L'amour agapè, la voie de l'excellence pour refléter Christ

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Introduction

Il existe une question qui traverse toute la vie chrétienne : comment refléter vraiment Christ ? Autrement dit, à quoi reconnaît-on qu'une vie a été transformée par l'Évangile ? Ce dimanche à ICC TV Montréal, le pasteur Renathe YAO a rappelé une vérité que Paul avait déjà dû rappeler aux Corinthiens : la vraie marque, ce ne sont ni les dons spectaculaires, ni la connaissance biblique, ni les œuvres visibles. C'est l'amour. Un amour très précis que le Nouveau Testament appelle agapé.

Le prédicateur pose le décor à partir de la chute au jardin d'Éden. Quelque chose a été retiré à l'homme le jour où il a désobéi : la domination, mais aussi et surtout l'image de Dieu dont il avait été revêtu. En Christ, cette portion retranchée est restituée. Le problème, c'est qu'on peut vivre religieusement sans jamais laisser Christ être formé en soi. C'est exactement le drame de l'Église de Corinthe.

Cet article reprend le fil du sermon pour t'aider à mesurer où tu en es dans ta marche : es-tu en train de collectionner des dons et des connaissances, ou es-tu en train de laisser l'image de Christ prendre forme en toi ?

Plan de l'article

1. La chute a défiguré l'image de Dieu en l'homme

2. En Christ, l'image nous est restituée

3. L'erreur de Corinthe : tout avoir sauf l'essentiel

4. La voie par excellence : agapé, ce que le diable ne peut pas falsifier

5. Contempler pour être transformé

1. La chute a défiguré l'image de Dieu en l'homme

Le pasteur commence par un rappel : au commencement, Dieu crée l'homme à son image et à sa ressemblance et lui confie la domination sur la terre (Genèse 1.26). Cette domination n'est pas un caprice ; elle découle de l'image. La structure épouse la fonction. Adam pouvait dominer parce qu'il portait l'image de celui qui règne.

Quand la ruse du serpent atteint Ève, puis Adam, une chose bascule. Dieu vient les rencontrer à la fraîcheur du jour, comme il en avait sans doute l'habitude, et il pose une question qui n'est pas une demande d'information : « Adam, où es-tu ? » Dieu sait où est Adam. Ce qu'il lui demande, c'est de mesurer lui-même la distance qu'il vient de créer.

À partir de ce moment-là, un vocabulaire nouveau entre dans l'histoire humaine. Le mot souffrance. Le mot douleur. Une domination qui devient négative, celle du mari qui écrase sa femme. La malédiction prononcée sur le sol. La sueur qui accompagne le travail. Tout cela, dit le prédicateur, n'était pas prévu au départ. L'image portée par Adam a été défigurée, et l'image nouvelle attire vers elle un autre type de paroles, un autre type de vie.

2. En Christ, l'image nous est restituée

La bonne nouvelle du sermon, c'est que la chute n'a pas le dernier mot. Quand tu nais de nouveau, quand tu te connectes à Christ, quand tu deviens une nouvelle création, la portion qui avait été retranchée t'est restituée. C'est ce qui distingue le croyant d'un simple Adam : il récupère en Christ la position que le premier homme avait perdue.

Mais attention : recevoir la restitution ne veut pas dire que l'image est déjà pleinement formée en toi. C'est là que Paul intervient de manière très personnelle dans Galates 4.19. Il écrit : « Mes petits enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous. » Paul les a déjà enfantés une première fois à la conversion. Et pourtant, il souffre à nouveau, parce que l'image de Christ n'est pas encore visible en eux.

Le pasteur file l'image : une mère qui accouche connaît les douleurs de l'enfantement, mais les douleurs continuent longtemps après. Il faut que l'enfant mange, qu'il s'assoie, qu'il marche, qu'il grandisse jusqu'à sa stature adulte. La vie chrétienne, c'est cela : Christ doit être formé en toi jusqu'à ce que tu atteignes la mesure de la stature parfaite.

3. L'erreur de Corinthe : tout avoir sauf l'essentiel

Pour illustrer, Paul écrit à une Église qui semble tout avoir. Le pasteur ouvre 1 Corinthiens 1.4-5 : « Je rends à mon Dieu de continuelles actions de grâces à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée en Jésus-Christ. Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance. »

Le mot « parole » ici, c'est logos : la lettre, le texte, l'énoncé. Le mot « connaissance », c'est gnosis, une connaissance intellectuelle. Les Corinthiens étaient brillants. Quand on citait un verset, ils le terminaient. Ils comprenaient. Ils discutaient. Et en plus, ils avaient tous les dons : les langues, la prophétie, la guérison, ce que Paul énumérera lui-même en 1 Corinthiens 12.

Sur le papier, l'Église idéale. Et pourtant, Paul leur écrit deux longues lettres. Pourquoi ? Parce qu'il regarde et il ne voit pas encore l'image. Il souffre les douleurs de l'enfantement. Le prédicateur le formule ainsi : Christ n'est pas encore formé. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, l'Église a besoin de tant de séminaires, de tant d'enseignements. Parce qu'on a beaucoup accumulé, mais Christ n'est pas toujours visible en nous.

4. La voie par excellence : agapé, ce que le diable ne peut pas falsifier

À la fin de 1 Corinthiens 12, Paul ouvre une porte : « Je vais encore vous montrer une voie par excellence. » Et il enchaîne avec 1 Corinthiens 13. La voie par excellence, c'est l'amour. Pas n'importe lequel. L'agapé.

