Introduction
Si tu avais le choix entre une vie sur un bateau de croisière et une vie sur un navire de guerre, laquelle choisirais-tu ? C'est par cette question que Tim Grew ouvre le premier message de la série « Fit For The Fight » à Trinity Cheltenham. Une croisière, ce sont des vacances, une pause, pas un mode de vie. Or, rappelle-t-il, quand nous naissons de nouveau, nous naissons dans une guerre, que cela nous plaise ou non.
Le combat spirituel n'est pas une branche du christianisme réservée aux passionnés, aux plus doués ou aux plus mûrs. C'est la réalité quotidienne de tout disciple de Jésus. La question n'est donc pas de savoir si nous sommes en guerre, mais où en est notre disponibilité pour ce combat.
Pour y répondre, Tim Grew ouvre 1 Samuel 17, l'histoire de David et Goliath. Il en retient trois leçons : la foi courageuse entre dans la bataille, elle se prépare dans la présence de Dieu, et surtout, le héros de l'histoire n'est pas celui que tu crois.
Plan du message
1. Né dans une guerre, pas pour une croisière
- Dieu ne nous appelle pas au confort mais au combat. Il ne nous appelle pas à une vie de consommation où l'on prend seulement ce qui nous plaît.
- John Eldredge parle de « la grande histoire » : une histoire d'amour sur un champ de bataille.
- Ces combats sont souvent très concrets : faire confiance à Dieu pour un emploi, prendre le risque de réparer une relation, oser faire ce que Dieu t'appelle à faire, passer du temps avec quelqu'un avec qui c'est gênant mais qui a besoin de ton aide.
- Le langage militaire met mal à l'aise, parce que la guerre humaine est souvent violente et contraire à Dieu. Mais ce langage est présent dans toute l'Écriture, de Genèse 3 à l'Apocalypse.
- Certains placent le combat spirituel très loin, dans une chambre de prière ou sur un autre continent. D'autres le voient partout, comme si « chaque mal de gorge avait besoin d'une délivrance ». Dans le Nouveau Testament, c'est simplement le combat quotidien de chaque disciple.
- « Ce n'est pas la Bible qui a besoin d'une mise à jour, ce sont nos présupposés. »
2. Le monde, la chair et le diable
- Cette expression n'est pas une formule chrétienne inventée, c'est une façon biblique de nommer les fronts du combat.
- La chair : « Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair » (Galates 5:16). Nous avons des choses en nous à affronter.
- Le monde : il y a des valeurs auxquelles nous ne voulons pas être liés. Jacques le dit sans détour : être ami du monde, c'est se rendre ennemi de Dieu (Jacques 4:4). « C'est le langage de la Bible, pas le mien. »
- Le diable : un être réel, intelligent, hostile à Dieu et à tout ce qui lui appartient, qui se tient derrière les deux autres. « Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera » (1 Pierre 5:8).
- Il ne faut pas tout reprocher au diable, mais il ne faut pas l'ignorer non plus.
- Dans ce contexte, Dieu continue de parler. Beaucoup de gens cherchent du sens et de la vérité, et certains, sans avoir encore fait le pas de la foi, sentent qu'il y a quelque chose au sujet de Jésus.
3. Combattre avec l'amour, jamais contre des personnes
- Dès le début de la série, Tim Grew insiste : nous combattons avant tout avec l'arme de l'amour. « C'est la seule arme que Jésus possède dans son arsenal. »
- Le vocabulaire militaire peut faire penser à des attitudes dominatrices. Il faut laisser cela de côté et s'en tenir à ce que dit l'Écriture.
- Les êtres humains ne sont jamais nos ennemis, parce que Dieu aime chaque personne sur cette planète de la même manière.
- Le conflit fait partie de la vie. Il faut apprendre à gérer les confrontations de façon saine, et il reconnaît qu'à son âge, il l'apprend encore.
4. La foi courageuse entre dans la bataille
- David arrive au camp pour apporter de la nourriture à ses frères. Il entend Goliath, un géant d'environ trois mètres, défier chaque jour l'armée de Dieu. Tout le monde a peur, le roi aussi.
- David est offensé pour Dieu : « Qui est donc ce Philistin, cet incirconcis, pour insulter l'armée du Dieu vivant ? » (1 Samuel 17:26). Il ne nie pas que Goliath est grand, mais il connaît plus grand que lui.
- Il existe toujours une alternative séduisante au combat, parce qu'entrer dans la bataille est inconfortable, comme saisir des orties. On peut fuir, laisser quelqu'un d'autre s'en charger, négocier un compromis ou se contenter d'une réunion de prière pour demander à Dieu d'éloigner les Philistins.
- Nous avons tous nos échappatoires quand la pression monte : le frigo, un écran, des contenus malsains.
- David n'est pas allé chercher ce combat, et il n'est pas téméraire. Mais il ne minimise pas le défi : il a cultivé une foi courageuse qui choisit de faire confiance à Dieu.
- Saül, lui, déverse le doute. Cette voix qui dit « tu ne peux pas, ça va mal finir » est, au fond, la voix de l'ennemi.
5. Une foi préparée dans la présence de Dieu
- Pendant l'été, l'équipe de direction de l'église a lu ensemble un livre de Michael Miller (Upper Room) consacré à la présence de Dieu comme réalité centrale qui fonde tout le reste. Une expression a marqué Tim Grew : « entrer et sortir ».
- Le Psaume 121 le dit : « L'Éternel gardera ton départ et ton arrivée » (Psaume 121:8).
- Goliath n'était pas le premier géant de David. Dans les champs, il apprenait l'adoration, la communion avec Dieu, la louange, la fidélité. Il gardait les Écritures en mémoire pour fortifier sa confiance.
