Vivre sans Mamon : dîme, prémices et plan de générosité

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Introduction

Ce dimanche, Quentin a clôturé à Momentum la série « Dieu ou mamon », huit semaines pour laisser la Bible parler concrètement de l'argent, des finances et de la manière dont tout cela façonne notre cœur. Après avoir posé les grands principes, il termine par du très concret : à quoi ressemble une vie qui pratique la générosité de Dieu ?

Pour cela, il t'emmène dans trois textes de l'Ancien Testament, Deutéronome 14, Deutéronome 26 et le livre de Ruth. Trois exemples, trois formes de générosité, et un même appel : vivre sans mamon, ce n'est pas un slogan spirituel, c'est un plan que tu poses devant Dieu et que tu tiens.

Trois questions guident le message : la dîme, est-ce encore pour toi ? Comment fêter Dieu avec ton argent au lieu de le craindre ? Et à qui, concrètement, veux-tu que Dieu se serve de toi pour ouvrir un avenir ?

Plan de la prédication

1. Deutéronome 14 : la dîme, ou l'art de planifier la générosité

Deutéronome 14.22-27 introduit la dîme : 10 % de la récolte, du bétail, du vin et de l'huile, chaque année, mangé et bu devant l'Éternel, avec la famille, au lieu que Dieu choisira. Ce n'est pas d'abord un impôt religieux. C'est un moment où l'on prend une part de ce que Dieu a donné et où l'on s'en réjouit ensemble en sa présence.

Deux objectifs se dégagent du texte. D'abord, prendre soin des Lévites, qui n'ont pas de terre et vivent à plein temps du service du temple, la communauté qui reçoit du spirituel prend en charge le physique de ceux qui la servent. Ensuite, se réjouir en famille de la bonté de Dieu, avec « tout ce qui te fera plaisir ». La dîme est joyeuse. Elle rappelle chaque année à qui appartient tout ce qu'on a.

Faut-il, aujourd'hui, chrétiens du 21e siècle, encore donner « la dîme » ? La réponse est non, mais. Non, parce que nous ne sommes plus sous l'ancienne alliance. Mais les besoins qu'elle couvrait sont encore là, et le Nouveau Testament s'y attaque de front. Paul l'écrit aux Corinthiens : ceux qui annoncent la bonne nouvelle doivent vivre de la bonne nouvelle (1 Corinthiens 9.13-14) ; les anciens qui dirigent bien méritent un double honneur, position et salaire (1 Timothée 5.17-18).

La Bible ne prescrit plus un montant précis. Jésus, dans le Sermon sur la montagne, ne donne pas un chiffre, il donne un principe : « Amassez-vous des trésors dans les cieux » (Matthieu 6.19-21). Son standard, ce n'est pas 10 %, c'est la générosité. Et selon les situations, 10 % peut être insuffisant ; dans d'autres, moins de 10 % est déjà généreux. Chacun le discerne devant Dieu, avec l'aide du Saint-Esprit, pas avec ses émotions ni ses habitudes.

Pastoralement, si tu débutes dans la générosité, viser 10 % de ce que tu as pour l'Éternel (que ce soit dans ton église locale ou dans d'autres œuvres), est un très bon repère. Et le point non négociable, c'est celui-ci : quand on veut vivre sans mamon, on planifie. L'église locale est le premier poste de dépense spirituel. Si tu ne donnes pas encore régulièrement là où tu vas adorer Dieu, commence par là.

2. Deutéronome 14 (suite) : une deuxième dîme pour les plus pauvres

Beaucoup l'ignorent : la Bible connaît plusieurs dîmes. Au verset 28, tous les trois ans, une dîme entière est mise de côté dans les villes pour le Lévite, l'immigré, l'orphelin et la veuve. Les spécialistes débattent : 10 % en plus, ou 10 % réaffectés ? Le principe, lui, ne change pas : Dieu demande à son peuple de planifier le don aux plus pauvres.

Généralement, quand on donne aux plus pauvres, on le fait sur le coup, sur l'émotion, quand on croise une détresse. Bien. Mais as-tu déjà réfléchi à en réserver une part à l'avance, à te dire : « Seigneur, ça, je veux le donner à ceux qui ont moins » ? Ce sont les plus vulnérables de la société qui sont visés : l'immigré sans terre, l'orphelin sans famille, la veuve sans mari, les trois figures les plus fragiles à cette époque.

