Introduction
Ce message, prêché le 25 octobre 2026 à CEP Lugano, clôt la série « Écouter Dieu », consacrée pendant tout le mois d'octobre à la voix de Dieu. Le prédicateur sourit : « Et en novembre ? On mettra en pratique tout ce que Dieu nous a dit. » Puis il se reprend : on continue d'écouter jour après jour, jusqu'au jour où l'on verra le Seigneur face à face.
Reconnaître la voix de Dieu est un défi, mais c'est aussi « un privilège énorme » pour ses enfants. La Bible dit souvent « Dieu parla » ou « la parole de l'Éternel fut adressée à », sans préciser comment. C'est la question de ce matin : comment Dieu parle-t-il ?
Pour y répondre, le prédicateur embarque son auditoire sur le navire qui conduit Paul prisonnier vers Rome, en pleine tempête (Actes 27). Puis il raconte comment Dieu lui a parlé dans sa propre vie, avant d'inviter chacun à faire taire les autres voix pour écouter celle de Dieu.
Plan du message
1. Dieu parle, mais la Bible ne dit pas toujours comment
- Dieu parle à Noé : « construis l'arche ». À Abraham : « sors de ta tente, regarde les étoiles ». Était-ce une voix audible ? Une étoile qui s'est mise à parler ? Une voix intérieure ? Le texte ne le dit pas.
- Pour Moïse, le buisson ardent attire son attention. Mais qui parle : le buisson, une voix, ou une impression spirituelle qu'il reconnaît comme la voix de Dieu ?
- Parfois c'est très clair : un ange apparaît à Marie, ou à Paul en prison. D'autres fois, il ne reste que la foi : « Dieu m'a parlé ». Tout ce que ces personnages ont fait ensuite, ils l'ont fait par la foi, convaincus que Dieu leur avait parlé.
- Dans la vie de Paul aussi, la manière varie : une grande lumière et une voix audible à sa conversion, un ange, des prophètes, et parfois rien de précis, comme lorsqu'ils furent « empêchés par le Saint-Esprit » d'aller quelque part (Actes 16:6). Comment ? On ne le sait pas.
- « Qui a déjà reçu la visite d'un ange ? Personne ? Alors il y a encore un potentiel de croissance. » Le prédicateur avoue ne pas en avoir rencontré non plus.
2. « Je vois que la navigation ne se fera pas sans péril » : une impression spirituelle
- En Actes 23:11, le Seigneur se présente de nuit à Paul et lui dit qu'il doit rendre témoignage à Rome. Paul rêvait peut-être d'une croisière cinq étoiles avec buffet à volonté. Il y est allé enchaîné, comme prisonnier, mais il s'est bien retrouvé sur un bateau pour Rome. Ce qu'il avait entendu de Dieu s'est réalisé.
- Le voyage est difficile dès Césarée. À mi-parcours, Paul avertit : « Ô hommes, je vois que la navigation ne se fera pas sans péril et sans beaucoup de dommage, non seulement pour la cargaison et pour le navire, mais encore pour nos personnes » (Actes 27:10).
- « Je vois » : qu'a-t-il vu, ou entendu ? Le texte ne le précise pas. Le prédicateur parle d'une impression spirituelle, ce que 1 Corinthiens 12 appelle une parole de sagesse, ou peut-être une parole prophétique. Depuis que le Saint-Esprit est descendu sur les disciples, nous sommes équipés de dons spirituels, c'est-à-dire de la capacité de percevoir spirituellement.
- Comment cette impression est-elle reçue ? Le centenier fait davantage confiance au pilote et au patron du navire qu'aux paroles de Paul. « Qui écoute un prisonnier ? » On lève l'ancre vers Phénix, un port de Crète, à la faveur d'un léger vent du sud.
- Puis l'impression de Paul se réalise. C'est souvent ainsi : quand une chose s'accomplit, on reconnaît que c'était Dieu. L'expérience nous aide à discerner la volonté de Dieu (Romains 12:2).
3. Au cœur de la tempête, une parole qui rassure
- « Attachez vos ceintures. » Un vent impétueux, l'Euraquilon, s'abat sur le navire. On se laisse aller à la dérive, on ceinture la coque avec des cordages, on craint d'échouer sur la Syrte, on jette la cargaison, puis les agrès du navire. Ni soleil ni étoiles pendant plusieurs jours : « nous perdîmes enfin toute espérance de nous sauver » (Actes 27:20).
