Artisan de paix : sème l'unité là où Dieu t'a placé

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Artisan de paix : sème l'unité là où Dieu t'a placé | David Le Veo | Efficient Church

Introduction

À trois jours de la nouvelle année, David Le Veo (Église SOS Lyon) aborde un sujet qui le touche depuis un moment : l'unité. Paul écrit en Éphésiens 4:3 : « Efforcez-vous de conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix », et en Philippiens 2:2 : « Rendez ma joie parfaite en vivant en plein accord. Ayez un même amour, un même cœur, une unité de pensée. » Si Paul encourage les Églises à garder cette unité, c'est qu'on devine que c'est un défi pour l'humanité.

L'unité est une valeur du royaume de Dieu, en tout point opposée à la division que Satan veut mener sur cette terre. Il suffit d'allumer la télé ou les infos pour en être témoin. La Parole nous demande d'aimer Dieu et d'aimer notre prochain, deux piliers fondamentaux de notre foi. Satan le sait : il travaille fort pour nous séparer de Dieu, mais aussi pour nous séparer les uns des autres, pour amener la discorde. Et en tant que Français encore davantage, dès qu'on nous pose une question, il faut qu'on se positionne. En réalité, cela ne fait que nous séparer de notre prochain, pas nous unir.

David pose une question : qui a déjà ressenti une distance, une barrière avec un autre être humain simplement parce qu'on n'aime pas les mêmes choses, qu'on ne pense pas pareil, qu'on ne vient pas du même endroit ? En tant qu'enfants de Dieu, nous sommes appelés à rester connectés à notre Créateur, mais aussi à être ce pont d'amour entre Dieu et les hommes, porteurs d'amour, de paix et d'unité. Le message se déploie en trois étapes.

