Introduction
« Je ne suis pas un pasteur typique. » Rémy le dit avec humour et il l'assume. Parisien pendant quarante ans, pasteur qui a longtemps travaillé à côté de son ministère, il a été éducateur spécialisé pendant des années. « Je n'ai jamais pu donner autant d'amour que lorsque j'étais éducateur spécialisé. » Il sert aujourd'hui avec sa femme Myriam à Villeneuve-sur-Lot, depuis six ans.
Invité à l'Assemblée de Dieu de Montpellier Richter pour un week-end missionnaire à l'occasion de la Journée internationale des sourds, il ouvre ce temps d'étude biblique par un message qui tient en deux mots : le handicap et l'amour. Un culte en langue des signes française (LSF) est prévu le dimanche après-midi, et il invite chacun à venir passer ce temps avec les sourds.
Le fil de son message est un verset de Paul en Romains 10:14 : « Comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? » Comment porter l'Évangile à des populations entières qui vivent au milieu de nous, que nous côtoyons, mais qui n'ont pas accès aux aspects les plus élémentaires de sa compréhension ? Rémy ne se présente pas comme un expert. Il partage ce qu'il a vécu, ce qu'il a compris et le zèle qui est le sien.
Plan du message
1. Un éducateur spécialisé devenu pasteur engagé auprès des sourds
- Avant de rencontrer les sourds, Rémy a travaillé pendant des années auprès d'adultes autistes qui ne parlent pas, ou qui n'utilisent pas la parole comme nous. Même chez les autistes dits à haut niveau, « les mots n'ont pas le même sens pour eux ».
- Puis il a rencontré un collègue sourd dans l'établissement où il travaillait. « La barrière de la langue a été immédiate, l'impossibilité de communiquer a été immédiate. » Mais il s'est dit qu'il était possible de faire quelque chose.
- Cette question de la parole et de la surdité a pesé sur lui à cause de Romains 10:14. Dans sa double casquette de pasteur et d'éducateur, il s'est demandé comment témoigner auprès de ceux qui n'ont pas accès à l'Évangile, « certainement le plus beau cadeau que Dieu ait pu nous faire ».
- Il a travaillé dans sa région parisienne, avec des collègues pasteurs et des sourds présents dans les Églises, en particulier une Église de Sarcelles qui voulait leur apporter l'Évangile. Un jour, il a pu monter sur l'estrade d'une convention et dire à tous ses collègues l'importance de ce travail.
- Très vite, les difficultés sont apparues. « Quand on participe à une œuvre missionnaire, il y a toujours des combats. » Il a mis du temps à comprendre et à accepter qu'il s'agissait bien d'une œuvre missionnaire : porter l'Évangile à un peuple à part entière.
- Il y a quelques mois, tout ce qui avait été construit semblait s'écrouler peu à peu. Il a dit à sa femme : « Je ne sais pas si je suis la bonne personne. » Il priait pour que le relais soit passé ailleurs. Puis, à la convention de mars, le pasteur de Montpellier est venu le voir : « On veut travailler à Montpellier, il y a des frères et sœurs convaincus. » Fin août, nouvel appel : « Pour la Journée internationale des sourds, il faut faire quelque chose. » Il a dit oui, déplacé son agenda, et le voilà.
2. Le handicap ne doit pas être le filtre à travers lequel on regarde les gens
- Le handicap est un fait médical, une réalité administrative, et une loi l'encadre en France. Quand une Église se rénove, cette question impose de s'adapter. C'est aussi une situation qui crée toujours de la souffrance, quelle que soit la nature ou la gravité du handicap.
- « Mais ce ne doit pas être le filtre à travers lequel on regarde ceux qui en sont atteints. » Quand il s'agit de communiquer l'amour de Christ, il y a souvent comme un empêchement d'aller vers ces personnes : des inquiétudes, des peurs. Rémy veut placer ce regard dans nos cœurs, pour l'évangélisation comme pour la vie de tous les jours, car c'est là que l'amour se manifeste.
- Il rappelle la scène de Jean 9 : Jésus voit un homme atteint d'une infirmité, les disciples demandent si c'est à cause de son péché ou de celui de ses parents, et Jésus répond, en substance, que c'est afin que la gloire de son Père soit manifestée. Cet homme a été guéri, « mais parfois la gloire de Dieu se manifeste même au travers de ces choses-là ».
