Introduction
« Nous vivons des temps troublés, n'est-ce pas ? » Damien Jacquemin ouvre ainsi son message sur Luc 8:40-56, prêché à l'Église Protestante Évangélique Bruxelles-Woluwe. Troublés, mais aussi privilégiés : en Occident, et particulièrement en Belgique, nous jouissons d'un confort sans égal par rapport à toutes les générations précédentes. Les progrès scientifiques et médicaux prolongent la vie. Le prédicateur confie que sans eux, il aurait probablement perdu ses deux premiers enfants, nés prématurément. « Grâce à Dieu, ils sont là aujourd'hui. »
Pourtant, toutes les maladies n'ont pas disparu, d'autres sont apparues avec notre mode de vie, comme le diabète, et personne n'échappe à la mort. Pourquoi ? « Parce que la racine du problème n'est pas technologique, elle n'est pas scientifique, elle est théologique. » Elle touche à notre relation avec Dieu, brisée par le péché. Avec le péché, la maladie et la mort sont entrées dans le monde, et nous vivons loin de la présence de Dieu, hors de ce jardin d'Éden où se trouvait l'arbre de vie.
Face à ce sombre constat, le texte annonce une victoire sur la maladie et la mort. Au cœur du passage se trouve une phrase clé : « Crois seulement et tu seras sauvé. » Le prédicateur en tire trois bonnes raisons de venir à Christ et de placer sa foi en lui et en sa parole.
Plan du message
1. Une phrase clé, deux fois répétée
- Au verset 48, Jésus répond à la foi de la femme malade : « Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix. »
- Au verset 50, il fait une promesse à Jaïrus au sujet de sa fille qui vient de mourir : « Ne crains pas, crois seulement, et elle sera sauvée. »
- « Crois seulement et tu seras sauvé », c'est aussi la promesse que Jésus fait à chacun de nous face à la maladie et à la mort.
- Le contexte : Jésus a traversé le lac en calmant la tempête, puis chassé au pays des Géraséniens des dizaines, peut-être des centaines de démons. À son retour, une foule l'attend.
2. Crois seulement, car tu es impuissant
- Jaïrus est chef de la synagogue. Il fait partie de l'élite civile et religieuse locale : il a des moyens, un statut social élevé, il est respecté. Malgré sa dignité, il se jette aux pieds de Jésus et le supplie de venir guérir sa fille unique de douze ans, qui se meurt.
- En même temps apparaît une femme dont on ignore le nom, cachée dans la foule. Depuis douze ans, elle souffre d'une perte de sang. Elle a dépensé tout son bien pour les médecins, sans que personne ne puisse la guérir (verset 43).
- Impure à cause de sa maladie, elle souffre d'un profond isolement social. Elle ne peut pas aller au temple pour adorer Dieu, ni avoir d'enfants, puisque toute relation intime lui est interdite. Depuis douze ans.
- D'un côté, celui qui est en haut de l'échelle sociale. De l'autre, celle qui est tout en bas. Le texte les place pourtant sur un pied d'égalité : tous deux sont totalement impuissants.
- Ce constat d'impuissance est aussi le nôtre. Le prédicateur évoque Brian Johnson, entrepreneur américain à la tête d'un mouvement de longévité extrême dont le slogan est « don't die » (ne meurs pas). Il dépense 2 millions de dollars par an pour inverser l'âge biologique de ses organes : suivi médical constant, sommeil et alimentation strictement réglés, plus de cent pilules et compléments par jour. Il paraît plus jeune que son âge. Et pourtant, il a contracté une maladie auto-immune.
- « Par nos propres efforts, nous ne pouvons pas éviter la maladie ni la mort. » Comme Jaïrus et cette femme, il faut reconnaître le caractère désespéré de notre situation et venir à Christ, les mains vides.
- C'est le but de Luc dans tout ce chapitre 8 : ne pas seulement écouter la parole de Christ, mais la recevoir avec foi.
3. Crois seulement, car Jésus est puissant
- Après sa puissance sur les éléments de la création et sur la légion de démons, Jésus manifeste ici sa puissance sur la maladie et sur la mort.
