Introduction
Ce message de Matt Marvane, donné à l'église SOS Lyon, reprend une histoire commencée quinze jours plus tôt : la confrontation du mont Carmel. Le roi Achab règne sur Israël avec son épouse Jézabel, et tous deux entraînent le peuple à adorer d'autres dieux, Baal et les Astartés. Dieu envoie alors le prophète Élie proposer un défi au roi : que tout le peuple soit convoqué sur le mont Carmel, avec les 450 prophètes de Baal et les 400 prophètes d'Astarté, et que l'on voie qui est le vrai Dieu.
Élie pose au peuple la question déjà étudiée dans le message précédent : « Jusqu'à quand boiterez-vous des deux côtés ? Si l'Éternel est Dieu, allez après lui ; si c'est Baal, allez après lui. » Le peuple ne répond rien. Sur les 850 prophètes convoqués, 450 se présentent. L'épreuve est simple : deux taureaux, deux autels, chacun invoque son dieu, et celui qui répond par le feu est le vrai Dieu.
Les prophètes de Baal commencent dès le matin. Ils dansent, ils crient « Baal, réponds-nous ! », et vers midi Élie vient se moquer d'eux : votre dieu est peut-être occupé, littéralement parti aux toilettes, peut-être endormi, peut-être en voyage. Ils redoublent, se taillent le corps jusqu'à ce que le sang coule. Rien ne se passe. Élie prend alors son tour. Il rassemble douze pierres, symbole des douze tribus d'Israël, pour rétablir l'autel qui avait été renversé, prépare le bois et le taureau, creuse un fossé tout autour, puis fait verser de l'eau sur tout : sur le bois, sur le taureau, jusqu'à remplir le fossé. On sait bien qu'il est compliqué d'allumer un feu quand tout est mouillé. Puis il prie. Et le feu de l'Éternel tombe, consume l'holocauste, le bois, les pierres, la terre, et absorbe l'eau du fossé. Le peuple tombe sur son visage : « C'est l'Éternel qui est Dieu ! »
À partir de là, le prédicateur pose une question simple, qu'il répétera trois fois : est-ce que Dieu répond aux prières ? Pour y répondre, il ouvre l'épître de Jacques et revient au cœur de la prière d'Élie.
Plan du message
1. Prière et convoitise : le combat que décrit Jacques 4
- Jacques 4:1-6 s'adresse à des chrétiens, pas à des païens. Et pourtant le texte parle de luttes, de querelles, de convoitise : « Vous convoitez et vous ne possédez pas… vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas. Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. »
- Le cœur du message : d'un côté la prière, de l'autre la convoitise. Les deux démarches ont le même objectif, obtenir quelque chose que nous n'avons pas. Quand je prie, je mets ma foi en Dieu pour obtenir ce que je n'ai pas encore. Quand je convoite, je veux ce que je vois chez l'autre et je ferai tout pour le posséder.
- « Tu ne convoiteras point » est le dernier des dix commandements. La convoitise est la racine de tout péché : c'est exactement ce qui s'est passé dans le jardin d'Éden. Je veux connaître, je convoite le fruit défendu, je ne suis pas satisfait de ce que j'ai.
- La convoitise est un désir ardent de posséder, maintenant, pour moi. Avec elle vient l'exclusion des autres : on est prêt à pousser, écraser, dominer pour obtenir ce que le cœur convoite. Et c'est un puits sans fond : plus on en a, plus on en veut. Il n'y a aucune satisfaction dans l'œuvre de la chair. Toute notre société de consommation repose sur ce principe : on crée du besoin pour que les gens se disent « il me le faut, sinon ma vie ne va pas fonctionner ».
- Jacques montre que Dieu n'exauce pas la fausse demande, la demande hypocrite, celle qui a ses racines dans les passions de ce monde. Nous venons devant Dieu, nous demandons, mais au fond de nous, c'est la convoitise de satisfaire notre chair. Il est possible de mal prier : « vous demandez mal ».