Le Nouveau Testament confirme ce cœur. Actes 2 à 6 montre une église qui met en commun pour ceux qui sont dans le besoin, et qui va jusqu'à créer un ministère entier (Actes 6) pour organiser la distribution aux veuves. Vivre sans mamon, ce n'est pas seulement essayer d'oublier son emprise. C'est se préparer, planifier, être prêt de cœur avant que la situation ne se présente.

3. Deutéronome 26 : les prémices, ou fêter Dieu avec ton argent

Deuxième exemple, Deutéronome 26.1-11 : les premiers fruits. Quand un Israélite entre dans le pays et récolte ses premières récoltes, il en prend une corbeille et l'apporte au sanctuaire. Là, il fait une confession étonnante : « Mon père était un araméen nomade… nous avons crié vers le Seigneur, il nous a entendus, il nous a fait sortir d'Égypte avec une main forte, il nous a donné ce pays où coulent le lait et le miel. »

Il raconte son histoire. Il replace tout ce qu'il possède dans le fil de la bonté de Dieu. Puis il dépose la corbeille, se prosterne, et, verset 11 · il se réjouit de tout ce que Dieu lui a donné, lui, sa famille, le Lévite et l'immigré qui est chez lui. La générosité y devient une fête, une célébration publique, où l'on invite les plus fragiles à s'asseoir avec soi.

La question est directe : est-ce que dans ton année, il y a des moments où tu fêtes Dieu avec ton argent ? Pas la raclette et le barbecue seulement, de vraies occasions où tu te retournes en arrière, où tu comptes les délivrances, un nouveau travail, des examens réussis, un logement, une guérison, et où tu invites d'autres à être reconnaissants avec toi ? Être reconnaissant avec ton argent, c'est aussi lutter contre mamon. Là aussi, tu te détaches de son emprise.

4. Ruth 4 : investir ton trésor dans quelqu'un pour lui ouvrir un avenir

Troisième exemple. La semaine précédente, Yann avait ouvert la parabole des talents (Matthieu 25) : Dieu confie à chacun temps, talents et trésor, et il en demandera des comptes. Investir mon temps et mes talents, on voit bien. Mais mon trésor, au-delà de la dîme, à quoi ça ressemble ?

Ruth 4 en donne un tableau saisissant. Ruth est moabite, veuve, sans terre, sans avenir en Israël. Sa belle-mère Noémi, veuve elle aussi et âgée, n'a plus qu'un lopin de terre à vendre. Selon la loi, un proche parent (un « rédempteur »), peut le racheter pour que le patrimoine reste dans la famille. Boaz, cousin plus éloigné, s'organise pour cela. Un autre parent, plus prioritaire, se déclare prêt à racheter le champ. Belle affaire.

Mais Boaz change les règles. « Si tu achètes le champ, tu épouseras Ruth » (Ruth 4.5). L'autre recule aussitôt : cela porterait atteinte à son propre héritage. Boaz, lui, accepte. Il ne veut pas seulement dépanner Ruth d'un peu d'argent. Il rachète le champ, il l'épouse, il lui donne une descendance, et c'est cette descendance qui héritera de tout. Boaz investit dans la vie entière de Ruth. Il lui offre un avenir.

Pourquoi ? Boaz ne dit pas qu'il l'aime. Il dit qu'il l'admire. Au chapitre 3, il est bouleversé par la fidélité de Ruth envers Noémi, par la manière dont elle incarne le hesed, cette bonté fidèle de Dieu, dans une époque où tout le monde fait n'importe quoi (le temps des juges). Il voit Dieu à l'œuvre dans cette femme. Alors il choisit d'investir en elle, et de cette lignée naîtra David, puis Jésus.

Une des grandes manières de contrer mamon, de t'amasser des trésors dans les cieux, ce n'est pas seulement les coups d'éclat de générosité. C'est de savoir investir dans des personnes ou des associations clés, à long terme, parce que tu y vois Dieu à l'œuvre. Réfléchis : à qui, à quoi, veux-tu que Dieu se serve de ton argent pour ouvrir un avenir ?

