Introduction
Archie Coates, pasteur de HTB (Holy Trinity Brompton) à Londres, poursuit la série « Be Part of a Miracle » (Prends part à un miracle) consacrée à la vision de l'Église : prendre part à l'évangélisation des nations, au renouveau de l'Église et à la transformation de la société. Pour y participer, chacun peut faire trois choses : prier, servir et donner.
Ce dimanche est consacré au don. Mais le prédicateur prévient : « Ce n'est pas un exercice de collecte de fonds. C'est un exercice pour faire grandir la foi. » Il ouvre Marc 6, la multiplication des pains, et en tire deux appels : entre dans la réalité de Jésus, et ne manque pas l'occasion.
Le fil du message est simple : là où nous faisons des soustractions, Jésus fait des multiplications.
Plan du message
1. Prier, servir, donner : chacun a sa place
- La vision commence par la prière. Archie Coates cite la promesse de 2 Chroniques 7:14 : « si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humilie, prie, et cherche ma face […] je l'exaucerai des cieux […] et je guérirai son pays. » L'Église prie chaque mardi matin en ligne et chaque vendredi soir dans sa salle de prière.
- Il remercie ceux qui servent, presque tous bénévoles : l'accueil, le parking, les équipes de production, les musiciens et techniciens partis de chez eux à une heure dont il n'a aucune idée pour accorder les instruments, régler les lumières et tout installer, l'équipe du café, les responsables des groupes d'enfants et de jeunes.
- Son conseil constant : « Trouve ta place. Trouve la part de la vision qui te correspond. » Une partie se vit dans les murs de l'église, une autre dehors. Un groupe de membres a lancé un parcours Alpha pour ses collègues de travail, sans savoir si quelqu'un viendrait. Trente collègues sont venus le lundi.
- « Tout le monde prie, tout le monde sert, tout le monde donne. »
2. Le plan raisonnable des disciples
- Le texte est Marc 6:30-44. Les disciples sortent d'une période de ministère intense : tant de monde allait et venait qu'ils n'avaient même pas le temps de manger. Jésus leur dit : « Venez à l'écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. »
- Mais la foule les devance. Jésus est ému de compassion, car ils sont comme des brebis sans berger, et il les enseigne longuement. Le soir venu, tout le monde a faim.
- Les disciples arrivent avec un plan pratique : renvoyer la foule dans les villages pour qu'elle s'achète à manger. Archie Coates insiste : on présente parfois les disciples comme durs, chassant les gens. « Pas du tout. Ils veulent les aider. » Si toi et lui formiez un groupe de travail pour nourrir 5 000 personnes, vous arriveriez sans doute au même plan.
- Jésus répond : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils refont les calculs, presque avec un tableur : il faudrait l'équivalent de six mois de salaire.
- Beaucoup d'entre nous ressemblent aux disciples face au don. On veut aider, mais quand on additionne revenus et dépenses, la réponse logique et réaliste ressemble à ce plan-là.
3. Entre dans la réalité de Jésus
- « La vérité inconfortable, c'est que les disciples agissent comme si Jésus n'était pas là. Comme si le Royaume de Dieu n'était pas venu et que tout n'était pas possible. »
- Si la vision de HTB n'était qu'une collecte de fonds, on ferait exactement comme les disciples : des groupes de travail et des tableurs. Mais l'Église le fait dans un climat d'adoration, d'attente, de rencontre et de puissance du Saint-Esprit, « parce que Jésus est là, et cela change la réalité ».
- Le prédicateur prend les mathématiques de l'école. Si tu as une livre et que tu en donnes la moitié, il te reste la moitié. Un repas de cinq pains et deux poissons nourrit combien de personnes ? Une. « Faux : 5 000. » Combien en reste-t-il ? Rien. « Faux : douze paniers pleins. »
- Au temps d'Élie, la cruche d'huile ne s'épuise pas : on en verse la moitié, il en reste la moitié ? « Faux. Elle est toujours pleine. » Une veuve met une seule pièce dans le tronc : combien a-t-elle donné ? Une pièce. « Non, Jésus dit qu'elle a tout donné. »
- L'économie de l'école et celle de la Bible sont différentes, parce qu'un élément change tout : Dieu est présent. « Pendant que tout le monde soustrait, lui multiplie. »
4. D'une mentalité terrestre à une mentalité céleste
- Archie Coates voit ces dimanches de don comme des étapes dans son propre cheminement : passer d'une mentalité terrestre, centrée sur ce qu'il peut gérer, à une mentalité céleste, centrée sur ce que Dieu peut faire.
- Il y a des années, un prédicateur avait suggéré de viser la dîme, 10 % des revenus. Lui ne donnait rien. « J'ai pensé : c'est un défi bien trop grand, je n'y arriverai pas. Mais je vais donner quelque chose. » Ce petit montant lui semblait déjà beaucoup.