- Il lit un article paru dans la revue Pentecôte. En France, le handicap est abordé par les notions de limitation, de restriction, de manque, d'incapacité à faire, à parler ou à vivre, par comparaison à la normalité de la majorité. Plusieurs lois ont été votées, surtout ces vingt dernières années, avec des exigences d'adaptation, d'accessibilité et d'inclusion.
- Ces lois ont permis de réels progrès dans la reconnaissance, l'accessibilité et la compensation financière. Mais l'auteur observe qu'elles n'ont pas atténué, ou très peu, la souffrance, la culpabilité et le sentiment d'injustice qui y sont associés.
- C'est là que les enfants de Dieu ont quelque chose à apporter : le message de Jésus-Christ doit pouvoir répondre à cette culpabilité, à ce sentiment d'injustice et à ces souffrances, souvent bien plus émotionnelles et psychologiques que physiques.
3. Une créature unique et merveilleuse, aimée de Dieu
- Dix ans auprès d'adultes autistes et son ministère parmi les sourds poussent Rémy à ne pas les considérer comme des handicapés, même s'ils le sont aux yeux de la loi. « Ils sont différents, mais pas moins que nous autres, les gens "normaux". »
- Adapter l'Église aux difficultés liées au handicap permet de remplir une obligation légale et éthique. « Mais cela ne me semble pas être une réponse suffisante. » La vraie question : « Pourrions-nous considérer la personne handicapée comme unique et merveilleuse ? »
- Ce n'est pas évident. Les autistes sévèrement handicapés avec qui il a vécu n'ont pas le même rapport aux autres, à eux-mêmes, à la propreté. « Et pourtant, ne peut-on pas les considérer comme des personnes singulières et merveilleuses ? Moi, je dis oui. Ce n'est pas facile. Cela nous interpelle. »
- Il lit le Psaume 139:13-16, qui a beaucoup travaillé en lui pendant ces années : « C'est toi qui as formé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. » Ce psaume, nous l'appliquons à nous-mêmes et à ceux que nous aimons. Nous pourrions aussi l'appliquer à ces personnes : une créature aimée de Dieu, pour laquelle il a des projets spirituels, malgré tout.
- Il a rencontré une telle personne. Dans un établissement qui accueillait des jeunes atteints de maladies neurodégénératives, un jeune homme de son âge, à peine trente ans, atteint de myopathie, a demandé à rencontrer un pasteur. Le directeur, qui savait que son employé était pasteur, lui a dit d'aller le voir un soir.
- Ce jeune homme s'était déjà donné à Christ. Il raconte comment il a rencontré Jésus, comment il a demandé pardon à Dieu dans un grand moment de détresse, et demande : « Comment je fais pour devenir chrétien ? » Rémy lui répond qu'il l'est déjà.
- Son corps était brisé : trachéotomie, vue presque perdue, allongé en permanence, déformé par la maladie, quelques doigts encore fonctionnels. Un jour, à la réunion de jeunesse, on prie pour les malades. Rémy s'agite sur sa chaise, persuadé que le jeune homme va avancer. Il ne bouge pas. Quelques jours plus tard, la question lui brûle les lèvres : « Pourquoi n'es-tu pas venu pour la prière ? » Réponse : « Rémy, c'est grâce à la maladie que j'ai rencontré Jésus. »
- Hospitalisé en urgence, sous respirateur, placé dans une aile rarement utilisée, il avait vécu une panne de courant. Sous assistance respiratoire, cela signifie la mort en quelques secondes. « Je me suis senti mourir. » Il a crié à Dieu : « Dieu, si tu existes, fais quelque chose. » Le courant est revenu. Ce jour-là, il a donné son cœur à Jésus.
- « Rémy, je ne veux pas être guéri de ma maladie, parce que c'est grâce à elle que je suis sauvé, que j'ai rencontré mon Sauveur. » Rémy avoue que cela l'a brisé humainement : lui qui a toujours été en pleine forme, débordant d'énergie, n'était pas capable d'entendre cela.
