En bref
Barak, fils d'Abinoam, de Kédesch en Nephthali, fut le chef de guerre qui suivit la juge Débora à l'époque des Juges. Israël subissait depuis vingt ans l'oppression de Jabin, roi de Canaan, et de son chef Sisera. Par Débora, l'Éternel lui ordonna de marcher sur le mont Thabor avec dix mille hommes. Barak hésita et demanda la présence de Débora, puis il obéit, et l'Éternel mit Sisera en déroute. Il chanta ensuite avec Débora. On retient une foi hésitante, mais honorée par Dieu.
Que signifie le nom Barak ?
Le nom Barak est généralement rapproché de l'hébreu qui désigne l'éclair ou la foudre. La Bible ne donne aucune explication de ce nom. Le texte précise qu'il était fils d'Abinoam et qu'il venait de Kédesch-Nephthali (Juges 4:6).
Le contexte de l'histoire de Barak
Barak vit à l'époque des Juges, quand Israël, installé en Canaan, n'a pas encore de roi. Le livre décrit un cycle qui se répète : le peuple fait ce qui déplaît à l'Éternel, Dieu le livre à un oppresseur, les enfants d'Israël crient à lui, et il suscite un libérateur. Ici, après la mort d'Ehud (Juges 4:1), le peuple est livré à Jabin, roi de Canaan, qui règne à Hatsor. Le chef de son armée, Sisera, habite à Haroscheth-Goïm, et Jabin dispose de neuf cents chars de fer. L'oppression dure vingt ans (Juges 4:2-3). Les repères habituels placent ces événements vers le XIIe siècle avant Jésus-Christ, mais la Bible ne donne aucune date. Débora, prophétesse et juge, siège sous un palmier dans la montagne d'Éphraïm, entre Rama et Béthel, et les enfants d'Israël montent vers elle pour être jugés (Juges 4:4-5). Barak est un homme de Kédesch-Nephthali, dans le nord du pays. Son histoire se joue entre le mont Thabor, où il rassemble dix mille hommes de Nephthali et de Zabulon, et le torrent de Kison, où Sisera conduit ses chars. Le chapitre 5 en garde un chant de victoire.
L'histoire de Barak
Vingt ans sous Jabin et Sisera
Juges 4:1-3Après la mort d'Ehud, les enfants d'Israël font encore ce qui déplaît à l'Éternel, qui les vend entre les mains de Jabin, roi de Canaan, établi à Hatsor. Le chef de son armée est Sisera, qui habite à Haroscheth-Goïm. Jabin dispose de neuf cents chars de fer et opprime avec violence les enfants d'Israël pendant vingt ans. Ceux-ci crient alors à l'Éternel. Le cantique de Juges 5 décrit cette période : les routes étaient abandonnées, et ceux qui voyageaient prenaient des chemins détournés (Juges 5:6). Barak n'est pas encore nommé dans ces versets, mais c'est dans cette détresse que Dieu va préparer la délivrance.
L'appel de Débora
Juges 4:4-7Débora, prophétesse, femme de Lappidoth, est juge en Israël et siège sous le palmier qui porte son nom. Elle envoie appeler Barak, fils d'Abinoam, de Kédesch-Nephthali, et lui rappelle que l'Éternel, le Dieu d'Israël, a donné un ordre. Barak doit aller sur le mont Thabor et prendre avec lui dix mille hommes des enfants de Nephthali et de Zabulon. L'Éternel annonce qu'il attirera vers lui, au torrent de Kison, Sisera, chef de l'armée de Jabin, avec ses chars et ses troupes, et qu'il le livrera entre ses mains. L'ordre est précis, et la victoire est promise avant le combat.
Barak veut que Débora vienne
Juges 4:8-10Barak répond à Débora : si tu viens avec moi, j'irai, mais si tu ne viens pas avec moi, je n'irai pas. Elle accepte de l'accompagner, mais lui annonce qu'il n'aura point de gloire sur la voie où il marche, car l'Éternel livrera Sisera entre les mains d'une femme. Débora se lève et se rend avec Barak à Kédesch. Barak convoque Zabulon et Nephthali, dix mille hommes marchent à sa suite, et Débora part avec lui. Le texte ne rapporte pas le motif de sa demande, mais il montre que son obéissance est bien réelle, même si elle passe d'abord par une condition.
