Comment va ton âme ? Les quatre terres du semeur

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Introduction

Ça t'arrive-tu de perdre des affaires ? Ton portefeuille, ta sacoche, ton téléphone, ou pire, ton enfant ? C'est par cette question que David Pothier, pasteur de la Chapelle à Montréal, ouvre ce message, un dimanche où l'Église baptise 63 personnes. Les enfants, dit-il, « c'est comme les ninjas, ça disparaît sans laisser de trace ». Mais Dieu aussi cherche quelque chose : Dieu cherche les âmes. « Dieu est un chercheur d'âmes. »

Le texte du jour est la parabole du semeur, en Matthieu 13. Le pasteur lit d'abord la parabole (versets 1 à 9), puis son explication par Jésus (versets 18 à 23), et il propose une clé de lecture simple : tu peux remplacer le mot « terre » par le mot « âme ». La parabole parle alors de quatre types d'âme.

Avant d'y entrer, il rappelle ce qu'est l'âme. Une des choses qui nous rend uniques en tant qu'êtres vivants, c'est cette chose « fragile, vulnérable et précieuse » que nous possédons. Certains, les réductionnistes, ne croient pas que l'être humain ait une âme ; pour eux, nous sommes un amalgame d'atomes, une machine biologique. La Bible affirme depuis des millénaires le contraire. L'âme est plus facile à illustrer qu'à expliquer : c'est ce que tu ressens au sommet d'une montagne devant la beauté de la création, devant l'immensité de l'océan et le bruit des vagues, quand tu entends un bébé rire, ou la première fois que tu mets les pieds à la Chapelle et que les chants commencent. Et quand la pression et l'anxiété de la vie te montent à la gorge, c'est ton âme qui est étouffée.

Plan du message

1. Est-ce que tu prends soin de ton âme ?

  • À notre époque, nous sommes très bons pour prendre soin de l'extérieur : faux cils, faux ongles, tout ce qui est faux, « we got it ». Mais est-ce que nous sommes bons pour prendre soin de l'intérieur, de notre âme ? Pas sûr.
  • En 2010, à Guatemala City, un quartier entier a disparu en une seconde dans un trou de 65 pieds sur 300 pieds. On appelle cela une doline : l'eau érode le sol sous la surface, lentement, jusqu'au jour où le sol ne peut plus supporter le poids qui est dessus.
  • C'est une métaphore de ce qui arrive quand on ne prend pas soin de son âme. Au début, ça ne paraît pas. La personne a l'air bien, elle a l'air correcte, peut-être que même elle ne le voit pas. Mais l'érosion travaille sous la surface, jusqu'au moment où il y a trop de poids.

2. L'âme endurcie : la semence tombée le long du chemin

  • Le chemin, ce sont les sentiers entre les champs, là où passaient les troupeaux et les passants. C'est une terre battue, tapée, desséchée. Rien n'y pousse.
  • Est-ce que ton âme est dure ? Est-ce que ton cœur est dur ? Le pasteur a remarqué que l'âme s'endurcit souvent chez des gens qui ont été blessés ou trahis. Ils se forment une carapace, deviennent cyniques, amers, suspicieux. Cette carapace ne sert qu'à camoufler une peur : après un divorce, par exemple, la peur de rester seul, la peur que plus personne ne s'intéresse à toi, la peur pour ton avenir.
  • Sur une âme endurcie, la Parole ne peut pas prendre racine, parce que les oiseaux viennent manger la semence. David Pothier prend l'image des oiseaux du McDo : échappe une frite par terre sur une table à pique-nique et un petit oiseau va l'attraper, sans compter les mouettes qui peuvent partir avec ton lunch au complet.
  • La Bible nous met en garde contre un cœur endurci par la colère, l'amertume, le non-pardon, le refus de se repentir. « Une âme endurcie n'est pas un terrain fertile pour Dieu, c'est un terrain fertile pour l'ennemi. »
  • Mais il y a de l'espoir pour les âmes endurcies, et le pasteur confie que cela lui est arrivé « tellement de fois ». Si tu donnes juste un peu d'espace à Dieu pour qu'il vienne aérer et labourer la terre de ton âme, sa semence est assez forte et persistante pour pousser. Cela demande quelqu'un qui dit : « Seigneur, je te demande pardon. Seigneur, j'ai besoin de toi. Seigneur, viens à mon secours. »