Paul est brutal : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien. »

Le pasteur insiste sur un point qu'il faut entendre : le diable peut falsifier presque tout. Il peut copier des dons, des manifestations, des expériences religieuses, une certaine connaissance, un certain zèle. Mais il y a une chose qu'il ne peut ni copier ni recopier : l'agapé. L'amour venu de Dieu est le seul signe distinctif que l'ennemi ne peut pas contrefaire.

C'est pour cela que Paul déroule ensuite le portrait de l'amour au verset 4 et suivants : patient, plein de bonté, sans envie, sans orgueil, sans amertume, qui pardonne tout, qui espère tout, qui supporte tout. Et ce portrait recoupe très exactement le fruit de l'Esprit de Galates 5. Amour, joie, paix, patience, bonté, bénignité, foi, douceur, tempérance. C'est le même fruit qui vient authentifier ce que tu peux accomplir.

Le prédicateur convoque alors Matthieu 7.22-23, où Jésus parle à des gens qui, au jour du jugement, plaideront leurs prophéties, leurs miracles, leurs exorcismes. Et le Seigneur leur répondra : « Je ne vous ai jamais connus. » Pourquoi ne les connaît-il pas ? Parce que les actions n'ont pas été produites, poussées, inspirées par l'amour. Et les actions qui ne sont pas produites par l'amour ne comptent pas au ciel.

Le pasteur laisse tomber une phrase à peser : « Ne nous laissons pas séduire par les résultats visibles, la connaissance, les logos. Allons chercher le plus profond. Soyons des gens de la présence. »

5. Contempler pour être transformé

Comment cet amour se forme-t-il en nous ? Le prédicateur oppose deux mouvements. Après avoir péché, Adam fuit loin de la face de Dieu. À l'inverse, quand nous donnons notre vie à Christ, nous venons à visage découvert vers le Seigneur, comme le dit 2 Corinthiens 3.18 : « Nous tous, contemplant à visage découvert la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit. »

La contemplation, dit-il, est un mot de téléchargement. Quand tu contemples Christ, tu es transfiguré. Tu reçois. Dieu s'installe en toi. Le fruit commence à se manifester, une vertu après l'autre : la patience, puis la tempérance, puis la bonté, puis la foi. Plus tu contemples celui qui est la plénitude de tout en tout, plus tu lui ressembles. L'image se fixe.

C'est là qu'aboutit la voie par excellence : ce n'est pas d'abord une discipline morale ou une performance spirituelle, c'est un regard fixé sur Christ qui produit en toi l'amour que le diable ne peut pas falsifier.

Points à retenir

  • La chute d'Adam a défiguré l'image de Dieu ; en Christ, cette image est restituée, mais elle doit encore être formée en toi.
  • On peut avoir tous les dons, toute la connaissance biblique, et pourtant ne pas refléter Christ.
  • La voie par excellence de 1 Corinthiens 13, c'est l'agapé, seule chose que l'ennemi ne peut pas contrefaire.
  • Le fruit de l'Esprit de Galates 5 authentifie ce que Dieu opère réellement en toi.
  • Contempler Christ à visage découvert est le chemin par lequel son image se forme en nous.

Application personnelle

  • Quand je regarde ma vie, qu'est-ce que je mets en avant pour me rassurer : mes dons, ma connaissance de la Bible, mes activités dans l'Église, ou le fruit de l'Esprit ?
  • Y a-t-il aujourd'hui une personne que je peine à aimer, et qui révèle que Christ n'est pas encore pleinement formé en moi sur ce point ?
  • Si je relisais 1 Corinthiens 13.4-7 en mettant mon prénom à la place du mot « amour », quels versets ne tiendraient pas ?
  • Quelle place la contemplation de Christ, dans la prière et la Parole, occupe-t-elle réellement dans mes semaines ?
  • Quelle action, cette semaine, ferais-je autrement si elle était vraiment poussée par l'amour et non par la peur, l'orgueil ou l'habitude ?

Versets cités

FAQ

Qu'est-ce que la « voie par excellence » dont parle Paul ?

Dans 1 Corinthiens 12.31, Paul annonce qu'il va montrer une voie encore plus excellente que la recherche des dons. Il enchaîne au chapitre 13 avec l'amour agapé. La voie par excellence, c'est donc l'amour comme moteur, sans lequel les dons, la connaissance et les sacrifices ne servent à rien.

Pourquoi Paul dit-il aux Corinthiens qu'il souffre de nouveau des douleurs de l'enfantement ?

Cette expression se trouve en Galates 4.19. Paul veut dire que la conversion n'est qu'un premier accouchement. Tant que Christ n'est pas formé dans la vie du croyant, c'est-à-dire tant que son image, son caractère et son amour ne se voient pas concrètement, l'apôtre continue à porter le fardeau de leur croissance.

Comment savoir si mes actions sont vraiment poussées par l'amour ?

Le sermon renvoie au fruit de l'Esprit de Galates 5.22-23 et au portrait de l'amour en 1 Corinthiens 13.4-7. Si patience, bonté, absence d'orgueil, refus de la rancune et souci vrai de l'autre accompagnent tes actes, tu marches sur la voie par excellence. Sinon, il est temps de revenir contempler Christ pour laisser son image se former en toi.

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