Introduction
« Parfois, nous nous sentons trop jeunes, pas assez prêts et marqués par nos erreurs. » Ce dimanche 25 octobre 2026, le culte de la Chiesa Battista di Milano a été préparé par les jeunes de l'Église, avec l'aide des pasteurs. Le thème choisi : l'appel de Dieu. Trois mots l'accompagnent : courage, foi et voix.
Le texte du jour est Jérémie 1:4-10, l'appel d'un prophète qui répond à Dieu : « Je ne sais point parler, car je suis un enfant. » Plusieurs jeunes prennent la parole à tour de rôle pour la prédication. Chacun apporte son regard, avec ses mots et parfois son expérience personnelle.
Leur message tient en une conviction : Dieu ne cherche pas des gens parfaits, il appelle aussi les jeunes, et il promet d'être avec eux. Il s'adresse aussi aux adultes : au lieu de juger la nouvelle génération, apprends à l'écouter.
Plan du message
1. Pour faire de grandes choses, pas besoin d'être grand
- Le message aux enfants ouvre la réflexion avec une question simple : si tu as soif, combien de temps te faut-il pour boire un verre d'eau ? Vingt secondes, peut-être une demi-heure.
- Ryan, un petit Canadien de six ans, apprend à l'école que dans certains pays des enfants marchent trois ou quatre heures par jour pour trouver de l'eau, souvent sale. Il demande : « On ne peut pas faire quelque chose pour ces enfants ? »
- On lui dit qu'un puits coûte 70 dollars. Il fait de petits travaux à la maison pendant quatre mois. Puis il apprend que le puits coûte en réalité 2000 dollars. Il ne se décourage pas : « Seul, je n'y arriverai pas, peut-être avec d'autres. » Le puits est construit.
- Des années plus tard, il est accueilli sous les applaudissements : grâce à ce puits, des enfants ont pu aller à l'école au lieu de marcher pour boire. Il aurait pu dire : « Je ne suis qu'un enfant, je ne sais pas comment on fait, j'ai peur. » Il ne l'a pas fait.
- Jérémie, lui, l'a dit. Et le Seigneur lui a répondu : ne dis pas cela, car c'est moi qui t'enverrai et qui te dirai quoi dire. Dieu ne te demande pas forcément de construire un puits en Afrique, mais d'aller vers une personne découragée ou un enfant qui joue seul. « Le Seigneur ne nous veut pas parfaits, le Seigneur veut que nous commencions des choses, et lui nous aide. »
2. Jérémie, un jeune qui ne voit que ce qui lui manque
- Le premier jeune à prêcher s'arrête sur la peur. Jérémie exprime de l'insécurité et un effacement de lui-même : comment pourrait-il, lui qui n'est qu'un garçon, aller contre des peuples et des royaumes déjà établis ?
- Ce qui l'a rassuré dans ce passage : nous voyons toujours le côté négatif de nous-mêmes, ce qui nous manque, ce que nous ne sommes pas, ce que nous voudrions être. Dieu répond simplement : « Je suis avec toi. » Autrement dit : tu n'es pas seul. Et si Dieu est avec toi, tu peux affronter n'importe quel problème.
- Le vrai problème, selon lui, se situe dans la foi. Les jeunes en particulier sont « à la dérive » au milieu des informations qui les bombardent tous les jours. Ils ne trouvent plus le silence ni la paix intérieure qui donnent l'élan pour vivre et s'engager dans le monde par la connaissance et l'étude.
- Il est permis de douter de soi, mais pas de ce que nous sommes, ni de l'amour envers nous-mêmes, ni de la foi que nous avons. Si nous sommes tous à l'image de Dieu et que c'est Dieu qui nous envoie, « pourquoi douter ? Est-ce de notre message que nous doutons, ou de Dieu lui-même ? »
3. Dieu ne se contente pas de dire « crois en toi »
- Une deuxième voix choisit le verset qu'elle juge le plus important : « Ne les crains point; car je suis avec toi » (Jérémie 1:8), suivi du geste de Dieu qui étend la main et touche la bouche du prophète (Jérémie 1:9).
- Dieu ne se limite pas à dire « tu dois croire en toi, vas-y ». Il dit : « Je t'accompagne du début à la fin. » Il te tient la main, il te dit de ne pas te perdre et de continuer.
- Être jeune ne veut pas dire ne rien pouvoir faire. Ce jeune confie qu'il lui arrive souvent de se sous-estimer face à des situations à l'école, en famille ou dans sa vie privée.
- Il se rappelle alors qu'un Dieu le tient par la main et le soutient avant qu'il atteigne ses objectifs, après, et « surtout pendant ». Même quand on a l'impression d'échouer tout de suite, Dieu est toujours avec nous et ne nous lâche jamais.
4. « Tu es jeune, qu'est-ce que tu en sais ? »
- Le troisième orateur pose une question : pourquoi Jérémie dit-il qu'il n'en est pas capable ? Probablement parce que quelqu'un d'autre le lui a dit.
- Tout le monde a déjà entendu un adulte dire : « De mon temps… », « Tu es jeune, qu'est-ce que tu en sais ? », « Tu ne peux pas dire que tu es fatigué, à ton âge je faisais… » Ces phrases laissent une trace. Le jeune finit par penser que son expérience ne compte pas, puisque quelqu'un d'autre a fait le double ou a souffert davantage.
- Résultat : la prochaine fois qu'il se sentira mal, il ne le dira pas, par peur d'entendre que ce qu'il ressent ne vaut pas grand-chose. « Malheureusement, cela arrive aussi dans les Églises. »
- Il remercie Dieu pour l'espace que son Église donne aux jeunes. Ailleurs, toute proposition nouvelle, une autre forme de culte par exemple, devient vite menaçante : « Oui, mais ça ne marchera pas. On a toujours fait comme ça. »
- Il observe la peur de ce que certains appellent la culture « woke ». Pour lui, il faut voir l'innovation des jeunes comme une mise à jour : « Ce n'est pas éliminer, c'est mettre à jour », en gardant les racines transmises, « parce que sans elles un arbre ne grandit pas ».
