Introduction
Adam Mesaric, pasteur chargé du discipulat et de l'accompagnement à Liberti Church Gold Coast, poursuit la série « Quand vient le vrai réveil » avec un troisième message : quand le réveil vient, notre premier amour est renouvelé.
Le réveil, explique-t-il, c'est le moment où Dieu descend et où sa présence inonde la réalité. Une saison particulière que Dieu accorde à son Église, où plus de terrain spirituel est gagné en une semaine, un mois ou une année qu'en une décennie ou un siècle. Les chrétiens retrouvent leur vigueur spirituelle, et ceux qui ne croient pas se réveillent au nom de Jésus et deviennent ses disciples. On ne peut pas le fabriquer : « Il n'y a pas de mot précis, pas de rituel, pas de formule. » On regarde l'histoire pour lever les yeux vers le ciel et dire : « Seigneur, refais-le. »
Le message suit deux fils : la lettre de Jésus à l'Église d'Éphèse en Apocalypse 2:1-7, et le grand réveil coréen de 1903 à 1910. Avec une conviction centrale : la repentance prépare la restauration.
Plan du message
1. Quand le réveil vient, l'amour se ranime
- Le grand réveil coréen s'est déroulé en trois temps : à Wonsan, ville côtière, en 1903 ; à Pyongyang, aujourd'hui capitale de la Corée du Nord, au sommet du réveil en 1907 ; puis en 1909 et 1910, avec le mouvement « Un million d'âmes ».
- Un des signes distinctifs du réveil est un déluge de l'amour, de la gloire et de la sainteté de Dieu sur son peuple. Dans sa lumière, on voit qui l'on est vraiment.
- Cette lumière révèle les péchés enracinés et les schémas destructeurs, mais aussi l'attitude du cœur envers Dieu et envers les autres. Elle agit comme un thermomètre spirituel : on découvre que l'affection pour Dieu et l'amour pour les autres se sont refroidis.
- Cela arrive à des gens fidèles : engagés dans la grande mission, sur le terrain, dans une équipe de service.
- Suivent des vagues de repentance personnelle et collective, puis un rallumage de l'amour pour Dieu et pour les autres.
2. La repentance n'est pas un gros mot
- Le prédicateur sait que le mot « repentance » donne des frissons. Il raconte un souvenir de sixième année, quand ses parents l'ont inscrit dans une école de garçons à Brisbane.
- En voiture, son père lui parle du directeur, qui était déjà enseignant à l'époque où lui-même y étudiait : il en rentrait avec les jointures en sang et les fesses douloureuses. De quoi semer la peur.
- Quelques mois plus tard, une bagarre (il ne peut « ni confirmer ni infirmer », ses parents étant assis au premier rang). Convoqué chez le directeur, il arrive honteux et désolé d'avoir blessé l'autre garçon, et dit : « Je suis désolé. » Le directeur se lève, pointe le doigt et le sermonne pendant quinze minutes.
- Pour beaucoup, la repentance ressemble à cette convocation chez un directeur en colère. Ce n'est pas du tout ce qui se passe quand on va vers notre Seigneur et Sauveur.
- « La repentance est belle. » C'est un acte rempli de la miséricorde et de la grâce de Dieu : le cœur humble et brisé se détourne de son péché et de lui-même, regarde son Sauveur et le trouve les bras ouverts, prêt à pardonner et à guérir. De l'autre côté, il y a la liberté, la guérison et la joie.
3. Celui qui tient l'Église et marche au milieu d'elle
- Apocalypse 2:1 : « Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or. »
- Sept Églises : dans l'Apocalypse, le chiffre sept dit la plénitude. Jésus ne parle pas seulement à Éphèse, il parle à toute l'Église.
- Les étoiles sont les représentants angéliques de chaque Église : il y a une réalité spirituelle de l'Église. Jésus les tient : il est souverain, c'est son Église. Il marche au milieu des chandeliers : il est proche.
- Éphèse était une des plus grandes villes de l'Empire romain : riche, port majeur et centre commercial, très multiculturelle. On y pratiquait le culte impérial, qui adorait César comme un dieu, et le culte d'Artémis, aussi appelée Diane, déesse de la fertilité.
- Paul y a fondé l'Église avec Priscille et Aquilas, y est revenu plusieurs années, puis y a laissé Timothée. Selon la tradition, l'apôtre Jean a ensuite veillé sur cette Église, probablement avec Marie, la mère de Jésus.
4. Une Église qui travaille sans le cœur
- Jésus commence par des éloges : « Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance » (versets 2-3 et 6). Les Éphésiens ne tolèrent pas le mal, rejettent les œuvres des Nicolaïtes et éprouvent les prétendus apôtres à la lumière des Écritures, comme Paul les en avait avertis (Actes 20:28-30).