- Ce jeune homme est parti rejoindre son Sauveur un an plus tard, après plus de trente ans de maladie. Humainement, « il n'a pas tiré le bon ticket ». Mais il a communiqué la joie et la paix de Christ à toutes les infirmières, comme personne d'autre n'aurait pu le faire : il les accueillait avec le sourire, même quand elles lui retiraient sa canule toutes les deux heures, trente secondes d'agonie, et il les remerciait d'un sourire. « Une créature merveilleuse. »
4. Les sourds ne sont pas des handicapés, ils sont des étrangers pour nous
- Si nous voulons partager l'Évangile avec les sourds, nous ne pouvons pas les considérer comme des handicapés. Eux-mêmes ne se considèrent pas ainsi. « Il n'y a presque rien de plus insultant pour un sourd que d'être regardé comme un handicapé. »
- Oui, ils ont une déficience sensorielle, ils n'entendent pas ou très mal, et la loi française les considère comme des personnes handicapées. Mais même s'ils n'ont pas accès à notre parole, ils disposent d'un autre moyen d'expression tout aussi efficace : la langue des signes.
- Il ne s'agit donc plus de gens normaux (les entendants) et de handicapés (les sourds), mais de personnes étrangères les unes aux autres. « Imaginez que vous atterrissiez au Japon ou en Chine. » Non seulement nous ne parlons pas la langue, mais nous ne comprenons même pas l'écriture. Nous sommes simplement étrangers les uns aux autres.
- Cette barrière peut être abattue par la LSF. Et puisque nous entendons et parlons, et que cela marche plutôt bien pour nous, « c'est peut-être à nous d'aller vers eux », surtout si nous voulons leur partager l'Évangile.
- Ce n'est pas facile. Rémy ne parle pas la LSF, il n'a pas eu le temps de l'apprendre. C'est une langue à part entière, qu'il faut apprendre et pratiquer, sinon on la perd. Quand il passe quelques jours en immersion parmi les sourds, il recommence à parler un peu avec ses mains, puis il oublie vite.
5. Une histoire de rejet, et la guérison qui n'est pas le chemin du salut
- Le rejet de la notion de handicap s'enracine dans l'histoire. Les sourds ont longtemps été considérés par l'Église catholique comme des gens sans âme, parce qu'ils n'entendaient pas et s'exprimaient difficilement. Sans âme, donc moins qu'humains, donc potentiellement privés du salut : inutile de s'occuper d'eux. Cette conception a prévalu durant tout le Moyen Âge.
- Il a fallu attendre la fin du 18e siècle pour qu'un abbé, un homme de Dieu, s'intéresse aux sourds et à leur éducation. Il a créé une école spécialisée dans laquelle s'est développé ce qui allait devenir la LSF et les autres langues des signes. Cette approche s'est diffusée en France, dans le monde et surtout aux États-Unis.
- Puis un congrès de pédagogues a préféré l'approche orale à la langue des signes. Rémy ne sait pas dire pourquoi. Conséquence : cette langue qui permettait aux sourds de communiquer entre eux et d'accéder à l'éducation a été progressivement effacée de l'enseignement jusqu'à disparaître.
- Les progrès de la médecine ont ensuite laissé croire aux médecins qu'ils pourraient les guérir. Non. Et c'est un point très important : « La question de la guérison des sourds n'est pas le moyen de les amener au salut. »
- Rémy sait, comme pasteur, que Jésus a guéri des sourds. Mais nous ne sommes plus au temps de Jésus, le contexte et l'histoire ne sont pas les mêmes. Beaucoup de sourds lui ont dit : « Rémy, je ne veux pas être guéri. » L'un d'eux a même dit : « Je ne veux pas entendre. Ça doit être horrible d'entendre des bruits. » Le peu auquel il avait accès l'envahissait déjà.
- C'est déroutant, et Dieu a peut-être un chemin que Rémy ne connaît pas. « Mais ce qui est important, ce n'est pas qu'ils entendent ou n'entendent pas. Ce qui est important, c'est qu'ils soient sauvés. » S'il faut mettre de côté pour un temps le désir de manifester la gloire de Dieu par un miracle de guérison, cela en vaut la peine : la gloire de Dieu se manifeste toujours dans la vie de ceux qui s'approchent de lui. Les chemins que Dieu emprunte sont différents pour chacun, mais son amour reste le même.
- Ces décisions ont été source de beaucoup de souffrance pour les sourds : pas plus guéris qu'avant, exclus de la société parce que privés d'éducation, rejetés une fois de plus. La LSF a fini par revenir, mais il a fallu attendre la fin du 20e siècle pour reconnaître leur besoin de parler leur propre langue. Elle n'est toujours pas inscrite dans la Constitution aux côtés des langues régionales. « Il y a encore du travail à faire. »
6. Un peuple sourd, avec sa culture, sa langue et son humour
- Malgré cette histoire, ou à cause d'elle, les sourds se sont rapprochés et ont formé des communautés très soudées, au-delà même des frontières nationales.
