente ?

4. Le geste signature de l'Éternel : le grand renversement (versets 3 à 8)

  • Tu as peut-être un geste signature, quelque chose que tu fais ou dis et qui fait dire aux autres : « Ça, c'est bien toi. » Le prédicateur cite les mains en cœur de Taylor Swift, le rituel de Rafael Nadal avant de servir, ou le célèbre raffut de Dustin Martin au football australien.
  • Le geste signature de l'Éternel, c'est le renversement. Il retourne l'ordre habituel du monde : les riches ne s'enrichissent plus, les pauvres ne s'appauvrissent plus. Il abaisse l'orgueilleux et relève l'humble, car « l'Éternel est un Dieu qui sait tout, et par lui sont pesées toutes les actions ».
  • « L'arc des puissants est brisé, et les faibles ont la force pour ceinture » : c'est l'Exode. Des esclaves en fuite, à pied, poursuivis par les meilleurs chars de Pharaon, et l'Éternel referme la mer Rouge sur l'armée égyptienne.
  • « Ceux qui étaient rassasiés se louent pour du pain » : l'équipe pastorale venait de lire 1 Samuel 25, où un homme riche et orgueilleux refuse de partager son festin avec les hommes affamés de David, et où Dieu l'humilie.
  • « Même la stérile enfante sept fois » : Anne aura en fait trois fils et deux filles en plus de Samuel (1 Samuel 2:21). Mais sept est souvent dans la Bible le chiffre de la plénitude. Dieu a changé la détresse de sa stérilité en plénitude, et la joie de Peninna n'était peut-être pas aussi sûre qu'elle le croyait.
  • « L'Éternel fait mourir et il fait vivre » : c'est l'inverse de l'ordre naturel, qui va de la vie à la mort. De la mort, l'Éternel fait sortir la vie.
  • Puissance, santé, richesse, influence : il est tentant d'y chercher sa sécurité. Mais ces choses ne tiennent pas leurs promesses sur la durée. « Il n'y a point de rocher comme notre Dieu » : lui seul offre la stabilité et l'abri d'un rocher immense. Mettre sa confiance ailleurs rend orgueilleux, et l'orgueil dresse l'homme contre Dieu.

5. Ce geste dans l'histoire d'Israël et jusqu'aux extrémités de la terre (versets 8 à 10)

  • Anne voit ce geste à la naissance de Samuel, et il continue dans la vie de son fils. Les fils d'Éli, Hophni et Phinées, sont méchants et ne servent pas l'Éternel : cette famille en vue est abaissée, tandis que l'inconnu Samuel devient le dernier juge d'Israël.
  • La suite du livre le confirme. Saül, fils d'un homme important, plus grand que tous de la tête, est oint premier roi d'Israël. Mais son cœur se révèle orgueilleux et obstiné, il désobéit, et l'Éternel le rejette.
  • David, lui, est le plus jeune des fils d'Isaï. Il n'est même pas là quand Samuel vient oindre le roi : il faut aller le chercher auprès des brebis. L'Éternel élève un humble berger pour en faire un roi selon son cœur.
  • Le geste s'étend à toute la terre : l'Éternel est le créateur, « à l'Éternel sont les colonnes de la terre ». Il est saint, il gardera les pas de ses bien-aimés et les méchants seront réduits au silence dans les ténèbres.
  • « L'homme ne triomphera point par la force. » C'est une folie de croire qu'on peut mener sa vie par ses propres forces, en se fiant aux gouvernements, aux systèmes, à la technologie ou aux idéologies humaines. L'image du jugement est dure, mais pour ceux qui ont subi le mal et l'injustice, elle est aussi une consolation : un jour, tout sera remis en ordre.

6. La joie pour le roi de l'Éternel

  • Comment l'Éternel accomplira-t-il ce jugement ? Par son roi. Anne termine : « Il donnera la puissance à son roi, et il relèvera la force de son oint. » L'Éternel a relevé la corne d'Anne, il fera de même pour son roi.
  • Le mot « oint » se dit Messie en hébreu et Christ en grec. Le chant s'achève sur une question : qui sera ce roi ?
  • Bien plus tard, une autre jeune femme humble, vierge cette fois, chante un cantique très proche en Luc 1 : « Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches à vide. » Marie chante parce que l'Éternel lui a promis un fils qui régnera pour toujours.
  • Le geste signature de Jésus est celui de l'Éternel. Né dans une mangeoire, élevé comme charpentier, il fréquente les exclus, les collecteurs d'impôts, les pécheurs, les pauvres, les boiteux, les aveugles, les lépreux. Il dénonce l'hypocrisie des puissants. Il meurt d'une mort injuste et honteuse, à notre place, et l'Éternel le ramène à la vie.
  • « L'Éternel fait mourir et il fait vivre. » L'humanité lance tout contre la mort, de la recherche médicale aux projets de téléchargement de l'esprit évoqués par Elon Musk. Le prédicateur cite le mathématicien John Lennox, qu'il aime écouter : Jésus y est arrivé il y a deux mille ans, par sa mort et sa résurrection. Il offre la vie au-delà de la mort à tous ceux qui s'humilient et se confient en lui.

