Marc 16 : le tombeau vide change tout, et te change aussi

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Introduction

Après seize chapitres de l'Évangile de Marc, Beau Spencer, membre de l'équipe pastorale de Riverview Church, arrive au dernier chapitre. Il commence par une image : la toupie du film Inception, qui tourne encore quand l'écran devient noir. Le spectateur repart avec ses questions.

L'Évangile de Marc se termine un peu de la même manière. Il nous laisse en suspens, devant un tombeau vide et des femmes qui s'enfuient, tremblantes. Pas de conclusion bien rangée, mais une question qui revient au lecteur : maintenant que Jésus est ressuscité, que vas-tu faire ?

Le pasteur s'arrête sur les huit versets du texte original. Le tombeau vide change tout, il nous change aussi, y compris au cœur de la souffrance. Et il pose une question à chacun : vas-tu suivre Jésus dans cette vie nouvelle ?

Plan du message

1. Une fin qui laisse en suspens

  • Dans Inception (Christopher Nolan, 2010), Dom Cobb, joué par Leonardo DiCaprio, entre dans les rêves des gens. Pour savoir s'il rêve ou non, il fait tourner une toupie : si elle tourne sans fin, c'est un rêve ; dans la réalité, elle finit par vaciller et tomber.
  • À la fin du film, il retrouve ses enfants, lance la toupie, puis la laisse tourner pour aller jouer avec eux. La caméra revient sur la toupie qui vacille, et l'écran devient noir. Comme les scènes après le générique des films Marvel, on reste avec la question : que va-t-il se passer ?
  • Marc 16:1-8 raconte comment Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé viennent embaumer le corps de Jésus. La pierre est roulée, un jeune homme vêtu de blanc leur annonce : « Il est ressuscité, il n'est point ici. » Elles s'enfuient, tremblantes, et ne disent rien à personne, à cause de leur frayeur.
  • Beau Spencer précise que les versets 9 à 20, présents dans certaines Bibles, sont généralement considérés comme un ajout au manuscrit, au deuxième siècle, pour donner une fin plus complète. Il s'en tient aux huit versets écrits par Marc.
  • Ont-elles transmis la nouvelle ? À quoi ressemblait Jésus ressuscité ? Pourquoi Pierre est-il nommé à part ? Marc ne répond pas. Il nous oblige presque, comme lecteurs, à remplir ce silence par notre propre réponse.

2. Le tombeau vide change tout

  • Jésus n'est pas simplement revenu à la vie. Le tombeau vide prouve qu'il est vivant, divin et Seigneur, mais le Nouveau Testament pointe vers quelque chose de plus grand : son corps ressuscité et transformé est le début de la nouvelle création.
  • Paul l'écrit en 1 Corinthiens 15:20 : « Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. » Jésus a posé le modèle : les prémices sont apparues, le reste suivra de la même manière.
  • Le pasteur prend l'image d'un passionné de mangues qui plante un arbre, l'arrose, le soigne au fil des saisons. Un jour, la première mangue est mûre. Il la coupe en petits cubes, la savoure. Mais sa joie ne vient pas seulement de ce fruit : la première mangue annonce la récolte qui vient. L'arbre fait ce pour quoi il a été planté.
  • Jésus est ce premier fruit. Sa résurrection n'est pas seulement la preuve de la puissance de Dieu sur la mort, c'est le début de la moisson promise. Ce qui est arrivé à Jésus est le commencement de ce que Dieu veut faire pour tous ceux qui lui appartiennent.
  • Marc n'emploie pas ce vocabulaire des prémices. Mais ce que Paul expliquera plus tard était déjà en train de se produire ce matin-là.
  • Un jour, nos corps seront ressuscités et transformés comme celui de Jésus, et toute la création participera à ce renouvellement. Paul écrit en Romains 8:21 que la création elle-même sera affranchie de la servitude pour avoir part à la liberté et à la gloire. Tout cela commence au tombeau vide.

3. Le tombeau vide te change aussi

  • En sortant du tombeau, Jésus n'a pas seulement annulé ce qui s'était passé au chapitre précédent. Il a ouvert une réalité nouvelle. « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5:17).
  • Réduire l'Évangile à « tes péchés sont pardonnés, tu peux aller au ciel », c'est trop étroit, dit le pasteur. Jésus n'est pas venu seulement recoller les morceaux de nos vies pour que tout redevienne comme avant.
  • Bien sûr, Jésus pardonne, guérit et restaure. Mais son but est plus grand que de nous ramener là où nous étions : il nous fait entrer dans la vie nouvelle du royaume de Dieu et nous transforme pour devenir les personnes que nous avons été créés pour être.
  • Imagine une vieille voiture rouillée : freins hors d'usage, embrayage cassé, peinture abîmée, pneus à plat. Le mécanicien propose deux options. Réparer l'embrayage, regonfler les pneus, refaire la peinture : ce sera au fond la même voiture, aussi bonne qu'au jour de l'achat. Ou bien te donner une voiture neuve, une sportive, meilleure à tous points de vue. « L'ancien est passé, le nouveau est venu », conclut ce mécanicien très théâtral.
  • Le pasteur reconnaît les limites de l'image : Dieu ne se débarrasse pas de la personne que nous avons été créés pour être, il n'efface ni notre personnalité, ni notre histoire. Il nous rachète et nous fait entrer dans une réalité nouvelle, où nos désirs, notre identité et la direction de notre vie sont de plus en plus façonnés par Jésus.

