Quelles sont tes motivations réelles pour servir Dieu ?

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Introduction

Tu te lèves le matin pour aller au travail, et tu fais tout pour ne pas arriver en retard. Ton patron t'attend, et tu sais très bien qu'un retard répété va te coûter une conversation gênée : « Oh, pardon, monsieur, vraiment, je n'ai pas fait exprès, c'est le métro… ». À la fin du mois, ta paye tombe. Elle te motive. Elle t'incite à repartir le lendemain, encore et encore, même si tu es fatigué, même si la journée s'annonce dure.

Alors une question toute simple se pose. Qu'est-ce qui te motive à servir Dieu ? Qu'est-ce qui te pousse à venir dans sa maison, à ouvrir ta Bible, à donner de ton temps, à prier, à évangéliser ? Le pasteur Jean-Blaise AMOUGOU t'invite à examiner ton cœur ce matin. Pas pour te condamner. Pour te ramener à l'essentiel : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10.31-33).

Le service pour le Seigneur est un privilège et une joie. Mais il devient stérile, épuisant, faux, quand ce que nous faisons est motivé par autre chose que Dieu lui-même. Analysons ce matin nos motivations. Chacun a les siennes. Certaines paraissent légitimes. Elles doivent pourtant être mises en lumière pour être comprises.

Le plan de l'article

1. Les motivations personnelles : quand tu sers pour toi-même

2. Les motivations spirituelles : quand ton service naît d'une intimité avec Dieu

3. Servir pour la gloire de Dieu : t'unir à sa mission avec joie

1. Les motivations personnelles : quand tu sers pour toi-même

Beaucoup de gens servent Dieu pour des raisons personnelles. Ces raisons peuvent paraître nobles vues de loin. De près, elles ont un problème : elles te placent, toi, au centre.

La première motivation, c'est la recherche de reconnaissance. Tu veux qu'on te voie. Il faut qu'on sache que c'est toi qui chantes. Il faut qu'on sache que c'est toi qui prêches. « Oh là là, je suis mieux que Billy Graham » : le pasteur AMOUGOU se prend lui-même en exemple, avec humour, pour dire à quel point cette tentation est proche. On veut être vu. On veut des titres. On peut même viser une place d'archevêque. Ça te donnera quoi ?

La parole de Dieu répond : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 7.21). Le titre ne sauve pas. La visibilité ne sauve pas. Ce qui compte, c'est : est-ce que Dieu t'approuve, toi ?

Souviens-toi de la parabole du pharisien et du publicain. L'un est debout dans le temple et dit : « Seigneur, tu vois comme je t'aime ? Je donne ma dîme, je fais des œuvres, je suis… ». À côté de lui, un homme se frappe la poitrine, à genoux, et pleure : « Seigneur, fais-moi grâce. Aie pitié de moi, je suis un pécheur. » Tu connais la suite (Luc 18.9-14). Celui qui est reparti avec la grâce, l'amour et la paix de Dieu, c'est celui qui a déposé son cœur devant Dieu avec vérité, pas celui qui affichait ses œuvres.

La deuxième motivation personnelle, c'est la recherche de l'approbation sociale. Il te faut que les gens t'approuvent dans tout ce que tu fais. Il faut montrer aux serviteurs de Dieu que tu sais, que tu es capable, que tu comptes. Or les hommes peuvent t'approuver, et le sceau de Dieu ne pas être sur ta vie. « Que sert-il à un homme de gagner tout le monde s'il perd son âme ? » (Matthieu 16.26).

La troisième motivation personnelle, c'est le besoin de se sentir important : courir après les titres, les positions, les rôles visibles. Le pasteur AMOUGOU raconte cette histoire toute simple. Il travaillait dans un métier que beaucoup regardaient de haut. Un ami lui dit : « Moi, jamais je ne pourrai faire ça. » Trois mois plus tard, ce même ami revient : « S'il te plaît, trouve-moi une place, même la nuit, c'est chaud sur moi. » Ne néglige aucun service. C'est Dieu qui élève. C'est Dieu qui établit. Nous ne nous appartenons pas. Nous sommes sa propriété.

Tu veux te marier ? Pourquoi ? Pour dire que tu es marié, ou pour la gloire de Dieu ? Tu veux des enfants ? Un travail, une voiture, un logement ? Tout doit être fait pour la gloire de Dieu. Même manger, même boire. Relis 1 Corinthiens 10.31 : rien n'échappe à cette exigence-là.

