Fier d'être chrétien : combat achevé, couronne réservée
Es-tu fier d'être chrétien ? Pas fier au sens orgueilleux (parce que tu serais meilleur que les autres), mais fier au bon sens : parce que Dieu est ton Dieu et qu'il t'a préparé une cité. Dans sa dernière lettre, écrite depuis une prison romaine peu avant sa décapitation sous Néron, l'apôtre Paul confie à Timothée, pasteur d'Éphèse et son fils spirituel, un véritable testament. Ce court passage de 2 Timothée 4.1-8 te donne trois raisons concrètes d'être fier d'appartenir à Christ, et t'invite à examiner sur quel front tu combats ta propre course.
Plan de l'article
- Le contexte : la dernière lettre d'un condamné à mort
- Première raison : par ta parole, Dieu peut sauver des âmes
- Deuxième raison : tu peux instruire et encourager dans la vérité
- Supporter les souffrances : le lot du chrétien fidèle
- Troisième raison : la couronne de justice t'est réservée
- Quel combat es-tu en train de mener ?
1. Le contexte : la dernière lettre d'un condamné à mort
Paul écrit cette deuxième épître à Timothée depuis une prison de Rome. Ce n'est pas sa première incarcération, mais cette fois il sait qu'il ne sortira pas vivant. Il sera bientôt décapité sous l'empereur Néron. Cette lettre est une forme de testament laissé à Timothée, pasteur d'Éphèse et son fils spirituel, mais aussi, à travers le canon des Écritures, un testament laissé à chacun de nous.
Juste avant le passage qui nous occupe, Paul vient de rappeler que « toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner » (2 Timothée 3.16). La Parole que tu lis n'est pas une parole humaine, elle est la Parole même de Dieu. Et dans 1 Thessaloniciens, Paul précise que celui qui rejette les paroles inspirées de Dieu ne rejette pas un homme, mais Dieu lui-même. Voilà pourquoi tu es invité à lire et à relire cette Parole, à t'en nourrir chaque jour comme d'un pain, Jésus l'a dit : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4.4).
2. Première raison : par ta parole, Dieu peut sauver des âmes
« Je t'en supplie, devant Dieu et devant le Seigneur Jésus-Christ qui doit juger les vivants et les morts au moment de sa venue et de son règne : prêche la Parole » (2 Timothée 4.1-2). Paul ne se contente pas de demander à Timothée de prêcher : il le supplie. C'est étonnant, car d'habitude dans la Bible, c'est l'homme qui supplie Dieu. Ici, c'est l'inverse : par la bouche de Paul, l'Esprit de Dieu semble te supplier de prêcher la Parole. Et la preuve du sérieux de cette supplication, c'est que Paul prend à témoin Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ.
Quand on supplie quelqu'un, c'est qu'il y a un danger. Paul relie sa supplication au jugement des vivants et des morts. Pour toi qui es en Christ, ce jugement ne sera pas une condamnation : tu as choisi le meilleur des avocats, Jésus-Christ, que 1 Jean 2.1-2 présente comme ton défenseur devant le Père et la victime expiatoire pour tes péchés. Mais pour tous ceux qui auront refusé cet avocat, ce jour-là sera un jugement de séparation éternelle, un jugement de mort, puisque Romains 6.23 le dit clairement : « le salaire du péché, c'est la mort ».
Jésus est venu la première fois comme un agneau, pour prendre les péchés du monde sur lui et offrir le pardon à travers sa mort et sa résurrection. Mais il reviendra une seconde fois, comme un lion, non plus pour sauver mais pour juger. Souviens-toi du prophète Ésaïe : c'était un homme droit, intègre, qui servait le Seigneur. Pourtant, quand il a vu Dieu sur son trône dans toute sa sainteté, il s'est écrié : « Malheur à moi, je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures » (Ésaïe 6.5). Face à la sainteté de Dieu, tu ne peux pas tenir. C'est à cause de tes péchés à toi que Christ a souffert et est mort sur la croix, abandonné du Père.
Paul écrit dans Romains 5.7-8 : « à peine quelqu'un mourrait-il pour un juste ». Or Christ n'est pas mort pour des justes, il est mort pour des coupables. Pense au commandant Arnaud Beltrame, ce gendarme qui a proposé de prendre la place d'une otage lors de l'attaque terroriste de Trèbes. Il a dit au terroriste : « Donne-moi l'otage et prends ma vie. » Il a effectivement été tué, et de façon frappante, cela s'est passé pendant la période de Pâques. C'est une image très imparfaite, mais elle rejoint ce que Christ a fait pour toi : il a dit « c'est moi qui prends la condamnation à ta place ».