7. Le voit-on aujourd'hui ? Non, pas encore, et oui

  • Si Jésus est roi, voit-on son geste signature dans le monde ? Nat Rosner donne trois réponses, vraies en même temps : « Non, pas encore, mais nous le verrons, et oui. »
  • Non, souvent pas : Jésus est roi, mais il ne règne pas encore dans toute sa plénitude. Beaucoup ne se sont pas humiliés sous sa main, les méchants persistent, et son royaume à l'envers reste souvent caché.
  • Pas encore, mais un jour : quand Jésus reviendra, tout genou fléchira devant lui. Ceux qui se sont humiliés seront élevés, les orgueilleux abaissés, et la justice sera faite.
  • Et oui, en partie dès maintenant, et cela dépend de nous. Le geste signature de la vie chrétienne, c'est la mort puis la vie. Anne a chanté son chant après avoir rendu Samuel à l'Éternel, en lui confiant son avenir.
  • Jésus appelle ses disciples à prendre leur croix : mourir à l'avidité et donner généreusement, mourir à l'égoïsme et aimer à ses dépens, mourir au confort et servir avec ses dons et son argent, mourir à la convoitise et vivre dans la chasteté si l'on est seul, dans la fidélité si l'on est marié. « C'est douloureux. C'est coûteux. Mais c'est le chemin de la vie. »
  • Pour l'Église, cela veut dire que la personne sans abri compte autant que la personne influente, que le faible est protégé, le pauvre secouru, la personne vulnérable entourée, et que chacun entend la bonne nouvelle de l'amour de Jésus. L'Église des premiers siècles recueillait les bébés abandonnés sur les tas d'ordures, protégeait les femmes, soignait les malades et collectait de l'argent pour les pauvres.

Points à retenir

  • Anne se réjouit de tout son être d'un Dieu personnel et puissant, qui l'a délivrée comme il a délivré Israël d'Égypte.
  • Dieu ne donne pas toujours ce qu'on demande, mais il prend soin de toi dans tes peines. Quand il exauce, prends le temps de le remercier.
  • Le geste signature de l'Éternel est le renversement : il abaisse l'orgueilleux, relève l'humble et fait sortir la vie de la mort.
  • Le roi annoncé par Anne et chanté par Marie est Jésus, mort et ressuscité, qui offre la vie à ceux qui s'humilient devant lui.
  • Le geste signature du chrétien est la mort puis la vie : c'est ainsi que Dieu transforme le monde à travers son Église.

Application personnelle

  1. Te réjouis-tu de ton salut de tout ton cœur, comme Anne, ou cette joie s'est-elle émoussée ?
  2. Quelle prière Dieu a-t-il exaucée récemment, et as-tu pris le temps de le remercier ?
  3. Dans quoi cherches-tu ta sécurité : ta santé, ton argent, ton influence, ou le rocher qu'est Dieu ?
  4. À quoi Jésus t'appelle-t-il à mourir cette semaine pour que sa vie grandisse en toi ?
  5. Quel serait, concrètement, le geste signature de ton Église envers les pauvres, les faibles et les personnes vulnérables qui l'entourent ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi le chant d'Anne ressemble-t-il à un chant de victoire ?

Anne parle de sa force relevée et de sa bouche ouverte contre ses ennemis. Le mot hébreu traduit par force désigne la corne, l'image d'un animal qui lève la corne après la victoire. Pour Nat Rosner, son chant fait aussi écho au cantique de Moïse en Exode 15 : le Dieu qui a délivré Israël d'Égypte est assez puissant pour délivrer Anne.

Quel est le geste signature de Dieu dans 1 Samuel 2 ?

C'est le renversement : l'Éternel abaisse l'orgueilleux et relève l'humble. Il brise l'arc des puissants, rassasie les affamés, fait enfanter la stérile, fait mourir et fait vivre. Nat Rosner montre ce geste dans la vie d'Anne, dans l'histoire d'Éli et de Samuel, de Saül et de David, et pleinement en Jésus.

Quel lien y a-t-il entre le cantique d'Anne et celui de Marie ?

Anne termine en annonçant que l'Éternel relèvera la force de son oint, mot qui se dit Messie en hébreu et Christ en grec. Des siècles plus tard, Marie chante un cantique très proche en Luc 1 : Dieu renverse les puissants et élève les humbles. Le roi annoncé par Anne est Jésus, mort et ressuscité.

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