Temps de la fin (1/3) : ne confonds pas l'enlèvement et le retour de Jésus
Quand on parle des « temps de la fin », tout se mélange vite dans ta tête : Apocalypse, guerres, enlèvement, antichrist, jugement, nouveaux cieux. Le pasteur Jean-Claude VILLA ouvre ici une série en trois parties pour t'aider à remettre les choses à leur place. Cette première prédication te donne les repères de base : sommes-nous déjà dans les temps de la fin ? Où vont les morts ? Et surtout, quelle est la différence entre l'enlèvement de l'Église et la seconde venue de Jésus sur la terre ?
Le texte de départ est Apocalypse 1.1-3 : « Heureux celui qui lit, ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche. » Puis 1 Thessaloniciens 5.1-11 : le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit, mais toi qui es enfant de lumière, tu n'as pas à être surpris.
Plan de l'article
- Nous sommes déjà dans les temps de la fin
- Trois destinées à ne pas confondre : les nations, Israël, l'Église
- Où vont les morts, avant et après la croix ?
- L'enlèvement et le retour de Jésus : deux événements distincts
- Vivre aujourd'hui à la lumière de son retour
1. Nous sommes déjà dans les temps de la fin
La première surprise que Jean-Claude VILLA veut te faire, c'est celle-ci : les temps de la fin n'ont pas commencé hier, ils ont commencé il y a près de 2000 ans, avec la venue de Jésus. Le Nouveau Testament ne parle pas des derniers jours comme d'une période encore lointaine mais comme d'une période déjà en cours.
Regarde Hébreux 1.2 : « Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils. » Regarde 1 Corinthiens 10.11 : « Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemple, elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. » Et 1 Pierre 1.20 parle de Christ « manifesté à la fin des temps ». Ce temps-là a été inauguré à la Pentecôte : Pierre, dans Actes 2.17, cite le prophète Joël et dit clairement « dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit… », et il ajoute que cela est en train de se réaliser sous leurs yeux.
Autrement dit : depuis la croix, la résurrection et la Pentecôte, nous vivons le compte à rebours. Cela ne veut pas dire que le Seigneur va revenir demain matin. Personne ne connaît ni le jour ni l'heure, Jésus lui-même l'a dit. Chaque fois que ses disciples lui posaient la question du calendrier, il les ramenait à l'essentiel : veillez et priez. Le retour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit ; il n'y aura pas de signal préalable pour te dire « tiens-toi prêt maintenant ». La seule bonne posture, c'est d'être prêt en permanence.
Alors laisse-toi poser la question sans esquiver : si le Seigneur revenait ce soir, est-ce que tu partirais avec lui ? Est-ce que ton cœur est en paix avec Dieu ? Si ce n'est pas encore le cas, ce n'est pas la peine de dire « on verra un jour ». Le choix ne se fera pas devant Dieu : il se fait maintenant, ici, sur la terre.
2. Trois destinées à ne pas confondre : les nations, Israël, l'Église
Deuxième repère indispensable : dans la Bible, les prophéties de la fin des temps concernent trois groupes distincts, et il ne faut pas les mélanger.
Au commencement, il y a eu les nations. Le livre de la Genèse ne commence pas par Israël, il commence par l'humanité. Puis, parmi les nations, Dieu a appelé un homme : Abraham. Abraham n'était pas juif ni hébreu : il était Chaldéen, et Josué 24.2 rappelle que ses pères servaient d'autres dieux. Dieu l'appelle, et de lui naît petit à petit Israël. Puis, à partir d'Israël et à partir des nations, Dieu suscite un peuple nouveau : l'Église.
Il y a donc trois plans divins qui se déploient en parallèle. Quand tu ouvres l'Apocalypse ou les discours de Jésus sur la fin des temps, certaines paroles concernent l'ensemble des nations, d'autres concernent spécifiquement Israël, d'autres concernent l'Église. Ce qui concerne l'Église ne concerne pas nécessairement les nations, et ce qui concerne Israël ne concerne pas nécessairement l'Église. Tant que tu n'as pas ce filtre dans la tête, tout te paraît confus.
