Quitter pour devenir : oser tout laisser pour marcher avec Christ
Cet article est tiré de l'émission « Matin'elles » du 5e jour du Women's Camp 2026 sur ICC TV Montréal. Autour de la table : Laurine (animatrice), Sonia et Yari (invitées), et la bergère Ren Toyoto.
Introduction
Il y a des mots qui te suivent longtemps après qu'on les a prononcés. « Quitter pour devenir » en fait partie. Trois mots, une virgule invisible, et toute une trajectoire de vie. Parce que devenir ne t'est jamais donné sans que quelque chose d'autre soit lâché.
Dans le grec du Nouveau Testament, « quitter » se dit kataleipō : abandonner, relâcher, laisser derrière. Et « devenir » se dit ginomai : un processus, une transformation qui prend du temps. Ces deux verbes ne fonctionnent pas l'un sans l'autre. Tu ne peux pas devenir la femme ou l'homme que Dieu a préparé si tu tiens à deux mains tout ce que tu étais.
Sonia a quitté la France, ses habitudes, une vie tournée vers la fête. Yari a quitté l'islam et l'approbation de sa famille. La bergère Ren, il y a cinq ans, a quitté Paris, une maison neuve qu'elle venait à peine d'aimer. Trois histoires, un même appel : lâcher ce que tu connais pour recevoir ce que Dieu a préparé.
Plan de l'article
1. Quitter, c'est mourir un peu à toi-même
Quitter, ce n'est pas seulement changer d'adresse. C'est te déplacer, laisser, renoncer, abandonner, mourir. La bergère Ren l'a exprimé avec une image qui vaut mieux qu'un long discours : « parti sans GPS ». Tu avances sans plan précis, sans savoir où tu poses le pied ensuite, parce que le seul repère qui te reste, c'est la voix de Dieu.
Le mot grec kataleipō porte cette idée : tu relâches ta prise. Tu ne t'accroches plus. Tu laisses la chose partir, ou tu pars toi-même. Jésus utilise l'image de la graine : « si elle ne meurt pas, elle reste seule ». Pour ne pas rester seule, il faut mourir. Et la bergère prolonge l'image avec le serpent, qui doit changer de peau régulièrement, sinon il meurt étouffé dans son ancienne enveloppe. Ta transformation passe par un lâcher-prise réel.
2. Devenir, c'est un processus, pas un événement
Sonia le dit avec beaucoup d'humilité : « Je ne suis pas encore parfaite, mais je deviens, à mon rythme, et ça se passe super bien. » Ginomai, en grec, c'est exactement ça : un devenir, une transformation qui s'étale dans le temps.
Tu ne quittes pas ta vie ancienne le lundi matin pour être une nouvelle personne le mardi soir. Tu commences par un pas de foi, puis un autre. Tu changes de playlist. Tu changes de fréquentations. Tu changes de manière de voir Dieu, toi-même, les autres. La Bible parle d'un passage « de gloire en gloire » (2 Corinthiens 3.18) : chaque étape te rapproche un peu plus de la personne que Dieu voit déjà en toi.
3. Trois manières de quitter (et de devenir)
Le témoignage de Sonia, quitter un pays et une ancienne vie. Sonia a mis 19 ans à répondre à l'appel. Sa sœur lui parlait depuis longtemps du Christ, cherchait même les églises à côté de chez elle en France. Sonia refusait poliment : « Ce que tu vis pour toi, c'est bien. » Puis elle quitte la France pour le Canada, et sa sœur lui indique ICC Québec. Elle y vient à reculons. Elle rencontre la bergère, son mari, des sœurs qui ne la lâchent plus, avec un amour véritable, sans conditions. En décembre 2024, elle se fait baptiser avec ses deux enfants. Aujourd'hui, elle sert à l'accueil, au ménage, et chérit sa famille d'impact.
