Restaurer ton autel de prière : les quatre fondations

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Introduction

Le pasteur Jacky Derand est venu partager un weekend d'enseignement sur un thème qu'il porte depuis soixante ans de marche avec Jésus : restaurer l'autel de la prière. Marié depuis bientôt 48 ans à Claudie, père de quatre enfants dont un pasteur, il a passé la main de l'église d'Argenteuil au pasteur Sustène il y a dix ans pour se consacrer pleinement à ce qu'il appelle « les deux essentiels » de son ministère : la famille et l'intercession. Dans cette première partie, il pose les fondations. Non pas des techniques de prière, mais une conviction qui traverse tout : prier, ce n'est pas réciter, c'est vivre concrètement la présence de Dieu.

Plan du message

1. Restaurer quatre autels, pas un seul

  • Le thème du weekend n'est pas « comment mieux prier » mais « restaurer l'autel de la prière ». Le mot « restaurer » suppose qu'il y a eu un affaissement, dans les vies personnelles, dans les couples, dans les familles, dans les églises.
  • Jacky Derand distingue quatre autels que le chrétien est appelé à rebâtir, et aucun ne remplace l'autre :
    • La communion personnelle avec Dieu dans le lieu secret.
    • La prière du couple. « Le couple qui prie ensemble reste ensemble », une phrase qu'il redit à chaque célébration de mariage.
    • La prière familiale, cette recherche partagée avec les enfants quand cela est possible.
    • La prière communautaire avec l'église, ces rassemblements où le peuple crie ensemble.
  • Le pasteur insiste : ce n'est pas l'église qui va t'apprendre à prier. Ce ne sont pas les grands rassemblements, ni les concerts, ni les cultes. Si tu ne te décides pas personnellement à te laisser enseigner par le Saint-Esprit, personne ne le fera pour toi.
  • Le pasteur peut prêcher tous les dimanches sur la prière, cela ne fera pas de toi un intercesseur. Il faut que tu mettes toi-même ta vie au service du Seigneur.

2. Trois vérités préalables, avant d'aller plus loin

  • Pour un enseignement équilibré, Jacky Derand rappelle trois choses avant d'entrer dans le cœur du weekend.
  • Dieu exauce la prière du pécheur repentant. Heureusement, sinon personne ne serait ici sauvé. Nuance importante toutefois : un incroyant plein de péchés qui crie à Jésus est entendu, mais un chrétien qui garde un péché caché, un « interdit » dans sa vie, ferme le ciel au-dessus de lui.
  • Dieu entend aussi la prière « décousue », sans forme. Il n'est pas besoin de sortir de l'université pour être écouté. Une prière maladroite, mal tournée, monte tout autant au trône de la grâce.
  • Il existe une prière dite « de maintenance ». Comme une voiture qu'on entretient chaque année : on se lève, on prie pour la journée, pour le travail, et c'est bon. C'est bien, dit-il, mais il y a bien mieux.
  • L'objectif du weekend, c'est justement de te faire passer à une quatrième réalité : la voie par excellence, celle qui suscite une plus grande soif, une plus grande passion pour aller dans le lieu secret.

3. Prier, c'est vivre concrètement la présence de Dieu

  • La phrase revient comme un refrain. Si tu ne dois retenir qu'une chose de ce weekend, retiens celle-ci : prier, c'est vivre concrètement la présence de Dieu.
  • Cette conviction change tout. Elle transforme la prière-corvée (« il faut encore prier, sinon un malheur va me tomber dessus ») en une intimité désirée. C'est pour cela que Jacky Derand préfère souvent parler de « communion avec le Saint-Esprit », de « tête à tête avec Dieu », de « cœur à cœur avec le Seigneur » plutôt que du mot « prière », qu'il trouve chargé de religiosité.
  • Le lieu secret n'est pas un endroit où tu vas chercher Dieu. C'est un endroit où Dieu, déjà là, t'attend. « Ton Père qui est là dans le secret te récompense » (Matthieu 6:6). Il siège dans le secret depuis toujours. Toi, tu ne fais qu'entrer dans ta bulle, quel que soit l'endroit, pour aller le rencontrer.
  • Dans la Bible, la prière traduit notre appel : « Dieu vous a appelés à la communion de son Fils Jésus-Christ notre Seigneur » (1 Corinthiens 1:9). Tous les chrétiens n'ont pas les mêmes dons ni les mêmes ministères, mais tous ont le même appel, la communion avec Jésus.
  • Un chrétien ne dit pas « il ne me reste plus qu'à prier ». Un chrétien dit « je vais commencer par prier ». Dieu n'est pas une roue de secours, il est la conduite principale.

