Actes 2 : quatre marques d'une Église en bonne santé

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Introduction

L'année scolaire et universitaire vient de commencer. Tu viens peut-être d'arriver à Paris pour tes études, pour chercher un travail ou pour commencer ton premier poste, et tu visites des Églises en te demandant laquelle choisir. Tu fréquentes peut-être une Église depuis longtemps et tu t'interroges sur la santé de ta communauté. Ou bien c'est la première fois que tu entres dans une Église évangélique et tu te demandes simplement : « ça fonctionne comment, une Église ? »

C'est à ces trois questions que répond Yvan, prédicateur à l'Église Connexion, en clôture d'une courte série sur les deux premiers chapitres du livre des Actes. Après la Pentecôte et le discours de Pierre, trois mille personnes se repentent et se font baptiser au nom de Jésus. Luc décrit alors le quotidien de cette toute jeune Église dans Actes 2:41-47.

Yvan y relève quatre caractéristiques : une Église attachée à l'amour du prochain, à l'enseignement des apôtres, à la louange et à la prière, et une Église tournée vers l'extérieur. Pour chacune, il pose la même question personnelle : si je veux garder mon Église en bonne santé, qu'est-ce que je dois faire, moi ?

Plan du message

1. Une jeune Église qui grandit d'un coup

  • En Actes 1:15, avant la Pentecôte, les disciples sont environ cent vingt. Au verset 41 d'Actes 2, trois mille personnes se convertissent. « Je suis prof de math, j'ai pas pu m'en empêcher » : Yvan a fait le calcul et parle d'une croissance de 2500 %.
  • Pierre s'adressait à des Juifs pieux, venus de tout le bassin méditerranéen ou de Jérusalem. Accepter Jésus comme Messie et comme Seigneur, à ce moment précis de l'histoire, c'est aller à l'encontre des dirigeants politiques et religieux, et de la foule qui criait « crucifie-le » cinquante jours plus tôt.
  • Par le baptême, ces trois mille disent publiquement à leur famille, à leur communauté et à leurs collègues : « Je suis un disciple de Jésus maintenant. Je n'ai plus la même espérance que vous. »
  • Yvan a grandi dans une famille chrétienne, et ses parents ont été « fous de joie » quand il a accepté Jésus. Mais il connaît des amis rejetés lorsqu'ils ont fait le même choix, parce qu'ils venaient d'un milieu musulman ou d'une culture antireligieuse. Dans certains pays, devenir chrétien fait perdre son travail, son statut, et peut conduire à des menaces, voire à une condamnation à mort.

2. Une Église attachée à l'amour du prochain

  • La communion fraternelle est la notion la plus présente du texte : « la communion fraternelle » (verset 42), « ils étaient ensemble et avaient tout en commun » (verset 44), ils partageaient (verset 45), ils agissaient d'un commun accord (verset 46).
  • Pour ces trois mille, il ne reste plus que l'Église et l'espérance que Jésus ne les laissera jamais tomber. L'Église est leur seule famille. Il n'est pas question de vivre leur foi de manière individuelle, « comme nos sociétés individualistes nous appellent à le faire de plus en plus ».
  • Accepter Jésus est personnel : un parent ne peut pas le décider pour son enfant. Mais si Jésus devient ton Seigneur, tu deviens un sujet de son royaume, un citoyen qui vit avec ses concitoyens. Tu deviens aussi la cible des puissances qui s'opposent à lui. Pas de quoi avoir peur : en ressuscitant Jésus, Dieu l'a déclaré Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et rien n'échappe à son autorité.
  • Faut-il alors tout vendre et tout donner à l'Église ? Avec John Stott, Yvan répond non. Jésus a pu appeler certains disciples à tout quitter, mais il n'a jamais interdit aux chrétiens d'avoir des biens, et aucune lettre des apôtres ne le commande.
  • Le récit d'Ananias et Saphira (Actes 5) le confirme. Pierre dit à Ananias : « S'il n'avait pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et après l'avoir vendu, n'avais-tu pas le droit de disposer du prix ? » Leur péché n'était pas de garder une partie du prix, mais de prétendre avoir tout donné.
  • Actes 2 n'est donc pas l'obéissance à un ordre, encore moins la manipulation de « certains mouvements sectaires ». C'est la réaction volontaire de chrétiens remplis du Saint-Esprit, pour deux raisons : l'isolement où leur conversion les plaçait, et la mise en pratique du commandement de Jésus de s'aimer les uns les autres (Jean 15:12).
  • Tout le monde ne vendait pas sa maison : d'autres l'ouvraient presque chaque jour pour manger et rompre le pain ensemble (verset 46). Luc revient sur cette solidarité à la fin du chapitre 4 avec l'exemple de Joseph, qui vend son champ.
  • Le tout est vécu « avec joie et simplicité de cœur » : sans arrière-pensée, sans attendre quelque chose en retour ni une validation particulière. « Je pense que c'est une belle définition de ce que c'est que l'amour de l'autre. »
  • L'an dernier, dans le groupe de communauté d'Yvan, une personne en difficulté financière l'a partagé comme sujet de prière. Plusieurs membres, sans se concerter, ont organisé une collecte dans les jours suivants. « J'étais trop heureux de voir ça se réaliser. »
  • Critère retenu : une Église en bonne santé est une Église solidaire, où l'on est généreux de son temps, de son énergie et de son argent. Et si je veux la garder en bonne santé, je dois appliquer moi-même ce commandement de Jésus. Groupes de 5 à 15 personnes, repas après le culte, sorties, services de l'Église : « il ne tient qu'à nous de mettre la main à la pâte » pour que chacun se sente appartenir à cette famille, en particulier ceux pour qui suivre Christ a signifié être coupé de leur famille.

