Ézéchiel 37 : dans ta vallée, Dieu n'a pas encore fini

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Introduction

« Avez-vous remarqué que presque tout finit par se dessécher ? » Susan Elsmore, à Gateway Baptist Church, à Brisbane, ouvre ainsi son message avec humour : le pain qui sèche quand on oublie de refermer le paquet, les plantes d'un bureau que personne ne pense à arroser, la peau qu'il faut sans cesse hydrater en vieillissant.

Mais il existe des saisons où la sécheresse va beaucoup plus loin : déception, deuil, prières sans réponse, saisons où la foi ressemble davantage à de la persévérance qu'à de la passion. « On continue à venir. On continue à prier. On continue à faire confiance, mais au fond de nous, on se sent sec. »

Dieu n'est jamais surpris par nos saisons arides. Il rencontre son peuple dans les lieux secs depuis des générations : Abraham a attendu, Joseph a souffert, David s'est caché dans des cavernes, Élie s'est assis, épuisé, dans le désert. À partir de la vision d'Ézéchiel 37, la prédicatrice montre que Dieu est présent dans la vallée, qu'il agit avant qu'on le voie, et que le dernier mot lui appartient.

Plan du message

1. Un peuple en exil, entre promesse et réalité

  • Ézéchiel prophétise pendant l'une des saisons les plus sombres d'Israël : Jérusalem est tombée, le temple est détruit, le peuple vit en exil à Babylone. Il a perdu sa maison, sa sécurité et tout ce qui lui rappelait la présence de Dieu.
  • Pourtant Dieu ne l'a pas abandonné. Au chapitre précédent, il promet de lui donner un cœur nouveau et de mettre son Esprit en lui (Ézéchiel 36:26-27).
  • Il y a alors un grand écart entre les promesses de Dieu et la réalité présente. « Tu connais les promesses de Dieu. Tu sais qu'il est fidèle. Mais quand tu regardes ta situation, il est difficile d'imaginer comment quoi que ce soit pourrait changer. »
  • C'est dans ce contexte que Dieu donne à Ézéchiel la vision de la vallée des os desséchés (Ézéchiel 37:1-14).

2. Regarder la vallée en face

  • Dieu ne conduit pas Ézéchiel dans un jardin florissant ni au bord d'une rivière, mais dans une vallée qui ressemble à un cimetière. Les os ne sont pas seulement secs : ils sont « très secs ». Ils parlent de mort, de perte, d'abandon et d'un avenir apparemment irrécupérable.
  • La vallée est l'image de ce qui se passe dans le cœur du peuple : « Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus ! » (verset 11). Le découragement est devenu désespoir.
  • Dieu pose alors une question surprenante : « Fils de l'homme, ces os pourront-ils revivre ? » Susan Elsmore la compare, en riant, à la question de savoir si un poulet frit aux onze herbes et épices pourrait revivre après avoir été mangé.
  • Avant la restauration, avant le souffle, avant l'armée, il y a une reconnaissance honnête de la situation. Dieu fait passer Ézéchiel « tout autour » des os (verset 2), pour que la réalité s'imprime. « Dieu ne nous demande jamais de nier notre réalité. Il nous rejoint au milieu d'elle. »
  • Peut-être es-tu dans cette vallée : une relation qui semble irréparable, un enfant prodigue qui paraît trop loin, un diagnostic, une déception, une prière restée si longtemps sans réponse que tu as presque cessé de croire.

3. Dieu est présent dans la vallée

  • Le plus remarquable n'est pas les os, mais un Dieu qui entre dans la vallée en parlant de vie quand tous ne voient que des ossements. « Nous avons un Dieu qui a de l'espérance dans les yeux. »
  • La vallée n'est pas la preuve que Dieu t'a abandonné. C'est parfois l'endroit même où il commence à ramener à la vie ce qui était mort. La main de l'Éternel était sur Ézéchiel pendant qu'il le conduisait au milieu des os (versets 1-2).
  • On imagine souvent que Dieu ne se trouve que dans la percée ou la prière exaucée. Ézéchiel découvre que Dieu est déjà là avant que rien ne change : il est présent dans le processus, pas seulement dans le résultat. Il est présent dans la solitude, la déception, l'anxiété et les longues saisons d'attente.
  • Dans ses propres moments d'anxiété, confie la prédicatrice, c'est l'assurance que Dieu est avec elle qui l'aide à garder espoir et à avancer.
  • David le savait quand il écrivait : « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » (Psaume 23:4). Dieu ne promet pas que nous ne traverserons pas de vallées, il promet que nous ne les traverserons pas seuls.
  • « Le dernier mot n'appartient pas à la mort. » Ni à la déception, ni à la maladie, ni au désespoir : il appartient à Dieu, « et il s'y connaît pour ramener à la vie ce qui est mort ».