- D'année en année, il a ajouté un peu. Cela a pris longtemps, mais il a fini par atteindre 10 %, puis a voulu aller au-delà. Ce qui compte n'est pas le montant, mais la proportion de ce que l'on a.
- Ce n'a pas toujours été facile. Quand les factures d'énergie ont explosé il y a quelques années, il a dû réduire son prélèvement mensuel : « un coup pour mon orgueil ». Plus tard, il a pu revenir à sa proportion.
- Cela coûte : moins de cafés, moins de plats à emporter, moins de restaurants, moins d'abonnements, des vacances moins chères. Il connaît des membres de l'Église qui retardent l'achat d'une maison, et une personne qui retarde sa retraite parce qu'elle a choisi de donner davantage maintenant.
- Est-ce qu'il le regrette ? « Pas du tout. » Il a une confiance bien plus grande en Dieu, la joie inattendue de le voir l'aider de façon concrète, une dépendance plus profonde, le plaisir de contribuer à ce en quoi il croit, et des trésors amassés dans le ciel.
- Autrefois, il voyait le don à l'Église comme un abonnement de plus, un contrat de service, parce qu'il ne l'avait pas relié à sa vie spirituelle. « Entre dans la réalité de Jésus. »
5. Ne manque pas l'occasion
- Jésus envoie les disciples en éclaireurs : « Combien avez-vous de pains ? Allez voir. » Le prédicateur imagine la scène : ils passent dans les rangs, « Vous avez à manger ? Non. » Puis ils reviennent : « Bonne nouvelle, il y a de la nourriture. Mauvaise nouvelle, il y en a pour une personne. »
- Jésus ne répond pas : « Merci d'avoir essayé, les gars. C'était une idée stupide de ma part, je savais que ça ne marcherait pas. » Il prend ce qu'on lui apporte et le multiplie. « C'est ta vie avec Dieu aujourd'hui. »
- Il ne s'agit pas de dire : « Avec le peu que j'ai, je ne peux rien changer, d'autres peuvent donner bien plus. » Mais : « Jésus, voici tout ce que j'ai. Prends-le, fais-en quelque chose, multiplie-le. »
- Le pasteur encourage chacun à apporter quelque chose, même une simple promesse, même moins qu'il ne voudrait, même si les factures l'ont obligé à réduire. Les enfants participent aussi : une mère lui a écrit que son fils avait vidé sa tirelire pour mettre 3,72 livres dans l'enveloppe, et que sa sœur rangeait ses tiroirs dans l'espoir d'être récompensée et d'avoir, elle aussi, quelque chose à donner.
- Une partie de la multiplication sera visible bientôt : une fête pour des centaines d'enfants et leurs amis d'école, des milliers de sacs et de cadeaux de Noël pour des réfugiés, des détenus et des sans-abri. Mais beaucoup ne se verra que des années plus tard.
6. Les donateurs invisibles d'une vie transformée
- Adolescent, Archie Coates a été invité dans un camp chrétien. Un pasteur de jeunesse a prié pour lui, il a été rempli du Saint-Esprit, et sa vie a changé de direction. « Je ne sais pas qui a financé ce séjour, ni qui payait ce pasteur. »
- Étudiant, il tenait parfois sa foi « du bout des doigts ». Un responsable étudiant de l'Église le rencontrait, avec bonté et sagesse. Il ne sait pas qui payait son salaire. Des années plus tard, quand il a commencé à travailler dans une Église, quelqu'un a repéré en lui un potentiel pour l'accompagnement pastoral, la communication et le leadership, avec encore beaucoup de travail à faire. On a payé ses formations, ses formateurs et ses mentors.
- Après douze ans de mariage, sa femme et lui ont suivi un parcours pour couples pendant un week-end. Ils y ont affronté certains problèmes et ont remis leur relation à plat. Ils n'ont payé qu'une partie du coût réel.
- Le dimanche, pendant la louange, il lui arrive d'être touché par le Saint-Esprit jusqu'aux larmes. Qui a payé le responsable de la louange, les paroles à l'écran, le son, le chauffage, la lumière, les chaises ? « Je me tiens devant vous comme quelqu'un dans qui on a investi des dizaines de milliers de livres. » Il a hâte de rencontrer ces donateurs au ciel pour leur dire : « Merci. Je suis là grâce à vous. »
- Et il n'est qu'une personne. Grâce aux 50 000 livres données par l'assemblée, un pasteur formé à HTB pendant neuf ans a été envoyé le mois dernier diriger une Église. Elle a ouvert ses portes un dimanche, il y a deux semaines : pour la première fois depuis des décennies, elle compte 23 enfants de moins de seize ans. Un programme du St Mellitus College forme 43 pasteurs pour les enfants et les jeunes, dans une dénomination où un tiers des Églises n'a personne de moins de seize ans. Le mois prochain, des centaines de pasteurs venus du monde entier se réuniront à HTB pour être encouragés, entendre parler d'Alpha et recevoir la prière avant d'être renvoyés. Le Marriage Course a été suivi par 1,7 million de personnes dans plus de 120 pays et traduit en 26 langues.