3. Une Église attachée à l'enseignement des apôtres

  • « Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres » (verset 42). Luc ne dit pas comment cet enseignement était organisé, une sorte d'école biblique peut-être. Une chose est sûre : il ne se limitait pas à une prédication par semaine.
  • Ces nouveaux croyants avaient soif de comprendre comment l'Ancien Testament parlait du Messie promis, de découvrir l'enseignement de Jésus rapporté par les apôtres et tout ce qu'il impliquait. Un apprentissage reçu avec sérieux et humilité, et validé par Dieu, comme le montrent les prodiges du verset 43.
  • Aujourd'hui, l'enseignement des apôtres se trouve dans le Nouveau Testament : les Évangiles, les Actes et les épîtres. Il donne les clés pour relire l'Ancien Testament avec Jésus-Christ en ligne de mire.
  • Dernier calcul du professeur de mathématiques : à raison d'une prédication par dimanche sur un chapitre, il faudrait cinq ans pour couvrir le Nouveau Testament et vingt-trois ans pour toute la Bible. La prédication du dimanche ne suffit pas.
  • D'où ses conseils : étudier la Bible seul ou en groupe, avec des ouvrages chrétiens ; commencer par les Évangiles et le Nouveau Testament ; en parler avec des membres de l'Église ; chercher un binôme de lecture ; rejoindre un groupe de communauté.
  • Un frère lui a fait remarquer que l'attachement à la Parole n'est pas une connaissance théorique. Il se voit dans l'action : l'amour fraternel de la première partie est la mise en pratique de l'enseignement de Jésus, sous l'action transformatrice du Saint-Esprit.
  • Critère retenu : une Église en bonne santé est attachée à la Parole et à sa mise en pratique. Si je veux la garder en bonne santé, je dois persévérer moi-même dans l'étude de la Bible et aider les autres à l'étudier.

4. Une Église attachée à la louange et à la prière

  • « Cela peut nous sembler évident, mais à l'Église, nous louons Dieu et Jésus-Christ. » Chants, lectures, proclamations de foi, prières : la louange prend plusieurs formes.
  • Luc mentionne deux fois la fraction du pain (versets 42 et 46). Elle désigne la sainte cène, le repas que Jésus a demandé de partager en souvenir de sa mort et de sa résurrection pour le pardon des péchés, jusqu'à son retour.
  • Rien n'indique qu'elle n'était célébrée qu'une fois par semaine, comme dans la plupart des Églises évangéliques aujourd'hui. Yvan croit même que les premiers chrétiens la vivaient beaucoup plus souvent, peut-être à chaque repas, comme le suggère le verset 46. Yvan en tire une idée simple : prendre le réflexe, pendant un repas, de rappeler l'œuvre de la croix, de parler de la prédication, du texte lu dans la journée ou de ce que Dieu nous a donné de vivre. « Cela pourrait nous aider, et moi en premier, à ne pas parler du boulot ou de nos soucis à peine sortis du culte. »
  • Les premiers chrétiens persévéraient aussi dans la prière. Yvan confesse que participer aux réunions de prière n'est pas une de ses forces. Pourtant, c'est dans la prière que les disciples ont cherché la volonté de Dieu pour remplacer Judas, et dans la prière qu'ils ont attendu la promesse du Saint-Esprit.
  • « Prier, ce n'est pas demander à Dieu ce que nous voulons qu'il nous donne, mais c'est nous mettre à l'écoute de Dieu pour demander à Dieu ce qu'il veut nous donner. »
  • Critère retenu : une Église en bonne santé prie, loue et se rappelle l'œuvre de Jésus à la croix. Si je veux la garder en bonne santé, je dois m'impliquer dans la prière, la louange et le témoignage de l'œuvre de Jésus dans ma vie.