5. Arracher et planter : faire de la place au nouveau
- La fin du texte parle d'arracher, d'abattre, de bâtir et de planter (Jérémie 1:10). Pour l'orateur, ces mots sont très actuels alors que des manifestations et des affrontements ont secoué Milan et plusieurs villes d'Europe cette semaine-là.
- Il voit passer sur TikTok des vidéos d'adultes qui affirment que les révoltes d'autrefois étaient plus pacifiques. Il conteste : historiquement, cela n'a jamais été le cas. Si ces jeunes ne tenaient pas à l'endroit où ils vivent, ils ne seraient pas descendus dans la rue, ils seraient partis.
- Il reconnaît les erreurs et les excès, mais pose une limite : « On peut condamner les actions, mais pas les personnes. » Il entend même des jeunes de sa génération traiter les plus petits de « mal élevés ». Une génération qui fait les choses autrement n'est pas un problème, elle laisse de la place au nouveau.
- Il reprend un exemple qu'on lui a donné la veille : dans un grand espace ouvert, si un mur bloque la lumière, il faut l'abattre. Pas les fondations de la maison, seulement ce mur-là, pour que la lumière entre.
- La Bible regorge de personnes jeunes que Dieu a utilisées : Jérémie et ses prophéties, David face à Goliath alors que ses frères et les adultes ne croyaient pas en lui (1 Samuel 17), Jésus qui dit que Dieu cache ces choses aux sages et les révèle aux petits (Matthieu 11:25), et des disciples qui n'étaient pas si âgés et qui ont changé le monde par leur témoignage. Dieu est capable de changer le monde avec quelqu'un de douze ans.
6. Devenir un lieu sûr pour la nouvelle génération
- Au lieu de condamner les jeunes, de les juger et de pointer le doigt contre eux, il faut les accueillir et les écouter. L'orateur précise que c'est un discours général, qui vaut pour tous.
- Beaucoup de ceux qui « font du bruit » sont en colère à l'intérieur et ont quelque chose à dire. S'ils trouvaient un endroit sûr, ils en parleraient tranquillement. « Alors, devenons nous-mêmes ce lieu sûr. »
- Il ne suffit pas de prier pour que Dieu les accueille dans sa grâce : « Accueillons-les nous-mêmes, en première personne, et écoutons-les, parce qu'il n'y a aucune menace. Tout est pour le renouvellement de l'intelligence et de l'esprit. »
- Un rappeur prolonge le message avec un couplet et un refrain, sur cette idée : la nouvelle génération, ne la réprimande pas.
- La pasteure conclut en s'adressant aux jeunes : « Nous croyons que le Seigneur agit à travers vous et continuera d'agir à travers vous. Vous êtes une bénédiction. Ne vous taisez donc pas, continuez à parler, à chanter, à servir Jésus et à opposer à tant de violence l'intelligence et la culture. » Elle invite à voir la douleur de ces jours comme les douleurs d'un enfantement : un monde nouveau est en train de naître.
Points à retenir
- Dieu répond à la peur de Jérémie par une promesse : « Je suis avec toi. » Tu n'es pas seul face à ce qu'il te demande.
- Le Seigneur ne te veut pas parfait. Il veut que tu commences, et il t'aide en chemin.
- Dieu ne se limite pas à te dire de croire en toi : il te tient la main avant, pendant et après.
- Les phrases qui disqualifient les jeunes les réduisent au silence, y compris dans l'Église. Innover, c'est mettre à jour en gardant les racines.
- Plutôt que de juger la nouvelle génération, l'Église est appelée à devenir un lieu sûr où l'on écoute.
Application personnelle
- Quelle phrase te répètes-tu, comme Jérémie, pour te dire que tu n'es pas capable de répondre à ce que Dieu te demande ?
- Qui, autour de toi, est découragé ou seul, et vers qui pourrais-tu faire un premier pas cette semaine, sans attendre d'être parfait ?
- Dans quelle situation à l'école, au travail ou en famille as-tu besoin de te rappeler que Dieu te tient la main ?
- Si tu es adulte, t'arrive-t-il de dire « de mon temps… » ou « qu'est-ce que tu en sais ? » à un plus jeune ? Comment pourrais-tu plutôt l'écouter ?
- Quel « mur » dans ta vie ou dans ton Église empêche la lumière d'entrer, et que faudrait-il garder des fondations ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi Jérémie dit-il « je ne suis qu'un enfant » ?
Les jeunes qui prêchent ce culte y voient l'insécurité et la peur d'un jeune homme qui ne sait pas comment parler face à des peuples et des royaumes établis. L'un d'eux ajoute qu'il le dit probablement parce que quelqu'un d'autre lui a dit qu'il n'en serait pas capable.
Que répond Dieu à la peur de Jérémie ?
Dieu lui dit : « Ne dis pas : Je suis un enfant », puis « je suis avec toi pour te délivrer ». Il étend la main, touche sa bouche et y met ses paroles. Dieu ne se contente pas de dire « crois en toi » : il accompagne du début à la fin, il tient la main, avant, pendant et après.
Que signifie « arracher, abattre, bâtir et planter » pour l'Église aujourd'hui ?
Pour le troisième orateur, l'innovation des jeunes n'est pas une élimination mais une mise à jour qui garde les racines. Comme on abat un mur qui bloque la lumière dans une pièce sans toucher aux fondations, on démolit ce qui ne sert plus pour laisser de la place au nouveau.