Ésaïe 43 : se souvenir de Dieu à l'ère de la distraction

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Introduction

« Ce qui me frustre souvent chez moi, c'est ma capacité à être distrait. » Tyler Conrad, pasteur de la First International Baptist Church de Copenhague, ouvre ainsi son message sur Ésaïe 43:8 à 44:8. Il regarde un bon film ou lit un bon livre, et se retrouve soudain les yeux sur son téléphone. Il prie, et s'aperçoit qu'il ne fait plus qu'aligner des mots. Même en préparant ce sermon, avoue-t-il, il ne compte plus les fois où il s'est surpris à lire les actualités.

Le remède qu'il propose est simple : un souvenir volontaire et intentionnel de qui est Dieu, chaque jour et tout au long de la journée. Le verset 10 en donne le but : « afin que vous le sachiez, que vous me croyiez et compreniez que c'est moi ». Pour le prédicateur, ces mots résument la manière dont nous devrions passer chaque jour de notre vie.

Le passage tourne autour de trois thèmes : la nature divine de l'Éternel, son salut et l'identité de son peuple. Le pasteur les parcourt, puis montre pourquoi et comment se souvenir de ces choses.

Plan du message

1. Une époque distraite qui fait oublier Dieu

  • La distraction fait partie de l'expérience humaine, mais nous sommes sans doute les gens les plus distraits de l'histoire : surcharge d'informations et accès constant aux stimulations de nos technologies. « Nous avons été entraînés à être distraits. »
  • Cette distraction profite à ceux qui vendent : plus de défilement, plus de clics, plus d'attention, et au bout du compte plus d'argent.
  • Satan, lui aussi, est très attaché à nous distraire, parce que la distraction peut mener au déclin de la foi. Être distrait, c'est souvent oublier Dieu et négliger sa volonté.
  • La distraction n'est pas toujours mauvaise. Mais si l'on vit dedans, elle devient un péché subtil qui abîme la vie spirituelle. Sans détermination à se souvenir de Dieu, la distraction, l'oubli et la négligence prennent le contrôle et nous éloignent de la communion intime que Jésus nous offre.

2. L'Éternel, le seul Dieu tout-puissant

  • « Avant moi il n'a point été formé de Dieu, et après moi il n'y en aura point » (Ésaïe 43:10). « Je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n'y a point de Dieu » (Ésaïe 44:6). « Il n'y a pas d'autre rocher, je n'en connais point » (Ésaïe 44:8).
  • Première affirmation : son caractère unique et absolu. Le Père comme le Fils disent d'eux-mêmes, dans l'Apocalypse, qu'ils sont le premier et le dernier. Tout vient de lui, tout est pour lui. Il ne dépend de personne, n'est redevable à personne, n'a ni rival, ni prédécesseur, ni successeur. Il est le seul rocher sur lequel toutes choses reposent et trouvent leur sens.
  • Seconde affirmation : sa souveraineté absolue. « Nul ne délivre de ma main ; j'agirai : qui s'y opposera ? » (Ésaïe 43:13). Quand il choisit d'agir, rien ne peut arrêter sa main. Personne ne retient la main du potier. Le pasteur annonce qu'il y reviendra en détail avec Ésaïe 45.

3. Le seul Sauveur, qui pardonne pour l'amour de lui-même

  • « Hors moi il n'y a point de sauveur » (Ésaïe 43:11). Il est le seul qui puisse nous sauver du péché, de la souffrance, de nos ennemis et de la mort.
  • Les autres aides de ce monde existent, mais elles ne sont qu'un pansement sur une blessure mortelle : tout ce qui est dans ce monde brisé est blessé par les mêmes choses. Notre Dieu est au-dessus de tout cela.
  • La résurrection de Jésus le proclame. Le péché, la souffrance, les ennemis et la mort se sont abattus sur lui avec toute la violence possible, et il s'est relevé, triomphant. Personne d'autre ne l'a fait.
  • Ce Sauveur choisit de sauver des pécheurs. « Tu ne m'as pas invoqué, ô Jacob ! car tu t'es lassé de moi, ô Israël ! » (Ésaïe 43:22). « Tu m'as tourmenté par tes péchés, tu m'as fatigué par tes iniquités » (verset 24). Le pasteur demande : peux-tu imaginer quelqu'un te négliger ainsi, encore et encore ?
  • Et pourtant : « C'est moi, moi qui efface tes transgressions pour l'amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés » (verset 25). Le peuple ne le mérite pas, c'est justement le point. Dieu pardonne par amour, pour le désir de partager cet amour avec des créatures pécheresses.

