Introduction
Antonio Sanchez vit avec son épouse à Alicante, en Espagne, où il sert au sein de l'association Reto pour que des personnes connaissent l'Évangile de Jésus-Christ. Invité à la Convention 2026 de l'Église biblique franco-espagnole Le Phare, il apporte la troisième des quatre études, en espagnol, traduite en français. Il se présente « avec crainte et tremblement », confiant dans la providence de Dieu.
Son message porte sur « la porte, ou les portes, que Dieu ouvre », et il précise aussitôt : Dieu les ouvre « en un temps précis, en un temps fixé ». Il est convaincu que chacun s'y reconnaîtra, que ce soit pour continuer à courir la course de la foi ou parce qu'il se sent bloqué, à l'arrêt.
Le parcours est simple : Jésus est la porte, il a l'autorité d'ouvrir et de fermer, il ouvre au temps qu'il a fixé. Deux exemples le montrent ensuite : Paul dans la maison de Judas à Damas, et Pierre au bord de la mer après la résurrection.
Plan du message
1. Jésus est la porte et toi, tu es sa brebis
- Le point de départ est Jean 10:9 : « Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. » Pour le salut comme pour la nouvelle naissance, c'est Christ qui nous a permis d'entrer, lui qui a versé son sang précieux pour nous laver de nos péchés.
- Dans ce chapitre, nous sommes des brebis, et la brebis a des caractéristiques particulières. La première : elle connaît la voix du berger. Dans notre vie d'avant, nous avons suivi beaucoup de voix, et aucune ne nous a apporté la paix ni la satisfaction. Connaître la voix du Sauveur est une grâce.
- La deuxième : la brebis ne suit pas l'étranger (Jean 10:1-5). Le prédicateur reconnaît que nous nous sommes parfois égarés, mais Dieu a encore fait grâce : « sa voix nous a traversés » et nous avons pu continuer à suivre Christ.
- Il rapporte un détail du travail des bergers de l'époque : le soir, après avoir rassemblé les brebis dans la bergerie, le berger se couchait avec son manteau en travers de l'entrée. Personne ne pouvait entrer ou sortir sans qu'il s'en aperçoive. Il était lui-même la porte.
- « Nous vivons dans cette assurance. » Jésus est attentif à chaque situation que tu traverses, même dure ou compliquée, et c'est lui qui montre la porte.
2. Celui qui a la clé de David
- En Apocalypse 3:7, Christ se présente à l'Église de Philadelphie comme « le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira ». C'est l'autorité de Christ pour ouvrir et fermer les portes de notre marche, de notre quotidien, de notre pèlerinage.
- L'expression vient d'Ésaïe 22. Sous le roi Ézéchias, Dieu écarte l'intendant Schebna et appelle Éliakim, fils de Hilkija : « Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : quand il ouvrira, nul ne fermera ; quand il fermera, nul n'ouvrira » (Ésaïe 22:22).
- À l'époque des rois, l'intendant, le conseiller du roi, portait littéralement les clés sur l'épaule. C'était le signe de son autorité pour ouvrir toutes les portes du palais. Une charge digne, mais ces hommes ont failli et n'ont pas pu mener à bien ce ministère glorieux.
- Éliakim est un type, une figure de Christ. Ésaïe présentait le Messie environ 700 ans avant sa venue. Il le dit aussi au chapitre 9 : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » Le gouvernement est sur ses épaules.
- Le prédicateur rappelle que le nom d'Éliakim signifie « Dieu relèvera », puis il y associe, à sa manière, l'idée de force et celle d'un père qui élève son enfant. Nous avons un Père plein d'amour qui nous élève, qui sait nous relever en son temps et nous nourrir en son temps.
- David le disait dans un moment difficile : « Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires » (Psaume 23:5). Si tu te sens ce matin dans une forme de persécution ou d'affliction que tu ne comprends pas, le Seigneur prend soin de toi jusque-là.
3. Il ferme aussi les portes qui ne te conviennent pas
- Christ ouvre des portes pour que nous entrions plus près de lui et que nous fassions sa volonté. Il ferme aussi celles qui « ne sont pas convenables, pas nécessaires pour nous ».
- Nous continuons à dépendre de lui pour qu'il nous montre ces portes. Il peut le faire par des signes et des indications, comme l'illustrait un orateur précédent de la convention, ou en nous parlant au cœur à plusieurs reprises.
- Pierre en est l'exemple : après une décision prise à un moment précis de sa vie, Jésus lui parle trois fois de suite : « Pais mes brebis. » Par cette conversation, Dieu lui a montré la porte par laquelle il devait entrer.
- « Je suis la porte, c'est Christ, et il a l'autorité de montrer par où toi et moi devons marcher. »
4. Un temps fixé pour chaque porte
- Christ fixe aussi le moment où il ouvre les portes. « Cela ne veut pas dire que nous n'avons rien à faire. » Celui qui a commencé en nous une bonne œuvre la rendra parfaite (Philippiens 1:6), même imparfaits comme nous le sommes. Mais il y a des temps, des moments, des portes qui ont un moment désigné pour nous.