- Puis le verset 4 : « Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour. » Imagine entendre ces mots de ton Roi dans la salle : « un coup de poignard au cœur ».
- Ils ont enduré la souffrance, mais ont cessé de se réjouir de celui pour qui ils souffraient. Ils avaient la main à la charrue, mais avaient laissé l'amour qu'ils avaient pour Jésus-Christ.
- Une Église qui avait lu les bons livres de théologie, qui défendait ses convictions et repérait le loup déguisé en agneau en un clin d'œil. « Ils faisaient l'œuvre du Christ, mais sans le cœur du Christ. » La tête savait, les mains travaillaient, le cœur avait été contourné.
- Paul le dit en 1 Corinthiens 13:2-3 : sans l'amour, même une foi qui transporte les montagnes ne vaut rien.
- Le prédicateur rappelle les deux piliers non négociables de Liberti : la doctrine de l'Évangile et la culture de l'Évangile, c'est-à-dire un amour sincère pour Jésus et pour les autres. Il encourage l'Église, qui aime de belle manière. Mais que faire quand on s'aperçoit, personnellement, que l'affection se refroidit, engourdie par les occupations ou par un rythme trop rapide ?
5. Robert Hardy : un missionnaire découragé
- Le protestantisme arrive en Corée vers les années 1880. En 1890, Robert Hardy, médecin canadien, part en mission avec sa femme et sa fille de deux ans.
- Treize ans plus tard, son zèle et son amour se sont refroidis. Il a été fidèle, a témoigné du Christ, a tenu bon dans une Corée entourée de nations en guerre, mais il est accablé par un sentiment d'échec. Il écrit qu'il a vu beaucoup de gens accepter l'Évangile intellectuellement, mais peu en donner la preuve comme d'une expérience vécue, et que ces quelques-uns étaient surtout le fruit du travail d'autres.
- Invité à une conférence biblique à Wonsan, on lui demande de préparer un message sur la prière. En le préparant, il vit un mouvement profond du Saint-Esprit. Il est convaincu d'orgueil, de dureté de cœur, de dépendance envers lui-même et de manque de foi.
- Il se repent devant Dieu, puis confesse son péché devant les missionnaires, puis devant toute l'Église coréenne au moment de prêcher. La paix et la joie l'envahissent. Un collègue témoigne de son changement : du sérieux, du zèle pour le Royaume et de la douceur.
- Les chrétiens coréens, saisis par ce changement, sentent à leur tour le Saint-Esprit les convaincre de péché. Le réveil éclate. Entre 1903 et 1906, le nombre de chrétiens triple, de 24 000 à environ 70 000.
6. Souviens-toi, repens-toi, pratique tes premières œuvres
- Apocalypse 2:5 : « Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres. » Trois instructions, des instructions pleines de miséricorde.
- Se souvenir. Te rappelles-tu le moment juste avant que Jésus te trouve : perdu, dans l'obscurité, esclave, brisé ? Puis son murmure, le jour où il t'a appelé par ton nom, où il t'a racheté par son sang versé sur la croix, t'a libéré et guéri. Te rappelles-tu les larmes sur ton visage, et l'envie de ne plus bouger tellement c'était le ciel sur la terre ?
- Le salut est comme une chanson dont on oublie parfois les paroles. Une vieille chanson des années 60 à 90 te ramène en arrière comme une machine à remonter le temps. Pour le prédicateur, c'est l'odeur des vieux livres qui le ramène dans une bibliothèque précise. Se souvenir ranime l'affection pour le Christ.
- Se repentir. La repentance change la réalité : changement de pensée, de volonté et de direction. On cesse de fixer ses péchés ou soi-même, on dit « assez » et on regarde Jésus. On passe des ténèbres à la lumière, de la colère à la joie, de la mort à la vie.
- Pourquoi hésiter ? Peut-être la peur du directeur en colère. Peut-être quelqu'un a-t-il utilisé contre toi ce que tu lui avais confié. Peut-être es-tu lassé de ce péché, ou as-tu du mal à croire que Dieu pardonne simplement. Pourtant, « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner » (1 Jean 1:9), et la bonté de Dieu te pousse à la repentance (Romains 2:4).
- Tu n'as pas besoin de te réparer avant de venir. Tu cours vers lui, encore et encore. « Faisons de la repentance la chose la plus normale de nos vies. »
- Pratiquer les premières œuvres. Jésus ne dit pas : repens-toi et contente-toi de tes émotions. Il dit : reviens à ce que tu faisais quand tu as aimé pour la première fois. Le devoir contraint devient joie sincère, l'amour pour les autres se rallume, et les gens voudront savoir pourquoi : autant d'occasions de partager la bonne nouvelle.