- La clé du texte, c'est l'humilité du demandeur. « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. »
2. Jusqu'à quand boiteras-tu dans ta vie de prière ?
- Ce que Jacques décrit, c'est exactement ce qu'Élie reprochait au peuple. Un jour ta vie est conduite par tes passions, la chair prend le dessus, et le lendemain tu reviens demander des choses à Dieu. Un coup j'adore Dieu, un coup j'adore Baal. Ce n'est tout simplement pas possible de satisfaire les deux.
- Vouloir être ami du monde, c'est se placer soi-même en ennemi de Dieu. Ce n'est pas Dieu qui nous rejette : Dieu ne rejette personne, absolument personne. Mais nous pouvons faire le choix de le mettre de côté, à cause de notre attitude et des passions de la chair.
- Pourquoi ne peut-on pas aimer les deux ? Parce que le monde aussi demande à être aimé. C'est pour cela que Jacques emploie un mot dur : « adultères ». Vous dites que vous aimez Dieu, mais vous aimez quelqu'un d'autre, vous vous prosternez devant quelqu'un d'autre. Vous trompez Dieu.
- Dieu est un Dieu jaloux, sans partage. Son amour est à prendre ou à laisser, certainement pas à partager. Comme dans un couple : c'est exclusif entre un mari et une femme. C'est la même chose avec Dieu.
3. Première clé : « que l'on sache aujourd'hui que tu es Dieu »
- La prière d'Élie n'était pas une prière simple : c'était une prière audacieuse, courageuse, défiante. Et Dieu y a répondu. Le prédicateur en dégage trois éléments essentiels.
- Premier élément : Élie place Dieu en premier, comme Jésus l'a enseigné à ses disciples avec le « Notre Père ». Ce qui compte pour Élie, c'est qu'on reconnaisse Dieu pour qui il est, et qu'à la fin tout le monde dise : c'est pour sa gloire. La réussite d'une prière, c'est quand les gens voient l'exaucement et n'ont qu'un seul regard, sur Dieu.
- Personne ne connaît Dieu parfaitement. Dieu est incommensurable : il ne peut pas être mesuré ni restreint à la capacité de notre intelligence, même la plus brillante. Les ennuis commencent quand nous tentons de faire correspondre Dieu à l'image que nous en avons. Tu détiens une partie, j'en détiens une autre : c'est la richesse du corps de Christ. Tu as traversé des épreuves que je n'ai jamais traversées, tu as vu Dieu y être fidèle, et cela me prouve que mon Dieu est bien plus grand que ce que j'en connais.
- Ne limitons pas Dieu à notre seule expérience. Il est même plus grand que ce qu'il a fait dans ta propre vie jusqu'à aujourd'hui. Il est parfois plus facile de le comprendre en faisant l'inventaire de ce qu'il n'est pas que d'essayer de le définir.
- Le désir d'Élie, c'est que le peuple connaisse à nouveau véritablement qui est Dieu, ce Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël qu'ils ont déjà connu et expérimenté, mais qu'ils ne connaissent pas encore suffisamment. Si tu veux une vie de prière efficace, commence par reconnaître humblement que tu ne le connais pas encore suffisamment, et que tu as à cœur de le connaître, et que ceux qui t'entourent le connaissent aussi. Le fondement n'est pas la convoitise, c'est l'humilité.
4. Deuxième clé : « que l'on sache que je suis ton serviteur »
- Pas un super-héros, pas un très bon prédicateur, pas celui qui fait des exploits : un serviteur consacré à son maître. Quand les gens me voient, ils ne voient pas moi, ils voient mon maître. C'est le modèle de Jésus dans l'Évangile de Jean : « celui qui m'a envoyé », et « si vous m'avez vu, vous avez vu le Père ».
- Le prédicateur raconte l'histoire d'une jeune esclave vendue aux enchères, terrorisée, enchaînée. Deux hommes font monter le prix, puis un troisième arrive et place une enchère que personne ne peut dépasser. Il l'emmène chez un forgeron, fait dessouder toutes ses chaînes et lui dit : « Tu es libre. Je t'ai achetée pour te rendre libre. » Elle part, puis au bout de deux minutes réalise qu'elle est libre, fait demi-tour, court vers celui qui l'a rachetée, se met à genoux : « Puisque tu m'as libérée, je te servirai toute ma vie. »
- C'est exactement ce que nous avons vécu quand Jésus est venu nous chercher. Il a payé le prix que personne ne pouvait payer. Face à ce prix, ma place est aux pieds de celui qui m'a racheté, pour le servir toute ma vie.