Entre la première et la seconde venue du Christ, Dieu a laissé à l'humanité un temps d'attente et de patience qui dure depuis près de deux mille ans. Un temps de décision, durant lequel chacun peut choisir d'accepter la grâce offerte en Jésus-Christ. Et ce message, c'est à toi, chrétien, qu'il revient de le partager autour de toi. C'est la plus grande preuve d'amour que tu puisses témoigner à tes contemporains, parce que tu te soucies de leur avenir éternel. Voilà une première raison d'être fier d'être chrétien : par ta parole, Dieu peut sauver des âmes de la mort.
3. Deuxième raison : tu peux instruire et encourager dans la vérité
Paul poursuit : « insiste en toute occasion, qu'elle soit favorable ou non. Réfute, reprends et encourage. Fais tout cela avec une pleine patience et un entier souci d'instruire » (2 Timothée 4.2). Insister même en occasion défavorable, c'est un triple défi. Si tu es de nature timide, si tu crains les réactions négatives, tu peux te sentir petit devant une telle demande. Mais souviens-toi : « Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse » (2 Timothée 1.7). Si tu étais vraiment fier d'être chrétien, tu n'aurais pas peur de prêcher.
Attention cependant : cette insistance doit se faire dans le respect et la douceur. 1 Pierre 3.15 te le rappelle : si quelqu'un te demande raison de ton espérance, réponds-lui avec douceur et respect. Tu n'es pas là pour agresser, ni pour prendre les gens de haut, ni pour laisser croire que tu es meilleur qu'eux. La vérité que tu dis se dit toujours dans l'amour, sans jugement.
Paul demande à Timothée de « réfuter, reprendre et encourager ». Chacun de nous a un tempérament : certains encouragent facilement mais fuient la confrontation ; d'autres réfutent volontiers mais peinent à encourager. Paul demande les deux, pour un juste équilibre. Et il précise que tout cela doit se faire « dans un entier souci d'instruire et avec une pleine patience ». Ceux qui aiment la confrontation feraient bien de vérifier s'ils confrontent parce que Dieu le leur demande, ou parce qu'ils en ont envie pour de mauvaises raisons. À l'inverse, ceux qui encouragent trop facilement devraient se demander s'ils ne fuient pas une vérité qu'il faudrait dire.
Voilà une deuxième raison d'être fier d'être chrétien : tu peux encourager et instruire les autres, pas depuis une position de supériorité, mais en transmettant simplement ce que le Seigneur t'a donné. Rappelle-toi 1 Corinthiens 4.7 : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi t'en glorifies-tu ? » C'est un très bon antidote contre l'orgueil.
Imagine qu'un de tes proches ait un cancer et que tu aies découvert un remède : il serait criminel de le garder pour toi. Pourtant, il t'arrive d'avoir peur de dire la vérité à ceux que tu aimes, par peur d'être moins aimé d'eux. En faisant cela, tu ne regardes pas à leurs intérêts, mais aux tiens. Paul annonce qu'un temps viendra où les hommes « ne supporteront pas la saine doctrine » : ayant « la démangeaison d'entendre des choses agréables », ils se donneront « une foule d'enseignants conformes à leurs propres désirs » et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers des fables (2 Timothée 4.3-4). En Occident, on parle même de « post-vérité » : à chacun sa vérité, tout est relatif.
Face à cela, tu peux toi aussi être tenté (par facilité, par égoïsme, par lâcheté), de sacrifier la vérité à ce que tu appelles de l'amour mais qui n'est en réalité qu'un confort. Par exemple, il est difficile d'admettre que nous n'irons pas tous au paradis, contrairement à ce que dit la célèbre chanson, et qu'un enfer existe. Bien sûr, il faut du tact et de la douceur : la douceur est un fruit de l'Esprit. Mais il ne faut pas confondre la douceur avec la lâcheté. « Pour être un bon évangéliste, il faut à la fois aimer la vérité et aimer en vérité. » Si tu n'aimes pas véritablement les gens, la vérité que tu leur transmettras ne passera pas.
