1 Samuel 1 : espérer en Dieu par la prière

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Introduction

Tim Wilson ouvre à St Jude's Anglican Church, à Carlton, une nouvelle série sur le premier livre de Samuel. C'est la période des vacances scolaires, alors il commence avec les enfants, en reprenant le petit refrain appris à l'école du dimanche pour retenir les grandes étapes de l'histoire biblique : la création, la chute, le déluge, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, l'Égypte, Moïse, Josué et la conquête, puis les Juges. Une question les accompagne : à quels moments les choses tournent-elles vraiment mal ?

Le décor de 1 Samuel n'a rien de glorieux. Le livre des Juges se termine par ces mots : « En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon. » Le livre de Ruth, qui se déroule à la même époque, commence par une famine. Le peuple est dans la terre promise, mais elle ne ruisselle pas de lait et de miel. Les choses semblent sans espoir.

C'est dans ce contexte que s'ouvre l'histoire d'Anne. Le prédicateur en tire un message simple et pratique : « Nous pouvons espérer activement en Dieu en priant. »

Plan du message

1. Comment lire les récits de l'Ancien Testament

  • 1 Samuel est de l'histoire, un récit vrai et magnifiquement construit. Tim Wilson reprend une image entendue récemment : un portrait peut être une très belle œuvre d'art tout en représentant fidèlement la personne peinte.
  • Ces récits racontent ce qui s'est passé, ils ne donnent pas des instructions. Quand on lit qu'Elkana avait deux femmes, ce n'est pas un modèle à suivre.
  • Le narrateur commente rarement. Il faut regarder les personnages, voir comment les choses tournent pour eux et comment Dieu agit dans la grande histoire.
  • Ces récits sont aussi une prophétie : Dieu parle par son Esprit. On les écoute dans la prière et l'obéissance.
  • Avant la lecture, le prédicateur propose trois exercices : découper le texte en scènes comme une pièce de théâtre, souligner tous les mots qui disent ce que ressent Anne (une bonne activité à faire avec de jeunes enfants), ou se mettre dans la tête d'un personnage pour voir ce qu'il a de bon et de moins bon.

2. Première scène : une famille ordinaire, une situation sans issue

  • On s'attendrait à rencontrer un héros, peut-être un roi, puisque Ruth s'achève sur une lueur d'espoir avec la lignée de David. À la place, on rencontre Elkana, « un homme sans importance venu de nulle part en particulier ». Sa généalogie remonte sur trois générations, mais aucun de ces noms ne revient dans la suite, et les commentateurs ne savent pas vraiment où se trouvait sa ville.
  • Puis vient quelque chose qui n'a rien d'ordinaire, mais dans le mauvais sens : Elkana a deux femmes, l'une a des enfants, l'autre non. « Ce n'est vraiment pas un bon début. »
  • Le prédicateur compare ce pèlerinage annuel aux fêtes de Noël que certains redoutent : l'oncle qui va encore trop boire, la grand-mère qui va encore demander pourquoi tu n'as pas trouvé quelqu'un à épouser. Noël peut être un temps de solitude ou de deuil. Pour Anne, ce voyage est un moment terrible : « Sa rivale lui prodiguait les mortifications, pour la porter à s'irriter » (1 Samuel 1:6).
  • Éli n'inspire guère confiance. La première chose qu'on apprend à son sujet, ce sont les noms de ses fils, Hophni et Phinées. Les récits bibliques sont faits pour être relus, et le lecteur sait déjà que ces prêtres sont corrompus. Éli lui-même prend la prière d'Anne pour de l'ivresse. Il reconnaît son erreur, et quelques chapitres plus loin il écoute bien Dieu, mais le narrateur veut qu'on sache que la prêtrise n'est pas en bon état : « une couche de plus de désespoir ».
  • Qu'aurais-tu fait à la place d'Anne ? Beaucoup répliqueraient par une remarque cinglante. D'autres baisseraient simplement les bras, persuadés que rien ne changera jamais.