Le témoignage de Yari, quitter une religion. Yari est née et a grandi dans l'islam. Elle a même été baptisée dans cette religion. Une cousine venue au Québec lui a parlé de l'Évangile. Le processus a été long, parce qu'il fallait quitter l'approbation de sa famille, une approbation dont elle se nourrissait. Elle a dû, comme le dit Paul, « renouveler son intelligence » (Romains 12.2). La solitude a été réelle. Le rejet aussi. Mais le Saint-Esprit, ce Consolateur, l'a fortifiée. Elle a trouvé à ICC Québec des bergers selon le cœur de Dieu et des sœurs pour marcher avec elle.
Le témoignage de la bergère Ren, quitter le confort. Il y a cinq ans, la bergère Ren a quitté Paris pour la mission. Nouvellement mariée, elle venait d'acheter une maison qu'elle aimait profondément, avec une garderie juste à côté, un espace pour marcher. « Mon âme aimait cette maison », dit-elle. Puis Dieu lui a dit : « De la même manière qu'Abraham a quitté, tu dois aussi quitter. » Elle a résisté un peu. Elle pensait mettre la maison en location, mais son mari a été clair : on la vend. Elle a quitté. Elle a payé le prix. Et elle est aujourd'hui sur ce plateau, à porter la Parole à d'autres femmes.
4. Pourquoi tu résistes à quitter
Tu résistes parce que tu as peur. Peur du vide. Peur de l'inconnu. Peur d'être rejetée par ta famille, tes amis, ton milieu. Peur de perdre ton confort matériel. La bergère l'exprime avec l'image tirée du livre des Nombres : les Hébreux dans le désert regrettaient les concombres et les oignons d'Égypte. « Ne reste pas là à réfléchir aux concombres et aux oignons. À force d'avoir les oignons dans la main, un moment, ça va te faire couler les larmes. »
Ton Égypte, c'est peut-être une relation qui te tire vers le bas. Une manière de penser héritée de ta famille. Une ville où tu es installée par confort mais pas par appel. Une religion. Une addiction. Un rôle social. Un métier qui t'étouffe. Tant que tu regardes en arrière, tu ne peux pas entrer dans ta destinée. La femme de Lot en est l'exemple : Dieu lui dit d'avancer, elle regarde en arrière, elle reste figée (Genèse 19.26).
5. Quitter, c'est un acte de foi
Abraham est la figure biblique par excellence du quitter. Dieu lui dit : « Quitte ton pays, ta patrie et la maison de ton père » (Genèse 12.1). Il n'y avait pas de GPS. Il n'avait pas d'enfant, alors qu'on lui promettait d'être père d'une multitude. Mais il est parti. « Or, la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas » (Hébreux 11.1).
Ruth aussi a quitté Moab, sa terre, ses dieux, pour suivre Naomi et le Dieu d'Israël. Elle a reçu en retour un nouveau mari, une nouvelle vie, et une place dans la généalogie du Messie. Le Christ lui-même a quitté le ciel, a tout abandonné pour venir te chercher. Ton quitter n'est jamais un coût sans retour. Marc 10.29-30 le promet : personne ne quitte père, mère, sœur ou champ à cause de Christ sans recevoir au centuple, avec la persécution, et la vie éternelle.
Points à retenir
- Quitter et devenir sont inséparables. Tu ne peux pas recevoir une nouvelle identité en Christ sans lâcher l'ancienne.
- Devenir prend du temps. C'est un processus « de gloire en gloire », pas un basculement instantané. Sois patiente avec toi-même.
- Tu n'as pas à quitter seule. Sonia, Yari et la bergère insistent toutes sur la même chose : « le fer aiguise le fer ». Une église locale, une famille d'impact, des sœurs qui prient avec toi, c'est indispensable.
- Le prix est réel, la promesse aussi. Persécution, solitude, rejet familial : tout cela peut arriver. Mais Dieu a « des projets de paix et non de malheur, pour te donner un avenir et de l'espérance » (Jérémie 29.11).
- Ton obéissance libère d'autres personnes. Si Sonia n'avait pas quitté, ses enfants ne se seraient pas baptisés avec elle. Si l'apôtre Yvan Castanou n'avait pas quitté son confort, ICC n'existerait pas. Ton quitter engendre des destinées.