5. Ton plan de générosité pour l'été et pour la rentrée

Trois défis très concrets. Un : donnes-tu de manière régulière et planifiée à ton église locale, là où tu vas adorer Dieu ? Deux : as-tu réservé une part pour les plus pauvres, pas seulement sur le coup mais dans ton budget ? Trois : à qui, ou à quelle œuvre, es-tu prêt à t'engager pour investir, à ta mesure, dans un avenir qui compte pour le royaume ?

Cet été, prends le temps de poser noir sur blanc ton plan de générosité. Pas pour donner pour donner. Pas parce que l'église a besoin d'argent. Parce que le chrétien veut qu'à la rentrée, chaque aspect de sa vie (jusqu'à son porte-monnaie), rende gloire à Dieu. On part de la table, la table de la générosité de Jésus qui a tout donné pour te sauver, pour aller en mission dans ton été.

Points à retenir

  • Vivre sans mamon, ça ne s'improvise pas : ça se planifie, comme tout combat spirituel.
  • Jésus ne fixe pas un pourcentage, il donne un principe : « Amassez-vous des trésors dans les cieux. » 10 % est un bon repère si tu débutes.
  • La Bible connaît une dîme pour les plus pauvres (Deutéronome 14.28-29), réserve une part avant même que le besoin arrive.
  • Les prémices (Deutéronome 26) transforment la générosité en fête : tu racontes la bonté de Dieu, tu invites les autres, tu te réjouis.
  • Comme Boaz avec Ruth, la générosité mature investit dans une personne ou une œuvre pour lui ouvrir un avenir, pas juste pour dépanner.

Application personnelle

  1. Donnes-tu aujourd'hui de manière régulière et planifiée à ton église locale, ou est-ce encore au coup par coup ?
  2. Quelle part concrète de ton budget peux-tu réserver, à l'avance, pour les plus pauvres, l'immigré, l'orphelin, la veuve, celui qui n'a pas de voix ?
  3. Y a-t-il, dans ton année, un moment de fête où tu racontes à Dieu, à voix haute et avec d'autres, ce qu'il a fait pour toi ?
  4. Qui est ton « Ruth » ? Une personne ou une œuvre en qui tu veux investir sur la durée parce que tu y vois Dieu à l'œuvre ?
  5. Cet été, quelle décision poses-tu maintenant pour que ton porte-monnaie, à la rentrée, rende gloire à Dieu comme le reste de ta vie ?

Versets cités

FAQ

La dîme (10 %) est-elle encore une obligation pour le chrétien ?

Non, mais. Le Nouveau Testament ne prescrit plus un pourcentage précis : nous ne sommes plus sous l'ancienne alliance. En revanche, il maintient les besoins que couvrait la dîme (soutenir ceux qui annoncent l'Évangile, prendre soin des plus pauvres) et Jésus élève le standard : « Amassez-vous des trésors dans les cieux. » 10 % reste un excellent repère pour débuter. Selon les situations, ce peut être beaucoup moins déjà généreux, ou beaucoup plus qui commence à l'être.

Comment savoir combien donner, si la Bible ne fixe plus un chiffre ?

Chacun le discerne devant Dieu, avec l'aide du Saint-Esprit. Ce n'est ni la peur, ni l'habitude, ni l'émotion qui doivent décider. Le repère est double : est-ce que je donne régulièrement et de manière planifiée à mon église locale, et est-ce que je réserve une part pour les plus pauvres et pour ce qui compte pour le royaume ? La générosité chrétienne se prépare, elle ne s'improvise pas.

Pourquoi Ruth et Boaz dans un sermon sur l'argent ?

Parce que Boaz ne se contente pas d'un petit coup de pouce. Il rachète le champ, il épouse Ruth, il lui donne une descendance, il investit son argent, son nom et sa vie dans une personne où il voit Dieu à l'œuvre. C'est un modèle biblique fort d'une générosité qui ouvre un avenir, au-delà du spontané et du symbolique. À ta mesure, à qui veux-tu que ton trésor ouvre un avenir ?

pour prendre des notes et poser une question.

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