Introduction
Ce dimanche, Kerith Community Church, à Bracknell, fête vingt ans de partenariat avec Christians Against Poverty (CAP), une association chrétienne qui aide les personnes surendettées à sortir de leurs dettes en lien avec les Églises locales. Pour l'occasion, l'Église reçoit Stewart, directeur général de CAP, qui vient pour la première fois à Kerith.
Dans le hall, des ballons ont été accrochés : il y en a 309. « Chacun représente un foyer que vous avez transformé en tant qu'Église », explique-t-il. Il précise aussitôt : « Nous ne sommes pas là pour célébrer CAP. Nous sommes là pour célébrer l'amour de Dieu qui se déverse à travers l'Église et jusque dans la communauté. »
Son message tient en une image. Quand l'équipe de CAP entre dans une maison, elle ne voit pas seulement des problèmes ou une vie brisée. Elle voit « un chef-d'œuvre couvert de cendres, en attente de restauration ». Ce regard vient de l'Écriture : d'Éphésiens 2, de Genèse 3 et de 2 Corinthiens 5.
Plan du message
1. Vingt ans de fidélité dans l'ombre
- Avant le message, Simon, pasteur principal de Kerith, raconte l'origine du partenariat. Il y a environ 25 ans, les dettes des personnes qui demandaient de l'aide sont passées de quelques centaines de livres à plusieurs dizaines de milliers. L'Église ne pouvait plus simplement aider à faire un budget.
- Ben Davis, alors pasteur principal, sort un jour de son bureau avec un petit dépliant venu de Bradford sur une association nommée Christians Against Poverty. Six personnes prennent la voiture pour rencontrer son fondateur, John Kirkby, et repartent décidées : « On ne sait pas à quoi ça va ressembler, mais on y va. »
- Le premier couple accompagné vivait dans la peur : quand on sonnait à la porte, les parents se mettaient à genoux, et leur fils avec eux, pour se cacher derrière le canapé. Le conseiller est venu chercher toute la paperasse et, disent-ils, « il y avait de l'espoir ». Ils sont sortis de leurs dettes et ont trouvé la foi.
- Stewart rappelle que l'amour de Dieu avance à un autre rythme que le reste : « C'est comme le Grand Canyon, formé par le lent passage de l'eau sur le paysage, pendant des années et des années. »
- Il ajoute une règle qu'il applique à tout ministère : « Si tu fais quelque chose tout seul dans l'Église, tu le fais probablement mal. » Le travail a toujours été celui d'une équipe, conseillers et bénévoles.
- Ce service transforme aussi ceux qui le rendent. Une femme que CAP recrutait récemment comme administratrice a expliqué sa motivation en une phrase : « Vous avez aidé ma mère. » On ne sait jamais quelles graines on sème.
2. Fidèle en peu de chose, Dieu confie davantage
- Pour Stewart, Dieu dit à l'Église les paroles de la parabole des talents : « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25:21).
- Il attire l'attention sur la phrase du milieu : « Tout le monde oublie celle-là. » Avoir été fidèle en peu de chose veut dire qu'on te confiera beaucoup, parce que le ministère continue et s'étend, et que les besoins grandissent.
3. Un chef-d'œuvre sous les cendres
- Le 15 avril 2019, un incendie ravage Notre-Dame de Paris. Huit cents ans d'histoire et de savoir-faire sont noircis, les poutres de bois détruites, et un nuage de plomb toxique recouvre tout. « Franchement, la restauration semblait sans espoir. »
- Originaire de Coventry, dont la cathédrale a été bombardée pendant la guerre, Stewart rappelle qu'on y a construit une nouvelle cathédrale juste à côté : un symbole d'espoir, mais pas une restauration.
- Notre-Dame, elle, a été restaurée. Il a fallu environ deux mille artisans et plusieurs années de travail. On n'a pas tout remplacé : on a balayé les cendres, et dessous se trouvait le chef-d'œuvre.