2. Les motivations spirituelles : quand ton service naît d'une intimité avec Dieu

Servir Dieu peut aussi être motivé par un véritable amour pour lui et un désir de voir son royaume avancer. Ce n'est plus un projet personnel. C'est le fruit d'une relation profonde avec le Seigneur. Une relation vivante, réelle, quotidienne.

Jésus le dit en Jean 15 : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus si vous ne demeurez en moi. […] Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et vous serez mes disciples. » Le fruit véritable pousse là où il y a intimité. Sans intimité avec Dieu, il n'y a pas de service qui glorifie Dieu : il n'y a que de l'agitation.

Le problème, c'est que nous venons souvent devant Dieu avec nos propres pensées, nos propres désirs, et nous voulons que Dieu fasse comme nous, nous voulons. Et si tu prétends aimer Dieu tout en gardant dans ton cœur de la jalousie, de la querelle, de la haine contre ton frère ou ta sœur, la parole de Dieu te dit clairement que tu deviens menteur, parce que l'amour de Dieu ne demeure plus en toi (1 Jean 4.20).

La motivation spirituelle véritable, elle passe par le renoncement à toi-même. C'est ce que Paul décrit en Galates 2.20 : « J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. » Aïe. Ce verset-là, tu ne t'y installes pas confortablement. Il te déloge.

Est-ce que ton service est le fruit de ta relation avec Jésus-Christ, ou le fruit d'une pression, d'une habitude, d'un rôle ? Quand tu ranges les chaises, quand tu prépares la sainte cène, quand tu donnes une bouteille d'eau à ton frère, quand tu présentes les offrandes, quand tu gardes les enfants en école du dimanche, quand tu chantes, quand tu prêches : comment est ton cœur ?

Le pasteur AMOUGOU insiste. « Quand je me lève ici, ça tremble dans mon cœur, parce que ce n'est pas ma parole ; c'est la parole de Dieu. C'est Dieu qu'on sert. » Tu n'es pas là pour être vu. Tu es là pour lui. Paul, en Romains 12.1-5, appelle cela offrir ton corps « comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ». Comme Christ s'est offert pour toi, Dieu voudrait que toi aussi, tu sois un sacrifice, non pas mort, mais vivant. Un sacrifice de bonne odeur.

La crainte de Dieu vient s'ajouter à cette intimité. Le prédicateur raconte qu'un mentor lui a appris à craindre Dieu, à vivre constamment une vie de sanctification et de mise à part. Comment sommes-nous ce matin devant lui ? C'est solennel. Dieu est avec nous, mais Dieu regarde nos cœurs, nos motivations.

3. Servir pour la gloire de Dieu : t'unir à sa mission avec joie

Troisièmement, servir, c'est nous unir à la mission de Dieu. Quand nos motivations sont centrées sur sa gloire, nous trouvons une vraie joie et une satisfaction profonde. Colossiens 3.23-24 le dit ainsi : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. »

Faites-le de bon cœur. C'est déjà pas mal. Comme pour le Seigneur. Ce n'est pas pour te faire voir. Ce n'est pas pour te faire valoir. Tout service que tu fais (et même ta propre vie), doit être fait pour le Seigneur. Ton service devient alors un acte de louange et un témoignage de ta foi.

Quel impact avons-nous sur les autres, sur nos familles, sur nos lieux de travail ? Combien de fois témoignons-nous de la grandeur, de la majesté, de la toute-puissance, de la gloire de Dieu dans nos foyers ? Est-ce que ce que les autres voient à travers nous les rapproche de Dieu, ou les éloigne ? Le chrétien qui arrive à l'heure au travail (voire avant l'heure), , qui respecte son patron, qui salue avec vérité, qui accomplit sa tâche avec soin, celui-là témoigne sans dire un mot.

Et deuxièmement, unis à sa mission, nous devons témoigner de ce qu'il est partout où nous allons. 2 Corinthiens 9.7 nous rappelle que « Dieu aime celui qui donne avec joie ». Cultivons cet esprit de joie dans nos services, quel qu'il soit. Tout ce que nous faisons doit être fait avec joie, avec amour.