Les deux armées se rassemblent
Juges 4:11-13Le récit mentionne alors Héber le Kénien, qui s'est séparé des autres Kéniens, fils de Hobab, beau-père de Moïse, et qui a dressé sa tente près de Kédesch. On informe Sisera que Barak, fils d'Abinoam, est monté sur le mont Thabor. Depuis Haroscheth-Goïm, Sisera rassemble vers le torrent de Kison tous ses chars, neuf cents chars de fer, et tout le peuple qui est avec lui. Ainsi, comme l'Éternel l'avait dit, le chef de l'armée ennemie vient lui-même au lieu annoncé. D'un côté, dix mille hommes sur une montagne, de l'autre, une armée équipée de chars de fer qui se concentre au torrent.
La descente du mont Thabor
Juges 4:14-16Débora dit à Barak de se lever, car voici le jour où l'Éternel livre Sisera entre ses mains : l'Éternel ne marche-t-il pas devant lui ? Barak descend du mont Thabor, avec dix mille hommes derrière lui. L'Éternel met en déroute devant Barak, par le tranchant de l'épée, Sisera, tous ses chars et tout le camp. Sisera descend de son char et s'enfuit à pied. Barak poursuit les chars et l'armée jusqu'à Haroscheth-Goïm, et toute l'armée de Sisera tombe sous le tranchant de l'épée, sans qu'il en reste un seul homme. Le texte attribue la déroute à l'Éternel avant de parler de la poursuite menée par Barak.
Sisera et Jaël
Juges 4:17-24Sisera se réfugie à pied dans la tente de Jaël, femme de Héber le Kénien, car il y a paix entre Jabin et la maison de Héber. Jaël l'accueille, lui donne du lait à boire et le couvre. Il lui demande de répondre qu'il n'y a personne si l'on vient l'interroger. Pendant qu'il dort, profondément accablé de fatigue, Jaël lui enfonce un pieu de tente dans la tempe, et il meurt. Quand Barak arrive en poursuivant Sisera, Jaël sort à sa rencontre et lui montre l'homme qu'il cherche, étendu mort. En ce jour, Dieu humilie Jabin, roi de Canaan, devant les enfants d'Israël, jusqu'à ce qu'ils l'aient exterminé.
Le cantique : les tribus qui ont répondu
Juges 5:1-18Ce jour-là, Débora chante avec Barak, fils d'Abinoam. Le cantique commence par la louange : des chefs se sont mis à la tête du peuple, le peuple s'est montré prêt à combattre, bénissez l'Éternel. Il rappelle le temps où Israël avait choisi de nouveaux dieux et où l'on ne voyait ni bouclier ni lance chez quarante milliers en Israël. Puis il appelle Débora et Barak à se lever. Le chant nomme les tribus qui ont répondu : Éphraïm, Benjamin, Makir, Zabulon, Issacar et Nephthali. Il reproche à d'autres leur absence : Ruben reste parmi ses troupeaux, Galaad au delà du Jourdain, Dan sur ses navires, Aser dans ses ports.
Le cantique : la victoire et la louange
Juges 5:19-31La suite du chant décrit la bataille. Les rois de Canaan combattent à Thaanac, aux eaux de Meguiddo, sans remporter nul butin. Des cieux on combat, les étoiles combattent contre Sisera, et le torrent de Kison entraîne les ennemis. Méroz est maudit, car ses habitants ne sont pas venus au secours de l'Éternel. Jaël est bénie entre les femmes. Le chant montre ensuite la mère de Sisera, qui regarde par la fenêtre et se demande pourquoi le char de son fils tarde, en se rassurant par l'idée du butin. Il se termine par une prière : que tous les ennemis de l'Éternel périssent ainsi, et que ceux qui l'aiment soient comme le soleil dans sa force. Le pays fut en repos pendant quarante ans.