- Ecclésiaste 3:1 : « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux. » La version espagnole que cite le prédicateur parle d'une « saison », c'est-à-dire d'une occasion désignée, d'un temps déterminé.
- Il le traduit ainsi : c'est le moment où « la grâce de Dieu fait irruption ». « La grâce de Dieu m'a atteint », dit-il, et à bien des moments de sa vie il prie pour que cette grâce se manifeste. Ce sont des moments surnaturels que l'homme ne peut pas se donner. Ils transforment le cœur, changent le cap de ta vie et accomplissent les desseins de Dieu.
- La seconde partie du verset parle du temps de la vie, le temps chronologique : les secondes, les minutes, le jour et la nuit, auxquels personne n'échappe. Le chrétien y porte des désirs qu'il dépose devant le Seigneur, pour vivre ce temps dans l'abondance, la grâce et la provision qui viennent du ciel.
- Le Psaume 1:3 décrit cette vie : un arbre planté près d'un courant d'eau, « qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point ». Même là, nous avons besoin que sa grâce fasse irruption au bon moment, pour notre bien.
- Le Nouveau Testament parle de la même manière. En Marc 1:15, Jésus annonce : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. » Le verset se termine par un appel, pour quiconque ne connaît pas encore le Seigneur : « Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. »
5. Paul dans la maison de Judas : trois jours pour regarder à l'intérieur
- Quand Dieu ouvre ainsi la porte, il y a transformation, un renouveau pour avancer, une direction juste ou une réponse personnelle à ce que nous souffrons. Le premier exemple nous emmène dans une maison : celle de Judas, à Damas, dans la rue appelée la Droite (Actes 9:11). Pas Judas Iscariot. La Bible donne le nom, la ville, la rue : le Seigneur donne tous les détails, atteint le cœur, traite les sujets, nous encourage et nous remet dans la bonne direction.
- Paul, bien instruit dans la loi, formé auprès de Gamaliel, avait du zèle pour Dieu. Il pensait être dans le vrai et ne se considérait pas comme un ennemi de la croix. « T'est-il déjà arrivé de penser que tu ne faisais rien de mal ? » demande le prédicateur. Jésus a dû lui montrer la porte.
- Sur le chemin de Damas, une lumière l'enveloppe : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » « Qui es-tu, Seigneur ? » « Je suis Jésus que tu persécutes. » Tremblant, Paul demande ce qu'il doit faire. « Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire » (Actes 9:4-6).
- Il reste trois jours sans voir, sans manger ni boire (Actes 9:9). Ceux qu'il commandait doivent le conduire par la main. Pour le prédicateur, le Seigneur a parfois fait cette œuvre de grâce en nous aussi : nous ne voyons plus rien de l'extérieur, nous ne pouvons plus nous comparer à personne, et notre regard se tourne vers l'intérieur, là où est sa présence.
- Ce sont de bons moments, dit-il : le Seigneur te fait regarder chaque affaire de ton cœur, ranimer ce qui est bon et transformer ce qui ne l'est pas. Paul priait (Actes 9:11), et le prédicateur pense qu'il jeûnait aussi pendant ces trois jours, d'un jeûne bien différent de ceux qu'il avait l'habitude de faire.
- Deux chrétiens font partie du plan de Dieu : Judas, qui ouvre sa maison, et Ananias, qui reçoit l'ordre d'aller imposer les mains à Saul pour qu'il recouvre la vue et soit rempli du Saint-Esprit. Ananias dialogue avec le Seigneur dans sa crainte, puis il obéit. « Pourquoi désobéissons-nous si facilement ? » se demande le prédicateur, alors que le Seigneur nous parle de façon claire, personnelle et précise.
- Beaucoup d'entre nous sont déjà, comme Judas et Ananias, des collaborateurs de Christ, souvent sans mesurer la portée spirituelle de leur service. « Que le Seigneur te bénisse dans le ministère qu'il a placé devant toi. »
6. Pierre en Jean 21 : étendre les mains pour être revêtu
- Jésus s'était déjà manifesté trois fois depuis sa résurrection. Pourtant Pierre traverse un moment compliqué, regarde en arrière et retourne pêcher, entraînant six autres disciples. Lui qui avait reçu l'appel et la promesse de devenir pêcheur d'hommes revient à ce qu'il faisait dans sa vie d'avant.
- Trois fois, Jésus lui demande s'il l'aime et lui confie ses brebis. La troisième fois, Pierre est attristé. « C'est là que Jésus voulait l'amener. » Notre cœur a besoin d'être préparé, et la Parole de Dieu ne manque jamais de le faire, comme le semeur qui est sorti pour semer : quand le semeur est Christ, la semence arrive toujours au bon moment.