Et prépare-toi : tant que tu seras serviteur de Dieu, tu seras incompris. Tu seras vulnérable. Le pasteur AMOUGOU le sait, et il livre son propre témoignage. En 1988, il a donné sa vie à Jésus. Il a fait une prière bizarre : « Seigneur, je n'ai plus rien, je suis tout seul. Papa, maman, mes frères… je n'ai que toi. Alors deviens mon papa, ma maman, mon frère, ma sœur, mon tout. » Quelque temps après, celui sur qui il s'appuyait le plus (son frère), est parti. Puis son papa. Sa maman n'était déjà plus là. Il s'est retrouvé gamin. Et le Seigneur lui a rappelé sa prière : « Qui est ton père ? Qui est ta mère ? (C'est toi, Seigneur.), Alors ne pleure plus. Réjouis-toi devant moi. Mon seul appui, mon seul abri, mon seul secours, c'est moi. Que je te donne ou que je ne te donne pas. »

C'est ça, servir pour sa gloire : savoir que quand les douleurs arrivent, quand les secousses arrivent, tu ne vas pas courir vers un homme, un titre, une position, une reconnaissance. Tu vas courir vers lui. « Seigneur, c'est toi qui as donné, c'est toi qui as repris. Je fais comment ? Rien. Je demeure en toi. » Sache-le, le plus grand endroit où Satan frappe fort, ce n'est pas d'abord dans l'église. C'est à la maison. C'est là qu'il vient taper, très fort, pour que ta foi défaille. Mais quand tu sais que tu fais tout pour le Seigneur, quand tu sais que ta foi est en lui : advienne que pourra. Tu tiens.

Points à retenir

  • Le service pour Dieu est un privilège et une joie, mais il est stérile s'il est nourri par des motivations personnelles cachées.
  • Trois motivations personnelles piègent particulièrement le serviteur : la recherche de reconnaissance, l'approbation sociale et le besoin de se sentir important.
  • Un service qui glorifie Dieu naît d'une intimité vraie avec lui. Sans demeurer en Christ (Jean 15), il n'y a pas de fruit ; il n'y a que de l'agitation.
  • « J'ai été crucifié avec Christ ; ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi » (Galates 2.20). Le moi doit s'effacer pour que Christ soit vu.
  • Nous ne nous appartenons pas. Tout ce que nous faisons (travail, mariage, ministère, dîme, service en église), doit être fait pour la gloire de Dieu, avec joie, comme pour le Seigneur.

Application personnelle

  1. Fais l'exercice, sincèrement : quand tu viens à l'église le dimanche, qu'est-ce qui te pousse vraiment ? Nomme au moins trois motivations honnêtes, sans te justifier.
  2. Dans un des services que tu rends (musique, école du dimanche, accueil, prière, offrande, aide pratique…), demande-toi : est-ce que je le fais pour être vu, ou pour le Seigneur ? Que changerais-tu concrètement si personne ne le remarquait ?
  3. Existe-t-il un frère ou une sœur envers qui ton cœur nourrit une jalousie, une critique ou une rancune ? Que veut te dire 1 Jean 4.20 aujourd'hui ?
  4. Quel est l'impact concret de ta foi dans ta famille et sur ton lieu de travail ? Est-ce que tu rapproches ou éloignes ton entourage de Dieu ?
  5. Prends cinq minutes pour prier la prière du prédicateur : « Seigneur, aide-moi à retrouver les motivations qui viennent de toi. Que mes motivations soient pures, pour toi seul. »

Versets cités

Foire aux questions

Est-ce mal d'avoir besoin de reconnaissance quand on sert Dieu ?

Chercher un peu d'encouragement est humain, et un merci fraternel est même précieux. Le problème surgit quand la reconnaissance devient le moteur. Si tu cesses de servir quand personne ne te voit, alors ce n'est plus Dieu que tu servais. Le remède est simple mais exigeant : recentre ta motivation sur celui pour qui tu travailles. Colossiens 3.23 est un bon test permanent.

Comment savoir si mon service est vraiment fait pour la gloire de Dieu ?

Pose-toi trois questions. Premièrement, est-ce que tu le fais aussi bien quand personne ne le remarque ? Deuxièmement, est-ce que ton cœur reste en paix quand un autre est loué à ta place ? Troisièmement, est-ce que ton service coule d'une vie de prière et d'intimité avec le Seigneur (Jean 15), ou d'une simple habitude ? Les trois réponses te donneront ton vrai visage.

Pourquoi Satan frappe-t-il plus fort à la maison qu'à l'église ?

Parce que c'est à la maison que ta foi se joue vraiment, quand tu n'as plus le décor du culte pour te tenir droit. C'est là que tu es fatigué, incompris, éprouvé, et que ta patience craque. Sers Dieu d'abord chez toi, et ton service dans l'église en découlera naturellement.

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