Introduction
La soumission n'est pas un mot très populaire. Dans cet épisode 14 de Réplica, le podcast de la Chapelle, David Pothier, pasteur principal de l'Église, en parle avec l'animateur de l'émission, pasteur de campus à la Chapelle. Tous deux la décrivent comme une « pratique transformatrice » mal comprise, mais extrêmement importante.
Le podcast part de la mission de la Chapelle : que des personnes loin de Dieu deviennent des disciples de Jésus qui forment d'autres disciples. Être disciple, c'est un chemin de transformation continue dont le but ultime est de devenir une « réplique » de Jésus. La soumission fait partie de ce chemin.
David Pothier commence par dire ce que la soumission n'est pas, puis il montre comment elle se vit concrètement : envers Dieu et les Écritures, dans l'Église, face aux autorités et les uns envers les autres. Sa conviction tient en une phrase : la soumission n'est pas une prison, c'est une liberté.
Plan du message
1. Ce que la soumission est, et ce qu'elle n'est pas
- Le mot du Nouveau Testament est hupotassô : hupo, « sous », et tassô, « placer ». Se soumettre, c'est se placer sous l'autorité de quelqu'un.
- La soumission se choisit. « Si on te force à te soumettre, ce n'est pas de la soumission, c'est de la tyrannie. » Elle t'appartient : c'est toi qui choisis de te soumettre.
- Le mot a mauvaise réputation, et pour de bonnes raisons : il a été utilisé et abusé. Alors David Pothier dresse sa liste. La soumission, ce n'est pas se laisser écraser, se laisser maltraiter ou frapper sans rien dire. Ce n'est ni de la faiblesse ni de la passivité.
- Ce n'est pas tolérer une injustice, fermer les yeux sur ce qui devrait être dénoncé, accepter l'abus ou obéir sans discernement. Ce n'est pas éviter la discussion ni s'interdire de poser des questions sincères.
- Ce n'est pas cacher le péché. Il voit deux extrêmes : des chrétiens qui disent se soumettre à Dieu mais ne se soumettent à personne, et d'autres qui, sous couvert de soumission, voient des abus venant d'une autorité spirituelle sans les dénoncer. « C'est l'homme de Dieu, on ne peut rien dire » : ce n'est pas de la soumission, c'est de l'aveuglement, et ce n'est pas biblique.
- Se soumettre, ce n'est pas non plus se considérer comme inférieur à l'autre. C'est d'abord une affaire de conscience devant Dieu, parce que c'est Dieu qui nous demande de nous soumettre.
2. Se soumettre à Dieu, c'est se soumettre aux Écritures
- Peu de chrétiens disent : « Je ne veux pas me soumettre à Dieu. » Mais la soumission à Dieu reste abstraite. Comment savoir si tu y es vraiment soumis ? En regardant ta soumission aux Écritures, qui font autorité en matière de foi et de pratique.
- Il faut étudier et interpréter la Bible en bonne conscience, mais pas dans la posture de « est-ce que c'est ce que je veux qu'elle dise ? ». « S'il n'y a pas de soumission aux Écritures, il n'y a pas de soumission à Dieu. Tu te soumets à un Dieu imaginaire. »
- Dans un musée de Washington, on peut voir la Bible de Thomas Jefferson, pleine de trous : il avait découpé les miracles parce qu'il ne croyait pas au surnaturel. Cela paraît caricatural, mais beaucoup de chrétiens font pire dans leur vie : ils tronquent des versets « parce que ça ne s'applique plus aujourd'hui ». « La Parole de Dieu ne change pas selon ton âge. »
- L'animateur cite une phrase entendue dans la semaine : « Si tu n'es pas d'accord avec la Bible, tu as tort. » Quand on dit « je ne suis pas à l'aise avec ça », on se place en autorité au-dessus de la Bible.
