Introduction
La prédicatrice avoue tout de suite quelque chose sur elle : elle n'est pas la meilleure personne à inviter voir un film d'horreur. Pas parce qu'elle a peur, mais parce qu'elle a la manie de parler à l'écran. Quand elle voit des gens faire quelque chose de stupide, elle a besoin de crier « Attention ! », même en sachant qu'ils ne peuvent pas l'entendre. Il y a en elle ce réflexe d'avertir avant que le pire n'arrive.
Cette manie, dit-elle, fait partie de notre monde. Il existe même une loi de non-assistance à personne en danger : prévenir, c'est humain, c'est chrétien. Et c'est justement ce qu'elle aime chez le Seigneur : « il ne recule pas devant les faits, il est très fidèle à toujours nous prévenir des véritables dangers. » Dans le dernier petit paragraphe du sermon sur la montagne, Jésus raconte une histoire pour t'avertir. Il utilise un langage de sage, avec des métaphores, pour te mettre devant des dangers réels qui ont des conséquences éternelles. Cet article te propose de t'arrêter sur ces paroles-là.
Plan du message
1. Jésus te met devant un choix
- La prédicatrice lit Matthieu 7.24-27 : « Ainsi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc… Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. »
- « Première chose, c'est que Jésus nous met devant un choix. » C'est une histoire très parlante, mais il y a un choix. Première porte : écouter et appliquer la Parole. Deuxième porte : écouter et négliger la Parole. Et deux fins totalement différentes.
- Jésus, comme tout bon orateur, laisse les gens avec un choix. C'est la fin de son discours. Et partout dans la Bible, on retrouve ce même genre de choix, parfois avec des images très proches. La prédicatrice renvoie au psaume 1 : celui qui médite la loi de l'Éternel jour et nuit est comme « un arbre planté près d'un courant d'eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point » (Psaume 1.3).
- Le secret ? « Il ne vit pas dans le conseil des méchants, il ne s'arrête pas sur le chemin des pécheurs, mais il aime la Parole », et donc sa vie est solide. « Exactement comme Jésus le dit lorsqu'il parle de quelqu'un qui bâtit sa maison sur un roc. C'est solide. »
2. Écouter et appliquer la Parole : une vie solide
- Les gens qui entendent Jésus pour la première fois comprennent parfaitement l'image. Ce sont des gens qui vivent de la campagne, qui dépendent de leurs arbres et de leurs fruits. La construction de leurs maisons est très simple. L'eau et une bonne fondation sont essentielles pour que les deux projets réussissent.
- Mais Jésus introduit une pensée nouvelle par rapport au psalmiste : les deux maisons sont frappées par la pluie, un torrent en crue, les vents. C'est-à-dire les épreuves de la vie.
- La prédicatrice s'appuie sur saint Augustin, qui décrit ces épreuves : le mal est comparé à l'obscurité de la superstition, les rumeurs des hommes au vent, l'inondation à la convoitise de la chair. « Il ne craint aucune de ces choses, celui qui a sa maison fondée sur le rocher. C'est-à-dire non seulement il entend le commandement mais il le fait aussi. »
- Concrètement : parfois on tient dans des idées qui ne tiennent pas, et quand la réalité nous rattrape, c'est comme un déluge. Quand les gens nous calomnient, nous parlent dans le dos, ce sont des vents terribles qui viennent battre contre notre porte. Quand on subit les conséquences de notre propre bêtise, de notre propre péché, c'est effectivement comme une inondation qui nous enveloppe.
- Mais pour celui qui construit sa vie sur les paroles du Christ, il y a quelque chose qui aide. Sa Parole. Prends la calomnie sur les réseaux sociaux. Sans la parole de Jésus déjà lue en Matthieu 5.21-22 · « Quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges », c'est très difficile d'arriver à pardonner ou à lâcher la colère. Ce qui est le plus naturel, c'est de la nourrir, de prendre son portable et d'aller à l'attaque.