3. L'âme superficielle : la semence tombée dans les endroits pierreux

  • Les endroits pierreux ne sont pas des champs pleins de cailloux visibles. On y voit de la terre, mais une couche mince, avec dessous une couche rocheuse qui empêche les racines de descendre.
  • David Pothier a habité Sherbrooke, une ville bâtie sur un fond rocheux. Dans son voisinage, personne n'avait un gazon vert : sous la petite couche de terre, c'est le roc, et la racine n'est pas assez profonde pour aller chercher l'eau.
  • Une âme superficielle cherche le bonheur dans ce qui reste en surface. Avoir des médias sociaux parfaits et le plus de followers ne te rendra pas heureux. Être populaire sur Tinder ne te rendra pas heureux. Avoir une garde-robe parfaite, un condo parfait, de la déco parfaite ne te rendra pas heureux. Avoir une femme parfaite ou un mari parfait ne te rendra pas heureux.
  • S'il y a une chose qu'on a de la misère à reconnaître aujourd'hui, c'est que nous vivons dans un monde superficiel et que nous sommes nous-mêmes superficiels. On aime tellement se penser « deep », se faire croire qu'on est des personnes avec de la profondeur.
  • Puis, à un moment donné, la vie frappe : épreuve, tragédie, maladie, cancer, deuil, divorce. La crise expose la superficialité de notre âme et on se met à se demander : « Est-ce que la vie, c'est juste ça ? Il faut qu'il y ait quelque chose de plus. » Il y a une conspiration contre notre âme pour nous garder dans la superficialité.
  • Il y a de l'espoir pour les âmes superficielles. Si tu donnes à Dieu juste un peu plus de profondeur, il va prendre cet espace, étendre tes racines vers le sol et t'amener en profondeur : pas un petit gazon jaune, mais un beau gazon vert.

4. L'âme encombrée : la semence tombée parmi les épines

  • Quelqu'un a dit : si l'ennemi de ton âme ne peut pas t'amener au péché, il va s'arranger pour te garder hyper occupé. Ce sont les deux voies qu'il prend, parce que le résultat sur ton âme est le même. Quand tu tombes dans le péché ou dans les dépendances, quelque chose meurt dans ton âme. Quand tu es hyper occupé, hyper encombré, quelque chose meurt aussi.
  • Nous sommes encombrés par trop de travail, trop de focus sur les possessions matérielles, trop de loisirs. Et, « juste au cas où il y aurait quelqu'un », encombrés par notre téléphone cellulaire : trop de textos, trop de Netflix, trop de YouTube, d'Instagram, de TikTok, trop de déco, trop de chalet, trop de trucs.
  • Quand il y a trop de bruit, quand tu es trop distrait, trop sur la machine, ça vient t'engourdir, et tu en viens même à oublier que tu as une âme. Le bruit nous rend sourds à la voix de Dieu.
  • Le problème d'une âme encombrée, c'est qu'elle est en train de mourir sans que tu le sentes, parce que tu es engourdi dans l'hyperactivité. C'est pour ça qu'il est parfois si dur de déconnecter la machine. Oui, c'est une addiction à la dopamine, mais c'est aussi spirituel : quand tu fermes la machine, tu es exposé à ton âme qui a faim, à ton âme qui a soif.
  • Il y a de l'espoir pour les âmes encombrées. Il s'agit de venir arracher les épines, arracher ce qui étouffe ton âme, donner un peu plus d'espace à Dieu et un peu plus d'espace à ton âme pour qu'elle puisse te dire : « Je suis là, j'existe, j'ai besoin. »

5. L'âme bien disposée : la semence tombée dans la bonne terre

  • C'est ce que nous voulons être. La bonne terre porte du fruit : un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente. Dieu cherche des âmes avec de la bonne terre pour porter du bon fruit. Tous ne porteront pas la même quantité, mais tous porteront du fruit.
  • Est-ce que tu prends soin de ton âme, ou est-ce que tu la négliges ? Est-ce que ton âme est en train d'étouffer sans que tu t'en rendes compte ? Ton âme a besoin. Tu ne peux même pas imaginer à quel point elle a besoin. Des théologiens ont parlé de l'âme comme du « needy man », l'homme dans le besoin.
  • Pour l'illustrer, le pasteur évoque la comédie des années 90 « Comment ça va, Bob ? ». Dans le bureau de son psy, Bob énumère toutes ses peurs : peur des maladies, de toucher des objets, de sortir en public, nausées, sueurs froides, vision floue, jusqu'à l'inconfort pelvien. Puis il poursuit son psy partout, au parc, à vélo, chez lui, jusque dans ses vacances, au point de le rendre fou. Notre âme est comme Bob : elle n'en a jamais assez.