- Cette soumission se manifeste ensuite dans quatre domaines : le couple et la famille, l'Église, les autorités hors de l'Église (police, gouvernement, enseignants, patron) et les autres, avec qui il n'y a pas de lien hiérarchique. « De la même manière qu'on peut se faire croire qu'on aime Dieu alors qu'on n'aime pas les autres, on peut se faire croire qu'on est soumis à Dieu alors qu'on n'est pas soumis aux autorités que Dieu a établies. »
- Quand tu pries le Notre Père, tu dis « que ta volonté soit faite » (Matthieu 6:10). Mais si ta vie n'est pas soumise dans ces domaines, ton cœur prie en réalité : « Que ma volonté soit faite. »
- Pour David Pothier, la soumission est un ingrédient de la « recette secrète » de la bénédiction. Elle est difficile, mais il voit une faveur extraordinaire sur ceux qui respectent le principe d'autorité. Il recommande un séminaire de vie chrétienne donné au Québec par un Européen, Marc André, dont un chapitre montrait comment une petite insoumission peut dresser des barrières dans la vie spirituelle, que l'ennemi utilise plus tard.
- Peu d'auteurs sur la formation de disciples abordent ce sujet. Il cite Richard Foster et Dallas Willard, dans son livre sur les disciplines spirituelles.
3. 1 Pierre 5 : l'autorité et la soumission dans l'Église
- Le couple et la famille feront l'objet d'un autre épisode. L'Église et la famille sont les deux lieux où il y a le plus de résistance : au travail, on se soumet à son patron pour ne pas perdre son emploi.
- La première épître de Pierre parle beaucoup de souffrance, à cause de la persécution, et paradoxalement beaucoup de soumission : aux institutions et aux patrons au chapitre 2, dans le mariage au chapitre 3, dans l'Église au chapitre 5.
- Pierre s'adresse d'abord aux anciens, c'est-à-dire aux responsables de l'Église (1 Pierre 5:1-4). Paître le troupeau « non par contrainte, mais volontairement », avec joie. « Non pour un gain sordide » : être un pasteur francophone avec un petit salaire ne protège pas d'exercer le ministère pour l'argent, comme un simple emploi.
- « Non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. » Ce n'est pas un leadership qui force, c'est un leadership qui incarne. Parce que le responsable est un modèle, il inspire et gagne la crédibilité qui permet aux gens de se soumettre.
- Les pasteurs sont visés en premier. Ensuite seulement, Pierre s'adresse aux « jeunes », ceux qui sont sous l'autorité des anciens : « Soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité » (verset 5).
- « Car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » Le pasteur qui exerce son autorité de façon tyrannique est orgueilleux, et Dieu lui résiste. Celui qui refuse de se placer sous l'autorité de son pasteur est orgueilleux, et Dieu lui résiste aussi. Le mot grec, antitassomai, signifie opposer une force à une force : « Si je pousse ce mur de toutes mes forces, je n'y arriverai jamais. »
- Les versets suivants sont souvent cités isolément. Relus dans leur contexte, ils prennent une autre dimension. « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable » (verset 6) : celui qui se soumet humblement, comme celui qui exerce l'autorité sans tyranniser, Dieu l'élève.
- « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis » (verset 7) : dans ce contexte, il s'agit aussi des soucis que causent les relations d'autorité, des deux côtés. Tout le monde est sous autorité : David Pothier est lui-même sous l'autorité d'un conseil.
- « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde » (verset 8). Si on ne décharge pas ces soucis sur Dieu, on devient une cible. « Dans mon domaine, les gens qui ne voulaient pas se soumettre à l'autorité, c'est rare que ça finisse bien. » Et le pasteur orgueilleux qui tyrannise ses brebis devient lui aussi une cible et « finit dans les nouvelles ».
- Le verset 9 relie les deux thèmes de l'épître : on souffre à cause de la persécution, mais aussi à cause de nos relations et parce qu'il faut se soumettre. La chair n'aime pas cela.