- Au milieu d'une tempête, on ne connaît pas l'issue, et le désespoir peut prendre le dessus. Qui était le plus rassuré à bord, et pourquoi ? Paul.
- Paul commence par : « Il fallait m'écouter et ne pas partir de Crète » (Actes 27:21). Le prédicateur sourit : les mamans savent très bien faire cela, « je te l'avais dit ». Quand on n'écoute pas la voix de Dieu, on a plus de difficultés. Dieu nous accompagne dans les difficultés, mais parfois c'est nous qui nous mettons dans les problèmes, alors qu'il voudrait nous guider sur des sentiers plus droits et plus sûrs.
- Puis Paul devient tout de suite constructif : « Je vous exhorte à prendre courage ; car aucun de vous ne périra, et il n'y aura de perte que celle du navire » (Actes 27:22). Il y a là une nouvelle révélation : avant, il annonçait un danger pour les personnes.
- Cette fois, le texte dit comment : un ange du Dieu à qui il appartient et qu'il sert lui est apparu la nuit et lui a dit : « Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi » (Actes 27:23-24).
- Paul encourage tout le monde : « C'est pourquoi, ô hommes, rassurez-vous, car j'ai cette confiance en Dieu qu'il en sera comme il m'a été dit » (Actes 27:25).
- Le prédicateur le souhaite à lui-même et à chacun : faire l'expérience d'écouter Dieu au point de pouvoir dire à ceux qui nous entourent : « Courage, je sais en qui j'ai cru, il fera comme il l'a promis. » Cet encouragement, on peut le porter hors de nos églises, vers un monde sans espérance.
- Le naufrage a lieu à Malte, et Paul finit par arriver à Rome. Écouter la voix de Dieu dans la vie de tous les jours donne la paix, le courage, une perspective, une direction et une correction. Paul savait qu'il y aurait une fin heureuse, il était le seul à le savoir, et il a pu encourager les autres.
- « Notre destin peut changer simplement parce que nous avons écouté sa voix. » Une vie peut passer de la catastrophe à la réussite en suivant la voix de Dieu. « Mais disons-le franchement » : elle peut aussi passer d'un beau destin à la catastrophe si l'on n'écoute pas.
4. Le Saint-Esprit, la voix de Dieu en nous
- Le prédicateur reprend ce que Tania Harris a dit à l'Église : écouter, reconnaître et répondre à la voix de Dieu devrait être une dimension normale de la vie chrétienne et du discipulat, pas une expérience exceptionnelle réservée à quelques croyants particulièrement spirituels.
- On pense parfois : « À lui, Dieu parle, à moi non. » Le prédicateur veut convaincre que tous sont équipés pour entendre Dieu. Dieu peut parler par des voix audibles, des éclairs, des tonnerres, mais bien plus souvent par une voix intérieure que l'on apprend à reconnaître.
- Autre parole de Tania Harris : nous n'avons pas besoin de l'Église pour entendre la voix de Dieu, mais nous avons besoin de l'Église pour la reconnaître. D'où l'importance du discipulat, des petits groupes, de l'échange : « J'ai entendu ceci, qu'en penses-tu ? Prions ensemble. »
- Dieu a créé le monde et chacun de nous par sa parole. En Jésus, la Parole a été faite chair (Jean 1:14). Puis Jésus a dit qu'il était avantageux qu'il s'en aille pour envoyer le Consolateur (Jean 16:7). Quand Jésus était avec ses disciples, il lui arrivait de dormir. Le Saint-Esprit, lui, ne dort jamais : il peut nous parler même la nuit.
- L'image du prédicateur : nous sommes comme les vieilles radios analogiques dont on tirait l'antenne et tournait la molette pour trouver la fréquence. La voix de Dieu est l'onde radio, et notre travail est de nous accorder sur elle. L'équipement, c'est le Saint-Esprit reçu quand nous avons dit oui à Jésus. « Mes brebis entendent ma voix » (Jean 10:27) : assure-toi de faire partie de son troupeau.