3. Où vont les morts, avant et après la croix ?
Autre point souvent brouillé : où vont les morts ?
Dans l'Ancien Testament, on parle du séjour des morts, ou du chéol. Ce séjour comporte plusieurs parties. Il y a d'un côté le « sein d'Abraham », le lieu de repos ; de l'autre l'hadès ou abîme, le lieu de souffrance. La parabole du riche et de Lazare, en Luc 16.19-31, en donne une image saisissante : Lazare est porté dans le sein d'Abraham, le riche est tourmenté dans l'hadès, et un abîme infranchissable sépare les deux. Une troisième partie, mentionnée en 2 Pierre 2.4, est le tartare : le lieu réservé aux anges qui n'ont pas gardé leur dignité.
Dans le Nouveau Testament, après la résurrection de Jésus, le sein d'Abraham disparaît du vocabulaire : on parle désormais du paradis. Trois textes en parlent : Jésus au brigand sur la croix, « aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23.43) ; Paul « ravi jusqu'au troisième ciel… dans le paradis » (2 Corinthiens 12.2-4) ; et « à celui qui vaincra, je donnerai à manger de l'arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu » (Apocalypse 2.7).
Que sont devenus ceux qui étaient dans le sein d'Abraham ? Selon Éphésiens 4.8-10 et 1 Thessaloniciens 4.16, Christ les a emmenés avec lui à la résurrection. Attention : certains ont tordu ce verset pour prétendre que Jésus serait allé prêcher l'Évangile aux enfers entre sa mort et sa résurrection, offrant une seconde chance aux morts. Nulle part la Parole de Dieu ne dit cela. Si tu as déjà entendu cette doctrine, sors-la de ta tête : Jésus n'est pas allé évangéliser l'enfer, il a simplement pris avec lui, à la résurrection, ceux qui attendaient dans le sein d'Abraham.
Aujourd'hui, quand un croyant meurt, son corps retourne à la poussière, mais son âme et son esprit vont auprès du Seigneur. Quand un non-croyant meurt, en revanche, il descend dans un lieu de souffrance que l'Apocalypse appelle l'étang ardent de feu et de soufre (Apocalypse 20.15). Jésus emploie aussi le mot géhenne, qui vient du « gé-hinnom », la vallée de Hinnom, à Jérusalem, un lieu où, sous certains rois d'Israël, on sacrifiait des enfants à l'idole Moloc (2 Rois 23.10). Devenue plus tard une décharge à ciel ouvert où brûlaient continuellement les ordures, elle est devenue l'image du feu qui ne s'éteint pas, du ver qui ne meurt pas (Marc 9.48). Le mot « enfer » que la Bible française emploie parfois traduit un mot grec qui signifie « les régions inférieures de la terre » (Éphésiens 4.9 ; Philippiens 2.10).
La question de la mort n'est donc pas neutre. Là encore, elle te renvoie à la question urgente : où en es-tu, toi, avec le Seigneur ?
4. L'enlèvement et le retour de Jésus : deux événements distincts
C'est probablement le point le plus important de cette première partie. On confond souvent « le retour du Seigneur » et « l'enlèvement de l'Église ». Ce sont deux étapes différentes du même plan divin.
La première venue de Jésus, c'est son incarnation, sa vie sur la terre, sa mort, sa résurrection et son ascension. Puis vient le temps de l'Église, celui que nous vivons aujourd'hui. Ensuite vient l'enlèvement : Jésus descend, mais il reste dans les airs. Il ne pose pas les pieds sur la terre. L'Église, elle, est enlevée à sa rencontre pour être avec lui. C'est 1 Thessaloniciens 4.16-17 : « le Seigneur lui-même descendra du ciel avec un cri de commandement… les morts en Christ ressusciteront premièrement ; ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs. » C'est aussi Jean 14.3 : « je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. »
Le mot grec traduit par « enlevés » est harpazô. C'est un mot très fort, brusque, presque violent : Jésus l'utilise ailleurs pour parler du « rapt » ou de la « rapine ». En anglais, on parle même de rapture. Cela dit deux choses : ce sera très rapide (« en un clin d'œil », dit 1 Corinthiens 15.51-53), et ce sera totalement inattendu.