4. La soumission est une liberté
- Pour beaucoup, la liberté consiste à faire ce que je veux, quand je veux, comme je veux. Au niveau collectif, ce n'est pas la liberté, c'est l'anarchie : un monde violent où ta liberté finit par blesser quelqu'un. Au niveau individuel, « ce n'est pas la liberté, c'est l'esclavage ».
- On l'observe chez les enfants : à l'intérieur d'un cadre, ils s'épanouissent. Quand on leur dit « fais ce que tu veux », ils sont malheureux. Les adultes restent les mêmes êtres humains.
- Pourquoi l'arbre de la connaissance du bien et du mal était-il dans le jardin d'Éden ? Pour que l'homme ait un libre choix, parce que Dieu est amour. Mais aussi pour qu'il y ait des limites. « Sans limites, l'âme meurt. » Mange tout ce dont tu as envie en une soirée, regarde tous les épisodes Netflix que tu veux, couche-toi à 4 heures du matin, puis dis-moi comment tu te sens le lendemain.
- « La liberté, c'est être libéré du besoin de faire ce qu'on veut. » La soumission est une pratique qui nous conduit à pouvoir dire vraiment : « Que ta volonté soit faite », et non la nôtre.
- Personne n'aime se soumettre. Souvent l'orgueil crie : « Que personne ne me dise quoi faire ! » « Ça, ça vient de l'enfer, même si c'est pour de bonnes raisons. » Et on a toujours de bonnes raisons.
- L'animateur reprend une idée de Dallas Willard : la soumission libère du besoin d'avoir toujours raison. David Pothier raconte une anecdote du même auteur : un étudiant contredit Willard en plein cours alors qu'il avait clairement tort, et Willard ne répond rien. Interrogé à la fin, il explique : « Je pratiquais la discipline de ne pas avoir le dernier mot. »
5. Quand tu n'es pas d'accord avec ton responsable
- Si un responsable fait quelque chose qui n'est pas de Dieu, on se soumet à Dieu avant tout : on ne se soumet pas à n'importe quoi. Mais l'argument « je ne peux pas me soumettre, je ne suis pas d'accord » ne tient pas : « La soumission commence quand tu n'es pas d'accord. Si tu es d'accord, tu ne te soumets pas. »
- L'animateur raconte qu'au début de son ministère, il était co-responsable d'un groupe de jeunes. Une personne ne voulait pas se soumettre à la direction de l'Église. Son coach lui a répondu : « Tout ce qui a deux têtes est un monstre. »
- Ce coach lui a donné une démarche. D'abord, aller parler aux responsables avec une attitude ouverte. S'ils maintiennent leur direction, il reste deux options : se soumettre, ou, si la question est vraiment majeure, partir. « L'option que tu n'as pas, c'est de créer des groupes d'influence dans l'Église. »
- David Pothier ajoute qu'il est dangereux de partir pour de mauvaises raisons : par colère, parce qu'on n'a pas la position voulue, pour une couleur ou un détail sans portée spirituelle. Jésus est le souverain berger, mais il a dit à Pierre : « Pais mes brebis » (Jean 21:16). Il établit des bergers sous son autorité et demande de l'ordre dans son troupeau.
- Autre raison fréquente : les attentes irréalistes envers le pasteur. « Tu ne m'as pas appelé, tu n'es pas venu me voir, tu ne m'as pas aidé à déménager. » Partir pour cela déshonore Dieu. Chaque fois qu'un pasteur confie une responsabilité, il y a une personne contente et dix mécontentes. Ton pasteur te décevra, et si tu attends qu'il ne te déçoive jamais, tu freines ta croissance spirituelle. D'où le « magasinage d'Église ».
- Certaines fautes disqualifient un pasteur : l'adultère, le vol dans la caisse de l'Église. Elles doivent être dénoncées et la personne retirée du ministère. Certains restent sous des pasteurs tyranniques. D'autres ont quitté une Église où le pasteur, confronté à une conduite immorale, est resté en place sans que personne ne le retire, et ils se sentent coupables d'être partis, souvent à cause de la manipulation. Là, il y a des raisons bibliques de partir. Si les autorités au-dessus du pasteur s'en occupent et le retirent de ses fonctions, partir n'est pas forcément nécessaire.