6. Des désirs infinis, et un seul Dieu infini pour les combler

  • C'est paradoxal : les êtres humains sont limités en toute chose, en temps, en énergie, en sagesse, en intelligence. Sauf une : nos désirs sont illimités. Notre âme n'est jamais satisfaite.
  • Ce n'est pas anormal d'avoir des désirs infinis. Ce n'est pas ça le problème. « Le problème, c'est d'essayer de combler des désirs infinis avec quelque chose de fini » : la bouffe, le fun, le sexe, les expériences, le travail, le succès, les likes, les followers, le pouvoir, l'influence.
  • Aux échecs, le roi est la pièce la plus limitée, il ne se déplace que d'une case à la fois. Mais c'est aussi la pièce la plus importante : quand tu perds le roi, tu perds la partie. Ton âme est limitée, mais quand tu perds ton âme, tu perds ta vie. C'est pour cela que Jésus dit : « Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perdait son âme ? » (Matthieu 16:26).
  • La bonne nouvelle : « La capacité infinie de ton âme à désirer n'a d'égale que la capacité infinie de Dieu à donner. » La seule chose qui peut vivifier nos âmes, c'est Dieu. Quelle stupidité, croyants ou non, de penser si souvent que des choses finies vont combler une âme infinie. Ça ne marche pas.
  • Le dernier verset de la journée est Matthieu 11:28-29 : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, et vous trouverez du repos pour vos âmes. » Dans ce « vous tous », il y a toi et il y a moi. « Chargé », ça veut dire que c'est trop lourd à porter pour toi. Et celui qui parle, c'est le Dieu créateur, la Parole, le Dieu infini.
  • Le message se termine par le témoignage d'une baptisée récente qui a cherché à satisfaire son âme dans toutes sortes de choses avant de donner sa vie à Jésus, puis par un appel : Dieu a placé dans ton âme une faim pour lui. Vas-tu continuer à t'entêter à la remplir avec des choses qui ne pourront jamais la remplir, même de bonnes choses, ou vas-tu dire « Me voici, Seigneur, je viens à toi, je te donne ma vie » ? Ça prend un Dieu infini pour combler des désirs infinis.

Points à retenir

  • Ton âme est fragile, vulnérable et précieuse. Comme une doline, elle s'érode sous la surface bien avant que ça paraisse.
  • La parabole du semeur décrit quatre types d'âme : endurcie, superficielle, encombrée et bien disposée. Pour chacune des trois premières, il y a de l'espoir, à condition de donner un peu d'espace à Dieu.
  • L'ennemi a deux voies pour faire mourir quelque chose en toi : le péché ou l'hyperactivité. Le résultat est le même.
  • Le problème n'est pas d'avoir des désirs infinis, mais d'essayer de les combler avec des choses finies.
  • Seul un Dieu infini peut combler une âme infinie. Jésus t'invite à venir à lui pour trouver du repos pour ton âme.

Application personnelle

  1. Si tu remplaces le mot « terre » par le mot « âme », laquelle des quatre terres décrit le mieux ton âme aujourd'hui ?
  2. Y a-t-il une blessure ou une trahison qui t'a fait former une carapace ? Quelle peur se cache dessous ?
  3. Qu'est-ce qui encombre ton âme en ce moment : le travail, les possessions, les loisirs, ton téléphone ? Quelle épine peux-tu arracher cette semaine ?
  4. Avec quelle chose finie essaies-tu de combler un désir infini ?
  5. Que se passe-t-il en toi quand tu « fermes la machine » ? Que te dit ton âme quand tu lui laisses de l'espace ?

Versets cités

Questions fréquentes

Quels sont les quatre types d'âme dans la parabole du semeur ?

David Pothier remplace le mot terre par le mot âme dans Matthieu 13. La semence tombée le long du chemin décrit l'âme endurcie, les endroits pierreux l'âme superficielle, les épines l'âme encombrée et la bonne terre l'âme bien disposée, celle qui entend la Parole, la comprend et porte du fruit.

Pourquoi notre âme n'est-elle jamais satisfaite ?

Le prédicateur explique que l'être humain est limité en tout, en temps, en énergie, en sagesse, sauf dans ses désirs, qui sont infinis. Ce n'est pas anormal. Le problème est d'essayer de combler des désirs infinis avec des choses finies : la bouffe, le fun, le sexe, le succès, les likes, le pouvoir. Il faut un Dieu infini pour combler des désirs infinis.

Y a-t-il de l'espoir pour une âme endurcie ou encombrée ?

Oui. Pour chaque type d'âme, David Pothier répète qu'il y a de l'espoir. Il suffit de donner un peu d'espace à Dieu pour qu'il laboure la terre de ton âme, d'arracher les épines qui l'étouffent, et de répondre à l'invitation de Jésus en Matthieu 11:28 : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos ».

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