Introduction
L'Église baptiste de Naples (via Foria) a lancé une série de six rendez-vous artistiques, culturels et spirituels [À COMPLÉTER : titre exact de la série], chacun avec son thème. Le premier thème était la créativité. Le pasteur J. Castellanos en tire ce message du 18 octobre 2026 : « Quand la créativité devient service ».
Son point de départ : être créatif, ce n'est pas seulement l'affaire des peintres, des sculpteurs ou des gens de théâtre. La créativité se voit aussi dans les relations humaines, dans la manière de prendre soin d'un lien et de construire un pont entre toi et l'autre. Un pont, dit-il, est une chose créative : il relie deux rives là où, au milieu, il y a un creux, une séparation, parfois le chaos. Il a cette « force merveilleuse » de relier et d'unir.
Et dans la Bible, le plus créatif de tous, c'est Dieu. Le pasteur ouvre donc les trois premiers versets de l'Écriture, Genèse 1:1-3.
Plan du message
1. Un Dieu artiste face au chaos
- « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. » (Genèse 1:1-3)
- Dès le début, Dieu n'est présenté « ni comme un législateur, ni comme un juge », mais comme un artiste, capable avec une élégance et une finesse étonnantes de donner forme et de créer.
- « Informe et vide » traduit l'expression hébraïque tohu-bohu : un état de confusion totale, de désolation, « un vide obscur qui fait peur ». C'est le chaos.
- Combien de fois, jeunes ou âgés, nous nous retrouvons dans ce vide : solitude, vide intérieur, impression de n'être entourés que de barrières et d'obscurité.
- Face à ce tohu-bohu, Dieu ne se décourage pas. Il ne détruit pas tout pour recommencer ailleurs. Il est comme un peintre devant une toile noire, ou un sculpteur devant un bloc de pierre informe.
2. L'Esprit qui couve, la Parole qui crée
- Le verbe traduit par « se mouvait » évoque en hébreu un oiseau qui prend soin de son nid et protège ses œufs avec délicatesse. L'Esprit de Dieu plane au-dessus du vide, du chaos, de l'obscurité, dans une attente créative, en attendant que la beauté apparaisse.
- Puis vient le point culminant : « Dieu n'utilise pas ses mains, il n'utilise pas d'outils, Dieu parle. » Sa Parole ne décrit pas la réalité, elle la crée.
- Dans ce vide absolu, l'ordre l'emporte sur le chaos et la lumière déchire les ténèbres. Dieu voit l'obscurité, mais il voit qu'au-delà peut naître la communion, et il crée tout ce qui sera nécessaire pour un espace de rencontre, un pont.
- Le pasteur en tire la première et la plus grande leçon du passage : « Créer, c'est mettre de l'ordre dans le chaos, faire fleurir la beauté là où il n'y avait rien, faire naître des espaces de relation. »
3. Une étincelle créative déposée en chacun
- Quand Dieu a créé l'être humain, il a pris cette étincelle créative et l'a mise en chacun de nous : nous sommes créés à l'image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1:26-27).
- Cette étincelle n'est pas réservée aux grands artistes qui produisent des sculptures ou des symphonies merveilleuses. Elle est aussi pour « le commun des mortels comme nous, qui pensons ne pas avoir de créativité ».
- Il est important d'en prendre conscience et de la laisser s'exprimer.
4. Betsaleel, un artisan rempli de l'Esprit
- Le pasteur partage une découverte qui l'a ému. La première personne que la Bible décrit comme remplie de l'Esprit de Dieu, ce n'est ni un roi, ni un prophète, ni un sacrificateur. C'est un artisan, Betsaleel, rempli de sagesse et d'habileté pour concevoir des ouvrages d'art (Exode 31:1-5).
- Il n'y avait donc pas que les rois, les prophètes et le souverain sacrificateur qui étaient oints de l'Esprit pour leur fonction. Les artisans, ceux qui travaillent de leurs mains, portent eux aussi l'étincelle de Dieu pour faire naître la beauté et la communion.