- Pour la femme, verset 44 : elle touche le bord du vêtement de Jésus, et à l'instant la perte de sang s'arrête. Pour la fille, versets 54 et 55 : Jésus la prend par la main et dit d'une voix forte : « Enfant, lève-toi. » Son esprit revient en elle, et à l'instant elle se lève.
- « À l'instant », ou « immédiatement » : la guérison et la résurrection ne sont pas faites à moitié, ni le fruit d'un long processus. Elles sont immédiates et pleinement efficaces.
- Cette puissance se manifeste envers ceux qui font preuve de foi. La femme cherche sa guérison de façon cachée, mais Jésus l'amène à se manifester publiquement et à manifester sa foi. Ce n'est pas le vêtement de Jésus, comme une sorte de relique magique, qui l'a guérie, c'est sa foi en lui.
- Jaïrus, lui, continue de suivre Jésus quand quelqu'un de la synagogue vient dire : « Ta fille est morte. » Il croit sa parole malgré la nouvelle et malgré les moqueries de ceux qui pleurent bruyamment la mort de l'enfant.
- L'image de la cour d'école : quand deux capitaines choisissaient leurs équipes de football, ceux qui restaient, dont le prédicateur, espéraient rejoindre l'équipe la plus forte, « non pas parce que nous allions les faire gagner, mais parce qu'ils allaient nous faire gagner ».
- « Qui d'autre que Jésus » a guéri les malades, fait marcher les paralysés, rendu la vue aux aveugles, chassé les démons par centaines, soumis la nature par sa parole, dit à un mort « réveille-toi », et est lui-même ressuscité, victorieux et glorieux ? Personne.
4. Crois seulement, car Jésus est plein de compassion
- Jésus n'est pas dépeint comme une figure toute-puissante mais intimidante, terrifiante ou indifférente. Le texte montre son soin réel pour Jaïrus et pour cette femme.
- À la demande de Jaïrus, il se rend chez lui. À l'annonce de la mort de l'enfant, il le rassure et l'encourage. Il entre avec le père, la mère et trois de ses disciples, ressuscite la jeune fille et demande qu'on lui donne à manger.
- Pour la femme, c'est encore plus évident. Jésus ne la laisse pas repartir une fois guérie. Il la guérit sur le plan physique, mais aussi sur le plan spirituel : il restaure son statut et sa réputation.
- Il l'appelle « ma fille ». Quelques versets plus tôt, il avait dit que sa mère et ses frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique (Luc 8:21). Il l'intègre dans sa propre famille.
- « Ta foi t'a sauvée », et pas seulement « guérie » : chez Luc, le salut inclut la guérison mais signifie beaucoup plus.
- « Nulle part ailleurs qu'en Christ nous ne trouvons à la fois cette puissance et cette compassion réunies. » Une compassion qui ne fait aucune distinction de statut social ou économique, de sexe ou d'âge, de nationalité ou d'origine : riche ou pauvre, jeune ou âgé, homme ou femme, quiconque vient à Jésus par la foi est sauvé.
5. Une autre victoire d'abord : la victoire sur le péché
- « Notre problème le plus profond, ce n'est pas la maladie, ce n'est pas la mort, ce n'est pas non plus l'inégalité sociale. Notre problème le plus profond, c'est le péché. » C'est notre rébellion contre Dieu, qui nous attire son juste jugement et sa colère.
- La maladie et la mort ne sont que des conséquences du péché, les manifestations d'un monde en rébellion contre son Créateur.
- Jésus, le Fils de Dieu, Dieu lui-même, est venu parmi nous en prenant notre nature, mais sans péché, pour restaurer ce que le péché a brisé. Lui qui était sans péché a pris la punition de nos péchés : le juste est mort pour les injustes.
- Le pire de ce qu'il a enduré, ce ne sont pas les souffrances physiques, mais la colère de Dieu tombant sur lui à la place des pécheurs.
- La bonne nouvelle : quiconque vient à lui par la foi n'a pas à subir cette colère. Il reçoit dès maintenant le pardon des péchés, la réconciliation avec Dieu et l'adoption dans la famille de Dieu.
6. Déjà la paix, pas encore la guérison complète
- Ésaïe 53:5 : « Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » La paix, c'est la relation restaurée avec Dieu. La guérison, c'est la restauration de notre condition humaine.