- Dans Marc 6, une personne anonyme a donné ses cinq pains et ses deux poissons. Jean précise que c'était un jeune garçon. « Ce qu'il a fait ce jour-là résonne à travers l'histoire. Ne manque pas l'occasion. »
7. Douze paniers : le temps d'avancer
- Une fois la foule rassasiée, Jésus fait ramasser les restes : douze paniers pleins. « Tu ne peux pas donner plus que Jésus. »
- L'un des versets préférés du prédicateur est Romains 8:32 : « Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? »
- Quand nous verrons Jésus face à face, il est peu probable qu'il nous dise : « Tu as trop donné, tu as exagéré en comptant sur ma bonté. » Nous dirons plutôt : « Je n'avais aucune idée de ton amour et de ta provision sans limite. Je t'ai fait confiance, Seigneur Jésus, mais j'aurais voulu te faire confiance davantage. »
- Tout, autour de nous, pousse à penser en termes de manque, à se replier et à se protéger. « Mais c'est un jour nouveau. Jésus est là. Le Royaume de Dieu est venu, et tout est possible. » Ce n'est pas le moment pour l'Église de reculer, c'est le moment d'avancer.
- Pas maintenant, alors que des centaines de personnes étaient là mercredi pour explorer pour la première fois les questions spirituelles, que des dizaines de milliers à travers le monde découvrent la vie en Jésus par le parcours Alpha, que le réseau de l'Église vient de fonder de nouvelles Églises à Belfast, Epsom et Stoke, et de s'implanter à Brighton, Bristol, Liverpool, Derby et Birmingham, que des dizaines de milliers d'étudiants du monde entier viennent d'arriver à Londres, et que dans un sondage informel mené auprès d'étudiants de la LSE et d'Imperial College, 60,8 % disent qu'ils essaieraient d'aller à l'église si on les invitait.
- L'appel final : répondre avec courage et prendre part au miracle, au nom de Jésus.
Points à retenir
- Les disciples raisonnent comme si Jésus n'était pas là. Entrer dans sa réalité, c'est compter avec sa présence.
- Là où nous soustrayons, Jésus multiplie : cinq pains et deux poissons nourrissent 5 000 hommes, et il reste douze paniers.
- Ce n'est pas le montant qui compte, mais la proportion de ce que tu as. La générosité grandit pas à pas.
- Ce que tu donnes aujourd'hui portera souvent du fruit des années plus tard, dans des vies que tu ne connaîtras jamais.
- Dieu n'a pas épargné son propre Fils : on ne donne jamais plus que lui.
Application personnelle
- Dans quel domaine raisonnes-tu comme les disciples, en faisant tes calculs comme si Jésus n'était pas présent ?
- Ton don est-il relié à ta vie spirituelle, ou ressemble-t-il à un abonnement de plus ?
- Quels sont tes « cinq pains et deux poissons » aujourd'hui, et oses-tu les remettre à Jésus même s'ils te paraissent peu de chose ?
- Qui a investi dans ta foi sans que tu le saches, et comment peux-tu à ton tour investir dans la foi des autres ?
- Face à l'incertitude, es-tu tenté de te replier ? Quel pas de confiance peux-tu faire cette semaine ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que signifie « entrer dans la réalité de Jésus » ?
Pour Archie Coates, les disciples de Marc 6 calculent comme si Jésus n'était pas là et comme si le Royaume de Dieu n'était pas venu. Entrer dans la réalité de Jésus, c'est tenir compte de sa présence : là où tout le monde soustrait, lui multiplie. Le don devient alors un exercice qui fait grandir la foi, pas une simple collecte.
Pourquoi Jésus se sert-il de cinq pains et deux poissons ?
Jésus envoie les disciples voir ce qu'ils ont. Ils ne trouvent que de quoi nourrir une personne. Jésus ne les renvoie pas en disant que c'était une idée stupide : il prend ce qu'on lui apporte et le multiplie. Le prédicateur y voit ta vie avec Dieu : non pas « avec mon peu, je ne change rien », mais « Jésus, voici tout ce que j'ai, fais-en quelque chose ».
Faut-il donner beaucoup pour participer au miracle ?
Non. Archie Coates rappelle que ce n'est pas le montant qui compte, mais la proportion de ce que tu as. Lui-même a commencé par un petit don avant d'atteindre la dîme, au fil des années. Il cite la veuve qui donne une seule pièce et dont Jésus dit qu'elle a tout donné, et le jeune garçon anonyme dont les cinq pains ont nourri une foule.