- Pourquoi parler d'un « peuple sourd » ? Parce qu'ils partagent une histoire, une culture et une langue, et c'est ce qui définit un peuple. Ils ont leurs valeurs, leur morale, leurs règles, leurs traditions, leur identité.
- Ce qui a d'abord déstabilisé Rémy chez son collègue sourd, et lui a donné envie de le rencontrer, c'est leur humour. « Les sourds ont beaucoup d'humour, je vous l'assure, et un humour assez subtil. »
- Leur identité culturelle et linguistique a été reconnue par l'ONU en 2006.
- Il ne faut pas les regarder comme des gens dans le besoin, avec des déficiences : ils en ont, « mais peut-être pas plus que vous et moi ». Son premier combat avec ses collègues pasteurs a été de dire : arrêtons de vouloir les guérir à tout prix.
- Nous-mêmes ne cherchons pas toujours la guérison. « Vous portez tous des lunettes, non ? Et on vit très bien sans avoir les yeux guéris. » Grâce à ces prothèses très efficaces, nous vivons bien avec ce qui pourrait nous laisser totalement handicapés. « Sans mes lunettes sur la route, vous ne voudriez pas être à côté de moi. »
- Tous les sourds ne sont pas instruits, parce qu'ils ont été privés d'accès au français et à tout ce qui va avec. Mais ils ne sont pas moins intelligents. « L'éducation et l'intelligence sont deux choses totalement différentes. » Rémy a connu des gens très instruits qu'il ne pouvait pas considérer comme intelligents, et des gens non instruits parfois plus intelligents que lui.
- Ils n'ont pas forcément besoin qu'on les assiste plus que d'autres, et ils ne le veulent pas forcément : ils se sont sentis méprisés et rejetés pendant des siècles par la société des entendants, par nous. Quand on leur dit aujourd'hui « venez, on va vous aider », on comprend qu'ils soient prudents.
- Leur fonctionnement cognitif est différent du nôtre, construit sur les images et non sur la parole. Cela conduit à penser autrement, donc à s'adresser à eux autrement. Répondre à un besoin ponctuel, comme traduire un sermon, n'est pas forcément la réponse, parce qu'ils ne conçoivent pas les choses comme nous. « Il faut qu'on soit capables de se réinventer. » Les forcer à s'adapter à nous est parfois vécu comme une insulte.
7. Se faire sourd avec les sourds : une œuvre missionnaire
- Rémy conclut avec 1 Corinthiens 9:19-23. Paul, libre à l'égard de tous, s'est fait le serviteur de tous : Juif avec les Juifs, sous la loi avec ceux qui sont sous la loi, faible avec les faibles, « afin d'en sauver de toute manière quelques-uns ».
- Ce texte doit nous instruire et nous inspirer quand nous pensons aux sourds et au handicap en général. De quelle manière allons-nous nous faire serviteurs des autres, de vrais serviteurs qui considèrent les autres comme supérieurs, qui acceptent qu'ils s'appuient sur nous pour s'élever, même si nous restons en dessous ? Nous faire handicapés avec les handicapés, sourds avec les sourds.
- C'est ce qu'il a plaidé auprès de ses collègues pour une reconnaissance nationale de cette évangélisation : « Mes frères, ne considérez pas les sourds comme des handicapés, mais comme un peuple. Et si nous les considérons comme un peuple, nous avons un peuple à évangéliser, et nous devons travailler de manière missionnaire. »
- Il ne s'agit pas seulement d'inclure les sourds dans l'Église pour satisfaire une exigence légale. C'est une œuvre missionnaire à laquelle l'Église de Montpellier a choisi de participer, comme lorsqu'elle annonce l'Évangile aux hommes et aux femmes de la ville. Mais ici, on s'adresse à un peuple qui semble avoir la même langue que nous et qui ne l'a pas : les mêmes mots peuvent avoir un sens différent, et il a sa propre culture et sa propre identité.
- Le travail à faire avec eux, pour eux et parmi eux sera donc celui d'une œuvre missionnaire : prêcher la bonne nouvelle de l'Évangile et du salut en Christ.