- Cette image le renvoie à Éphésiens 2:8-10 : c'est par la grâce que tu es sauvé, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de toi, c'est le don de Dieu. Ce n'est pas une récompense pour le bien que l'on a fait, afin que personne ne se glorifie.
- Il lit la suite dans une traduction anglaise qui dit : « Nous sommes le chef-d'œuvre de Dieu. » Une autre version parle de « l'ouvrage » de Dieu, ce qui lui fait penser à un meuble en kit. On lui a expliqué que le mot grec original a donné notre mot « poème » : nous sommes l'œuvre d'art de Dieu.
- D'où le regard de CAP : « Quand nous voyons un client, nous ne voyons pas seulement les problèmes de quelqu'un ou ce qui est brisé. Nous voyons un chef-d'œuvre couvert de cendres, en attente de restauration. »
4. La chute a brisé quatre relations
- Qu'est-il arrivé au chef-d'œuvre ? Stewart lit Genèse 3 : le serpent, le fruit, les yeux qui s'ouvrent, la honte, les feuilles de figuier, Adam et Ève qui se cachent parmi les arbres, et la question de Dieu : « Où es-tu ? »
- Le passage paraît presque doux : un fruit, un peu de connaissance, où est le problème ? Mais c'est le moment où le péché entre dans le monde, et quatre relations se brisent.
- La relation avec Dieu, qui crée une distance spirituelle et le désespoir. La relation avec les autres, qui laisse place à la division et à l'égoïsme. La relation avec soi-même, qui abîme l'estime de soi. La relation avec la création, qui nous sépare de sa beauté.
- « Je vais soutenir que c'est une question de vie ou de mort. » Ces relations brisées sont au centre de tout ce qu'il dit sur la pauvreté.
5. La pauvreté amplifie la brisure de la chute
- « On pense que la pauvreté, c'est une question d'économie. Ce n'est pas vrai. L'argent est une toute petite chose dans ce dont on parle ici. »
- Les personnes accompagnées sont rarement dans une Église et n'ont pas l'espérance de l'Évangile. Elles sont seules et isolées. Elles se sentent sans valeur à un niveau difficile à imaginer, elles sont très angoissées, souvent suicidaires, et ne voient aucun avenir.
- Une dette ingérable agit comme la poussière de plomb de Notre-Dame : elle recouvre tout et pousse les familles à se cacher chez elles, portes fermées, dans la honte et l'angoisse. Comme Adam et Ève derrière les arbres.
- « Ce que fait la pauvreté, c'est amplifier la brisure de la chute. »
- Ce sont des brebis perdues : malades chroniques, personnes handicapées, parents seuls et isolés, victimes de violences, personnes frappées par un accident économique. Deux tiers sont des femmes, et le groupe qui grandit le plus est celui des 18-30 ans, des jeunes adultes dont la vie n'a jamais vraiment démarré.
- Un bénévole de l'Église le résume dans un témoignage diffusé pendant le culte : « Personne ne se réveille le matin en se disant : je veux être endetté aujourd'hui. »
6. Le ministère de la réconciliation
- « Jésus, c'est la restauration en action. » Stewart lit 2 Corinthiens 5:17-19 : si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature ; les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. Dieu nous a réconciliés avec lui par Christ et nous a donné le ministère de la réconciliation.
- Dieu ne tient pas compte aux hommes de leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. C'est pourquoi CAP ne voit pas d'abord « ce qui doit changer » chez quelqu'un, mais un chef-d'œuvre qui a besoin de réconciliation et de restauration.
- Une vidéo montre une jeune femme criblée de dettes contractées à son nom par un ancien compagnon. Une Église partenaire de CAP est venue chez elle, s'est assise pour parler de sa famille, puis est revenue à Noël avec des cadeaux et à manger. « Si ces gens de Dieu peuvent avoir autant d'amour pour quelqu'un qu'ils ne connaissent pas vraiment... » Elle et sa mère ont été baptisées ensemble. « Dieu a vraiment restauré ma famille. »
- Au niveau national, CAP a visité 100 000 foyers en trente ans et aidé à effacer un demi-milliard de livres de dettes. Mais il en faut davantage : l'énergie a augmenté de 17 % cette année, les taux d'intérêt et les loyers montent, et l'inflation pèse plus lourd sur ceux qui ne dépensent que pour l'essentiel.