Plan du message

1. Être un artisan de paix, d'amour et d'unité

  • Dieu nous envoie dans un monde corrompu et divisé par le péché pour y amener son royaume, avec toutes ses valeurs et tous ses fruits. C'est à nous de nous adapter à notre entourage pour être ce vecteur, ce canal, cet outil de la bonne nouvelle.
  • L'exemple de Paul en 1 Corinthiens 9:19-23 : « Bien que libre vis-à-vis de tous, je me suis fait esclave de tous afin de gagner le plus grand nombre. [...] Je me suis fait tout à tous afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. » Paul avait saisi qu'il était artisan du royaume de Dieu. Pour cela, il a su s'adapter, apprendre d'autres langues, d'autres cultures.
  • S'adapter ne veut pas dire se travestir pour plaire au monde ni tolérer le péché. Paul ne l'a jamais fait : il n'a jamais détourné la doctrine ni le message de l'Évangile. Le message était le même, mais il a su faire taire sa personnalité et son désir d'exister à certains moments.
  • Si tu arrives dans un échange avec des amis ou des collègues en imposant ton avis politique, tes certitudes sur le bon sport, la bonne équipe ou la bonne manière de cuire un steak, tu sais que tu vas juste amener la division. Ça dépend de ton état de cœur. Il faut refuser l'orgueil qui régit bien souvent nos cœurs et nous considérer comme plus petits. Facile à dire, pas facile à faire : humainement, on se croit toujours supérieur aux autres.
  • Paul était un des plus grands maîtres de la loi, reconnu et valorisé de toute sa communauté, et il s'est fait, à l'image de Jésus, comme le plus petit pour amener l'Évangile partout dans le monde. Le but : garder cette humilité afin que la bonne nouvelle trouve son chemin dans le cœur de ceux que Dieu met à nos côtés.
  • Romains 14:1-4 parle aussi de cette disposition de cœur : « Accueillez celui qui est faible dans la foi sans discuter ses opinions. [...] Qui es-tu pour juger le serviteur d'un autre ? Qu'il tienne bon ou qu'il tombe, cela ne regarde que son Seigneur, mais il tiendra bon car Dieu a le pouvoir de l'affermir. » Paul s'adresse à un peuple divisé à Rome : d'un côté des religieux, de l'autre des tout jeunes dans la foi qui ne savent pas tout faire comme il faut. Son cœur, c'est de réunir tout ça : arrêtez de vous juger, de vous comparer, et soyez dans l'unité, la miséricorde, l'amour.
  • C'est bien Dieu qui a le pouvoir d'affermir et de changer un cœur. Pas notre jugement, pas nos arguments, pas nos prises de position. Il ne t'a pas forcé la main, il ne t'a pas argumenté un message : il t'a simplement aimé comme tu étais. À notre tour d'aimer les gens comme ils sont.
  • Le témoignage de David : il gère des travaux de rénovation depuis plus de 15 ans avec des plombiers, électriciens, carreleurs, maçons. Sur chaque chantier, dès qu'il y a un souci ou l'envie d'avancer plus vite que l'autre, chacun tire la couette à lui : « Non, c'est moi d'abord et toi après. » On sait pourtant qu'ensemble, ça irait beaucoup plus vite. Et ce réflexe d'avoir raison, de penser à son intérêt, il le retrouve aussi parfois en lui. Quand il a envie de dire « C'est moi le chef, j'ai plus d'expérience que toi », il se rappelle Proverbes 11:12 : « Celui qui méprise son prochain manque de bon sens, mais l'homme qui a de l'intelligence se tait. » Par amour, il faut parfois apprendre à se taire.
  • Les gens qui nous entourent ne pourront pas vivre cette unité sans avoir été transformés par l'action du Saint-Esprit. C'est avec amour, humilité et douceur qu'il nous revient d'annoncer Christ. L'essentiel dans nos amitiés, notre travail, chacune de nos relations, ce n'est pas d'avoir raison, le dernier mot ou nos arguments tout préparés. Là où Dieu t'a placé, la mission est la même : être comme Paul, celui qui s'adapte et se fait plus petit pour amener l'amour et le royaume de Dieu là où tu es. Ça veut dire se taire, faire parfois des compromis sur notre désir de justice et d'être vu des autres, pour que le message passe sans filtre, sans barrière, sans distance.
  • Quand les conversations politiques autour de la table commencent à envenimer les discussions, quand un conflit pourrait dresser des barrières entre toi et ton prochain, rappelle-toi que Dieu t'a aimé le premier et que tout ce qu'il veut faire dans cette relation, c'est aimer cette personne comme elle est. Et il va t'utiliser pour ça. Si Dieu t'a mis dans une famille, une classe, des amitiés, avec des collègues, ce n'est pas par hasard.
  • Première application : avant chaque rencontre (un sous-traitant, un client, n'importe qui), David prie simplement : « Jésus, je veux être ce vecteur d'amour. Je ne veux pas être là pour diviser, pour me faire justice, pour exister ou avoir un fort charisme. Je veux être reconnu par mon amour, par ma douceur. » Dieu voulant, cela peut conduire à une discussion profonde sur les problèmes de la personne, puis à l'opportunité d'échanger sur Jésus et de prier pour elle. Ce réflexe prend trois secondes, comme allumer un bouton dans le cerveau, mais ce n'est pas un acquis : la fatigue et les circonstances nous rappellent chaque jour notre chair, alors il faut le refaire à chaque fois. Nous ne pouvons pas être artisans de paix par nos propres forces, ça nous dépasse.