- Dieu fait grâce aux humbles : il répond à la prière des cœurs humbles, de ceux qui se placent comme serviteurs et servantes de la volonté du Père. « Je veux juste qu'ils voient combien tu es merveilleux, que c'est beau de te servir, et que ça leur donne envie à leur tour. »
- Le père biologique du prédicateur porte au poignet un tatouage « ni Dieu ni maître », fait avant sa conversion. Et pourtant, depuis plus de 40 ans, il sert Dieu de tout son cœur. Au passage : ce n'est pas parce que tu tatoues un beau verset sur ton poignet que cela fera de toi un véritable serviteur.
5. Troisième clé : « j'ai fait toutes ces choses par ta parole »
- Que tout le monde sache que ce qu'Élie fait n'est pas en son nom. Élie n'existe pas dans cette prière : tout est pour la gloire de Dieu. Le feu qui descend n'est absolument pas grâce à lui, et quand le peuple se met à genoux, il n'adore pas Élie, il reconnaît l'Éternel.
- Le prédicateur cite Ruben Saillens, poète et évangéliste français de la fin du XIXe siècle : rallions-nous autour du centre. Le centre, ce n'est pas l'Église, ni le clergé, ni la tradition, ni même la Bible : c'est le Christ. Mais comme le Christ est le centre de la Bible, comme l'arbre de vie au milieu du jardin, on ne peut aller à Christ sans passer par le jardin des Écritures. La lettre tue, mais l'Esprit de Christ vivifie.
- D'où la question : est-ce que je prie selon la Parole de Dieu, selon ses désirs, selon sa volonté ? Si ta vie de prière n'est pas efficace, c'est peut-être que tu pries mal. Il faut prier avec foi dans les promesses de Dieu, et pour cela il faut les connaître : plonger ses regards dans la Parole, oser y mettre le nez, y consacrer du temps.
- Nos actions sont toujours le fruit d'une pensée. Même les plus gros péchés, avant d'y être, on les a pensés bien des fois : ce sont des choses qu'on a nourries. Le meilleur moyen de connaître Dieu, c'est d'en faire la seule quête de sa vie : le connaître, se soumettre à sa Parole, y obéir.
- 1 Jean dit que ses commandements ne sont pas pénibles. C'est une grâce et un privilège d'obéir à Dieu : grâce à Jésus-Christ, je peux enfin fléchir le genou devant tant de grandeur. La Parole de Dieu est un jardin extraordinaire : promenons-nous-y tous les jours, respirons, mangeons, buvons de ce qui s'y trouve.
6. La réponse : Dieu répond quand ton cœur brûle pour lui
- 1 Jean 5:14-15 donne la réponse à la question posée trois fois : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu'il nous écoute, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. » Selon sa volonté : pas ma volonté ni ma convoitise.
- Tu demandes : c'est quoi sa volonté ? Cherche et tu trouveras, frappe et on t'ouvrira, demande et tu recevras, dans sa Parole.
- Oui, Dieu répond quand ton cœur brûle pour lui donner gloire, pour faire avancer son œuvre, pour que le monde sache qu'il est Dieu. Il répond à « façonne-moi, émonde-moi, change-moi, transforme-moi », et à la prière que sa Parole soit mise à l'honneur, que nos vies donnent envie aux autres d'étudier la Parole.
- Si tu cherches d'abord le royaume des cieux et sa justice, tu n'auras même plus besoin de prier pour le reste : Dieu a dit qu'il te le donnerait par-dessus. Comme les moineaux de Matthieu 6, tu n'auras plus à te soucier de savoir si tu auras à manger. Ta préoccupation, c'est de faire avancer le royaume de Dieu, et tu sais que derrière, Dieu prend soin et donne au-delà de ce que tu peux penser et imaginer.