- Aux nouveaux venus qui trouvent la Chapelle parfaite, l'animateur promet une seule chose : « Si tu restes assez longtemps avec nous, tu seras déçu et peut-être blessé. Pas parce que nous le voulons, mais parce que nous sommes humains. »
- En équipe, on se parle et on cherche le consensus. Mais quand une décision est prise, chacun la soutient, même sans être d'accord. Le Conseil fédéral suisse en donne une image : sept membres décident à la majorité, et le ministre qui a combattu une coupe budgétaire pendant des mois vient l'annoncer devant les micros. Mais si on te demande de pécher, tu fuis : on se soumet à Dieu d'abord. Et sur les questions théologiques majeures, il faut avoir le courage de se battre et d'aborder les choses.
- Celui qui prend la décision finale, au ministère ou comme père de famille, doit la prendre dans l'intérêt des autres, jamais par préservation de soi.
- David Pothier reconnaît qu'il a eu souvent de la peine à se soumettre. Leader directif sous des leaders directifs, il a reçu tôt dans son ministère une révélation de 1 Pierre 5 et s'est fait une promesse : s'il quitte un jour un ministère, ce ne sera jamais par frustration ou en guerre avec ses pasteurs, seulement parce que Dieu le lui demande. Quand il est devenu pasteur principal, on lui a dit : « Tu dois être content d'avoir ton Église. » Il a répondu que ce n'est pas son Église, c'est celle du Seigneur. Aujourd'hui encore, il doit se soumettre, à son conseil, et à sa femme quand elle a raison avec la Bible derrière elle. « Ceux qui sont bénis sont soumis. »
6. Se soumettre aux autorités hors de l'Église
- Police, gouvernement, mairie, enseignants, patron : Pierre écrit « Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes » (1 Pierre 2:13). Ta soumission devient un témoignage qui réduit au silence l'ignorance des insensés.
- « Étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté. » La soumission ne devient pas un prétexte pour laisser tout faire ou tout dire. On se soumet parce qu'on est serviteur de Dieu.
- Aux employés, Pierre demande d'être soumis non seulement aux maîtres bons et doux, « mais aussi à ceux qui sont d'un caractère difficile ». Le genre de verset qu'on serait tenté de découper « à la Jefferson ». Si ton patron te punit parce que tu es toujours en retard, tu n'es pas une victime. Mais souffrir en faisant le bien est une grâce devant Dieu : « C'est à cela que vous avez été appelés » (verset 21).
- « Nos autorités ne craignent pas Dieu. » Réponse de David Pothier : à quel genre d'autorité pensez-vous que les premiers chrétiens devaient se soumettre ? Paul écrit Romains 13 sous l'empereur Néron, qui persécuta les chrétiens. Il demande de se soumettre « par motif de conscience » et de payer ses impôts.
- On se plaint de Trudeau, de Macron. Mais quand une autorité demande quelque chose qui n'est pas contraire à la Parole, on se soumet. Payer ses impôts n'est pas contraire à la Parole : pas de travail au noir. « Toute autorité vient de Dieu. Ça ne veut pas dire que ce sont des hommes pieux. »
7. Se soumettre les uns aux autres
- Avant de parler du couple, Paul demande : « Vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éphésiens 5:21). La soumission mutuelle, c'est ne pas vouloir dominer l'autre ni lui imposer sa volonté, ce que des personnalités fortes ou contrôlantes font parfois sans s'en rendre compte.
- On ne peut pas forcer la soumission de quelqu'un. Brandir « Femmes, soyez soumises à vos maris » devant son épouse ne marche pas : « Ce n'est pas ton verset. » Le rôle de celui qui a autorité est d'être un modèle et d'inspirer par l'exemple.