7. Pyongyang 1907 et l'arbre de vie
- Début janvier 1907, environ 1 500 chrétiens coréens se réunissent à Pyongyang pour étudier la Bible et prier pour le réveil. Au début, les prières semblent sans vie, presque décourageantes.
- Après plusieurs soirs, un esprit d'attente s'installe. Tant de personnes veulent prier que le responsable dit : « Si vous voulez prier ainsi, que tout le monde prie. » Les 1 500 prient à voix haute, non par des cris enflammés, mais par des soupirs profonds tournés vers Dieu, qui deviennent des pleurs.
- Un tournant survient quand deux responsables de l'Église coréenne confessent devant tous l'amertume qu'ils nourrissaient l'un envers l'autre. Après la seconde confession, le ciel semble s'ouvrir. Aucune confusion : une seule harmonie de prière, comme un seul cri vers Dieu.
- Jusqu'en 1910, le réveil se répand dans toute la Corée. En 1977, selon le prédicateur, l'Église protestante de Corée du Sud dépasse 2,7 millions de membres. Aujourd'hui, la Corée du Sud compte la plus grande Église pentecôtiste et la plus grande Église presbytérienne du monde et l'une des plus grandes Églises méthodistes, et elle envoie le plus de missionnaires après les États-Unis. Parce qu'ils se sont souvenus, se sont repentis et sont revenus aux premières œuvres.
- Verset 7 : « A celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. » Le premier arbre de vie, en Éden, a été perdu par la désobéissance du premier Adam. Il est restauré par l'obéissance de Jésus-Christ, le second Adam.
- On vainc en s'accrochant au Vainqueur : en se souvenant de lui, en se repentant du péché qu'il a vaincu à la croix, en faisant de son amour le carburant de nos œuvres.
- Le prédicateur confie avoir été convaincu d'un péché semblable à celui de Hardy en préparant ce message : diligent, mais découragé dans le travail. « Je ne veux plus que ce soit à propos de moi. » Il veut diminuer pour que Jésus croisse, être non plus un panneau publicitaire mais une vitre transparente à travers laquelle on ne voit que Jésus-Christ.
- Il invite ceux qui ne connaissent pas encore Jésus à se détourner d'eux-mêmes et à lui dire « Oui, Seigneur », et ceux qui le suivent depuis des années à demander au Saint-Esprit, pendant la sainte cène, ce qu'il veut leur révéler.
Points à retenir
- Une Église peut être fidèle, travailleuse et solide dans sa doctrine, tout en ayant abandonné son premier amour.
- La repentance n'est pas une convocation chez un directeur en colère : c'est la rencontre d'un Sauveur qui attend les bras ouverts.
- Jésus donne un chemin de retour : se souvenir, se repentir, pratiquer les premières œuvres.
- Le réveil coréen a commencé par la confession d'un missionnaire découragé, puis par celle de responsables réconciliés.
- On vainc en s'accrochant au Vainqueur, Jésus, qui rend accès à l'arbre de vie.
Application personnelle
- Si tu prenais ta température spirituelle aujourd'hui, ton affection pour Jésus serait-elle chaude ou refroidie ?
- Te souviens-tu du moment où Jésus t'a trouvé ? Prends le temps de te le rappeler cette semaine.
- Qu'est-ce qui te fait hésiter à te repentir : la peur, une confiance trahie, la lassitude, ou le doute que Dieu pardonne vraiment ?
- Quelles « premières œuvres » as-tu laissées depuis que tu as connu le Seigneur ?
- Y a-t-il une amertume envers quelqu'un que tu dois confesser, comme les deux responsables de Pyongyang ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire « abandonner son premier amour » dans Apocalypse 2 ?
L'Église d'Éphèse travaillait dur, persévérait et éprouvait les faux apôtres. Mais elle faisait l'œuvre du Christ sans le cœur du Christ. Pour Adam Mesaric, la tête savait quoi faire et les mains travaillaient, mais le cœur avait été contourné : l'amour pour Jésus s'était refroidi.
Pourquoi la repentance n'est-elle pas un mot négatif ?
Adam Mesaric compare la peur de la repentance à la convocation dans le bureau d'un directeur en colère. Or le Seigneur n'est pas ce directeur. La repentance est un acte rempli de la miséricorde et de la grâce de Dieu : le cœur brisé se détourne de son péché, regarde vers son Sauveur et le trouve les bras ouverts. De l'autre côté de la repentance, il y a la liberté, la guérison et la joie.
Qu'est-ce que le grand réveil coréen ?
C'est un réveil survenu en Corée entre 1903 et 1910, en trois temps : Wonsan en 1903, Pyongyang en 1907, puis le mouvement « Un million d'âmes » en 1909 et 1910. Il a commencé quand le missionnaire Robert Hardy a confessé publiquement son orgueil et s'est repenti. Il a été marqué par la confession des péchés, la prière commune et une forte croissance de l'Église.