Introduction
Il existe une émission de téléréalité, « Patron incognito ». Le patron d'une grande chaîne se déguise en ouvrier ou en stagiaire et passe une journée, parfois une semaine, avec ses employés. Il découvre l'ambiance, les conditions de travail, et il vérifie si la vision et les objectifs sont respectés. Puis vient le moment où l'on révèle aux ouvriers qu'ils viennent de passer tout ce temps avec le grand PDG.
Le prédicateur de l'Église Baptiste Toulouse Métropole confie qu'il vit un peu ce moment chaque fois qu'il lit les épîtres pastorales. « Notre patron n'est pas incognito. C'est le Dieu omniprésent, mais parfois on oublie peut-être qu'il est là. » Il nous a donné une vision claire, un cahier des charges pour la vie d'Église et le ministère pastoral : 1 Timothée, 2 Timothée et Tite.
Dans ce message de la série « Passage de témoin », consacré à 2 Timothée 1:13 à 2:2, il retient une instruction de Paul : « Garde le bon dépôt. » Deux mouvements la portent : un travail de préservation, qui se fait par la transmission.
Plan du message
1. Un cahier des charges pour toute l'Église
- Si tu t'es déjà demandé ce que fait un pasteur de ses journées, ou comment l'encourager, les lettres de Paul à Timothée et à Tite peuvent t'en donner une idée. Le prédicateur mentionne un livre intitulé « Pasteur et heureux de l'être » : Paul et Timothée étaient heureux d'être pasteurs, même au milieu des défis.
- 2 Timothée est la dernière lettre de Paul. Il sait qu'il va mourir. Il écrit à Timothée, son ami, son fils spirituel, pasteur, pour l'encourager. Une génération de pasteurs doit continuer le travail : « C'est vraiment un passage de témoin. »
- La lettre se termine par « Que le Seigneur soit avec ton esprit », puis « Que la grâce soit avec vous ». Paul sait que toute l'Église l'entendra. Ce qui est dit à un pasteur, « c'est pour nous tous ».
2. Un trésor mis en dépôt, comme l'or de Norvège
- La semaine précédente, la charge de Paul était de ranimer la flamme. Ici, au verset 14, la deuxième instruction est : « Garde le bon dépôt. »
- L'idée est chère à Paul. Il en parle au verset 12 (« il a la puissance de garder mon dépôt jusqu'à ce jour-là ») et il avait terminé sa première lettre de la même manière : « Ô Timothée, garde le dépôt » (1 Timothée 6:20).
- Le mot vient du monde de la finance, comme quand tu déposes un chèque ou des espèces à la banque.
- Pendant la Seconde Guerre mondiale, quand l'Allemagne envahit la Norvège, la banque centrale veut préserver ses 50 tonnes d'or pour qu'elles ne tombent pas entre les mains des nazis. Responsables de la banque, cheminots, soldats, marins, enfants et jusqu'aux petits bateaux de pêche participent à évacuer l'or d'Oslo vers le Royaume-Uni et les États-Unis. Cet or a préservé l'économie du pays pendant et après la guerre.
- « Soyons fiers d'être confiés cette mission de garder un trésor pour le bien des générations futures. »
3. Préserver la norme des saines paroles
- Beaucoup vivent déjà un travail de préservation dans leur métier : garde d'enfants, éducation, banque, archives, musée. Le prédicateur raconte, avec humour, l'histoire de son frère, chargé de garder le chien d'amis partis en vacances : il a fait un petit footing avec lui et, en rentrant à la maison, le chien est mort.
- Paul se voit comme quelqu'un à qui l'on a confié un trésor : « l'Évangile de la gloire du Dieu bienheureux, Évangile qui m'a été confié » (1 Timothée 1:11). Il ne l'a pas inventé. Quand une chose ne nous appartient pas, il y a une charge supplémentaire.
- Le dépôt, c'est l'ensemble des vérités annoncées par les apôtres sur le salut en Jésus-Christ : le « modèle des saines paroles » du verset 13. Certaines traductions disent « prends pour norme ». Comme dans le bâtiment ou le contrôle qualité, tout ce qui est dit et fait dans une Église doit s'accorder à la norme de l'Évangile.