4. Une chose nouvelle : le Fils donné et l'Esprit répandu

  • Le Seigneur rappelle le passage de la mer, celui qui fait sortir chars et chevaux, éteints « comme une mèche » (Ésaïe 43:16-17). Il conduit son peuple à travers les profondeurs du danger et met fin à ses ennemis, comme à la mer Rouge.
  • Puis il dit : « Ne pensez plus aux événements passés. Voici, je vais faire une chose nouvelle » (versets 18-19). Il ouvre un chemin dans le désert et des fleuves dans la solitude.
  • Cette chose nouvelle, incomparable avec tout ce qui précède, c'est le don du Fils, Jésus. Il réconcilie toutes choses avec lui, les pécheurs et même les créatures. Les bêtes des champs honorent le Seigneur : le pasteur rapproche ce détail de l'Évangile de Marc, où Jésus, au désert, « était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient ».
  • « Je répandrai mon esprit sur ta race, et ma bénédiction sur tes rejetons » (Ésaïe 44:3). Le monde desséché reçoit l'eau du ciel, et le Saint-Esprit fait grandir la vie là où tout était mort.

5. Un peuple créé pour lui appartenir et publier sa gloire

  • « Je suis l'Éternel, votre Saint, le créateur d'Israël, votre roi » (Ésaïe 43:15). Cela concerne tous ceux qui ont été greffés en Christ, le vrai cep.
  • « Votre Saint » : il se donne librement à nous dans toutes ses perfections. « Le créateur d'Israël » : faire partie du peuple de Dieu, c'est être l'objet de sa formation spirituelle pleine de grâce. « Votre roi » : il est notre protecteur, notre législateur, celui à qui revient toute notre allégeance.
  • Trois fois Dieu dit que nous sommes ses serviteurs choisis (Ésaïe 43:10 ; 44:1-2), trois fois il dit : « Vous êtes mes témoins » (Ésaïe 43:10, 12 ; 44:8). « Être choisi veut dire que tu es aimé. Être serviteur veut dire que tu as un but. Être témoin veut dire que tu as une mission. »
  • « Le peuple que je me suis formé publiera mes louanges » (Ésaïe 43:21). Comme serviteurs, notre but est d'adorer notre Roi sauveur. Comme témoins, notre mission est d'aller vers les nations pour le louer en renversant leurs faux dieux, en vainquant leurs péchés et en redressant leurs injustices.

6. Pourquoi se souvenir : un commandement et un antidote

  • Nous devons nous souvenir parce que cela nous est commandé. En disant « ne pensez plus aux événements passés », le Seigneur sous-entend qu'il y a des choses nouvelles à retenir : la nouvelle alliance, la crucifixion, la résurrection, l'ascension, la Pentecôte, l'Église et sa mission.
  • Paul le dit simplement : « Souviens-toi de Jésus-Christ, issu de la postérité de David, ressuscité des morts, selon mon Évangile » (2 Timothée 2:8).
  • Le souvenir est l'antidote à la distraction, à l'oubli et à la négligence. Dans une lettre à l'une des Églises de l'Apocalypse, Jésus prescrit ce remède contre l'apathie : « Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir […] Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde, et repens-toi » (Apocalypse 3:2-3).
  • Sans souvenir actif, l'apathie est presque garantie. Le pasteur prend l'image de la salle de sport : si tu ne te souviens pas d'aller t'entraîner, ton corps s'atrophie. « La même chose est vraie de la foi. Si nous ne nous souvenons pas, l'âme s'atrophie. »