4. Quand la transformation dérange

  • La transformation peut être inconfortable. Nous sommes heureux quand Jésus répare nos vies : quand Dieu règle un problème, guérit une blessure, libère d'une dépendance. Mais que se passe-t-il quand il nous appelle à une façon de vivre entièrement nouvelle, à renoncer à nos anciens désirs et à l'identité que nous avions ?
  • Quand l'Évangile passe de réparer nos vies à les changer, c'est souvent là que des gens commencent à s'éloigner. Jésus n'a pourtant jamais adouci cet appel. En Marc 8:34-35, il dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. »
  • En Jean 6, après la multiplication des pains et des poissons, la foule voulait encore des signes. Au lieu de nouveaux miracles, Jésus l'a appelée à le chercher lui, et non plus seulement ses signes. « Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui » (Jean 6:66).
  • Ils voulaient garder la vieille voiture confortable. Le message d'un Dieu qui répare notre vie est facile à accepter : on imagine sans peine une vie sans le poids du péché, comme on imagine sa voiture avec des freins neufs. « Ramène-moi juste à ce que c'était avant. »
  • La réalité du Jésus ressuscité est plus difficile à recevoir, parce qu'elle nous appelle vers l'inconnu : une nouvelle création, avec des loyautés changées et des désirs transformés. Il ne s'agit pas que Dieu répare la vieille voiture, mais de la laisser derrière soi et de lui faire confiance pour un chemin entièrement nouveau.

5. Un cœur nouveau, des désirs nouveaux

  • Cette transformation a toujours été le plan de Dieu. « Fais de l'Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire » (Psaume 37:4). Pour le pasteur, ce n'est pas la promesse que Dieu te donnera ce que tu veux, mais qu'il change ton cœur pour que tes désirs s'accordent avec les siens.
  • Ézéchiel annonçait déjà ce langage nouveau : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair » (Ézéchiel 36:26). Cette promesse s'accomplit dans l'œuvre de salut de Dieu en Christ et dans l'œuvre de l'Esprit qui renouvelle nos vies chaque jour.
  • Quand Dieu change nos cœurs, notre regard sur le monde change. Nous remarquons des personnes que nous ignorions. Nous commençons à aimer ce que Dieu aime et à haïr ce que Dieu hait. La vie transformée devient visible.
  • Responsable de l'accompagnement pastoral et de la mission locale, Beau Spencer entend sans cesse ces histoires : des membres engagés pour que chacun, y compris les sans-abri, ait un logement, d'autres dans le soutien aux personnes de la rue, l'aumônerie de prison ou le sport, d'autres auprès des jeunes autochtones. Beaucoup de familles de l'église se sont engagées dans l'adoption. D'autres vivent leur foi au travail, à l'école, dans le commerce et dans leurs relations quotidiennes.
  • Ce ne sont pas seulement des gens qui font de bonnes choses. Ce sont des aperçus de ce qui arrive quand Dieu change nos cœurs : nous aimons ce qu'il aime, et nous prenons part à l'œuvre qu'il accomplit dans le monde.

6. La transformation au cœur de la souffrance

  • La transformation n'est pas toujours spectaculaire. Parfois, elle se produit au milieu de la douleur. Dieu ne change pas toujours nos circonstances aussi vite que nous le voudrions, mais il continue de nous façonner pendant que nous attendons.
  • Pour Beau Spencer et sa famille, c'est devenu très personnel. Il y a treize ans, Dieu leur a donné le désir d'ouvrir leur maison à des enfants qui en avaient besoin, comme famille d'accueil. Ils sont aujourd'hui sept, dont cinq enfants, plus un chien « qui n'arrange rien ».
  • Cet appel leur a fait traverser des saisons très difficiles, surtout ces quinze derniers mois : problèmes de santé mentale, traumatismes, crises, comportements à risque, passages à l'hôpital. Pour la première fois de sa vie, sa propre santé mentale a montré des signes de fragilité.
  • Il insiste : savoir que cet appel fait partie de l'œuvre de transformation de Dieu ne rend pas la douleur moins réelle, et ne rend pas les choses plus faciles. Il y a eu des moments où ils peinaient à voir ce que Dieu faisait. Mais ils apprennent que ne pas voir l'œuvre de Dieu ne veut pas dire qu'il les a abandonnés, ni que son œuvre en eux s'est arrêtée.
  • Un jour, tenant une de ses filles dans ses bras, il priait : « Pourquoi tu ne règles pas ça ? Au nom de Jésus, enlève cette douleur. » Rien n'a changé, et parfois les choses empiraient. Avec le temps, une autre question est apparue : « Qui suis-je en train de devenir à travers tout cela ? »
  • Cela ne veut pas dire cesser de prier pour que les choses changent, ni faire semblant que la douleur n'existe pas, ni avoir toutes les réponses. Mais l'œuvre du Christ ne change pas seulement ce qui nous entoure, elle agit en nous. Dieu leur apprend à dépendre de lui, à continuer d'aimer, à être présents jour après jour. « Il nous tient pendant que nous tenons nos enfants. »
  • Ce n'est pas plus facile quand on comprend que c'est un appel, mais cela a davantage de sens. Si tu traverses une telle saison, avec ta famille, tes amis ou toi-même, le pasteur t'encourage : Jésus est toujours présent, et il te façonne, même quand la vie semble confuse, douloureuse ou simplement lente.