3. Deuxième scène : Anne espère en Dieu en priant

  • Au verset 9, Anne se lève, et dans l'amertume de son âme elle prie l'Éternel en pleurant. Anne a une espérance : elle espère en Dieu, et elle l'exprime en priant. « Quand tout semble sans espoir, la meilleure chose à faire, c'est de prier. » Nous prions parce que nous savons que Dieu prend soin de nous.
  • Sa prière est audacieuse, elle attend une grande réponse. Au verset 11, elle appelle Dieu « l'Éternel des armées ». L'Éternel est le nom personnel de Dieu, son nom d'alliance : pas une force universelle dans laquelle puiser. « Anne n'essaie pas de manifester un bébé d'une manière ou d'une autre. » Elle prie le Dieu personnel et relationnel, le Dieu d'Abraham, le Dieu de son peuple. Et il est l'Éternel des armées, le Dieu puissant. C'est le bon Dieu vers qui se tourner dans une situation sans espoir.
  • Sa prière est aussi pleine d'émotion. Elle pleure tant que les mots ne sortent pas : elle parle dans son cœur, ses lèvres remuent, mais on n'entend pas sa voix. Dans la Bible, personne ne prie ni ne lit dans sa tête, d'où la méprise d'Éli. C'est pourquoi Jésus dit d'entrer dans sa chambre pour prier en secret.
  • Anne est un modèle de prière face à une situation sans espoir, à la fois personnelle et nationale. Éli la rejette d'abord, puis il approuve sa prière, et Dieu entend et répond.
  • Plus tard, à Gethsémané, Jésus prie de la même manière. Hébreux 5:7 dit qu'il a présenté « avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort ». Comme Anne, tu peux pleurer et même exprimer ton amertume. Il y a quelque chose de puissant à dire ses prières à voix haute. Et quand tu ne trouves pas les mots, Romains 8 assure que le Saint-Esprit porte malgré tout tes prières à Dieu.
  • Au verset 18, Anne s'en va, elle mange, « et son visage ne fut plus le même ». Le prédicateur souligne : « Ce n'est pas la réponse à la prière qui rend Anne pleine d'espoir. N'est-ce pas surprenant ? C'est l'acte même de prier. » C'est encore mieux que de parler avec un ami : Dieu comprend tout, il a toujours du temps pour toi, il ne t'oublie jamais.

4. Troisième scène : Elkana, de l'espoir en soi à l'espoir en Dieu

  • Elkana est un personnage compliqué. Tim Wilson avoue avoir changé d'avis plusieurs fois à son sujet. Prendre une seconde femme n'était pas une bonne chose. Il l'a sans doute fait parce qu'il avait perdu l'espoir qu'Anne ait des enfants : « On peut être un peu compatissant, mais pas vraiment. »
  • Du côté positif, il emmène chaque année sa famille adorer Dieu et offrir des sacrifices. Il dit aimer Anne, et c'est bien pour elle, mais le favoritisme dans une famille cause toujours des problèmes. Et pourquoi ne dit-il pas à Peninna de laisser Anne tranquille ?
  • Ce qu'il fait bien : il voit que la naissance de Samuel n'est pas le fruit du hasard, mais la réponse à la prière d'Anne. Selon la loi de l'Ancien Testament, il avait le droit d'annuler le vœu de sa femme, puisqu'il le concernait aussi. Il fait le contraire et veille à ce qu'elle tienne sa promesse : « Fais ce qui te semblera bon […]. Veuille seulement l'Éternel accomplir sa parole ! » (verset 23).
  • Pour le prédicateur, Anne a peut-être aidé Elkana à passer du désespoir à l'espérance, et surtout à déplacer son espoir de ses propres actions vers le Dieu tout-puissant.

5. Le grand plan de Dieu derrière une histoire de famille

  • 1 Samuel commence en zoomant sur une petite famille, dans une situation ordinaire et difficile. Mais Anne ne garde pas les yeux fixés là. Elle prie l'Éternel des armées, et son cantique, au chapitre 2, montre une grande vision théologique. Elle sait voir le plan de salut de Dieu dans une situation quotidienne et sans espoir.
  • Le point de ce récit n'est donc pas : « Si je veux un enfant, il me suffit de prier et de faire une promesse à Dieu. » Dieu ne promet pas cela. Même dans l'Ancien Testament, toute l'histoire montre que cette naissance est inhabituelle, et que Dieu a ici un projet particulier.
  • Anne en est consciente. Elle prie le Dieu des armées, ce qui semble une réponse étrange à une situation familiale, et elle promet déjà de donner l'enfant à Dieu. Elle ne demande pas seulement pour elle-même : son souci, c'est tout le peuple de Dieu.
  • De même, un homme sans enfant ne devrait pas se dire, comme Elkana, qu'il doit épouser quelqu'un d'autre : ce n'est pas le point du récit. « En un sens, cette histoire ne parle pas d'infertilité. »