- Entre pasteur principal et pasteur de campus, on n'aborde pas une réunion en disant « écoute-moi, je suis le chef ». On réfléchit ensemble. La soumission mutuelle, c'est reconnaître de tous côtés que la vraie autorité est Dieu, et respecter l'ordre qu'il établit dans une atmosphère d'humilité.
- En fin d'épisode, l'animateur pose des questions éclair. Il y a des abus dans mon Église ? « Parle. Et si personne ne s'occupe de la situation, fuis. » Je ne me soumets qu'à Jésus ? « La preuve de ta soumission à Jésus, c'est ta soumission aux autorités que Jésus établit. »
- Je ne suis pas à l'aise avec la hiérarchie ? Une Église sans une forme de hiérarchie établie par Dieu n'est pas une Église. « Seul Dieu peut me juger » ? C'est le signe d'un cœur rebelle. C'est contre mes valeurs ? Assure-toi que tes valeurs sont celles de Dieu ; mais si une autorité te demande de désobéir à la Parole, ne le fais jamais.
- Dernière question : « Je suis libre, personne ne va me dire quoi faire. » Réponse : « Si tu penses que personne ne va te dire quoi faire, tu n'es pas libre. Tu es enchaîné, esclave de ta propre volonté. Tu as besoin d'être libéré par la pratique de la soumission. »
Points à retenir
- La soumission se choisit librement. Imposée, elle devient de la tyrannie. Elle n'est ni faiblesse, ni passivité, ni silence devant l'abus.
- On ne peut pas être soumis à Dieu sans être soumis aux Écritures et aux autorités qu'il a établies.
- Dans 1 Pierre 5, Dieu résiste aux orgueilleux des deux côtés : au responsable qui tyrannise et à celui qui refuse toute autorité. Il élève les humbles.
- La soumission commence quand tu n'es pas d'accord. Tu peux parler, puis te soumettre ou partir pour une raison majeure, mais pas diviser.
- Être libre, ce n'est pas faire ce qu'on veut : c'est être libéré du besoin de faire sa volonté et d'avoir toujours raison.
Application personnelle
- Y a-t-il des versets que tu « découpes » dans ta pratique parce qu'ils te dérangent ?
- Quand tu pries « que ta volonté soit faite », ta vie dit-elle la même chose dans ton couple, ton Église, ton travail ?
- Face à un désaccord avec un responsable, es-tu allé lui parler, ou en as-tu parlé aux autres ?
- Quelles attentes irréalistes as-tu envers ton pasteur ou ton Église ?
- Dans quelle relation as-tu besoin de pratiquer la discipline de ne pas avoir le dernier mot ?
Versets cités
- 1 Pierre 5:1-9
- 1 Pierre 2:13-21
- Romains 13:1-7
- Éphésiens 5:21-22
- Matthieu 6:10
- Jean 21:15-17
- Genèse 2:16-17
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la soumission selon la Bible ?
Le mot du Nouveau Testament, hupotassô, signifie se placer sous l'autorité de quelqu'un. Pour David Pothier, la soumission se choisit : elle ne peut pas être imposée. Une soumission forcée n'est pas de la soumission, c'est de la tyrannie. Elle n'est ni faiblesse, ni passivité, ni silence devant l'abus.
Que faire si je ne suis pas d'accord avec les responsables de mon Église ?
La soumission commence justement quand on n'est pas d'accord. Il faut d'abord aller parler aux responsables. Si la direction ne change pas, il reste deux options : se soumettre ou, si la question est majeure, partir. L'option que l'on n'a pas bibliquement, c'est de créer des groupes d'influence dans l'Église.
Faut-il se soumettre à un gouvernement qui ne craint pas Dieu ?
Oui, tant qu'il ne demande rien de contraire à la Parole de Dieu. David Pothier rappelle que Paul écrit Romains 13 aux chrétiens de Rome sous l'empereur Néron, qui persécuta les chrétiens. Payer ses impôts n'est pas contraire à la Parole. Mais si une autorité demande de désobéir à Dieu, on obéit à Dieu d'abord.