À ce moment-là, ton corps mortel revêtira l'immortalité, ton corps corruptible revêtira l'incorruptibilité. Ce sera une transformation comparable à celle de la transfiguration de Jésus, quand son corps s'est mis à resplendir. Tu seras avec le Seigneur pour toujours, et « nul ne pourra plus te ravir de sa main ».
La seconde venue, elle, est différente. Le terme employé n'est plus harpazô mais apocalypsis, qui signifie « révélation », « dévoilement », « manifestation ». C'est Jude 14 : « voici, le Seigneur vient avec ses saintes myriades. » C'est 2 Thessaloniciens 1.7 : « lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance. » Cette fois-ci, il descend jusque sur la terre, et il vient avec les siens, c'est-à-dire avec toi, si tu appartiens au Seigneur, puisque tu auras été enlevé auparavant.
Deux formules simples pour t'en souvenir : l'enlèvement, c'est le retour du Seigneur pour ses saints ; la seconde venue, c'est le retour du Seigneur avec ses saints. Entre les deux, sur la terre, se déroulera la période appelée grande tribulation (Matthieu 24.21). Ce sera aussi le temps où l'antichrist se manifestera : jusque-là, il est retenu (2 Thessaloniciens 2.6-8), mais quand l'Église sera enlevée, celui qui retient sera retiré, et « alors paraîtra l'impie ». Ce n'est pas parce que l'antichrist va faire des catastrophes qu'on parle d'apocalypse, c'est parce qu'il sera enfin révélé publiquement.
5. Vivre aujourd'hui à la lumière de son retour
À quoi cela doit-il te servir, très concrètement ?
D'abord, tous ces textes ne sont pas là pour te pousser à faire des calculs de dates ni à entrer dans des controverses. Ils sont là pour t'aider à mieux comprendre le plan divin, surtout le plan du salut en Jésus-Christ, et à nourrir en toi une attitude de foi, d'espérance, de vigilance, de fidélité et d'obéissance. 2 Pierre 3.14 le dit ainsi : « C'est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irrépréhensibles dans la paix. »
Quand Jésus reviendra te chercher, il ne va pas te faire passer un examen théologique sur les temps de la fin. Ce qu'il te dira, tu le trouves dans la parabole des talents : « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; entre dans la joie de ton maître. » Ce qu'il attend de toi, c'est une vie sérieuse, tenue, une vie qui aspire à la sainteté, une vie où tu veilles et où tu pries.
Ensuite, ton espérance de chrétien ne repose pas sur un monde qui va s'améliorer, ni sur un réveil universel qui convertirait toute l'humanité. Ton espérance, c'est la venue de l'Époux. C'est le jour où tu quitteras cette terre pour être définitivement avec lui.
Enfin, dans un monde troublé par les guerres, les crises et les mauvaises nouvelles, la réponse de Jésus n'est pas « fabriquez-vous des abris » mais : « quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche » (Luc 21.28). Tout ce qui se passe fait partie du plan de Dieu. Personne ne l'arrêtera. Et pour ceux qui appartiennent au Seigneur, tout va jusqu'à cette rencontre-là.
Points à retenir
- Les temps de la fin ont commencé avec la venue de Jésus et la Pentecôte : nous y sommes déjà.
- Personne ne connaît le jour de son retour ; la seule bonne attitude est de veiller, de prier et d'être prêt en permanence.
- Les prophéties de la fin concernent trois entités distinctes : les nations, Israël et l'Église. Ne les mélange pas.
- Depuis la résurrection de Jésus, les croyants qui meurent vont directement dans le paradis, auprès du Seigneur ; les perdus vont dans un lieu de souffrance appelé étang de feu ou géhenne.
- L'enlèvement (le Seigneur descend dans les airs pour ses saints) et la seconde venue (le Seigneur revient sur la terre avec ses saints) sont deux événements distincts, séparés par la grande tribulation.
- Le but de tout cela n'est pas de te faire peur mais de te pousser à vivre saintement, à servir, à espérer le retour de l'Époux.