- Il se tourne vers les jeunes venus de Rome pour servir à l'église : « En quelque sorte, vous êtes des Betsaleel. » Une louche, une casserole, une cuillère pour cuisiner, une serviette, des couverts, une assiette pour mettre la table : avec ces gestes simples, ils créent quelque chose qui unit.
- Grâce à ce service, des générations très différentes se rencontrent. La veille, les jeunes avaient demandé aux plus âgés : « Quel était votre plat préféré quand vous aviez notre âge ? » Des questions simples qui permettent d'entrer en contact avec quelqu'un d'un autre âge, d'une autre culture, d'une autre époque.
- C'est là que la créativité devient service : construire des ponts, chacun à sa manière, pour que le vide soit franchi par des paroles, des actes et des gestes qui permettent la rencontre.
5. Bach et la Chaconne : traverser le vide du deuil
- Premier exemple de quelqu'un qui a vu un tohu-bohu et l'a traversé : Jean-Sébastien Bach. En 1720, il rentre chez lui après un voyage de travail et apprend une nouvelle dévastatrice : sa femme, Maria Barbara, est morte subitement et elle est déjà enterrée. À l'époque, ni téléphone ni courriel ; un voyage durait des semaines, parfois des mois.
- Selon les spécialistes, auxquels le pasteur dit se fier, une œuvre exprime cette douleur : la Chaconne en ré mineur pour violon. « Allez la chercher », encourage-t-il.
- Il la met en parallèle avec les étapes que traverse, selon les psychologues, une personne frappée par un deuil, une séparation ou un choc. D'abord le déni : « Ce n'est pas possible, ça ne m'arrive pas. » Le cerveau refuse la réalité pour se protéger d'un choc trop violent.
- Puis la colère : « Pourquoi ? » Contre quelqu'un, contre soi-même, contre Dieu. Dans la Chaconne, cette phase éclate en accords très violents, presque déchirants, « comme si les cordes du violon allaient se rompre ».
- Puis le marchandage : on cherche un sens, un compromis, on négocie avec la douleur en s'accrochant aux souvenirs. Et parfois la dépression, le vide absolu : la musique devient un murmure solitaire, une mélodie qui descend « comme un pleur silencieux dans la nuit ».
- Enfin l'acceptation. Bach ne reste pas dans la dépression. Vers la fin, la musique change de tonalité : « C'est la lumière qui revient. » Bach dépose ses larmes aux pieds de Dieu et fait l'expérience du Psaume 30:12 : « Tu as changé ma douleur en danse. » Il n'oublie pas sa douleur, mais il l'accepte en la transformant en espérance éternelle.
- Aux frères et sœurs présents, le pasteur dit : votre présence ici montre que vous avez survécu à votre tohu-bohu. Être ensemble est le signe que l'on veut surmonter, ou que l'on a surmonté, ce vide, avec l'espérance et la certitude de pouvoir sortir de l'obscurité.
6. La chambre des câlins : un pont au-dessus de la solitude
- Deuxième exemple, plus proche de nous : la pandémie de Covid-19. Dans une maison de retraite, les personnes âgées sont totalement isolées. Elles ne peuvent ni serrer la main de leurs enfants ni embrasser leurs petits-enfants. « Les barrières physiques étaient devenues des barrières de l'âme. »
- Une infirmière refuse que la solitude ait le dernier mot. Elle prend de grands rideaux de plastique transparent, épais mais souples, et y crée des ouvertures munies de longues manches. Ainsi naît ce que l'on a appelé « la chambre des câlins ».
- Pour la première fois depuis des mois, une grand-mère peut glisser ses bras dans ces manches et serrer son petit-enfant contre elle. Pas d'invention technologique complexe, pas de brevet : une idée dictée uniquement par l'amour.
- « Ce plastique n'était pas si froid, parce qu'il était réchauffé par des cœurs qui se retrouvaient. » Cette infirmière a regardé l'obscurité de la distanciation et a prononcé, par ses actes, le même ordre que Dieu. Elle a bâti « un pont de plastique et d'affection » au-dessus du vide.
