Introduction
Notre époque ne sait plus quoi faire des hommes et des femmes. D'un côté, on efface les différences ; de l'autre, la guerre des sexes fait rage. Dans 1 Corinthiens 11.2-16, Paul refuse ces deux impasses : Dieu a créé les hommes et les femmes différents, avec des rôles complémentaires, et ces différences sont à célébrer. Comment vivre en homme et en femme dans l'église, sans confusion et sans confrontation ?
Plan du message
1. Ne perdons pas la tête dans nos relations (v. 2-6)
- Paul rappelle un ordre voulu par Dieu : Christ est le chef de tout homme, l'homme est le chef de la femme, et Dieu est le chef de Christ.
- Ce mot « chef » ne signifie pas domination : Dieu le Père et Dieu le Fils sont égaux de toute éternité (l'arianisme, qui faisait du Fils un être inférieur, a été rejeté comme une hérésie).
- Jésus est un roi venu non pour être servi, mais pour servir : pour lui, être chef signifie servir et se sacrifier pour les autres.
- Dieu confie à l'homme une responsabilité particulière de service, pas parce qu'il serait plus intelligent, plus spirituel ou plus capable (l'expérience prouve souvent le contraire), mais un peu comme un capitaine d'équipe : celui qui motive, donne une direction et assume la responsabilité si l'équipe joue mal.
2. N'oublions pas nos rôles depuis la création (v. 7-12)
- Simone de Beauvoir affirmait : « On ne naît pas femme, on le devient. » Paul répond que certaines différences ne viennent pas seulement de la culture, mais de la manière dont Dieu nous a créés.
- Paul renvoie à la Genèse : Dieu crée Adam, lui donne une mission, puis déclare qu'il n'est pas bon qu'il soit seul et lui fait une aide qui soit son vis-à-vis, le mot « aide » n'a rien de dégradant : Dieu lui-même est décrit ailleurs comme l'aide de son peuple.
- Quand Adam voit Ève, il chante la première chanson d'amour de l'histoire : « Voici enfin celle qui est faite des mêmes os et de la même chair que moi. » Tu es comme moi, mais différente de moi ; on est faits l'un pour l'autre.
- Le verset 10 (« à cause des anges, la femme doit porter sur la tête une marque d'autorité ») évoque, littéralement, une autorité qu'elle porte sur sa tête : le droit et la dignité propre de prier et de prophétiser dans l'église en tant que femme, sans devenir un homme.
3. Ne nous voilons pas la face sur nos différences (v. 13-16)
- À Corinthe, les cheveux longs pour un homme ou la tête non couverte pour une femme signifiaient qu'on refusait son sexe. Aujourd'hui, les coutumes ont changé, trois des quatre anciens de l'église Connexion ont eu les cheveux longs.
- Même dans la Bible les coutumes évoluent : Samson n'a jamais coupé ses cheveux, et c'est Dieu lui-même qui le lui a commandé.
- Ce n'est plus une question de voile ou de longueur de cheveux, mais d'une dynamique relationnelle : l'égalité et l'interdépendance des hommes et des femmes, et la responsabilité masculine avec le soutien féminin.
- Concrètement dans l'église : des groupes mixtes où on prie et prophétise ensemble, un binôme homme-femme pour animer un groupe de communauté, aucune place pour des attitudes méprisantes du sexe opposé, et des hommes qui prennent leurs responsabilités (accueil, culte des enfants, temps de Bible et prière en famille) au lieu de se dégonfler ou de jouer les mâles alpha.
Points à retenir
- Les hommes et les femmes sont égaux mais ne sont pas identiques : ils sont interdépendants, pas interchangeables.
- Être « chef » selon la Bible, c'est servir et se sacrifier, à l'image de Jésus, jamais écraser.
- Dieu a créé les hommes et les femmes glorieusement complémentaires ; nous avons besoin les uns des autres pour accomplir la mission qu'il nous confie.
- Une femme n'a pas besoin de devenir un homme pour participer pleinement à la vie de l'église : elle a une dignité et une autorité propres pour prier et prophétiser en tant que femme.
- Le mot d'ordre pour tous : faire sa part et le faire pour le Seigneur, ne pas démissionner et ne pas s'aigrir si les autres n'ont pas l'air d'être au niveau.
Application personnelle
- Est-ce que tu perçois tes différences homme/femme comme un cadeau de Dieu à célébrer, ou comme un problème à effacer ?
- Si tu es un homme, dans quel domaine concret (famille, groupe de communauté, service dans l'église) es-tu appelé à prendre tes responsabilités au lieu de te dégonfler ?
- Si tu es une femme, comment peux-tu encourager le leadership de service des hommes autour de toi, sans les rabaisser ni chercher à avoir systématiquement le dernier mot ?
- Y a-t-il, dans ton cœur, du mépris envers le sexe opposé (nourri par une blessure passée, une culture ou un discours ambiant), que tu as besoin d'apporter à Jésus ?
- Ton église est-elle un lieu où l'on se sent en sécurité, où personne n'a besoin d'écraser l'autre pour exister ? Quelle est ta part pour que ce soit vrai ?
Versets cités
À lire aussi
Questions fréquentes
Est-ce que « l'homme est le chef de la femme » veut dire que les femmes doivent obéir à tous les hommes ?
Non. Paul parle spécifiquement du contexte de l'église, pas d'une soumission généralisée des femmes à tous les hommes dans toute la société. Et il n'utilise pas le mot « soumission » dans ce passage : il parle d'une responsabilité particulière confiée aux hommes de servir et de se sacrifier, à l'image de Jésus, un « chef » qui n'est pas un patron autoritaire mais un capitaine d'équipe qui assume les échecs du groupe.
Faut-il que les femmes se voilent aujourd'hui à l'église ?
Ce passage n'en fait pas une obligation. À Corinthe, ne pas se voiler ou avoir les cheveux courts, pour une femme, signifiait culturellement « je refuse d'être une femme ». Aujourd'hui, les coutumes ont changé et un tel signal ne fonctionne plus. Si ta conscience t'y amène, tu peux le faire ; mais l'essentiel biblique, c'est d'assumer et de célébrer ses différences dans la manière de se comporter et de servir dans l'église.
Que faire si je souffre de dysphorie du genre ou si ce sujet ravive des blessures ?
Dieu t'aime, il ne s'est pas trompé quand il t'a créé avec le corps que tu as, et il offre les ressources dont tu as besoin. Le pasteur encourage à en parler et recommande le livre « Transgenre » de Vaughan Roberts, qui donne une perspective biblique sur ce sujet. Si tu as été écrasé par le sexe opposé, souviens-toi que Jésus n'écrase personne : apporte-lui ta blessure, il est le chef serviteur mort pour nous remettre dans le bon sens.
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