Application personnelle
- Si Jésus revenait ce soir, est-ce que tu partirais avec lui, en toute assurance, ou est-ce que ta réponse serait « je ne sais pas trop encore » ?
- Ta vie chrétienne ressemble-t-elle à une attente floue, ou à une véritable préparation quotidienne du retour du Seigneur ?
- Dans ta lecture de l'Apocalypse et des textes prophétiques, es-tu tenté par les calculs de dates ou par le sensationnalisme, plutôt que par la sanctification ?
- Es-tu déjà tombé sur une doctrine étrange (comme celle d'une seconde chance après la mort) sans la vérifier dans la Parole ? Comment renforcer ton discernement ?
- Devant les mauvaises nouvelles du monde, quelle est ta première réaction : la peur, la fuite, ou lever la tête parce que ta délivrance approche ?
Versets cités
- Apocalypse 1.1-3 · Heureux celui qui lit et qui garde les paroles de la prophétie.
- 1 Thessaloniciens 5.1-11 · Le jour du Seigneur viendra comme un voleur.
- Hébreux 1.1-2 · Dans ces derniers temps, Dieu nous a parlé par le Fils.
- 1 Corinthiens 10.11 · Nous sommes parvenus à la fin des siècles.
- 1 Pierre 1.20 · Christ manifesté à la fin des temps.
- Actes 2.17 · Dans les derniers jours, je répandrai de mon Esprit.
- Luc 16.19-31 · Le riche et Lazare.
- 2 Pierre 2.4 · Les anges déchus retenus dans le tartare.
- Luc 23.43 · Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.
- 2 Corinthiens 12.2-4 · Paul ravi jusqu'au troisième ciel.
- Apocalypse 2.7 · L'arbre de vie dans le paradis de Dieu.
- Éphésiens 4.8-10 · Christ a emmené les captifs.
- Apocalypse 20.15 · L'étang ardent de feu et de soufre.
- Marc 9.48 · Là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas.
- 1 Thessaloniciens 4.16-17 · L'enlèvement de l'Église.
- Jean 14.3 · Je vous prendrai avec moi.
- 1 Corinthiens 15.51-53 · En un clin d'œil, nous serons changés.
- Jude 14 · Le Seigneur vient avec ses saintes myriades.
- 2 Thessaloniciens 1.7-10 · La manifestation glorieuse de Jésus.
- 2 Thessaloniciens 2.6-8 · Celui qui retient et la révélation de l'impie.
- Matthieu 24.21 · Une grande tribulation.
- 2 Pierre 3.14 · Trouvés par lui sans tache et irrépréhensibles.
- Luc 21.28 · Levez vos têtes, votre délivrance approche.
FAQ
Sommes-nous vraiment déjà dans les temps de la fin ?
Oui. Le Nouveau Testament décrit la période qui s'ouvre avec la venue de Jésus, sa mort, sa résurrection et la Pentecôte comme « les derniers jours » (Hébreux 1.2 ; Actes 2.17). Nous y sommes depuis près de deux mille ans. Cela ne dit rien de la date exacte du retour de Jésus, mais cela dit que la posture d'attente et de vigilance vaut pour toi maintenant.
Quelle différence entre l'enlèvement et la seconde venue de Jésus ?
L'enlèvement, c'est le moment où Jésus descend dans les airs et vient chercher son Église (1 Thess. 4.16-17 ; Jean 14.3). Il vient pour ses saints. La seconde venue, elle, est publique et visible de tous : Jésus revient sur la terre avec ses saints, en gloire (Jude 14 ; 2 Thess. 1.7). Entre les deux se déroule la grande tribulation.
Jésus est-il vraiment allé prêcher aux enfers entre sa mort et sa résurrection ?
Non. Aucun texte de la Bible ne dit que Jésus est allé annoncer l'Évangile aux morts pour leur offrir une seconde chance. Ce que dit Éphésiens 4.8-10, c'est qu'à sa résurrection, il a « emmené des captifs » : ceux qui, avant la croix, attendaient dans le « sein d'Abraham ». Ils sont désormais avec lui dans le paradis. Le choix pour ou contre Dieu se fait ici et maintenant, pas après la mort.
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