6. Une parole pour ceux qui attendent un enfant

  • En même temps, l'histoire d'Anne montre que Dieu entend et que Dieu prend soin. Il ne s'occupe pas seulement de la grande histoire : il connaît intimement les gens ordinaires.
  • Le prédicateur s'adresse à ceux qui désirent des enfants : hommes et femmes qui n'ont pas trouvé quelqu'un à épouser, couples qui n'ont pas pu concevoir, personnes qui ont vécu la déception de plusieurs fausses couches. « Chacun ici lui est précieux, il entend et il connaît ta douleur. »
  • Il est juste d'exprimer cela à Dieu dans la prière, comme Anne. Il est bon de demander un enfant ou un conjoint : ce sont de bonnes choses à demander.
  • Si Dieu ne donne pas ce que tu demandes, ce n'est pas parce que tu manques de foi, ni parce que tu es puni pour un péché, ni parce que tu n'as pas prié de la bonne manière. Nous faisons confiance à Dieu, qui agit pour notre bien d'une façon que nous ne voyons pas.
  • Jésus a prié pour être sauvé de la mort. Dieu a répondu : il l'a sauvé de la mort, mais seulement après qu'il a souffert et qu'il est mort sur la croix.

7. Jésus, la réponse à la prière d'Anne

  • La réponse à la prière d'Anne se déploie lentement jusqu'à la naissance de Jésus. Lui aussi naît dans des circonstances familiales inhabituelles et difficiles, dans une famille qui vit dans un autre endroit perdu.
  • Comme Samuel, Jésus est un fils donné par son parent, le Père céleste. « Anne a donné son enfant pour le salut d'Israël. Dieu a donné son Fils pour notre salut. »
  • En faisant confiance à Jésus, tu deviens partie du grand plan de salut de Dieu. Quelles que soient tes raisons de te sentir sans espoir, tu peux exprimer ton espérance en Jésus par la prière.
  • En Jésus, tu as l'espérance d'un avenir meilleur : l'espérance certaine de la vie éternelle dans la famille de Dieu, où il n'y a ni deuil ni douleur, seulement la joie d'être avec Dieu au milieu de son peuple. Le message se termine par le chant « Come Unto Jesus ».

Points à retenir

  • Les récits de l'Ancien Testament racontent ce qui s'est passé : ils ne sont pas un mode d'emploi.
  • Quand tout semble sans espoir, la meilleure chose à faire est de prier : la prière exprime notre espérance en Dieu.
  • Anne prie l'Éternel des armées, le Dieu personnel et puissant, avec audace et avec larmes.
  • Son visage change avant la réponse : c'est l'acte de prier qui lui rend l'espoir.
  • Anne a donné son fils pour le salut d'Israël, Dieu a donné son Fils pour notre salut : en Jésus, notre espérance est certaine.

Application personnelle

  1. Dans quelle situation de ta vie es-tu tenté de répliquer avec amertume ou de baisser les bras, plutôt que de prier ?
  2. Quand tu pries, t'adresses-tu à un Dieu personnel et puissant, ou à une force vague dont tu attends un résultat ?
  3. Oses-tu dire à Dieu ta peine telle qu'elle est, avec tes larmes, même quand les mots ne viennent pas ?
  4. Si Dieu ne t'a pas encore donné ce que tu lui demandes, comment peux-tu lui faire confiance pour ton bien sans te croire puni ou manquer de foi ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi la situation d'Anne semble-t-elle sans espoir dans 1 Samuel 1 ?

Anne n'a pas d'enfant, son mari a une seconde femme, Peninna, qui la provoque chaque année lors du pèlerinage à Silo. Autour d'elle, la prêtrise est corrompue et le peuple vit l'époque des Juges, sans roi. Pour Tim Wilson, chaque détail du récit ajoute une couche de désespoir.

Que nous apprend la prière d'Anne ?

Anne exprime son espérance en Dieu en priant. Elle s'adresse à l'Éternel des armées, le Dieu personnel et puissant, avec audace et avec larmes. Tim Wilson remarque que son visage change avant même la réponse : c'est l'acte de prier qui lui rend l'espoir.

1 Samuel 1 promet-il un enfant à ceux qui prient ?

Non. Tim Wilson insiste : ces récits racontent ce qui s'est passé, ils ne sont pas un mode d'emploi, et la naissance de Samuel est inhabituelle, liée au plan de Dieu pour son peuple. Il est bon de demander un enfant à Dieu, et s'il ne le donne pas, ce n'est ni un manque de foi ni une punition.

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