Barak parmi les croyants
Hébreux 11:32-34Le Nouveau Testament nomme Barak une seule fois. Dans la liste de la foi de Hébreux 11, l'auteur dit que le temps lui manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel et des prophètes. Il ajoute que ces hommes, par la foi, vainquirent des royaumes, furent vaillants à la guerre et mirent en fuite des armées étrangères. Barak figure ainsi parmi ceux que Dieu retient comme des modèles de foi. Cela s'accorde avec le récit de Juges 4 : l'hésitation de Barak y est notée, mais c'est son obéissance qui conduit Israël à la victoire.
La famille de Barak
- père
- Abinoam Juges 4:6
Teste tes connaissances
Ce que Barak nous enseigne
- Quand Dieu parle clairement, il faut obéir sans poser de conditions : Barak a hésité, alors que l'Éternel lui avait déjà promis la victoire.
- Dieu honore une foi imparfaite : malgré l'hésitation de Barak, l'Éternel a mis Sisera en déroute, et Hébreux 11:32 cite Barak parmi les croyants.
- La victoire vient de l'Éternel, pas du nombre ni de l'équipement : face à neuf cents chars de fer, c'est Dieu qui a mis en déroute l'armée ennemie.
- Dieu se sert de personnes très différentes dans une même victoire : Débora, Barak et Jaël ont chacun joué leur rôle.
Versets clés
Débora transmet l'ordre de l'Éternel à Barak : marcher sur le mont Thabor avec dix mille hommes. Dieu promet d'attirer Sisera au torrent de Kison et de le livrer entre ses mains.
Débora dit à Barak de se lever, car l'Éternel marche devant lui. Barak descend du mont Thabor, et c'est l'Éternel qui met en déroute Sisera, tous ses chars et tout le camp.
L'auteur de la lettre aux Hébreux cite Barak parmi ceux qui, par la foi, ont été vaillants à la guerre et ont mis en fuite des armées étrangères. Dieu retient sa foi, malgré son hésitation.
Versets bibliques à méditer
Prédications sur Barak
Questions fréquentes
Qui était Barak dans la Bible ?
Barak, fils d'Abinoam, était un homme de Kédesch en Nephthali. Débora, juge en Israël, l'appela pour conduire dix mille hommes contre Sisera, chef de l'armée de Jabin, roi de Canaan. Il obéit après avoir hésité, et l'Éternel donna la victoire à Israël.
Pourquoi Barak voulait-il que Débora l'accompagne ?
Le texte ne donne pas la raison de sa demande. Barak dit seulement qu'il irait si Débora venait avec lui (Juges 4:8). Débora accepte, mais annonce que l'honneur de la victoire reviendra à une femme. La Bible ne dit pas ce que Barak ressentait : il faut s'en tenir au texte.
Où trouver l'histoire de Barak dans la Bible ?
L'histoire de Barak se trouve dans le livre des Juges, aux chapitres 4 et 5. Le chapitre 4 raconte la bataille contre Sisera et la mort de celui-ci chez Jaël, et le chapitre 5 reprend le cantique de Débora et de Barak. Barak est aussi cité en Hébreux 11:32.
Barak manquait-il de foi ?
Le texte ne le dit pas. Barak demande que Débora vienne avec lui (Juges 4:8), et Débora annonce que la gloire ne lui reviendra pas (Juges 4:9), ce qui montre que sa condition n'était pas anodine. Mais la Bible ne rapporte aucun reproche direct de l'Éternel à Barak, et elle le range ensuite parmi les hommes de foi : Hébreux 11:32 le cite à côté de Gédéon, de Samson, de Jephthé et de David. Il obéit, convoque les tribus, descend du mont Thabor et poursuit l'armée (Juges 4:10,14-16). On peut en retenir qu'une foi qui hésite, mais qui obéit, est reçue par Dieu. Il vaut mieux ne pas deviner ce que Barak avait dans le cœur, puisque le texte n'en dit rien.
Qui est la femme à qui revient la gloire, Débora ou Jaël ?
