Habacuc 1 : pourquoi Dieu ne fait-il rien contre l'injustice ?

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Introduction

« Nous vivons dans un monde brisé, rempli de gens brisés et abîmés. » Vrai ou faux ? Michael Watson, de Campbelltown Anglican Churches en Australie, ouvre son message par cette affirmation. Les parents à la sortie de l'école ou au bord du terrain de foot sont tous d'accord : le monde va mal. Ils ne s'entendent ni sur la cause ni sur la solution, mais personne ne nie les injustices.

Face à elles, une question revient : pourquoi Dieu ne fait-il rien ? « Si j'étais Dieu... », comment finirais-tu la phrase ? Je mettrais fin à toute souffrance, je punirais les coupables, je réparerais tous les torts. C'est la question qu'avait le prophète Habacuc sur les lèvres.

Dans ce message de sa série sur Habacuc, le prédicateur suit le texte d'Habacuc 1:1-11 en trois temps : la plainte d'Habacuc, la réponse de Dieu (« regarde et sois stupéfait »), puis la surprise ultime, que le livre des Actes vient éclairer.

Plan du message

1. Un monde brisé : Dieu se soucie-t-il de l'injustice ?

  • Il suffit de regarder les réseaux sociaux ou les informations pendant une semaine pour trouver des exemples d'injustice.
  • Le prédicateur cite l'actualité australienne de la semaine : un homme qui a foncé à plusieurs reprises en 4x4 sur une députée.
  • Il donne aussi des chiffres : 39 femmes tuées depuis le début de l'année en Australie dans des violences conjugales, 2,2 milliards de dollars perdus par des Australiens dans des arnaques et des fraudes en 2025, et environ 240 enfants à naître tués chaque jour par l'avortement dans le pays.
  • Devant ces injustices profondes, la question surgit : pourquoi Dieu ne fait-il rien ? Dieu s'en soucie-t-il ? « Voyons ce que Dieu a à dire pour lui-même. »

2. La plainte d'Habacuc

  • Habacuc est prophète sous le règne de Jojakim, roi de Juda. Contrairement à son père, Jojakim fait ce qui est mal aux yeux de l'Éternel. Il méprise la parole de Dieu et déteste le message des prophètes comme Jérémie et Habacuc.
  • Le prédicateur rappelle un épisode révélateur : en hiver, devant le feu, le roi se fait lire le rouleau de Jérémie. À mesure de la lecture, il en coupe des morceaux et les jette au feu (Jérémie 36).
  • Le peuple suit son roi : il adore les faux dieux des nations et vit dans la méchanceté. En rejetant Dieu et ses lois, « la force devient le droit ». Les riches exploitent les pauvres, les puissants écrasent les faibles et les vulnérables, les dirigeants corrompus ne servent qu'eux-mêmes.
  • Habacuc le voit de ses propres yeux : « Pourquoi l'oppression et la violence sont-elles devant moi ? » (Habacuc 1:3). La bonne loi de Dieu retient la méchanceté et soutient la justice. Quand le peuple la rejette, elle devient impuissante : « la justice n'a point de force » (verset 4).
  • Habacuc crie à Dieu (versets 2 et 3) : jusqu'à quand ? Pourquoi me fais-tu voir l'iniquité ? Il connaît Dieu : un Dieu juste, qui aime la justice, qui hait le mal et ne laisse pas le coupable impuni. D'où sa stupeur : « Tu es un Dieu de justice, alors pourquoi n'agis-tu pas ? »
  • À ce stade, on ne sait pas encore si Habacuc pose des questions honnêtes ou s'il accuse Dieu. La suite du livre le dira.

3. Dieu peut recevoir tes grandes questions

  • Le prédicateur s'arrête sur un point important : « Dieu est assez grand pour recevoir nos grandes questions. » Les Psaumes, le livre de Job et les Lamentations montrent des croyants qui, par la foi, disent à Dieu : pourquoi permets-tu cette souffrance ? Je pensais que tu m'aimais.
  • Beaucoup ont vécu personnellement l'injustice : la discrimination à cause de la couleur de peau, du sexe ou de la foi, ou l'abus de quelqu'un qui s'est servi de sa position d'autorité au lieu de montrer de l'amour.
  • D'autres connaissent la brisure du deuil d'un proche, de l'enfant qu'on portait et qu'on n'a jamais pu rencontrer, d'un mariage ou d'enfants qu'on n'a jamais eus, de relations qui se sont rompues.
  • « Dieu n'est pas indifférent à ta souffrance. » Il n'a pas un service des réclamations qui affiche « pas de plaintes ». Il veut tellement que tu lui apportes tes questions qu'il t'a donné les mots pour le faire, dans les psaumes de lamentation comme le Psaume 13.
  • Dans les nuits sombres de l'âme, tourne-toi vers lui dans la prière : il peut recevoir tes questions et il veut t'écouter, même si personne d'autre ne le fait.