- Nous jouissons déjà de la paix avec Dieu par la foi en Christ. Ce n'est pas encore le cas pour la guérison, et encore moins pour la résurrection.
- Les miracles de Luc 8 sont des signes : ils annoncent une restauration bien plus grande, complète, définitive et éternelle, dans le royaume de Dieu. Jésus a dit que ce royaume était proche, il n'a pas dit qu'il était déjà établi dans sa pleine manifestation.
- C'est au retour de Christ que son royaume sera pleinement établi et que toute la création sera délivrée du péché, de la maladie et de la mort : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus » (Apocalypse 21:4).
- Ces vérités peuvent réjouir, mais aussi provoquer de la déception, voire de la colère, à cause de la maladie ou de la souffrance d'un proche. On peut se demander si Dieu est bon, pourquoi ne pas recevoir la guérison aujourd'hui. Le prédicateur rappelle que la femme guérie et la fille de Jaïrus ont fini par mourir elles aussi.
- « Ce texte ne nous appelle pas à montrer assez de foi pour recevoir une guérison aujourd'hui », qui ne serait que temporaire. Il nous appelle à la foi dans le salut que Jésus apporte par le pardon des péchés, pour notre guérison ultime et la vie éternelle dans son royaume.
- « Soyons donc patients, mes amis, et crois seulement et tu seras sauvé. »
Points à retenir
- Ni la science, ni la technologie, ni l'argent ne peuvent nous sauver de la maladie et de la mort, car la racine du problème est notre relation brisée avec Dieu.
- Face à la mort, le notable et la femme ruinée sont sur un pied d'égalité : impuissants. Il faut venir à Christ les mains vides.
- Jésus guérit et ressuscite immédiatement et pleinement. Sa puissance se manifeste envers ceux qui croient en lui.
- Sa compassion ne fait aucune distinction. Il guérit, restaure et fait entrer dans sa famille ceux qui viennent à lui par la foi.
- La paix avec Dieu est déjà donnée. La guérison complète et la résurrection viendront au retour de Christ.
Application personnelle
- Sur quoi comptes-tu, au fond, pour te protéger de la maladie et de la mort : ta santé, la médecine, tes moyens, tes efforts ?
- Es-tu prêt, comme Jaïrus, à te jeter aux pieds de Jésus et à reconnaître que tu ne peux rien par toi-même ?
- Quelle nouvelle, comme celle annoncée à Jaïrus, te pousse aujourd'hui à cesser de croire ? Comment peux-tu entendre pour toi « ne crains pas, crois seulement » ?
- Si la maladie ou la souffrance d'un proche te déçoit ou te met en colère contre Dieu, peux-tu le lui dire, tout en t'accrochant à la promesse de la guérison ultime ?
- As-tu déjà reçu le pardon des péchés et la paix avec Dieu que Jésus offre à quiconque vient à lui par la foi ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que signifie « crois seulement et tu seras sauvé » dans Luc 8 ?
La phrase revient deux fois dans le passage : au verset 48, Jésus dit à la femme malade « ta foi t'a sauvée », et au verset 50, il dit à Jaïrus « crois seulement, et elle sera sauvée ». Pour Damien Jacquemin, c'est aussi la promesse que Jésus fait à chacun face à la maladie et à la mort : venir à lui par la foi, les mains vides.
Si j'ai la foi, puis-je réclamer ma guérison aujourd'hui ?
Le prédicateur répond que ce texte ne nous appelle pas à montrer assez de foi pour recevoir une guérison aujourd'hui, qui ne serait que temporaire. La femme guérie et la fille de Jaïrus sont finalement mortes elles aussi. Ces miracles sont des signes du royaume de Dieu, qui sera pleinement établi au retour de Christ. La paix avec Dieu est déjà là, la guérison complète et la résurrection sont encore à venir.
Pourquoi Jésus appelle-t-il la femme guérie « ma fille » ?
Cette femme était impure, isolée et ruinée depuis douze ans. Jésus ne la laisse pas repartir en cachette : il la guérit physiquement, mais il la restaure aussi spirituellement et l'intègre dans sa famille. Quelques versets plus tôt, il avait dit que sa famille, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique (Luc 8:21).