2. Ton entourage sera attiré comme un aimant par la source qui est en toi

  • Le monde est attiré par les valeurs du royaume de Dieu, notamment l'unité, et par cette source qui est en nous : le Saint-Esprit, par lequel nous pouvons animer nos conversations.
  • La quatrième valeur de l'Église SOS, c'est faire des disciples de Jésus-Christ. Comment ? Le pasteur Matt a encouragé à ouvrir nos maisons et à dresser la table, et c'est une très bonne initiative. Mais on doit aussi se préparer avec conscience à être ces vecteurs d'amour et d'unité, réfléchis et intentionnels dans notre désir d'attirer les gens à Christ, au lieu de les faire fuir par notre orgueil, notre sagesse supérieure ou notre avis sur tel ou tel conflit du moment.
  • Les gens seront naturellement attirés par l'amour, la douceur et des fruits qui ne sont pas de façade mais au fond de nous. Ils seront curieux de savoir comment tu peux avoir la paix et la joie dans ta circonstance, comment tu peux les aimer alors qu'ils t'ont fait du mal. L'hypocrisie et les faux-semblants n'attirent personne et ne transforment aucun cœur.
  • Proverbes 17:1 : « Mieux vaut un morceau de pain sec avec la tranquillité qu'une maison pleine de viande avec des disputes. » Ce que les gens voient ne s'arrête pas à un sourire forcé : ils se rendront compte de la supercherie et partiront. Ton voisin, tes collègues, tes amis sentiront bien si tes apparences sont trompeuses ou si tu es sincèrement animé de cet amour inconditionnel. Alors ils sauront que cette source ne vient pas de toi mais de Dieu, et ils voudront la connaître : « Qu'est-ce que c'est que ce truc-là ? Je veux la même chose dans ma vie. Je veux être uni à ce qui te fait vibrer. »
  • La Parole nous enseigne à prendre davantage soin de notre intérieur que de notre extérieur. Jésus est dur avec les pharisiens en Matthieu 23:26 : « Nettoyez premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin que l'extérieur aussi devienne net. » Le monde, lui, nous pousse à soigner notre enveloppe, ce qui paraît et nous donne de nous comparer.
  • L'image des deux vases : David et Josias sont invités au même endroit ce soir, mais se préparent différemment. David met de côté la préparation intérieure : belle tenue, coiffeur, salle de sport, et il y va « comme il est », un peu vide, avec ses propres ressources. Josias, lui, veut avoir un impact dans le cœur des gens et mettre en avant la source qui est en lui : il passe du temps dans la prière (« Seigneur, comment être ce vecteur d'unité ce soir ? Comment bénir une personne ? »), et le Saint-Esprit peut lui glisser des mots d'encouragement et des paroles de sagesse. À la soirée, avec qui as-tu envie de passer du temps ? Celui qui s'est bien apprêté, ou celui dont le simple regard te transmet l'amour et la compassion de Christ ?
  • Nous ne pourrons rien changer par nos propres efforts à la vie d'une personne. Le seul qui puisse amener une connexion entre notre Créateur et la personne en face de nous, c'est l'Esprit qui est en nous.
  • Deuxième défi : le matin ou avant un entretien, est-ce que je passe autant de temps à me préparer physiquement qu'à me préparer dans la prière, à demander à Dieu ce qu'il a pour ce moment ? David s'inclut pleinement : le matin est souvent speed, on enchaîne, et le soir on fait le bilan qu'on n'a pas vraiment posé la question à Dieu. On l'a fait, et il nous a « suivi ». Quel dommage, alors qu'on pourrait avoir un impact bouleversant sur chaque personne rencontrée dans la journée, de la caissière au supermarché à notre conjoint, parce que nous puisons au bon endroit. L'Esprit de Dieu vit en toi : il est le seul qui puisse avoir un réel impact dans ton entourage. À nous de lui donner toute la place, pour que ces personnes connaissent à leur tour leur Père qui est aux cieux.