- Face à Goliath, il n'a pas eu à puiser en lui une force de dernière minute. Son cœur était un puits de rencontre, façonné pendant des années dans la présence de Dieu. Comme quelqu'un l'a dit, Dieu fait ses œuvres les plus profondes et les meilleures « dans les cavernes ».
- David était « un homme selon son cœur », selon le cœur de Dieu (1 Samuel 13:14). Pour Tim Grew, le mot anglais « after » (« selon ») parle d'une recherche active : on poursuit la présence de Dieu encore et encore, pas seulement le dimanche.
- Il faut entrer et sortir. Si l'on ne fait que sortir, toujours occupé, on s'assèche et on finit par s'effondrer. Si l'on ne fait qu'entrer, on reste stérile et on ne contribue pas à la mission de Dieu sur la terre.
- Ce sont de petites choses : des temps calmes, des matins ordinaires, de petits choix d'adorer quand on n'en a pas envie, revenir sur un texte qui n'a rien dit la première fois.
6. Le vrai héros, c'est Jésus
- On lit souvent cette histoire comme celle du petit qui bat le grand, de Dieu qui se sert de notre faiblesse quand nous avançons avec foi. Tout cela est juste, mais pour Tim Grew, cela passe à côté de l'essentiel.
- « Nous ne sommes pas David. » Nous voir comme David risque de faire de nous les héros de l'histoire, alors que l'histoire ne parle pas de nous.
- À l'époque, chaque camp choisissait un champion, et le camp du vainqueur l'emportait. Israël était terrifié. Ce ne sont pas les soldats qui ont battu Goliath, c'est leur champion. Quand David a gagné, toute l'armée a gagné.
- Notre champion, c'est Jésus. À la croix, il a vaincu le péché, la mort, la corruption et Satan. « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix » (Colossiens 2:15).
- Nous ne combattons pas pour la victoire, nous combattons à partir de la victoire. La confiance n'est plus « je suis assez fort », mais « Jésus, toi, tu es assez fort ».
- « Nous ne nous tenons pas sur le champ de bataille en nous demandant qui va gagner. Nous savons qui a déjà gagné. » Nous sommes « plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8:37).
7. Piller la maison de l'homme fort
- Après la mort de Goliath, les hommes d'Israël et de Juda se lèvent, poussent des cris et poursuivent les Philistins jusqu'aux portes d'Ékron (1 Samuel 17:52-53). La victoire du champion met tout le peuple en mouvement.
- Jésus parle de l'homme fort qu'on lie avant de piller sa maison (Marc 3:27). Ce n'est pas une technique pour lier l'ennemi : Jésus l'a déjà lié à la croix.
- Piller la maison, c'est libérer les captifs. Beaucoup de gens, sans être mauvais ni incapables de faire le bien, vivent dans le mensonge de l'ennemi plutôt que dans la réalité de Dieu. Nous naissons spirituellement morts, et c'est Dieu qui donne la vie.
- La mission est de libérer les captifs, de la bonne manière, avec les armes de l'amour et sans rien de téméraire.
- La zone de guerre, c'est le lieu où tu entres chaque jour : ta colocation, l'université, la salle de sport, le magasin, la rue, le bureau, le parc.
Points à retenir
- En naissant de nouveau, tu nais dans un combat : la question est de savoir si tu es prêt, pas si tu es en guerre.
- Tu combats avec l'amour, et aucune personne n'est jamais ton ennemie.
- La foi courageuse ne fuit pas vers ses échappatoires : elle entre dans la bataille en faisant confiance à Dieu.
- Le courage public de David a été préparé dans des années de présence de Dieu, loin des regards.
- Tu n'es pas le héros : Jésus a déjà vaincu, et tu combats à partir de sa victoire.
Application personnelle
- Quelle est l'échappatoire vers laquelle tu cours quand un combat devient inconfortable ?
- Quel pas Dieu t'appelle-t-il à faire, que tu repousses parce qu'il te met mal à l'aise ?
- Que fais-tu concrètement pour rechercher la présence de Dieu dans le lieu secret ?
- Est-ce que tu abordes tes combats en te demandant qui va gagner, ou en te tenant dans la victoire de Jésus ?
- Quelle est ta zone de combat quotidienne, et qui, autour de toi, a besoin d'être libéré ?
Versets cités
- 1 Samuel 17
- Galates 5:16-17
- Jacques 4:4
- 1 Pierre 5:8
- Psaume 121:8
- 1 Samuel 13:14
- Colossiens 2:15
- Marc 3:27
- Romains 8:37
Questions fréquentes
Qui est le vrai héros de l'histoire de David et Goliath ?
Pour Tim Grew, nous ne sommes pas David. Israël avait peur et c'est son champion qui a combattu à sa place : quand David a vaincu, toute l'armée a vaincu. Le vrai héros annoncé par cette histoire est Jésus, qui a vaincu le péché, la mort et Satan à la croix.
Que veut dire combattre à partir de la victoire ?
Cela veut dire que tu ne te bats pas pour obtenir une victoire incertaine. Jésus a déjà triomphé à la croix (Colossiens 2:15). Ta confiance ne repose pas sur ta force mais sur la sienne : tu te tiens dans une victoire déjà acquise.
Contre qui le chrétien combat-il dans le combat spirituel ?
Tim Grew reprend l'expression biblique « le monde, la chair et le diable ». Les êtres humains ne sont jamais l'ennemi, car Dieu aime chaque personne. Et le chrétien combat d'abord avec l'arme de l'amour, la seule que Jésus ait dans son arsenal.