- Quand on est pris dans une situation vraiment précaire, il est très difficile de s'arrêter et de ne pas s'inquiéter. Sans « Considérez les oiseaux du ciel… Observez comment croissent les lis des champs » (Matthieu 6.26-28), rien ne t'arrête. Imagine l'athée le plus endurci que tu connaisses : tu es sûr qu'il ne se dit pas quand il est inquiet « ah oui, il faut que je regarde les oiseaux ou les fleurs. » Sans Christ, ce réflexe est absolument insensé. Avec Christ, tu as le Créateur des cieux et de la terre dans ton dos, capable de tout changer. Et tu le sais parce que tu connais sa Parole.
- « La parole du Christ fournit la puissance et une perspective qui va au-delà de nos forces, une perspective qui nous conduit jusqu'à notre dernier jour et à entrer en éternité avec assurance. »
3. Écouter et négliger : la ruine annoncée
- Deux hommes. Ils ont entendu les mêmes paroles. Ils ont construit le même type de maison, à l'identique. Mais les résultats sont très différents. On oppose souvent ce constat en disant : « oui mais quand même, ceux qui ne suivent pas Christ s'amusent beaucoup plus. »
- La prédicatrice raconte une crise de foi qu'un étudiant lui avait partagée : « Jésus veut me donner une vie abondante mais il est clair que si je veux vivre une vie heureuse, il faut que je fasse tout ce que je veux. » Oui et non. Le péché est comme un crédit, un très mauvais crédit : bien sûr, tu peux dépenser, mais il faut rembourser, et l'intérêt est phénoménal. Il détruit beaucoup plus que le plaisir du départ.
- Autre chose : ni la parabole de Jésus ni le psaume 1 ne parlent du bonheur d'un moment. Ils parlent de la bénédiction de toute une vie vécue à la manière du Christ. Et ce genre d'argument ne se juge qu'à la fin de la vie. Peut-être, dans un moment, il y a un peu de plaisir. Mais à la fin, il y a la ruine.
- L'insensé, lui, a bâti sa maison sur le bord sableux, ou a planté son arbre dans le sable. On a tous vu des inondations. On sait ce qui se passe quand les eaux montent et que la fondation est mauvaise.
- La prédicatrice prend l'image de la tour Eiffel. On sait aujourd'hui qu'elle a été construite sur des marécages. Le champ de Mars, avant, c'était de la terre gorgée d'eau. Qu'a-t-il fallu ? Évacuer l'eau, sécher la terre, creuser très profond avant de poser la structure. Quand on regarde le pied de la tour aujourd'hui, il n'y a plus de terre : c'est tout en briques et en pierre. Elle a traversé plusieurs guerres mondiales et elle n'a pas l'air de vouloir tomber. « Jésus veut que vous soyez des tours Eiffel dans votre Paris, qui durent. »
- Attention : Jésus ne parle pas de la personne qui n'a jamais entendu, mais de quelqu'un qui a entendu, qui a sans doute compris, mais qui néglige la Parole ou qui la rejette. On espère que dès les premières pluies, cette personne se réveille. Mais elle bâtit sa vie sur le sable. Elle est fière de ce sable, elle espère dans ce sable. Voilà toute la folie et pourquoi Jésus parle finalement de ruine et de condamnation.
4. Pourquoi la Parole de Christ a tant d'autorité
- Pourquoi les paroles du Christ ont-elles une telle importance ? La prédicatrice te renvoie à la source. Elle rappelle que pour Moïse, Dieu a donné des instructions : notamment lorsqu'il a pourvu la manne venue du ciel.
- Deutéronome 8.3 répond : « Il t'a humilié, il t'a fait souffrir de la faim, et il t'a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n'avaient pas connue tes pères, afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel. »
- Pour ceux qui ont désobéi, ceux qui ont dit « bon, ok, tu nous donnes la manne, tu nous en donneras demain, donc je fais ce que je veux avec cette providence », Dieu les a tenus responsables de ce qu'ils savaient. Ils ont entendu les paroles et les ont ignorées. Ils en ont subi les conséquences. C'est normal dans notre monde aussi.