Débora annonce à Barak que l'Éternel livrera Sisera entre les mains d'une femme (Juges 4:9). Le récit montre ensuite que c'est Jaël, femme de Héber le Kénien, qui tue Sisera dans sa tente avec un pieu (Juges 4:21). Le cantique de Juges 5 la bénit entre les femmes qui habitent sous les tentes (Juges 5:24). Débora, elle, est la prophétesse et la juge qui transmet la parole de l'Éternel et accompagne Barak à Kédesch, puis au combat (Juges 4:9-10,14). Le cantique rappelle aussi qu'elle s'est levée comme une mère en Israël (Juges 5:7). Deux femmes jouent donc un rôle, l'une par la parole de Dieu et son courage au milieu du peuple, l'autre par un geste décisif contre le chef ennemi. Dans les deux cas, la victoire est présentée comme venant de l'Éternel.
Combien de chars Sisera avait-il, et comment Israël a-t-il pu gagner ?
Sisera rassemble au torrent de Kison neuf cents chars de fer et tout le peuple qui est avec lui (Juges 4:13), alors que Barak n'a que dix mille hommes, venus de Nephthali et de Zabulon (Juges 4:6,10). Le récit donne la raison de la victoire : l'Éternel met en déroute Sisera, tous ses chars et tout le camp (Juges 4:15). Le cantique ajoute que des cieux on combattit, que les étoiles combattirent contre Sisera et que le torrent de Kison entraîna les ennemis (Juges 5:20-21). La Bible ne décrit pas davantage le déroulement de la bataille. Elle insiste sur un point : Israël n'a pas gagné par ses armes, mais parce que l'Éternel marchait devant Barak (Juges 4:14).
Quelles tribus ont suivi Barak, et lesquelles sont restées chez elles ?
Barak convoque d'abord Zabulon et Nephthali à Kédesch (Juges 4:10). Le cantique cite en plus Éphraïm, Benjamin, Makir et Issacar parmi ceux qui sont venus (Juges 5:14-15), et dit que Zabulon et Nephthali affrontèrent la mort sur les hauteurs (Juges 5:18). Il reproche en revanche à Ruben de rester parmi les étables, à Galaad de n'avoir pas quitté sa demeure au delà du Jourdain, à Dan et à Aser de s'être tenus sur les navires et dans leurs ports (Juges 5:15-17). Il maudit aussi les habitants de Méroz, qui ne vinrent pas au secours de l'Éternel (Juges 5:23). Le chant montre ainsi que la victoire est partagée, et qu'elle a révélé les cœurs : certains sont venus, d'autres sont restés à l'écart.
Qu'est-ce que le cantique de Débora et de Barak ?
C'est un chant de victoire, au chapitre 5 du livre des Juges, qui s'ouvre ainsi : En ce jour-là, Débora chanta ce cantique, avec Barak, fils d'Abinoam (Juges 5:1). Le texte ne précise pas qui l'a composé, mais il l'attribue à Débora et à Barak ensemble. Le cantique bénit l'Éternel pour les chefs et le peuple qui se sont montrés prêts à combattre, rappelle sa venue depuis Séir (Juges 5:4), loue Jaël, décrit l'attente de la mère de Sisera et se termine sur une prière. Il complète le récit en prose du chapitre 4 par des détails que celui-ci ne rapporte pas : les tribus venues ou restées chez elles, les étoiles qui combattent, le torrent de Kison. Il sert ainsi de mémoire de la victoire et de louange à l'Éternel.
Que devient Barak après la victoire ?
La Bible n'en dit presque rien. Après la mort de Sisera, Barak chante avec Débora (Juges 5:1), puis le chapitre 5 se conclut en disant que le pays fut en repos pendant quarante ans (Juges 5:31). Barak n'est plus nommé dans le récit des Juges après ce chapitre. Contrairement à d'autres libérateurs, le texte ne dit pas qu'il jugea Israël, et il ne parle ni de sa mort ni de sa descendance. Le seul autre passage qui le cite est Hébreux 11:32, qui le range parmi les hommes de foi. Il faut s'en tenir à cela : toute histoire plus longue relèverait de traditions que le texte ne confirme pas. Ce silence rappelle que l'important, dans le livre des Juges, est la fidélité de l'Éternel envers son peuple, plus que le destin du libérateur.