5. Une Église tournée vers l'extérieur

  • Les croyants ne restent pas isolés dans les maisons, ils vont au temple, un lieu public. Pas pour y offrir des sacrifices d'animaux : ils ont compris que Jésus est le sacrifice ultime pour le pardon des péchés. La suite du livre montre qu'ils y vont pour annoncer la résurrection de Jésus.
  • Ils ont « la faveur de tout le peuple » (verset 47). Contradiction avec le rejet évoqué plus haut ? Luc ne dit pas combien de temps cela a duré ; Yvan pense à plusieurs semaines, peut-être moins. Le peuple venait de voir le miracle de la Pentecôte et ne restait pas insensible à ces gens joyeux, remplis de l'Esprit, qui parlaient des merveilles de Dieu. L'opposition des chefs religieux vient dans la suite du récit.
  • Cette Église est tournée vers l'extérieur parce que l'Esprit lui a été donné pour témoigner à Jérusalem, en Judée, en Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre (Actes 1:8). Et c'est Dieu qui œuvre : « Le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés. »
  • Ces chrétiens ne cherchent pas la performance. Ils agissent par amour les uns pour les autres et par amour pour Jésus, et c'est Dieu qui les rend efficaces.
  • Critère retenu : une Église en bonne santé annonce la bonne nouvelle. Si je veux la garder en bonne santé, je dois parler de l'Évangile autour de moi aussi souvent que Dieu m'en donne l'occasion : avec mes amis, mes collègues, mes voisins, lors de sorties d'évangélisation ou d'un voyage missionnaire.

6. La santé de l'Église repose sur chacun de ses membres

  • Un dernier détail frappe Yvan : dans le texte, les apôtres ne sont le sujet d'aucun verbe actif. L'Église persévère dans leur enseignement, Jésus fait des miracles et des signes par eux, mais ils ne sont pas l'épicentre de l'action.
  • Les membres se réunissent d'un commun accord et se mettent en action d'eux-mêmes, sans attendre qu'on leur dise quoi faire. Avec le temps, les apôtres établiront des anciens pour guider l'Église spirituellement et des diacres pour organiser la vie communautaire.
  • Yvan vient d'entrer, avec un autre frère, dans une année d'observation et de formation en vue de la fonction d'ancien. Ce texte le rassure : « la santé de l'Église ne repose pas sur les épaules des anciens. Elle repose sur l'action du Saint-Esprit en chacun de ses membres, qui entraîne la mise en action de chacun de nous. »
  • Sa prière finale résume l'appel : persévérer dans la Parole, la prière et la louange malgré les distractions, recevoir de l'audace et du zèle pour l'Évangile, et surtout « renoncer à notre confort, notre égoïsme pour nous mettre au service les uns des autres ».

Points à retenir

  • Une Église en bonne santé est une Église solidaire, où l'on est généreux de son temps, de son énergie et de son argent, avec joie et sans arrière-pensée.
  • Le partage d'Actes 2 n'était pas un ordre : c'était la réponse libre de croyants remplis de l'Esprit au commandement de Jésus de s'aimer les uns les autres.
  • La prédication du dimanche ne suffit pas : persévérer dans l'enseignement des apôtres, c'est étudier la Bible et la mettre en pratique.
  • La louange et la prière gardent la croix au centre, jusque dans les repas partagés.
  • La santé de l'Église ne repose pas sur ses responsables, mais sur l'action du Saint-Esprit en chacun de ses membres.

Application personnelle

  1. Qui, dans ton Église, a peut-être été coupé de sa famille en suivant Christ, et comment peux-tu l'inclure dans ton cercle de relations ?
  2. Où en es-tu de ta générosité envers tes frères et sœurs, avec ton temps, ton énergie et ton argent ?
  3. Ta connaissance de la Bible dépend-elle seulement de la prédication du dimanche ? Avec qui pourrais-tu la lire cette semaine ?
  4. Au prochain repas partagé après le culte, comment pourrais-tu ramener la conversation vers Jésus et l'œuvre de la croix ?
  5. Attends-tu qu'on te dise quoi faire dans ton Église, ou te laisses-tu mettre en action par le Saint-Esprit ?

Versets cités

Questions fréquentes

Faut-il tout vendre et tout donner à l'Église comme en Actes 2 ?

Non. S'appuyant sur le commentaire de John Stott et sur le récit d'Ananias et Saphira (Actes 5), Yvan montre qu'il n'y avait aucune obligation de vendre. Le partage d'Actes 2 est une réaction volontaire de croyants remplis du Saint-Esprit qui voulaient aider leurs frères et sœurs. D'autres ouvraient simplement leur maison.

Que signifie « la fraction du pain » dans Actes 2:42 ?

Elle désigne la sainte cène, le repas du Seigneur, que Jésus a demandé de partager en souvenir de sa mort et de sa résurrection jusqu'à son retour. Selon Yvan, rien n'indique qu'elle n'avait lieu qu'une fois par semaine : le verset 46 suggère que les premiers chrétiens la vivaient peut-être à chaque repas.

Sur qui repose la santé d'une Église ?

Pas sur les épaules des anciens. Dans Actes 2:41-47, les apôtres ne sont le sujet d'aucun verbe actif : ce sont les membres qui se réunissent et se mettent en action d'eux-mêmes. La santé de l'Église repose sur l'action du Saint-Esprit en chacun de ses membres.

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