- Dieu parle même à ceux qui ne l'ont pas encore accepté, sinon personne ne pourrait se convertir : « Regarde, je suis là, j'existe. » Personne ne peut donc dire : « Dieu me parle moins qu'aux autres. »
5. Dieu parle par sa Parole, et au-delà
- La Parole de Dieu écrite dans un livre ne sert à rien si elle reste fermée. Quand on l'ouvre, le Saint-Esprit qui habite en nous rend ces paroles vivantes, nous les fait remarquer, nous rappelle les paroles de Jésus.
- Le Psaume 139:14, que chacun « doit avoir collé un jour sur le miroir de la salle de bain » : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien. » En lisant ce verset, le prédicateur a été convaincu par le Saint-Esprit de sa valeur pour Dieu. « Quand tu penses être un rien, lis le Psaume 139. »
- Gédéon (Juges 6) était son histoire préférée quand il grandissait dans la foi : un homme peu sûr de lui, caché pour battre le blé loin des Madianites, que l'ange appelle « vaillant héros » (Juges 6:12). Dieu lui a dit des choses sur lui-même avant même qu'il croie en lui. Par sa Parole, le Saint-Esprit a bâti son identité en Christ.
- Dieu parle aussi au-delà de ce qu'on lit. Le prédicateur est jumeau, et fait monter son frère sur l'estrade. Pas des jumeaux fusionnels : enfants, ils se disputaient sans arrêt et leurs parents ont dû les séparer. À l'école, on lui demandait : « Mais lequel es-tu ? » Dans la famille, on les mettait côte à côte pour chercher les différences, et il se sentait « comme le petit singe au zoo ». La grand-mère donnait dix francs à l'aîné, dix francs au deuxième, et dix francs « aux jumeaux ».
- Adulte, il gardait sans trop s'en rendre compte une rancœur envers Dieu : « Pourquoi m'as-tu fait jumeau ? Je dois tout partager, même mon identité. » Un jour, dans un moment d'adoration, il a eu une vision : il se voyait seul dans le ventre de sa mère. Dieu lui a dit qu'il était unique et précieux pour lui. Il n'était pas « une moitié d'identité ». Cette expérience l'a réconcilié avec le fait d'être jumeau.
- Une autre fois, remplaçant du responsable de la menuiserie dans un centre thérapeutique, sans rien y connaître, il se retrouve avec une raboteuse bloquée et un travail à finir. « Seigneur, qu'est-ce qu'on fait ? » Dieu lui a montré où était la panne. « J'ai fait une très belle figure, comme si j'étais un expert. »
- La Parole est très précieuse, insiste-t-il, mais nous avons besoin d'entendre Dieu constamment, du lever au coucher, et peut-être la nuit aussi. Il n'y a pas de recette, et il n'y en aura jamais.
6. Quatre voix à discerner
- Connaître les sources aide à exclure celles qu'on ne veut pas écouter. Bibliquement, il y en a quatre. La première : Dieu, par le Saint-Esprit, par Jésus.
- La deuxième : notre propre voix, qui peut être influencée par la chair ou par la pensée du monde. Nous pouvons avoir de bonnes pensées comme de mauvaises : nous ne sommes pas fiables.
- La troisième : la voix des autres, les réseaux sociaux, les amis, les parents, ce qu'on nous a dit et qui nous a façonnés. Comme les amis de Job, ces voix peuvent être bonnes ou seulement en avoir l'air. Il faut les passer au crible.
- La quatrième : le diable, menteur et père du mensonge (Jean 8:44). « N'ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu » (1 Jean 4:1).
- Un principe qui l'a beaucoup aidé : une voix très générale et sans issue vient du diable. « Tu ne vaux rien » : que peux-tu en faire ? Rien. C'est la condamnation. Le Saint-Esprit, lui, convainc de façon précise, avec une issue. Le prédicateur en donne un exemple : « Ce que tu as dit hier soir à ta femme n'était pas très gentil. Demande-lui pardon. » Précis, et réparable.
7. Faire taire les autres voix et demander : « Comment me vois-tu ? »
- Pour mettre en pratique ces semaines de série, le prédicateur prend cinq minutes avec l'équipe de louange. La musique aide à se concentrer, « elle n'a rien de magique ».
- On ne peut pas commander au Saint-Esprit de parler quand on veut. Mais Dieu est bon : il ne s'amuse pas à jouer à cache-cache ni à nous laisser naviguer dans le noir pour deviner si c'était lui.