7. Comment se souvenir : les rythmes ordinaires de la vie chrétienne

  • « Il n'y a pas de magie, pas de secret ici. » Il s'agit de participer à la vie de l'Église, prendre la cène, adorer le Seigneur, être assidu à la prière et au jeûne, confesser régulièrement ses péchés et se repentir, aimer son prochain et ses ennemis.
  • S'immerger dans les Écritures, observer les fêtes chrétiennes en prenant Noël et Pâques au sérieux, être généreux envers les pauvres, rendre grâces régulièrement, pratiquer l'hospitalité.
  • Nous avons besoin de gestes concrets, parce que nous sommes un peuple incarné. Dieu nous a donné la cène, avec le pain et le vin, parce que nous avons besoin de choses tangibles. Si nous écartons ces pratiques comme inutiles, nous oublierons Jésus au milieu de tout ce qui réclame notre attention.
  • « Ne t'isole pas. N'essaie pas d'innover. Fais simplement ce que les fidèles serviteurs de Dieu ont fait depuis des millénaires. » Alors tu te souviendras du Seigneur dans ta veille et ton sommeil, dans ta fatigue et ton énergie, dans la prospérité et la pauvreté, dans tes réussites et tes échecs, dans tes bénédictions et tes souffrances.
  • Le pasteur conclut avec une parole de saint Grégoire, théologien du IVe siècle et défenseur de la Trinité face à l'arianisme : « Il est plus important de se souvenir de Dieu que de respirer. » Nous respirons sans cesse, sans même y penser. Que le souvenir de Dieu devienne de la même manière une habitude, moment après moment.

Points à retenir

  • Nous vivons dans une époque qui nous entraîne à être distraits, et la distraction installée conduit à oublier Dieu et à négliger sa volonté.
  • L'Éternel est le premier et le dernier : il n'y a pas d'autre Dieu, pas d'autre rocher, et nul ne délivre de sa main.
  • Il est le seul Sauveur, et il efface les transgressions de ceux qui l'ont négligé, pour l'amour de lui-même.
  • Choisi, tu es aimé. Serviteur, tu as un but. Témoin, tu as une mission.
  • On se souvient de Dieu en vivant fidèlement les rythmes simples de la vie chrétienne, pas en cherchant une formule nouvelle.

Application personnelle

  1. Quelles distractions occupent le plus de place dans tes journées, jusque dans tes moments de prière ?
  2. Te souviens-tu, cette semaine, que le Seigneur est le seul rocher sur lequel ta vie repose ?
  3. Comment le fait qu'il efface tes transgressions « pour l'amour de lui » change-t-il ta manière de venir à lui ?
  4. Comme serviteur et témoin, où le Seigneur t'appelle-t-il à publier ses louanges autour de toi ?
  5. Quel rythme simple de la vie chrétienne (cène, prière, Écritures, hospitalité, générosité) veux-tu reprendre ou renforcer pour te souvenir de lui ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi la distraction est-elle un danger pour la foi ?

Pour Tyler Conrad, la distraction n'est pas toujours mauvaise, mais quand on y vit, elle devient un péché subtil qui affaiblit la vie spirituelle. Être distrait, c'est souvent oublier Dieu et négliger sa volonté. Le remède est un souvenir volontaire et intentionnel de qui est Dieu, chaque jour et tout au long de la journée.

Que faut-il retenir de Dieu dans Ésaïe 43 et 44 ?

Le prédicateur dégage trois thèmes : l'Éternel est le seul Dieu tout-puissant, il est le seul Sauveur qui efface les transgressions pour l'amour de lui-même, et il forme un peuple qui lui appartient et publie ses louanges, comme serviteurs et comme témoins.

Comment se souvenir de Dieu au quotidien ?

Il n'y a ni secret ni formule magique : il s'agit de vivre les rythmes ordinaires de la vie chrétienne. La vie d'Église, la sainte cène, la louange, la prière et le jeûne, la confession, la lecture des Écritures, la générosité, l'hospitalité et l'action de grâces aident à se souvenir du Seigneur, parce que nous sommes des êtres incarnés.

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