- Cette bonne nouvelle de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus « est capable de sauver des prostituées, qui est capable de sauver des pasteurs, qui est capable de sauver nous tous ». Deux mille ans après, nous chantons les mêmes vérités que les apôtres.
- Garder le dépôt n'est pas se figer dans le passé : ce n'est pas garder la déco de l'église des années 60 ou un style de musique. C'est connaître l'Évangile et savoir l'articuler selon les besoins de notre époque. Les confessions de foi et les credos peuvent y aider.
- Ce n'est pas à nous de modifier le contenu. Les Norvégiens ont sorti 50 tonnes de la banque et, à la fin, ils avaient 50 tonnes. Si tu confies ton enfant à la crèche et qu'on te rend seulement son sac à dos, on n'a pas gardé le dépôt. Enlever certaines parties du message parce qu'on ne les aime pas, « c'est pas garder le dépôt ».
4. Un trésor à faire vivre
- Le dépôt n'est pas une feuille de papier rangée dans le tiroir du pasteur. Un jour, des amis ont confié une plante au prédicateur pendant leurs vacances : le but n'était pas de la mettre au coffre-fort, mais de l'arroser et de la garder en vie.
- Paul dit de le retenir « dans la foi et dans l'amour qui est en Jésus-Christ » et de le garder « par le Saint-Esprit qui habite en nous ». Ce sont des vérités qui nous enflamment et nous passionnent nous-mêmes.
- Certaines Églises ont une confession de foi très orthodoxe, mais il n'y a pas de vie. Le prédicateur va jusqu'à dire que certaines facultés de théologie peuvent devenir le meilleur endroit pour perdre sa foi : le travail y devient seulement intellectuel, ou l'on n'y garde que la moitié du dépôt, en expliquant que la résurrection ou les miracles ne sont pas vraiment réels.
- D'où l'importance du mot « bon » : « Si vous avez honte du contenu de la Bible et de son message, vous n'allez pas bien garder le dépôt. »
5. Phygelle, Hermogène et Onésiphore
- Tous ceux d'Asie ont abandonné Paul, entre autres Phygelle et Hermogène (verset 15). Ils disaient aimer l'Évangile, mais en voyant Paul en prison, ils ont préféré ne pas être vus avec lui. Ils n'ont pas pris à cœur le projet commun de garder le bon dépôt.
- Onésiphore, lui, a souvent consolé Paul et n'a pas eu honte de ses chaînes. Venu à Rome, il l'a cherché avec beaucoup d'empressement et l'a trouvé (versets 16 et 17). Trouver un chrétien dans une prison romaine, face à une administration hostile, devait être très compliqué. Visiter un prisonnier chrétien exposait aussi à la persécution.
- La question d'Onésiphore était : « Qu'est-ce que je peux faire, moi, pour aider Paul à garder le bon dépôt ? » Paul s'en sert pour dire à Timothée : toi, mon enfant, fais pareil, fortifie-toi dans la grâce (2 Timothée 2:1).
6. Transmettre, la meilleure façon de garder
- Parfois, garder une chose, c'est ne pas la partager : si on te confie un billet de 500 euros et que tu le coupes en morceaux pour le distribuer, tu ne l'as pas bien gardé.
- Mais ailleurs, garder, c'est confier. Une banque fait circuler l'argent déposé. Un fichier informatique important ne se garde pas en l'enfouissant, mais en le dupliquant et en faisant plusieurs copies. Un savoir-faire artisanal se conserve en se transmettant.
- Paul est en prison et sait qu'il sera mis à mort, mais il voit déjà quatre générations : Paul, Timothée, des hommes fidèles, puis d'autres qu'ils enseigneront (2 Timothée 2:2). Le christianisme ne s'arrêtera pas avec lui.
- Paul n'envisage pas une succession apostolique ni des révélations surnaturelles qui dispenseraient de transmettre. Le prédicateur cite un commentaire : « La manière dont Paul avait lui-même élaboré ses doctrines ne se perpétuerait pas dans la génération suivante », il faudrait « recourir à des méthodes de transmission plus courantes ».
7. Un projet qui demande toute l'Église
- L'appel premier est de former la prochaine génération de responsables, de pasteurs et d'anciens. Mais Timothée a entendu ces choses « en présence de beaucoup de témoins » : toute l'Église est témoin de l'enseignement, pour en bénéficier, discerner la vérité et reconnaître les jeunes Timothée qui ont un potentiel de responsable.