7. Vas-tu suivre Jésus ?

  • Retour au tombeau vide de Marc 16. Ce que nous savons : le tombeau est vide, Jésus est ressuscité, et il précède ses disciples. La question devient alors : vas-tu le suivre dans cette vie nouvelle de ressuscité ? Vas-tu le laisser te transformer et continuer de te transformer ?
  • Le langage de Paul est toujours au passé, au présent et au futur : Dieu a transformé, il transforme, il continuera de transformer. Pas seulement ce que tu crois, mais ta manière de vivre et d'interagir avec le monde.
  • Jésus ne propose pas seulement un système de croyances, un cadre théologique ou un code moral. Il s'offre lui-même, il offre sa vie.
  • Pour certains, cette transformation ressemble à quelque chose de nouveau, visible, inattendu. Pour d'autres, c'est une saison de travail invisible au milieu des difficultés et du chagrin. Mais il est à l'œuvre si nous laissons son Esprit nous guider.
  • Le pasteur termine par un temps de réflexion autour de la question qui l'a accompagné toute la préparation : « Qui suis-je en train de devenir ? » Que me révèles-tu de moi-même, Seigneur, et que me révèles-tu de toi à travers cela ?

Points à retenir

  • Marc termine son Évangile sur un tombeau vide et une question ouverte : maintenant que Jésus est ressuscité, que vas-tu faire ?
  • Jésus ressuscité est les prémices : sa résurrection est le début de la nouvelle création promise pour ceux qui lui appartiennent et pour toute la création.
  • Dieu ne se contente pas de réparer ta vieille vie, il fait de toi une nouvelle créature et change tes désirs pour qu'ils s'accordent aux siens.
  • Beaucoup s'éloignent quand l'Évangile passe de réparer leur vie à la transformer. Jésus n'a jamais adouci son appel à le suivre.
  • Dans la souffrance qui ne disparaît pas, Dieu reste présent et continue de te façonner à l'image de son Fils.

Application personnelle

  1. Attends-tu surtout de Jésus qu'il répare ta vie pour qu'elle redevienne comme avant, ou es-tu prêt à le laisser la transformer ?
  2. Quel « ancien désir » ou quelle ancienne identité as-tu du mal à laisser derrière toi pour suivre Jésus ?
  3. Quelles personnes ou quels besoins commences-tu à remarquer depuis que Dieu travaille ton cœur ?
  4. Si tu traverses une saison de douleur, comment peux-tu passer de « pourquoi ne règles-tu pas ça ? » à « qui suis-je en train de devenir ? », sans cesser de prier pour que les choses changent ?
  5. Prends un moment cette semaine pour demander à Dieu : que me révèles-tu de moi-même, et que me révèles-tu de toi ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi l'Évangile de Marc se termine-t-il au verset 8 ?

Beau Spencer explique que les théologiens s'accordent en général pour dire que les versets 9 à 20 ont été ajoutés au manuscrit plus tard, au deuxième siècle, pour donner une fin plus complète. Le texte original s'arrête sur des femmes tremblantes qui ne disent rien à personne. Cette fin ouverte laisse le lecteur devant le tombeau vide et une question : maintenant que Jésus est ressuscité, que vas-tu faire ?

Que veut dire que Jésus est « les prémices » de la résurrection ?

Paul écrit en 1 Corinthiens 15:20 que Christ est ressuscité comme les prémices de ceux qui sont morts. Comme la première mangue d'un arbre annonce la récolte qui vient, la résurrection de Jésus n'est pas seulement une preuve de la puissance de Dieu sur la mort : elle est le début de la moisson promise. Ce qui est arrivé à Jésus est le commencement de ce que Dieu veut faire pour tous ceux qui lui appartiennent, et un jour pour toute la création.

Dieu transforme-t-il aussi quand la souffrance ne disparaît pas ?

Oui. Beau Spencer témoigne d'une période très difficile vécue en famille. Savoir que l'on est dans l'œuvre de transformation de Dieu ne rend pas la douleur moins réelle ni la situation plus facile. Mais ne pas voir ce que Dieu fait ne veut pas dire qu'il nous a abandonnés. Il nous apprend à dépendre de lui, à continuer d'aimer et à lui faire confiance, et il nous forme à l'image de son Fils au cœur même de l'épreuve.

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