4. Toutes sortes de prières, sous la conduite de l'Esprit

  • Paul écrit aux Éphésiens : « Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières » (Éphésiens 6:18). Le mot « prière » est un mot générique, comme « siège » couvre le fauteuil, la chaise et le tabouret. L'Esprit peut te conduire dans plusieurs registres.
  • La prière de repentance et d'humiliation. Jean-Baptiste, Jésus, les disciples : tous ont commencé leur message par un appel à la repentance. Joël 2 le décrit avec force : après un état de catastrophe, un appel aux pasteurs, aux enfants, à tout le peuple à se repentir, et alors seulement Dieu répand son Esprit sur toute chair.
  • L'adoration et la louange. Tu arrives dans la présence de Dieu sans même savoir pourquoi, et l'Esprit te saisit pour adorer.
  • La prière en langues. Une autre fois, tu te retrouves à prier une heure, deux heures en langues. 1 Corinthiens 14 en donne au moins cinq raisons.
  • La prière-larmes. Tu pleures sans savoir pourquoi, mais l'Esprit gémit en toi.
  • La prière d'écoute dans le silence. Retiré une semaine par an dans un monastère, Jacky Derand a un jour demandé à Dieu : « Qu'est-ce que je fais ici ? » L'Esprit lui a répondu : « Je t'ai conduit à l'écart seul afin de t'apprendre à exercer l'art d'écouter le silence. » Moïse est resté 40 jours sur la montagne, mais pendant les 7 premiers jours, Dieu ne lui a rien dit. Il l'éduquait au silence pour qu'il puisse ensuite entendre.
  • La prière persévérante. Attention à ne pas confondre persévérance et incrédulité. Il évoque un frère pasteur qui refusait de prier deux fois pour la même chose, persuadé que c'était de l'incrédulité, et qui est mort d'une maladie sans que personne n'insiste dans l'intercession. La persévérance n'est pas de l'incrédulité, c'est une obéissance à l'enseignement des Écritures.
  • La prière prophétique de déclaration. À condition que ce que tu déclares vienne réellement de Dieu, et non d'un simple souhait bienveillant.
  • La prière combattante. Comme Caleb : « Montons, emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs » (Nombres 13:30).
  • Le principe reste le même : viens dans la présence de Dieu, puis dis-lui : « Saint-Esprit, prends le relais. Où veux-tu me conduire aujourd'hui ? » Ne cherche pas à reproduire l'expérience de la veille, ce qui a été merveilleux hier peut être froid aujourd'hui parce que ce n'est pas ainsi que Dieu veut te conduire ce jour-là.