- Au verset 18, Jésus ouvre la porte et parle à Pierre personnellement : « Quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudras pas. » Le verset 19 précise par quelle mort Pierre glorifierait Dieu.
- Jésus marque deux étapes. L'une, facile, menée par ses propres ressources, son élan, sa manière de voir. L'autre, conduite par ce que Dieu fait et par la direction où il veut nous mener.
- « Tu étendras tes mains » renvoie à la manière de se vêtir à l'époque. Étendre les mains, c'est le désir d'être revêtu par lui : « c'est notre responsabilité, et c'est elle que je souligne. Le reste est l'œuvre de Dieu. » « Un autre te ceindra » exprime la souveraineté de Dieu. La lutte est là : nous ne voulons pas toujours aller là où nous ne voudrions pas aller.
- Le prédicateur précise qu'il ne place pas la barre plus haut : il lit simplement ce que Jésus disait à Pierre, une manière digne de servir son Seigneur, que nous pouvons comprendre aujourd'hui. Cette étape arrive comme une révélation dans le cœur, avec un seul but : suivre Christ. Le verset 19 se termine ainsi : « Ayant ainsi parlé, il lui dit : Suis-moi. » Il n'y a pas d'autre manière.
- Cette conversation préparait aussi la Pentecôte (Actes 2) : les cent vingt réunis dans la chambre haute, pendant une cinquantaine de jours, les mains étendues, attendaient ce que Jésus avait promis, être revêtus, être remplis du Saint-Esprit. À partir de là, on voit les disciples suivre Christ.
7. Lève les mains et suis l'Agneau
- Ce récit a été écrit pour que nous n'ayons aucun doute : ce n'est pas nous-mêmes que nous suivons, c'est lui, le Maître.
- Notre responsabilité est d'étendre nos mains vers le ciel pour qu'il nous ceigne et qu'il nous revête. « Et ainsi, nous suivons l'Agneau immolé. »
Points à retenir
- Jésus est la porte. La brebis connaît la voix du berger et ne suit pas l'étranger.
- Christ détient la clé de David : il ouvre et personne ne ferme, il ferme et personne n'ouvre. Les portes qu'il ferme ne sont ni convenables ni nécessaires pour toi.
- Chaque porte a son temps fixé. Il y a des moments où la grâce de Dieu fait irruption et change le cap d'une vie.
- Dieu se sert de collaborateurs comme Judas et Ananias, qui obéissent même quand ils ont peur.
- Étendre les mains pour être revêtu est ta part. Te ceindre et te conduire est l'œuvre de Dieu. Le but reste le même : le suivre.
Application personnelle
- Quelle voix suis-tu en ce moment, celle du berger ou celle d'un étranger ?
- Y a-t-il une porte fermée que tu continues de pousser, alors qu'elle n'est peut-être ni convenable ni nécessaire pour toi ?
- Comme Paul à Damas, de quoi le Seigneur veut-il te faire prendre conscience en tournant ton regard vers l'intérieur ?
- Dans quel domaine sais-tu clairement ce que Dieu te demande, et pourquoi tardes-tu à obéir comme Ananias l'a fait ?
- Comme Pierre retourné à la pêche, as-tu repris des réflexes de ta vie d'avant ? Que signifierait pour toi, cette semaine, étendre les mains et le suivre ?
Versets cités
- Jean 10:1-9
- Apocalypse 3:7
- Ésaïe 22:15-24
- Ésaïe 9:5
- Psaume 23:5
- Philippiens 1:6
- Ecclésiaste 3:1
- Psaume 1:3
- Marc 1:15
- Actes 9:1-19
- Jean 21:1-19
- Actes 2:1-4
Questions fréquentes
Que veut dire « celui qui a la clé de David » en Apocalypse 3:7 ?
Antonio Sanchez renvoie à Ésaïe 22:22, où Dieu met sur l'épaule d'Éliakim la clé de la maison de David. À l'époque des rois, l'intendant qui portait les clés sur l'épaule avait autorité pour ouvrir toutes les portes du palais. Éliakim est une figure de Christ : Jésus a l'autorité d'ouvrir sans que personne ne ferme, et de fermer sans que personne n'ouvre.
Pourquoi Dieu ferme-t-il certaines portes ?
Pour le prédicateur, Christ ferme les portes qui ne sont ni convenables ni nécessaires pour nous. Il ouvre aussi les portes au moment qu'il a fixé, selon Ecclésiaste 3:1 : il y a un temps pour tout. Cela ne veut pas dire que nous n'avons rien à faire, mais que nous dépendons de lui pour savoir par où marcher.
Que signifie « tu étendras tes mains, et un autre te ceindra » en Jean 21:18 ?
Antonio Sanchez y voit deux étapes dans la vie de Pierre : l'une menée par ses propres ressources, l'autre conduite par Dieu. Étendre les mains, c'est le désir d'être revêtu par lui, et c'est notre part de responsabilité. Le reste est l'œuvre souveraine de Dieu. Jésus conclut par un seul mot : « Suis-moi ».