- Deux qualités sont demandées : des hommes fidèles (dans leur service, leur attachement à la Bible) et capables d'enseigner à d'autres. Cela demande à Timothée de faire un tri.
- « Confier » ne se limite pas à un rendez-vous dans le bureau du pasteur. Cela inclut le discipulat, l'exemple, la prière, la production de ressources, le financement, l'évaluation, les instituts bibliques et les facultés, les stages, les voyages, les conventions missionnaires et les cultes. Comme pour l'or norvégien, il faut tout un réseau de compétences, petits et grands.
- Chacun devrait se poser la question : suis-je quelqu'un à qui l'on peut confier le dépôt, pour ensuite bénir d'autres ?
- Si Dieu marchait incognito parmi nous, verrait-il une Église fidèle à son cahier des charges, attachée à l'Évangile, fortifiée par la grâce, prête à confier des choses aux jeunes ? Dieu a tenté l'expérience : il s'appelait Jésus-Christ. Abandonné de tous, même de ses disciples, il est venu à la croix faire miséricorde. Il a pris Paul, qui était contre lui, il l'a transformé en apôtre de la grâce, et Paul à son tour a confié le dépôt à Timothée.
- Un jour, l'Église fidèle pourra entendre : « C'est bien, bon et fidèle serviteur » (Matthieu 25:21). « Nous avons le meilleur des Seigneurs, nous avons le meilleur des patrons. »
Points à retenir
- Le bon dépôt, c'est l'Évangile confié par les apôtres. Il ne nous appartient pas : nous n'avons ni à le modifier ni à en retirer une partie.
- Garder le dépôt n'est pas se figer dans le passé, mais connaître l'Évangile et l'articuler pour notre époque.
- Le dépôt se garde vivant, dans la foi, l'amour et par le Saint-Esprit, pas seulement dans une confession de foi rangée dans un tiroir.
- Comme Onésiphore, on garde le dépôt en n'ayant pas honte du message ni de ceux qui le portent.
- La meilleure façon de garder l'Évangile, c'est de le transmettre à des personnes fidèles, et toute l'Église y participe.
Application personnelle
- Y a-t-il des parties de l'Évangile que tu as tendance à mettre de côté parce qu'elles te dérangent ?
- Le message de la Bible te passionne-t-il encore, ou est-il devenu une feuille rangée dans un tiroir ?
- As-tu déjà eu honte de l'Évangile ou d'un chrétien dans la difficulté ? Qui pourrais-tu chercher et consoler, comme Onésiphore ?
- Suis-je quelqu'un à qui l'on peut confier le dépôt, fidèle et prêt à le transmettre ?
- À qui peux-tu transmettre ce que tu as reçu cette semaine : par l'exemple, la prière, le discipulat ou un soutien concret ?
Versets cités
- 2 Timothée 1:13 à 2:2
- 2 Timothée 1:6
- 2 Timothée 1:12
- 2 Timothée 4:22
- 1 Timothée 1:11
- 1 Timothée 6:20
- Matthieu 25:21
Questions fréquentes
Que signifie « garder le bon dépôt » dans 2 Timothée 1:14 ?
Le dépôt est un mot tiré du monde de la finance. Pour Paul, c'est l'Évangile qui lui a été confié : l'ensemble des vérités annoncées par les apôtres sur la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Le garder, c'est ne pas en dévier, ne pas le modifier et ne pas l'oublier, sans pour autant se figer dans le passé.
Pourquoi Paul cite-t-il Onésiphore en exemple ?
Tous ceux d'Asie, dont Phygelle et Hermogène, ont abandonné Paul quand il était en prison. Onésiphore, lui, n'a pas eu honte de ses chaînes : il l'a cherché avec empressement à Rome, l'a trouvé et l'a consolé, malgré le risque. Il a pris à cœur le projet commun de garder le bon dépôt.
Quelle est la meilleure façon de garder l'Évangile selon 2 Timothée 2:2 ?
C'est de le confier à d'autres. Comme un fichier important qu'on duplique pour ne pas le perdre, l'Évangile se garde en étant transmis à des hommes fidèles, capables de l'enseigner à leur tour. Paul voit déjà quatre générations, et ce travail implique toute l'Église, pas seulement les pasteurs.