4. Faire confiance avant de voir, et obéir

  • À la question de Dieu, Ézéchiel répond : « Seigneur Éternel, tu le sais » (verset 3). Susan Elsmore sourit : une réponse prudente, « bien joué ». Mais nous avons tous été devant des situations qui ressemblaient à des os desséchés.
  • Dieu voit ce que nous ne voyons pas. Il ne faut jamais laisser ce que nous voyons nous convaincre que Dieu ne peut pas agir : « rien n'est impossible à Dieu » (Luc 1:37).
  • Dieu demande à Ézéchiel de prophétiser sur les os : pas de les réparer, ni de les expliquer, seulement d'obéir à sa parole. C'est souvent la partie la plus difficile de la foi.
  • La prédicatrice cite l'un de ses passages préférés : « Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers » (Proverbes 3:5-6).
  • Ézéchiel ne comprend pas ce que Dieu va faire, mais il fait confiance à celui qui sait. Marcher dans la vallée, c'est souvent ne pas avoir toutes les réponses et choisir de faire le pas d'obéissance suivant, puis le suivant. « La foi, ce n'est pas croire ce que nous arrivons à comprendre. La foi, c'est faire confiance à Dieu, qui a déjà tout compris. »

5. Une famille dans l'attente

  • Ce passage a été un vrai défi pour Susan Elsmore. Son gendre a été gravement blessé à la jambe dans un accident de travail sur un chantier, environ quatorze semaines plus tôt, et a dû subir une greffe de muscle et de peau au tibia. Le couple a trois jeunes enfants ; le dernier est né deux ou trois semaines après l'accident.
  • Dès le début, la famille prie avec foi pour sa guérison. La prédicatrice s'est engagée à lui imposer les mains chaque fois qu'elle le voit et que cela semble approprié. « Je sais que Dieu peut le faire. J'ai juste un calendrier préféré. »
  • Les médecins ont évoqué qu'il pourrait ne jamais retrouver toute sa fonction nerveuse ni toute la mobilité de sa jambe. « Ce sont peut-être les mots du médecin, mais ce ne seront pas nos derniers mots. » La famille vit dans l'écart entre ce qu'elle voit et ce qu'elle croit.
  • L'attente a apporté des cadeaux inattendus. Son petit-fils de quatre ans tient à prier lui aussi : il pose ses petites mains sur les jambes de son papa et répète doucement, cinq ou six fois, « Jésus, guéris la jambe de papa », avant de terminer par : « et aide-le à jouer au foot avec moi à nouveau ». Pas de questions, pas de doutes, juste la confiance que Jésus l'entend.
  • « Si Dieu avait suivi mon calendrier, j'aurais peut-être manqué de voir grandir la foi de mon petit-fils. » Elle avoue même, en riant, avoir été tentée de se servir de ces prières pour négocier un peu avec Dieu.
  • « Ne baisse pas les bras. Dieu n'a pas encore fini. » Même dans l'attente, il est bon.

6. Écouter le bruit des os

  • Ézéchiel obéit et prophétise. « Il se fit un bruit, et voici, il se produisit un mouvement, et les os s'approchèrent les uns des autres » (verset 7). L'endroit déprimant devient même « un peu inquiétant ».
  • Les os ne sont pas encore vivants, mais quelque chose se passe. Beaucoup s'arrêteraient là, émerveillés. Or ce bruit est seulement le signe d'un commencement : Dieu est à l'œuvre, mais ce n'est pas la fin de l'histoire.
  • La prédicatrice reconnaît avoir déjà été tentée d'arrêter de prier pour la guérison de son gendre. Elle a décidé d'« écouter le bruit des os », d'attendre avec espérance. Et la famille voit de nombreux signes encourageants, même s'il faut parfois les chercher.
  • Alors qu'elle était prête à abandonner et qu'elle méditait ce texte pour le prêcher, elle a senti que Dieu lui disait que les versets 5 et 6 étaient pour son gendre : « Je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez. » Ces paroles ont remis l'espérance dans son cœur. Elle les prie désormais chaque fois qu'elle prie pour lui.
  • « Quelle parole de l'Écriture Dieu a-t-il mise dans ton cœur pour ta situation ? » Si tu n'en as pas, demande-lui en une, reviens-y, prie-la, proclame la vérité de Dieu sur tes circonstances, même quand tu n'entends pas encore le bruit des os.
  • Dans la vision, la résurrection ne commence pas par des corps debout, mais par un bruit. Notre culture aime les résultats instantanés, mais Dieu agit souvent sous la surface, un pas après l'autre, bien avant que nous voyions le résultat.