5. Réponds à l'Esprit maintenant, pas dans cinq minutes

  • Jacky Derand raconte une erreur qu'il a longtemps faite. Occupé à passer l'aspirateur ou à laver la voiture, il ressentait soudain une invitation de l'Esprit à s'arrêter et à prier. Il répondait : « Seigneur, merci, j'arrive, je finis ça d'abord. » Et quand il arrivait, il n'y avait plus rien.
  • Ce n'est pas à Dieu de nous attendre, c'est à nous de répondre. Quand le Saint-Esprit veut passer un moment avec toi, c'est tout de suite maintenant. Cinq minutes peuvent suffire, mais cinq minutes à portée d'éternité.
  • Il partage aussi ce moment vécu avec un jeune ami qui venait d'enterrer sa femme, morte en couches. Il devait rester avec lui tout le weekend. En raccompagnant les cousins, l'Esprit lui a dit : « Ce couple n'est pas baptisé du Saint-Esprit, je veux les baptiser maintenant. » Il a répondu intérieurement : « Tu crois vraiment que c'est le moment, après un enterrement ? » Il a fini par obéir. Le couple s'est mis à genoux, l'Esprit est descendu avec puissance, tous deux ont parlé en langues, et l'ami veuf, à côté, a été atteint par la même onction. Il n'avait plus le même visage en remontant en voiture. Dieu savait ce qu'il faisait au moment où il le faisait.

6. Cultive le silence intérieur dans une génération bruyante

  • Nous vivons dans la génération la plus bruyante qui ait existé. Au restaurant, chaque membre du couple est sur son téléphone. À la maison, la télévision reste allumée même pendant les visites pastorales. Il faut parfois demander : « On peut éteindre, s'il vous plaît, pour qu'on puisse prier tranquillement ? »
  • Ce n'est pas seulement dans le silence que Dieu parle, mais plus tu t'habitues à l'écouter dans le silence, plus tu pourras l'entendre dans le bruit. C'est un exercice qui se loge dans ton homme intérieur.
  • Jacky Derand cite un dernier camp de jeunesse où il a demandé à 120 jeunes de se disperser une demi-heure par jour pendant une semaine, pas deux ensemble, un seul avec Dieu, dans les arbres, sur le toit, où ils voulaient. Les témoignages qui en sont revenus étaient magnifiques.
  • Le peuple de Dieu a besoin qu'on lui réapprenne ce silence intérieur. Ce que le bouddhisme et le yoga ont récupéré, c'est en réalité une pratique que Dieu avait donnée à son peuple et que nous n'utilisons plus.

7. La priorité des priorités

  • Toute l'armure de Dieu (Éphésiens 6) ne donne pas la victoire, elle protège. Le casque, la cuirasse, la ceinture, les chaussures : tu ne gagnes pas une bataille en tapant avec un casque. Seules deux armes donnent la victoire : l'épée de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu, et la prière.
  • Le pasteur qui arrive à motiver, à convaincre, à passionner son église pour la présence de Dieu a tout à gagner. Parce que la vie chrétienne est un combat spirituel, et la scène se joue dans les lieux célestes.
  • Après 60 ans de marche avec Jésus, Jacky Derand sent encore la soif : « Seigneur, tu m'as donné un petit verre d'eau, mais moi je veux l'océan. » La communion avec Dieu doit encore se développer, s'approfondir, se perfectionner, jusqu'à voir sa gloire.

Points à retenir

  • Il n'y a pas un seul autel de prière à restaurer, mais quatre : personnel, conjugal, familial, communautaire. Aucun ne remplace l'autre.
  • Prier, ce n'est pas exécuter un rituel, c'est vivre concrètement la présence de Dieu. Cette phrase peut réorienter toute ta vie spirituelle.
  • Dans le lieu secret, ce n'est pas toi qui vas chercher Dieu, c'est lui qui t'y attend depuis toujours.
  • L'Esprit conduit chaque temps de communion différemment : repentance, adoration, langues, silence, persévérance, déclaration, combat. Viens et laisse-le orienter le moment.
  • Ne remets pas à plus tard l'invitation intérieure à prier. Cinq minutes maintenant valent plus qu'une heure prévue « quand j'aurai fini ».
  • Apprends le silence chez toi, et Dieu pourra te parler jusque dans le métro, le bus ou un centre commercial.
  • La persévérance dans la prière n'est pas de l'incrédulité, c'est une obéissance à l'Écriture.
  • Dans l'armure d'Éphésiens 6, seules deux armes donnent la victoire : la Parole et la prière. Tout le reste te protège.