- Ce que nous pouvons faire, c'est faire taire les voix que nous ne voulons pas entendre : celle du diable, mais aussi notre propre voix, même nos bons désirs et nos bons projets, et les conseils des autres, même bons. « Je ne veux pas seulement un bon conseil, je veux la parole de Dieu pour moi. »
- La question à poser est simple : « Comment me vois-tu ? » La façon dont Dieu nous voit est souvent bien meilleure que la nôtre. Il nous voit au-delà de la tempête, au-delà du péché, au bout du chemin, et il sait comment nous guider. Comme à Gédéon, il peut te dire : « Tu es un homme fort et vaillant », « Tu es une femme de Dieu, forte et vaillante », même si tu ne te vois pas encore ainsi.
- Il mettra peut-être le doigt sur une chose précise à changer, mais toujours avec amour, dans le but de nous édifier.
- Dans la prière finale, l'assemblée choisit de mourir à elle-même, à ses peurs et à son désir de contrôle, remet les conseils reçus entre les mains de Dieu, ordonne au diable de se taire au nom de Jésus, puis demande : « Père, dis-moi comment tu me vois. »
Points à retenir
- Dieu parle dans toutes les situations, y compris dans les tempêtes, même si la Bible ne précise pas toujours comment.
- Écouter la voix de Dieu donne la paix et le courage, et permet de rassurer ceux qui nous entourent, comme Paul sur le navire.
- Tout croyant est équipé pour entendre Dieu : le Saint-Esprit habite en lui. L'Église aide à reconnaître ce qu'on a entendu.
- Dieu parle par sa Parole rendue vivante par l'Esprit, et aussi au-delà, de façon personnelle et précise.
- Une voix générale et sans issue vient de l'accusateur. Le Saint-Esprit convainc de façon précise et ouvre toujours un chemin de réparation.
Application personnelle
- Dans quelle tempête te trouves-tu en ce moment, et as-tu demandé à Dieu ce qu'il veut te dire au milieu d'elle ?
- Y a-t-il une impression que Dieu t'a donnée et que tu n'as pas écoutée, comme le centenier qui a préféré écouter le pilote plutôt que Paul ?
- Avec qui peux-tu partager ce que tu penses avoir entendu de Dieu, pour le discerner ensemble et le prier ?
- Quelle voix générale et sans issue entends-tu sur toi-même, et quelle parole précise de Dieu peut la remplacer ?
- Prends un moment de silence cette semaine, fais taire les autres voix et demande à Dieu : « Comment me vois-tu ? »
Versets cités
- Actes 27
- Actes 23:11
- Actes 16:6-7
- 1 Corinthiens 12:8-10
- Romains 12:2
- Jean 1:14
- Jean 16:7
- Jean 10:27
- Psaume 139:14
- Juges 6:11-12
- Jean 8:44
- 1 Jean 4:1
- Jean 14:26
Questions fréquentes
Comment Dieu a-t-il parlé à Paul pendant la tempête d'Actes 27 ?
Au début, Paul dit simplement « je vois que la navigation ne se fera pas sans péril » : le texte ne précise pas comment il l'a perçu. Le prédicateur y voit une impression spirituelle, une parole de sagesse ou une parole prophétique. Plus tard, en pleine tempête, un ange de Dieu lui apparaît de nuit et lui annonce que personne ne périra. Paul peut alors rassurer tout l'équipage.
Comment distinguer la voix de Dieu de celle du diable ?
Il n'y a pas de recette, mais le prédicateur partage un principe qui l'aide : une voix très générale et sans issue, comme « tu ne vaux rien », vient du diable, l'accusateur et le père du mensonge. Le Saint-Esprit convainc de façon précise et ouvre toujours une issue : « ce que tu as dit hier soir n'était pas gentil, demande pardon ».
Pourquoi a-t-on besoin de l'Église pour reconnaître la voix de Dieu ?
Le prédicateur reprend une parole de Tania Harris : nous n'avons pas besoin de l'Église pour entendre la voix de Dieu, mais nous en avons besoin pour la reconnaître. D'où l'importance du discipulat, des petits groupes et de l'échange : « J'ai entendu ceci, qu'en penses-tu ? Prions ensemble. »