4. La réponse de Dieu : regarde et sois stupéfait

  • Au verset 5, Dieu répond : « Jetez les yeux parmi les nations, et regardez, et soyez saisis d'étonnement, d'épouvante ! Car je vais faire en vos jours une œuvre, que vous ne croiriez pas si on la racontait. »
  • À première vue, Dieu semble à côté de la question : le problème est en Juda, pourquoi regarder les nations ? En y regardant de plus près, Dieu reprend les mots mêmes d'Habacuc au verset 3. Le prophète disait : pourquoi me fais-tu voir, pourquoi contemples-tu l'injustice ? Dieu répond : regarde, contemple ce que je vais faire.
  • Habacuc reprochait à Dieu de ne rien faire. Dieu répond : je vais agir « en vos jours », tout près. Ce sera stupéfiant, choquant, même horrifiant, de quoi rester bouche bée.
  • Verset 6 : « Voici, je vais susciter les Chaldéens », c'est-à-dire les Babyloniens, la nouvelle superpuissance qui veut soumettre les nations alentour. Ce sont eux, la réponse de Dieu à l'injustice en Juda.
  • Depuis 80 ans, on a vu des interventions étrangères pour empêcher des injustices : les forces de l'ONU au Rwanda ou en Bosnie dans les années 1990, les efforts menés par l'Australie au Timor oriental en 1999. Le prédicateur souligne que ce que Dieu va faire avec Babylone n'a rien à voir.
  • Dieu décrit lui-même ce peuple : impitoyable et impétueux (verset 6), sa propre loi (verset 7), plus rapide que les léopards, plus féroce que les loups, fondant comme l'aigle sur sa proie (verset 8). Ce sont des prédateurs, des tueurs.
  • Comme l'inverse de la promesse faite à Abraham d'une descendance nombreuse comme le sable de la mer, les Babyloniens ramassent des captifs comme du sable (verset 9). Ils se moquent des rois et rient des forteresses (verset 10). Résumé du verset 11 : « Sa force à lui, voilà son dieu ! »
  • Pour Habacuc, c'est un choc : il crie pour la justice et reçoit un message de jugement. « Ce serait comme si nous demandions à Dieu d'intervenir contre les violences conjugales dans notre pays et qu'il envoyait la Russie nous conquérir, nous asservir et nous envoyer dans des camps de concentration en Sibérie. » Dieu se soucie profondément de l'injustice, mais sa réponse peut surprendre.

5. Dieu règne sur les nations

  • Comment un Dieu bon, saint et juste peut-il se servir d'une nation aussi mauvaise ? C'est la question qu'Habacuc pose dans la section suivante. Le prédicateur y reviendra dans les semaines à venir.
  • Ce qui est clair, c'est que Dieu peut se servir et se sert de nations mauvaises comme Babylone, parce qu'il règne souverainement sur elles. Le Psaume 47 le dit : « Dieu règne sur les nations, Dieu a pour siège son saint trône. »
  • Aucun roi ni dirigeant ne pense être aux ordres de Dieu. C'est pourtant ce qu'ils sont.
  • L'Empire romain a crucifié notre Seigneur et a été brutal à bien des égards. Dieu s'est pourtant servi de ses routes, de la paix romaine et même de la persécution des chrétiens pour répandre l'Évangile en Europe et en Asie.
  • Plus près de nous, l'Empire britannique, avec son histoire coloniale complexe : Dieu s'est servi de ses navires pour envoyer l'Évangile dans le monde entier, avec des missionnaires et des aumôniers. C'est ainsi que l'Évangile est arrivé en Australie, avec des hommes comme Richard Johnson venus sur ces flottes.

6. La surprise ultime : Dieu porte lui-même l'injustice

  • Dans Actes 13, Paul et Barnabas annoncent l'Évangile dans la synagogue d'Antioche de Pisidie. Au verset 40, Paul cite Habacuc 1 : « Voyez, contempteurs, soyez étonnés et disparaissez ; car je vais faire en vos jours une œuvre, une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. »
  • Quelle est cette œuvre stupéfiante ? « Dieu va porter lui-même la pire injustice de toutes. » Les habitants de Jérusalem et leurs chefs n'ont pas reconnu Jésus. Sans aucun motif de condamnation, ils ont demandé à Pilate de le faire mourir (Actes 13:27-28).
  • Jésus, qui a vécu une vie parfaite, innocent de tout crime, est condamné à mort par des hommes mauvais. Mais Dieu l'a ressuscité des morts.
  • Voici ce qui est vraiment choquant (versets 38 et 39) : « c'est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. »
  • En Jésus, le Fils de Dieu parfait et innocent subit l'injustice ultime pour notre justification : « comme si toi et moi n'avions jamais péché ». Des pécheurs coupables devant Dieu reçoivent un nouveau départ pour redevenir amis de Dieu. L'image terrifiante du jugement n'a pas à être ton avenir.
  • La grande réponse de Dieu à l'injustice n'est pas de signer des pétitions, de rejoindre un mouvement de justice sociale, de manifester ou de donner à des associations. C'est le déversement de sa colère et de son jugement sur son Fils, pour que des pécheurs coupables comme toi et moi soient libérés et pardonnés.
  • Dieu a fixé un jour où il jugera toutes choses et remettra le monde en ordre. En attendant, à mesure que des gens se convertissent et vivent à sa manière, « chrétien après chrétien », l'injustice recule et la société change, jusqu'au retour de Jésus, le juge parfait.