4. Supporter les souffrances : le lot du chrétien fidèle
Paul ajoute : « Toi, sois sobre en tout, supporte les souffrances, accomplis la tâche d'un évangéliste, remplis bien ton ministère » (2 Timothée 4.5). La Parole dit ailleurs que « c'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume des cieux » (Actes 14.22). Jésus ne t'a pas promis un évangile de prospérité : il t'a dit « vous aurez des tribulations dans le monde », mais il a ajouté aussitôt « prenez courage, j'ai vaincu le monde » (Jean 16.33).
Dans une société hédoniste qui met le plaisir au centre de tout, il est difficile d'entendre parler de souffrance. Et pourtant, les souffrances sont le lot de tout chrétien à un moment ou à un autre. Paul, lui, savait de quoi il parlait : depuis trente ans qu'il était chrétien, il n'avait pas cessé de souffrir moralement et physiquement pour l'Évangile. Il parle même de « souffrances » au pluriel : il y en aura plusieurs, il y en aura beaucoup. « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Timothée 3.12).
Quand la souffrance vient, tu peux être tenté de croire que Dieu t'a abandonné, et à ton tour d'abandonner Dieu. Mais ces souffrances ne sont pas un signe que Dieu t'a abandonné. Au contraire : elles font partie des promesses de l'Évangile. Elles ne t'ont jamais été cachées, ni par Jésus, ni par les apôtres.
5. Troisième raison : la couronne de justice t'est réservée
« Pour ma part, je suis déjà comme sacrifié, et le moment de mon départ approche. J'ai combattu le bon combat, j'ai terminé la course, j'ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m'est réservée. Le Seigneur, le juste juge, me la remettra ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront attendu avec amour sa venue » (2 Timothée 4.6-8).
Remarque : Paul ne parle pas de sa mort, il parle de son départ. Un départ vers le ciel, dans la gloire, dans la présence du Seigneur. Il fait ses adieux à Timothée et évoque le sacrifice de sa vie pour l'Évangile, non pas un sacrifice expiatoire, car le seul sacrifice qui pardonne les péchés est celui de Christ, mais un sacrifice qui marche sur les pas du Maître.
Paul est joyeux, malgré ses tristesses. Dans cette même lettre, il confie de façon bouleversante que tous l'ont abandonné, y compris Démas, l'un de ses collaborateurs les plus proches. « Aucun ne m'a défendu lorsque j'en avais besoin. » À vue d'homme, la vie de Paul ressemble à un échec : seul, abandonné, décapité. Peut-être même espérait-il, lui qui en a tant parlé, faire partie de ces chrétiens qui verraient de leur vivant le retour du Christ sans passer par la mort, et pourtant, il ne le vivra pas.
Mais Paul sait qu'il a combattu le bon combat, et non un mauvais. Aujourd'hui, tant de gens luttent pour un but qui n'est pas celui que Dieu leur a assigné. Toi qui es chrétien, tu sais que toutes tes luttes, tous les combats que tu endures pour l'Évangile, sont pour le seul combat qui vaille la peine. Paul sait que pour lui commence désormais la béatitude, la présence éternelle du Seigneur. Et pourtant, jusque dans le dernier chapitre de sa dernière lettre, il ne cesse de parler du retour de Jésus-Christ qui mettra fin à toute souffrance et à tout mal.
Voilà la troisième raison (et la dernière), d'être fier d'être chrétien : au retour du Christ, la couronne de justice t'est réservée si tu as aimé sa venue, si tu l'as attendue avec amour.
6. Quel combat es-tu en train de mener ?
Pour chaque être humain, chrétien ou non, la vie est un combat. Mais on peut combattre de mauvais combats. On peut lutter pour l'existence indépendamment de Dieu. La question qui se pose à toi ce matin est simple : veux-tu combattre de mauvais combats, ou le seul bon combat, celui d'accepter et de garder la foi ?
Deuxième question : attends-tu avec amour la venue de Jésus-Christ ? N'es-tu pas parfois enfermé dans une routine qui t'a fait perdre de vue ce retour, alors qu'il devrait être chéri dans ton cœur et te soutenir jusque dans l'épreuve ?
Enfin, une application concernant les autres : même si tu n'es pas pasteur, même si tu n'es pas évangéliste de vocation, as-tu ne serait-ce que le désir de partager la Parole avec ton entourage ? As-tu le courage de les aimer assez pour leur dire la vérité ? Et quand tu es dans la souffrance, es-tu tenté d'arrêter de parler du Christ autour de toi ?