- Aujourd'hui, 363 centres d'aide aux dettes et plus de 500 centres de coaching budgétaire fonctionnent dans un millier d'Églises. « J'aimerais dire que tout cela, c'est CAP, mais ce n'est pas le cas. C'est l'Église qui se lève pour relever les défis de cette nation, à grande échelle, avec cœur et passion. »
7. Quand l'Église se présente, la pauvreté recule
- Stewart remercie l'Église : chaque prière, chaque don et chaque action comptent pour ce travail. Il invite à devenir partenaire de prière ou bénévole.
- Il ajoute, avec humour, un avertissement : « Attention, cela va changer ta vie et faire grandir ta foi. »
- Sa conclusion : « Quand l'Église se présente, la pauvreté recule, et les chefs-d'œuvre de Dieu brillent à nouveau. »
- Il termine par une prière : « Dieu d'amour, merci de regarder chacun de nous et de voir un chef-d'œuvre là où la vie a apporté la brisure et la lutte. Restaure-nous par Jésus. Aide-nous à voir nos voisins avec tes yeux d'amour, en offrant la sécurité, la bonté et une espérance concrète à tous ceux qui sont dans le besoin. »
Points à retenir
- Tu es le chef-d'œuvre de Dieu, créé en Jésus-Christ pour les bonnes œuvres qu'il a préparées d'avance. Le salut est un don, pas une récompense.
- La chute a brisé quatre relations : avec Dieu, avec les autres, avec soi-même et avec la création. La pauvreté amplifie cette brisure.
- Sous les cendres de la honte et de l'angoisse, Dieu voit encore son œuvre et veut la restaurer.
- Dieu nous a confié le ministère de la réconciliation : il agit à travers l'Église présente dans les maisons de ceux qui souffrent.
- Celui qui est fidèle en peu de chose reçoit davantage : servir les autres transforme aussi celui qui sert.
Application personnelle
- Te vois-tu comme le chef-d'œuvre de Dieu, ou te définis-tu d'abord par tes échecs et tes difficultés ?
- Laquelle des quatre relations brisées par la chute a le plus besoin de restauration dans ta vie aujourd'hui ?
- Quand tu croises quelqu'un en difficulté, vois-tu d'abord ses problèmes ou le chef-d'œuvre que Dieu veut restaurer ?
- Te caches-tu derrière une porte fermée à cause d'une honte, financière ou autre ? À qui pourrais-tu demander de l'aide cette semaine ?
- Quelle petite chose Dieu t'a-t-il déjà confiée, et comment peux-tu y être fidèle : une prière, un don, du temps donné ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire être le chef-d'œuvre de Dieu selon Éphésiens 2:10 ?
Le prédicateur rappelle que le mot grec traduit par « ouvrage » a donné notre mot « poème ». Nous sommes l'œuvre d'art de Dieu, créés en Jésus-Christ pour les bonnes œuvres qu'il a préparées d'avance. Le salut est un don de la grâce, pas une récompense, et personne ne peut s'en glorifier.
Pourquoi la pauvreté n'est-elle pas seulement une question d'argent ?
Pour le directeur de Christians Against Poverty, l'argent est la plus petite partie du problème. La pauvreté amplifie les quatre ruptures de la chute en Genèse 3 : avec Dieu, avec les autres, avec soi-même et avec la création. Elle enferme les familles dans la honte, l'isolement et l'angoisse.
Que dit la parabole des talents à ceux qui servent ?
Dieu dit : « C'est bien, bon et fidèle serviteur. » Mais le prédicateur relève la phrase du milieu que l'on oublie : tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup. Le ministère s'étend, les besoins grandissent, et Dieu confie davantage à ceux qui ont été fidèles.