- Le souhait du prédicateur pour 2026 : que chacun entre dans cette nouvelle dimension. Non pas prier selon la convoitise (« j'aimerais ceci, j'aimerais cela »), mais prier selon le cœur de Dieu. « Seigneur, façonne-moi. Change-moi par ta Parole. Donne-moi une révélation de qui tu es. Que le monde qui m'entoure puisse voir et connaître que tu es Dieu. Que le feu descende. Que je puisse être consumé. » C'est ça, la prière que Dieu attend.
Points à retenir
- Prière et convoitise visent la même chose, obtenir ce qu'on n'a pas. Mais on ne peut pas prier sincèrement tout en restant attaché aux passions du monde : c'est demander mal (Jacques 4:3).
- Dieu ne rejette personne. C'est nous qui pouvons le mettre de côté en boitant des deux côtés, un coup Dieu, un coup Baal.
- Première clé de la prière brûlante : Dieu en premier, pour sa gloire, en reconnaissant humblement qu'on ne le connaît pas encore suffisamment.
- Deuxième clé : se placer comme serviteur de celui qui nous a rachetés à un prix que personne ne pouvait payer. Dieu fait grâce aux humbles.
- Troisième clé : agir et prier selon la Parole de Dieu. Dieu répond à ce qui est demandé selon sa volonté (1 Jean 5:14-15).
Application personnelle
- Quand tu pries, quel est ton objectif au fond : que Dieu soit reconnu pour qui il est, ou satisfaire un désir de ta chair ? Où se cache la convoitise dans tes demandes ?
- Y a-t-il un domaine où tu « boites des deux côtés », un jour conduit par tes passions, le lendemain à demander des choses à Dieu ?
- Reconnais-tu humblement que tu ne connais pas encore suffisamment Dieu ? Qu'as-tu découvert de lui grâce au témoignage d'un frère ou d'une sœur qui a traversé ce que tu n'as pas traversé ?
- Quand les gens te regardent agir, parler, penser, voient-ils toi ou ton Maître ? Que signifierait, concrètement cette semaine, te placer aux pieds de celui qui t'a racheté ?
- Connais-tu assez les promesses de Dieu pour prier selon sa volonté ? Quel temps vas-tu prendre pour te promener dans le jardin des Écritures cette semaine ?
Versets cités
- 1 Rois 18:20-39 : la confrontation du mont Carmel et la prière d'Élie
- Jacques 4:1-6 : « vous demandez mal » ; Dieu fait grâce aux humbles
- Exode 20:17 : « Tu ne convoiteras point »
- Jean 14:9 : « Celui qui m'a vu a vu le Père »
- Jacques 1:25 : plonger les regards dans la loi parfaite
- 1 Jean 5:3 : ses commandements ne sont pas pénibles
- 1 Jean 5:14-15 : l'assurance d'être exaucé quand on demande selon sa volonté
- Matthieu 7:7 : demandez, cherchez, frappez
- Matthieu 6:26-33 : les oiseaux du ciel ; cherchez premièrement le royaume
Questions fréquentes
Est-ce que Dieu répond toujours aux prières ?
Selon 1 Jean 5:14-15, nous avons l'assurance que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, Dieu nous écoute, et que nous possédons ce que nous lui avons demandé. Dieu répond donc aux prières faites selon sa volonté, pas selon notre convoitise. Jacques 4:3 précise que l'on peut demander et ne pas recevoir parce qu'on demande mal, pour satisfaire ses passions.
Quelle est la différence entre la prière et la convoitise ?
Les deux cherchent à obtenir quelque chose qu'on n'a pas encore. La prière met sa foi en Dieu pour l'obtenir ; la convoitise est un désir ardent de posséder, prêt à écraser les autres, et jamais satisfait. Jacques 4 montre qu'on ne peut pas prier sincèrement tout en restant attaché aux passions du monde : c'est demander mal.
Quelles sont les trois clés de la prière d'Élie au mont Carmel ?
Dans 1 Rois 18:36-37, Élie prie pour que l'on sache que l'Éternel est Dieu (Dieu en premier, pour sa gloire), que lui-même est son serviteur (l'humilité du demandeur) et qu'il a fait toutes ces choses par la parole de Dieu (l'obéissance). Élie n'existe pas dans cette prière : tout est pour la gloire de Dieu.
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