7. Là où tu vois des os, Dieu voit une armée

  • Dieu demande à Ézéchiel de prophétiser à nouveau, cette fois sur l'esprit. Quand le souffle de Dieu entre en eux, tout change : « ils reprirent vie, et ils se tinrent sur leurs pieds : c'était une armée nombreuse, très nombreuse » (verset 10).
  • Là où les Israélites voyaient la mort, Dieu voyait la vie. Là où ils voyaient une fin, il voyait un commencement. Là où ils voyaient des os, il voyait une armée.
  • L'une des tactiques préférées de l'ennemi est de nous convaincre que la vallée et les os sont permanents, pour que nous cessions de prier, de croire et d'attendre que Dieu agisse. L'ennemi montre les os et dit : « C'est fini. » Dieu montre les os et demande : « Ces os pourront-ils revivre ? Ce rêve peut-il revivre ? Cette relation peut-elle revivre ? »
  • Les os ne sont pas revenus à la vie parce qu'ils ont fait plus d'efforts, ni parce qu'Ézéchiel a prêché un grand message. « Nous pouvons avoir des plans et des stratégies, mais au bout du compte, la seule chose qui donne la vie, c'est le souffle de Dieu. »
  • Le ciel s'est obscurci, le voile du temple s'est déchiré en deux, et le corps de Jésus a été déposé dans un tombeau. Mais pendant ce temps, Dieu était à l'œuvre, et le troisième jour Jésus est sorti du tombeau. La même puissance de résurrection peut encore aujourd'hui ramener à la vie ce qui est mort.
  • Ce que l'ennemi a voulu pour le mal, Dieu peut le changer en bien et pour sa gloire (Genèse 50:20). « Le bruit d'aujourd'hui est peut-être le premier son de la résurrection de demain. »

Points à retenir

  • Dieu ne te demande pas de nier ta réalité : il te rejoint au milieu de ta vallée.
  • La vallée n'est pas la preuve que Dieu t'a abandonné. Il est présent dans le processus, pas seulement dans le résultat.
  • La foi consiste à faire confiance à Dieu avant de voir son œuvre et à faire le pas d'obéissance suivant.
  • Le bruit des os est le signe que Dieu agit, mais pas la fin de l'histoire : continue de prier.
  • Seul le souffle de Dieu donne la vie. Là où tu vois des os desséchés, il voit une armée, et le dernier mot lui appartient.

Application personnelle

  1. Quels os desséchés regardes-tu en ce moment : une relation, un rêve, une santé, un proche éloigné de Dieu ?
  2. Quelle prière as-tu cessé de prier, quelle promesse as-tu cessé de croire, quelle situation as-tu discrètement rayée de ta liste ?
  3. Quel est le prochain pas d'obéissance que Dieu t'appelle à faire dans la vallée que tu traverses ?
  4. Quelle parole de l'Écriture Dieu t'a-t-il donnée pour ta situation ? Si tu n'en as pas, prendras-tu le temps de la lui demander cette semaine ?
  5. Quels petits signes de l'action de Dieu, quel « bruit des os », as-tu peut-être négligés ces derniers temps ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que représentent les os desséchés d'Ézéchiel 37 ?

Dieu l'explique lui-même au verset 11 : ces os sont toute la maison d'Israël, un peuple en exil à Babylone qui dit « nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus ». Pour Susan Elsmore, la vallée est l'image de ce qui se passait dans le cœur du peuple, et de nos propres saisons de sécheresse.

Que signifie « écouter le bruit des os » ?

Quand Ézéchiel prophétise, il se fait un bruit et les os se rapprochent les uns des autres, sans être encore vivants. Pour Susan Elsmore, ce bruit est le signe que Dieu est à l'œuvre, mais ce n'est pas la fin de l'histoire. Elle invite à guetter ces signes, sans s'arrêter là ni cesser de prier.

Que faire quand une prière reste longtemps sans réponse ?

Susan Elsmore encourage à ne pas abandonner : faire confiance à Dieu avant de voir son œuvre, faire le pas d'obéissance suivant, et demander à Dieu une parole de l'Écriture pour sa situation afin de la prier et de la proclamer avec persévérance. Le dernier mot appartient à Dieu.

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