- L'amour pousse à faire des choses extraordinaires, en réalité des choses simples, qui nous relient aux autres générations.
7. L'Esprit plane encore sur ton vide
- « Je ne sais pas quel vide tu portes, je ne sais pas quelle obscurité tes yeux fixent. » Le pasteur affirme pourtant que de là peut sortir quelque chose de beau.
- Dieu est le premier à vouloir t'accompagner pour que la lumière vienne et que tu sois relié à toi-même, à ton prochain et surtout à lui. C'est la relation avec Dieu qui nous rend capables d'être reliés aux autres et à nous-mêmes.
- Enfant, adolescent, jeune, adulte ou âgé, chacun traverse des moments de désespoir, de chaos, de solitude. « Nous ne pouvons pas laisser le dernier mot à ces choses. »
- Comme l'Esprit planait sur les eaux, il plane sur ta vie : « Le Saint-Esprit se meut et il prépare quelque chose dans ta vie. » Il est le premier à vouloir faire naître la beauté dans le vide, le premier grand artiste qui nous apprend l'art de construire des relations et des ponts.
Points à retenir
- Dès Genèse 1, Dieu se révèle comme un artiste : face au tohu-bohu, il ne se décourage pas, il parle, et l'ordre l'emporte sur le chaos.
- Créer, c'est mettre de l'ordre dans le chaos, faire fleurir la beauté là où il n'y avait rien et faire naître des espaces de relation.
- Créé à l'image de Dieu, chacun porte une étincelle créative, qui ne se limite pas aux arts : elle se voit dans le soin des relations.
- Comme Betsaleel, un service simple, une table mise, un repas préparé, peut devenir un pont entre les générations.
- Le vide du deuil ou de la solitude n'a pas le dernier mot : l'Esprit de Dieu plane encore sur nos vies pour y faire naître la lumière.
Application personnelle
- Quel tohu-bohu traverses-tu en ce moment : solitude, deuil, vide intérieur, impression d'être entouré de barrières ?
- Penses-tu ne pas avoir de créativité ? Où Dieu a-t-il déjà mis en toi une étincelle que tu pourrais mettre au service des autres ?
- Avec quelle personne d'une autre génération ou d'une autre culture pourrais-tu construire un pont cette semaine, par une question simple ou un geste concret ?
- Dans quelle étape de la douleur te reconnais-tu, et que serait pour toi le fait de déposer tes larmes aux pieds de Dieu ?
- Crois-tu que l'Esprit de Dieu est en train de préparer quelque chose de beau dans ta vie, là où tu ne vois encore que l'obscurité ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire « tohu-bohu » dans Genèse 1:2 ?
C'est l'expression hébraïque traduite par « informe et vide ». Pour J. Castellanos, elle décrit un état de confusion totale, de désolation, un vide obscur qui fait peur : le chaos. Face à ce chaos, Dieu ne se décourage pas et ne détruit pas tout pour recommencer ailleurs. Il parle, et l'ordre l'emporte sur le désordre.
La créativité est-elle réservée aux artistes ?
Non. Le prédicateur rappelle que nous sommes créés à l'image de Dieu et que chacun porte une étincelle créative. Elle se voit aussi dans les relations : prendre soin d'un lien, construire un pont vers l'autre. Mettre la table ou cuisiner pour rassembler des générations différentes, c'est déjà une créativité qui devient service.
Qui est Betsaleel et pourquoi en parler ?
Betsaleel est l'artisan que Dieu a rempli de son Esprit pour concevoir et réaliser les ouvrages du tabernacle (Exode 31:1-5). J. Castellanos souligne que la première personne décrite dans la Bible comme remplie de l'Esprit de Dieu n'est ni un roi, ni un prophète, ni un sacrificateur, mais un artisan. Le travail des mains peut donc porter l'empreinte de Dieu.