Application personnelle
Prends un moment de silence, ta Bible ouverte, et pose-toi honnêtement ces questions :
- C'est quoi ton Égypte aujourd'hui ? Nomme-la clairement. Une relation, une pensée, un lieu, une habitude, une addiction, une religion, un rôle. Écris-la.
- Qu'est-ce qui te retient de quitter ? La peur du regard des autres ? La peur de la solitude ? La peur de perdre du confort matériel ? Le rejet possible de ta famille ? Mets un mot sur ta peur.
- Quelle image de toi Dieu voit-il déjà, que tu ne vois pas encore ? Demande-lui de te la montrer. « Nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance » (Éphésiens 2.10).
- Qui marche avec toi dans ce quitter ? As-tu une église locale, une famille d'impact, une sœur ou un frère qui prie pour toi ? Si non, c'est peut-être ton premier pas concret : chercher cette famille spirituelle.
- Quel est le prochain petit pas d'obéissance ? Pas la montagne entière. Juste le prochain pas. Abraham a mis un pied devant l'autre. Fais pareil.
Versets cités
- Genèse 12.1 · « Va, quitte ton pays, ta patrie et la maison de ton père. »
- Genèse 19.26 · La femme de Lot regarda en arrière.
- Josué 24.15 · « Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. »
- Psaume 23.1 · « L'Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. »
- Jérémie 29.11 · Des projets de paix et non de malheur.
- Marc 10.29-30 · Personne ne quitte pour Christ sans recevoir au centuple.
- Jean 8.32 · « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »
- Romains 12.2 · « Soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence. »
- 2 Corinthiens 5.17 · « Les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. »
- Éphésiens 2.10 · Créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres.
- Philippiens 4.13 · « Je puis tout par celui qui me fortifie. »
- Hébreux 11.1 · La foi, ferme assurance des choses qu'on espère.
- Apocalypse 12.11 · Vaincus par le sang de l'Agneau et la parole de leur témoignage.
FAQ
Comment savoir si c'est Dieu qui me demande de quitter, ou juste mon envie de changement ?
Trois indicateurs simples. Premièrement, ce que Dieu demande s'aligne toujours avec sa Parole écrite. Ouvre la Bible. Deuxièmement, la voix du Saint-Esprit est confirmée par des personnes matures spirituellement autour de toi : ton pasteur, ta bergère, une famille d'impact. Troisièmement, un vrai appel de Dieu s'accompagne d'une paix intérieure, même quand la démarche te coûte. Ce n'est pas l'excitation d'une nouveauté, c'est une conviction tranquille qui persiste.
J'ai peur du rejet de ma famille si je quitte ma religion, mes habitudes ou mon milieu. Comment faire ?
Le rejet est un vrai risque, Yari en témoigne. Mais tu n'es pas seule. Le Saint-Esprit est appelé le Consolateur pour une raison. Trouve rapidement une famille spirituelle qui t'accompagne. Continue de prier pour ta famille biologique, comme le fait Yari : Dieu ne vient pas séparer définitivement, son but reste que tous soient gagnés à Christ. Le rejet est souvent momentané, même s'il fait mal sur le moment.
Ça fait longtemps que je sais que je dois quitter quelque chose, mais je n'y arrive pas. Que faire ?
Souviens-toi de Sonia : elle a mis 19 ans à répondre. Dieu est patient. Mais chaque année passée dans ton Égypte est une année sans le centuple que Marc 10 promet. Pose un premier petit pas concret cette semaine : une conversation avec ta bergère, une lecture de Genèse 12, une prière écrite où tu nommes ton Égypte devant Dieu. Le premier pas débloque souvent tout le reste. Et rappelle-toi Philippiens 4.13 : ce n'est pas ta force qui compte, c'est celle de Christ en toi.
Prédicatrice principale : Ren Toyoto (bergère, ICC Québec)
Animatrice : Laurine
Témoignages : Sonia et Yari
Contexte : Matin'elles, Women's Camp 2026, ICC TV Montréal
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