Application personnelle

  • Lequel des quatre autels (personnel, couple, famille, église) est le plus affaissé dans ta vie en ce moment ? Par lequel Dieu t'invite-t-il à commencer la restauration ?
  • Si tu es honnête, en es-tu à la « prière de maintenance » qui gère la journée, ou vis-tu déjà la présence de Dieu comme une communion désirée ?
  • Quelle expression de la prière (silence, langues, larmes, adoration, combat, repentance) t'attire le moins, et pourquoi ? Et si l'Esprit voulait justement t'y conduire cette semaine ?
  • Souviens-toi de la dernière fois où tu as senti une invitation intérieure à t'arrêter pour prier. Y as-tu répondu, ou as-tu dit « j'arrive dans cinq minutes » ?
  • Où pourrais-tu, cette semaine, t'exercer trente minutes à écouter le silence, comme les 120 jeunes du camp ?

Versets cités

  • Matthieu 6:5-8 · le lieu secret et le Père qui sait de quoi tu as besoin
  • Éphésiens 6:10-18 · l'armure de Dieu et « toutes sortes de prières »
  • Joël 2 · l'appel à la repentance et la promesse « après cela, je répandrai de mon Esprit »
  • 1 Corinthiens 1:9 · « Dieu vous a appelés à la communion de son Fils »
  • 2 Corinthiens 13:13 · « que la communion du Saint-Esprit soit avec vous »
  • Psaume 139 · le Dieu qui sonde et qui connaît la parole avant qu'elle soit sur la langue
  • Psaume 144:1 · celui qui exerce mes mains au combat
  • Deutéronome 34:1-8 · celui qui se tient devant Dieu, Dieu lui-même le rejoint
  • 1 Corinthiens 14 · les raisons de prier en d'autres langues
  • Nombres 13:30 · l'audace de Caleb, image de la prière combattante

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Questions fréquentes

Pourquoi parler de « restaurer » l'autel de la prière plutôt que de simplement « prier davantage » ?

Parce que le mot « restaurer » suppose qu'un affaissement a eu lieu, dans la vie personnelle, dans les couples, dans les familles, dans les églises. Jacky Derand observe qu'aujourd'hui la réunion de prière est souvent la moins remplie, alors que la louange ou l'agape rassemblent. Restaurer, ce n'est pas ajouter une couche religieuse par-dessus une vie déjà chargée. C'est revenir aux fondations et redécouvrir ce que prier veut dire : vivre concrètement la présence de Dieu. Quand cette conviction habite un chrétien, la fréquence et la profondeur de sa prière ne relèvent plus de la discipline forcée mais du désir.

Comment savoir si je persévère dans la prière ou si je manque de foi ?

Jacky Derand insiste sur cette distinction à cause d'une expérience douloureuse. Un frère pasteur, convaincu que prier deux fois pour la même chose revenait à douter, est mort d'une maladie sans qu'on continue d'intercéder pour lui. La persévérance n'est pas de l'incrédulité, c'est une obéissance à l'enseignement des Écritures. Dieu demande parfois de recommencer, de combattre encore, de tenir dans la durée. Si tu retournes vers Dieu avec la même requête, ce n'est pas parce que tu doutes qu'il a entendu la première fois ; c'est parce que tu reconnais qu'il t'appelle à te tenir devant lui jusqu'à ce que la percée vienne.

Que faire quand je « n'arrive pas » à retrouver l'expérience de prière de la veille ?

C'est justement le piège que Jacky Derand décrit. Un jour tu vis un temps merveilleux d'adoration ou de prière en langues, et le lendemain tu veux « remettre ça », mais c'est froid. Faites en tout temps toutes sortes de prières par l'Esprit (Éphésiens 6:18). Ce qui compte, ce n'est pas de reproduire l'expression d'hier ; c'est de venir dans la présence de Dieu et de dire au Saint-Esprit : « Où veux-tu me conduire aujourd'hui ? » Peut-être hier c'était l'adoration, aujourd'hui ce sera le silence, demain les larmes ou l'intercession. Reste sensible à la direction du moment, et laisse-le prendre le relais.

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