Si tu peux être fier d'être chrétien, c'est finalement parce que tu peux être fier de ton Dieu. Il n'a pas eu honte de toi : Hébreux 11.16 dit qu'il n'a pas eu honte d'être appelé ton Dieu, et qu'il t'a préparé une cité dans le ciel. Jésus s'est levé pour toi ; à ton tour, lève-toi pour lui.
Points à retenir
- La deuxième épître à Timothée est le testament d'un apôtre qui sait qu'il va mourir bientôt, chaque mot compte.
- Trois raisons d'être fier d'être chrétien : par ta parole Dieu peut sauver, tu peux instruire et encourager dans la vérité, une couronne t'est réservée.
- Prêcher n'est pas réservé aux pasteurs : chaque chrétien est appelé, à sa mesure, à parler de Christ à son entourage.
- La vérité se dit toujours dans l'amour ; la douceur n'est pas la lâcheté.
- Les souffrances ne sont pas un signe d'abandon, elles font partie des promesses de l'Évangile.
- Paul ne parle pas de sa mort, mais de son départ vers le Seigneur, la mort n'a pas le dernier mot.
Application personnelle
- Quel combat es-tu réellement en train de mener aujourd'hui : le tien, ou celui de l'Évangile ?
- Y a-t-il une personne autour de toi à qui tu as peur de dire toute la vérité sur Christ, par crainte d'être moins aimé ?
- Attends-tu encore avec amour le retour de Jésus-Christ, ou l'as-tu remis dans un coin de ta pensée ?
- Ton tempérament te pousse-t-il davantage à encourager ou à réfuter, et comment cultiver l'équilibre demandé par Paul ?
- Quand la souffrance vient, ta première réaction est-elle de te taire sur Christ ou de continuer à en parler ?
Versets cités
- 2 Timothée 4.1-8 · texte principal de la prédication
- 2 Timothée 3.16 · « Toute Écriture est inspirée de Dieu »
- 2 Timothée 1.7 · un esprit de force, d'amour et de sagesse
- 2 Timothée 3.12 · tous ceux qui veulent vivre pieusement seront persécutés
- Matthieu 4.4 · « L'homme ne vivra pas de pain seulement »
- Jean 16.33 · « J'ai vaincu le monde »
- Actes 14.22 · c'est par beaucoup de tribulations…
- Romains 5.7-8 · Christ est mort pour des coupables
- Romains 6.23 · le salaire du péché, c'est la mort
- 1 Corinthiens 4.7 · « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? »
- 1 Pierre 3.15 · répondre avec douceur et respect
- 1 Jean 2.1-2 · Christ, notre avocat et victime expiatoire
- Ésaïe 6.5 · « Malheur à moi, je suis perdu »
- Hébreux 11.16 · Dieu n'a pas eu honte d'être appelé notre Dieu
FAQ
Comment être fier d'être chrétien sans tomber dans l'orgueil spirituel ?
La fierté dont parle Paul n'est pas celle d'être meilleur que les autres, ce serait une trahison de l'Évangile, puisque tu n'as rien que tu n'aies reçu (1 Corinthiens 4.7). La bonne fierté, c'est celle d'appartenir à un Dieu qui n'a pas eu honte de toi, qui t'a pardonné en Christ et qui t'a préparé une cité. Elle se traduit par le courage de parler de lui, non par le mépris de ceux qui ne croient pas.
La souffrance signifie-t-elle que Dieu m'a abandonné ?
Non. Jésus a annoncé que tu aurais des tribulations dans le monde ; Paul ajoute que tous ceux qui veulent vivre pieusement en Christ seront persécutés. Les souffrances font partie des promesses de l'Évangile, elles ne t'ont jamais été cachées. Elles sont l'occasion, souvent, de découvrir que Dieu est plus près que jamais et que sa grâce te suffit.
Prêcher, c'est réservé aux pasteurs ?
Non. Dans son contexte immédiat, Paul écrit à Timothée, pasteur d'Éphèse. Mais l'Esprit qui parle à travers Paul s'adresse aussi à chaque chrétien du XXIe siècle. Même sans avoir le don d'évangéliste, tu peux, à ta mesure, parler de Christ à ton entourage. C'est la plus grande preuve d'amour que tu puisses lui donner, parce que tu te soucies de son avenir éternel.
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