- Mais pourquoi Dieu passe-t-il par la parole ? S'il veut qu'on obéisse, pourquoi il ne le met pas juste dans notre cœur, pour qu'on réagisse naturellement ? La prédicatrice cite Dallas Willard : « Dieu peut se rendre présent dans l'esprit humain de la manière qu'il choisit, mais pour des bonnes raisons, profondément enracinées dans la nature de la personne et des relations personnelles, sa façon préférée de communiquer, c'est de parler. »
- Dieu nous a créés êtres sociables. On naît normalement dans une famille, même petit noyau, même un seul parent, personne ne naît seul. La façon dont Dieu l'a inventé, c'est que les humains vivent en communauté. Il nous a créés pour communiquer et vivre ensemble.
- Ce qui nous distingue des animaux, c'est un langage complexe : on peut communiquer sans se déplacer. La prédicatrice le fait à l'instant : elle utilise des mots, tu les entends, ça réagit dans ton esprit. Tout cela est la création de Dieu. Et cela remonte jusqu'à la Genèse. Quand Dieu dit : « Que la lumière soit », « Faisons l'homme à notre image », on voit déjà la relation à l'intérieur de la divinité. On est créé à son image, et on a besoin de communiquer, d'utiliser des paroles.
- Voilà pourquoi Dieu nous communique avec des paroles. Et si Dieu nous parle avec des paroles, il est la source, et donc ces paroles ont une valeur supérieure. D'autant plus quand c'est celui qui est la Parole de vie, la Parole faite chair (Jean 1.14), plus grand que Moïse.
5. La compassion de Dieu envers ta faiblesse
- Dieu, dans sa compassion, a tenu compte de ta faiblesse. Il a compris que parfois tu veux bâtir la maison sur le roc, mais que parfois tu doutes, parfois tu es tenté, parfois tu es tout simplement rebelle.
- Il a compris cette faiblesse, et qu'a-t-il fait ? Il a envoyé son Fils. Pendant sa vie sur terre, Jésus montre la vie de l'homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. Jean 5.19 : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père. » Il a montré ce que c'est.
- Et parce que tu n'y arrives toujours pas, qu'est-ce qu'il t'a donné ? Le Saint-Esprit, qui te change, qui te donne envie de changer, et qui te donne ce qui est nécessaire pour le faire. « C'est merveilleux, n'est-ce pas ? »
- C'est pour cela que l'homme insensé est finalement sans excuse, et que sa ruine est aussi grande.
6. Deux fins, un seul avenir
- Pour terminer, la prédicatrice résume. Elle a partagé l'illustration de l'homme qui a bâti sa maison sur le roc. C'est une métaphore. « Le Seigneur ne nous appelle pas à entrer dans le bâtiment mais à bâtir notre vie. »
- Dans un cas, tu entends ce qu'il dit et tu te laisses changer. Qu'est-ce qui se passe ? Tu subis des épreuves, des déceptions, des échecs, des tragédies. Mais tu es accompagné, tu résistes, tu survis victorieusement, et tu es accueilli dans l'éternité.
- Dans l'autre, tu entends ce qu'il dit, tu oublies, tu négliges. Qu'est-ce qui se passe ? Tu as les mêmes épreuves, les mêmes déceptions, les mêmes échecs, les mêmes tragédies. Quel est le résultat final ? La ruine éternelle.
- Qui peut dire une telle chose ? Qui a cette autorité ? « Seulement la personne qui connaît le commencement et la fin, seulement le juge lui-même. » Et voilà le sublime : cette personne, c'est aussi celle qui a donné sa propre vie pour t'assurer ton entrée au paradis.
Points à retenir
- Jésus t'avertit : il ne recule pas devant les faits, il te met devant un choix clair. Écouter et appliquer, ou écouter et négliger.