- Parmi les choses dont Rémy rêve et pour lesquelles il prie : implanter et développer des Églises, former des disciples et des serviteurs de Dieu, traduire la Bible en langue des signes. Jésus revient et toute la terre doit être atteinte par l'Évangile. Des traducteurs travaillent dans toutes les langues, parfois des dialectes impossibles. La LSF et les autres langues des signes sont des langues dans lesquelles l'Évangile et la Bible doivent pouvoir se trouver. « Car comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? »
- Il prie pour que Montpellier devienne un pôle missionnaire pour l'évangélisation de ce peuple, pas le seul, et que le nom du Seigneur soit glorifié à leurs yeux et dans leurs cœurs.
- Dans sa prière finale, Rémy bénit Dieu parce qu'un jour, dans un camp, un homme de Dieu a pris le temps de venir vers des enfants comme lui, et que le Saint-Esprit a trouvé le chemin de son cœur. Pour chacun de nous, Dieu a préparé un lieu, un moment et des hommes et des femmes porteurs de l'Évangile. Il prie que Dieu crée ces conditions pour les sourds, et que nous y participions chacun à notre manière, afin qu'ils soient sauvés et deviennent à leur tour messagers et témoins du plus beau cadeau : le salut par grâce.
Points à retenir
- Le handicap est une réalité médicale et administrative qui crée de la souffrance, mais il ne doit jamais être le filtre à travers lequel nous regardons une personne.
- La loi permet l'accessibilité et l'inclusion, mais elle ne répond ni à la culpabilité, ni au sentiment d'injustice, ni à la souffrance. Seul le message de Jésus-Christ le peut.
- Chaque personne handicapée est une créature unique et merveilleuse (Psaume 139), aimée de Dieu et pour laquelle il a des projets spirituels. Le témoignage de ce jeune homme le montre.
- Les sourds ne sont pas des handicapés mais un peuple, avec sa langue, son histoire et sa culture. Ce qui compte, ce n'est pas qu'ils entendent, c'est qu'ils soient sauvés.
- Leur porter l'Évangile est une œuvre missionnaire : se faire serviteur de tous, sourd avec les sourds, pour en gagner quelques-uns (1 Corinthiens 9).
Application personnelle
- Quel est le premier regard que tu portes sur une personne handicapée que tu croises : sa limitation, ou la créature merveilleuse que Dieu a formée ?
- Y a-t-il des peurs ou des inquiétudes qui t'empêchent d'aller vers des personnes handicapées ou sourdes, dans ton Église ou dans ta vie de tous les jours ?
- Le témoignage de ce jeune homme, qui ne voulait pas être guéri parce que la maladie l'avait conduit à Jésus, remet-il en question ta façon de prier pour les malades ?
- Comment ton Église pourrait-elle passer d'une inclusion par obligation à une démarche missionnaire envers les sourds de ta ville ?
- Avec qui, concrètement, pourrais-tu te faire « serviteur », quitte à apprendre une langue ou une manière de penser qui n'est pas la tienne ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi dire que les sourds forment un peuple et non un groupe de personnes handicapées ?
Pour Rémy, ce qui définit un peuple, c'est une culture, une histoire et une langue. Les sourds partagent les trois : une histoire marquée par des siècles de rejet, une langue à part entière (la LSF) et leur propre culture, avec leurs valeurs, leurs règles, leurs traditions et leur humour. Leur identité culturelle et linguistique a été reconnue par l'ONU en 2006. Les regarder comme un peuple change tout : on ne cherche plus à les inclure par obligation, on part en mission vers eux.
Faut-il prier pour la guérison des sourds pour leur annoncer l'Évangile ?
Le prédicateur sait que Jésus a guéri des sourds, mais il affirme que la guérison n'est pas le moyen de les conduire au salut. Beaucoup de sourds lui ont dit qu'ils ne voulaient pas être guéris. Ce qui compte, ce n'est pas qu'ils entendent ou non, c'est qu'ils soient sauvés. Si l'on doit mettre de côté pour un temps le désir de voir un miracle, cela en vaut la peine, car la gloire de Dieu se manifeste toujours dans la vie de ceux qui s'approchent de lui.
Que signifie se faire « sourd avec les sourds » ?
C'est une application de 1 Corinthiens 9:19-23, où Paul se fait Juif avec les Juifs et faible avec les faibles pour en gagner quelques-uns. Pour Rémy, cela veut dire se faire serviteur des sourds, aller vers eux, apprendre leur langue et leur manière de penser plutôt que de les forcer à s'adapter à nous. Traduire un sermon ne suffit pas : il faut accepter de se réinventer pour que l'Évangile leur parvienne dans leur langue et leur culture.
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