7. Ni l'activisme qui perd l'essentiel, ni le désespoir qui isole

  • Le prédicateur voit deux dangers chez les chrétiens face à l'injustice : l'activisme d'un côté, l'isolement et le désespoir de l'autre.
  • Dieu nous appelle à aimer notre prochain comme nous-mêmes. Il est donc juste de chercher à changer les choses, de dénoncer les injustices, de manifester ou de signer des pétitions. Le danger est de perdre de vue l'essentiel.
  • Plus tôt dans l'année, un chrétien l'a traité de lâche parce qu'il ne prêchait pas assez sur une cause qui lui tenait à cœur. Sa réponse : « Frères et sœurs, nous devons garder l'essentiel comme l'essentiel. »
  • Même si chaque loi du pays rendait ces maux illégaux, et beaucoup le sont déjà, il y aurait encore des millions d'Australiens en route vers l'enfer parce qu'ils n'ont pas été réconciliés avec leur Créateur. La mission de l'Église est d'annoncer que Jésus-Christ est roi, juge et sauveur.
  • À l'autre extrémité, devant les images et les récits traumatisants qui défilent sur nos fils d'actualité, on peut désespérer, puis se replier dans sa bulle pour se protéger du mal extérieur.
  • Les chrétiens n'ont pas à désespérer : « nous savons comment cela se termine ». Dieu a promis qu'il mettra fin à l'injustice. Et nous avons un message d'espérance pour un monde qui croit qu'il n'y en a pas : Jésus a traité l'injustice et le mal en mourant sur la croix pour que tu aies un nouveau départ.
  • Le prédicateur conclut avec 2 Pierre 3 : le jour du Seigneur viendra comme un voleur, « mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera ».

Points à retenir

  • Dieu n'est pas indifférent à l'injustice ni à ta souffrance. Il est assez grand pour recevoir tes grandes questions.
  • Dieu répond, mais souvent d'une manière inattendue : à Habacuc, il annonce l'arrivée des Babyloniens.
  • Dieu règne souverainement sur les nations et peut se servir même de puissances mauvaises pour accomplir ses desseins.
  • La surprise ultime est la croix : Jésus, innocent, porte la pire injustice pour que quiconque croit soit pardonné et justifié.
  • Face à l'injustice, garde l'essentiel comme l'essentiel, sans te perdre dans l'activisme ni te replier dans le désespoir.

Application personnelle

  1. Quelle injustice ou quelle brisure portes-tu en ce moment sans oser en parler à Dieu ?
  2. Comment le Psaume 13 pourrait-il t'aider à mettre des mots sur ta plainte cette semaine ?
  3. As-tu déjà reçu le pardon que Dieu offre en Jésus, cette grâce « que tu ne croirais pas si on te la racontait » ?
  4. Dans ton engagement contre l'injustice, l'annonce de l'Évangile garde-t-elle la première place ?
  5. Les nouvelles du monde te poussent-elles au repli ? Quelle personne autour de toi a besoin d'entendre ton message d'espérance ?

Versets cités

Questions fréquentes

A-t-on le droit de se plaindre à Dieu comme Habacuc ?

Oui. Pour Michael Watson, Dieu est assez grand pour recevoir nos grandes questions. Les Psaumes, Job et les Lamentations en donnent de nombreux exemples, et Dieu nous a même donné des mots pour le faire dans les psaumes de lamentation comme le Psaume 13. Dieu n'est pas indifférent à ta souffrance : il veut t'entendre.

Comment Dieu peut-il se servir d'une nation mauvaise comme Babylone ?

Habacuc lui-même pose cette question dans la section suivante du livre. Le prédicateur rappelle que Dieu règne souverainement sur les nations (Psaume 47) et qu'il s'en sert pour ses desseins. Dans l'histoire, Dieu a utilisé l'Empire romain, puis l'Empire britannique et ses flottes, pour répandre l'Évangile.

Quelle est la surprise ultime annoncée par Habacuc 1:5 ?

Dans Actes 13, Paul cite Habacuc 1:5 pour annoncer l'œuvre incroyable de Dieu : Jésus, parfaitement innocent, subit la pire injustice de l'histoire pour que quiconque croit soit justifié et pardonné. La réponse de Dieu à l'injustice, c'est la croix, en attendant le jour où il jugera toutes choses.

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