- La tempête viendra sur les deux maisons. La différence n'est pas dans la météo, elle est dans la fondation. Ta fondation, c'est ce que tu fais des paroles du Christ.
- Les épreuves qui te frappent (calomnies, inquiétudes, conséquences de tes propres péchés, superstitions), sont réelles. La Parole de Christ méditée et appliquée te donne la puissance et la perspective pour tenir jusqu'au bout.
- Le péché n'est pas « plus fun » : c'est un très mauvais crédit, à intérêt phénoménal. On ne juge pas une vie au plaisir d'un moment, mais à la fin.
- Dieu ne t'a pas laissé seul : il t'a envoyé son Fils qui a vécu la vie de l'homme prudent, puis son Saint-Esprit qui te change de l'intérieur. L'insensé est finalement sans excuse.
Application personnelle
- Quelle parole précise de Christ, entendue récemment, es-tu en train d'écouter sans la mettre en pratique ? Qu'est-ce qui te retient de passer à l'application concrète cette semaine ?
- Quand une calomnie ou une critique t'a atteint récemment, qu'as-tu fait ? Es-tu allé chercher la Parole (Matthieu 5.21-22) ou as-tu pris ton téléphone pour riposter ?
- Face à une inquiétude qui t'obsède, oses-tu prier avec « Considérez les oiseaux du ciel » (Matthieu 6.26) ou est-ce que ce réflexe te paraît, comme au monde, absolument insensé ?
- Où, dans ta vie, es-tu tenté de dire : « Dieu me donnera demain, donc je fais ce que je veux aujourd'hui » ? Es-tu prêt à reconnaître que tu bâtis, ce jour-là, sur le sable ?
- Sur quelle fondation es-tu vraiment en train de bâtir ta vie ces derniers mois : ta réussite, tes plaisirs, tes relations, ton confort, ou les paroles du Christ mises en pratique ?
Versets cités
- Matthieu 7.24-27 · Les deux maisons : celle bâtie sur le roc et celle bâtie sur le sable.
- Psaume 1 · L'homme qui médite la loi de l'Éternel est comme un arbre planté près d'un courant d'eau.
- Matthieu 5.21-22 · « Quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges. »
- Matthieu 6.26-28 · « Considérez les oiseaux du ciel… Observez comment croissent les lis des champs. »
- Deutéronome 8.3 · « L'homme ne vit pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel. »
- Jean 1.14 · « La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous. »
- Jean 5.19 · « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père. »
FAQ
Est-ce que la parabole des deux maisons dit que les chrétiens sont épargnés des épreuves ?
Non, et c'est le point du texte. Les deux maisons subissent la même pluie, le même torrent, le même vent. Jésus ne te promet pas une vie sans tempêtes : il te promet que si tu bâtis sur ses paroles mises en pratique, ta maison tiendra. La différence n'est pas dans la météo, mais dans la fondation.
Que veut dire concrètement « mettre en pratique » les paroles de Jésus ?
La prédicatrice donne deux exemples précis. Quand tu es calomnié, au lieu de nourrir la colère et de riposter sur ton téléphone, tu réagis à partir de Matthieu 5.21-22. Quand tu es rongé par l'inquiétude, tu vas chercher Matthieu 6.26-28 et tu regardes les oiseaux, les fleurs, parce que le Créateur est ton Père. Mettre en pratique, ce n'est pas parfaire une théorie : c'est laisser la Parole redresser ton réflexe.
Comment l'insensé peut-il être « sans excuse » s'il a lui aussi eu des tempêtes ?
Parce qu'il a entendu. Jésus ne parle pas de celui qui n'a jamais entendu, mais de celui qui a entendu et négligé. Dieu lui a envoyé son Fils, qui a vécu devant lui la vie de l'homme prudent. Il lui a offert le Saint-Esprit pour changer son cœur. Il a pris soin de sa faiblesse. Négliger tout cela, c'est bâtir en connaissance de cause sur le sable : la ruine finale n'est pas une injustice, elle est le résultat d'un choix.
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