3. Le but ultime de Dieu : que la création soit unie avec son Créateur

  • Jean 17:20-21, la prière de Jésus : « Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. » Avant de passer par la croix, Jésus prie à voix haute devant ses disciples : pour lui, pour ses disciples, puis pour ceux qui vont croire. Son seul désir : que ceux qui croiront soient en unité avec son Père.
  • Pour cela, il a besoin de missionnaires, de disciples envoyés dans le monde pour propager sa Parole, afin que tous soient un.
  • Certains objecteront Matthieu 10:34, où Jésus dit qu'il n'est pas venu apporter la paix mais l'épée. Ce sera hélas le cas pour les personnes qui refuseront la bonne nouvelle : ça amènera une division. Mais un peu plus haut, en Matthieu 10:14, Jésus demande de partir de cette maison, d'accepter le triste choix de ces personnes et de les bénir, de prier pour eux. Il ne nous demande pas de nous arrêter en chemin à ce constat.
  • David est persuadé que l'Évangile trouvera bien plus de cœurs ouverts que de portes fermées. Les gens sont littéralement assoiffés d'entendre cette bonne nouvelle ; ils cherchent toutes les solutions pour remplir ce vide en eux, et seul Dieu peut le faire. Jésus n'aurait pas donné cette mission à ses disciples si son Évangile n'avait pas pour but de trouver des cœurs prêts à entendre.
  • Dieu nous a placés sur terre pour l'aimer et aimer notre prochain, et nous a envoyés comme ambassadeurs de son royaume. Par l'amour et la puissance qu'il a mis en nous, nous verrons des vies et des cœurs transformés.
  • Au sortir de Noël, on entend souvent « c'est l'intention qui compte » devant une paire de chaussettes ou un livre sur les mille plus beaux barrages construits par les castors. Mais ici, l'intention est loin d'être suffisante. Oui, nous devons être intentionnels dans la transmission du message, mais c'est ce cadeau lui-même qui contient toute la puissance de la bonne nouvelle : Christ mort à la croix pour que tous soient unis avec son Père. N'ayons pas peur de donner ce cadeau sans compter.
  • Même si nous aimerions apporter d'autres cadeaux, d'autres solutions à ceux qui nous entourent, la seule qui les sauvera de la division, de la solitude et de leurs manquements, c'est l'amour de Christ dans leur vie. Aucune autre solution ne pourra les combler.
  • Conclusion : il ne s'agit pas d'une unité « peace and love » que le monde pense pouvoir accomplir, mais de l'unité qui est dans le cœur de Dieu, de Jésus et de chacun de ses disciples pour que l'humanité le retrouve. Dans cette unité, c'est à nous de nous adapter à ceux qui nous entourent pour annoncer cette bonne nouvelle et être les vecteurs du royaume de Dieu.

Points à retenir

  • L'unité est une valeur du royaume de Dieu, opposée à la division que Satan répand. Nous sommes appelés à la répandre comme corps de Christ et comme individus, là où Dieu nous place.
  • Comme Paul qui s'est fait tout à tous, nous devons nous adapter et nous faire plus petits, sans jamais détourner le message de l'Évangile ni tolérer le péché.
  • C'est Dieu seul qui affermit et change un cœur, pas nos arguments, nos jugements ni nos prises de position. Par amour, il faut parfois apprendre à se taire.
  • Les gens sont attirés comme des aimants par une source authentique, pas par un sourire forcé. Prends plus soin de ton intérieur que de ton extérieur, et prépare-toi dans la prière autant que physiquement.
  • Le but ultime de Dieu, c'est que toute sa création soit unie avec lui (Jean 17). L'intention ne suffit pas : c'est le cadeau de Christ mort à la croix qui contient toute la puissance de la bonne nouvelle.

Application personnelle

  1. Avec qui as-tu ressenti une distance ou une barrière simplement parce que vous ne pensez pas pareil ou ne venez pas du même endroit ? Que se passerait-il si tu l'aimais comme il est, sans chercher à avoir raison ?
  2. Dans quelles conversations (politique, sport, opinions) as-tu tendance à imposer ton avis et à amener la division plutôt que l'unité ?
  3. Avant ta prochaine rencontre (collègue, client, proche), prends trois secondes pour prier : « Jésus, je veux être ce vecteur d'amour, je ne suis pas là pour diviser. » Feras-tu de ce réflexe une habitude ?
  4. Ce matin, as-tu passé autant de temps à te préparer dans la prière qu'à te préparer physiquement ? Qu'est-ce que Dieu a pour tes rendez-vous d'aujourd'hui ?
  5. Tes fruits (amour, douceur, paix) sont-ils de façade ou viennent-ils vraiment de la source qui est en toi ? Que dirait ton voisin ou ton collègue ?

Versets cités

Questions fréquentes

S'adapter aux autres comme Paul, est-ce tolérer le péché ?

Non. Paul s'est fait tout à tous (1 Corinthiens 9), il a appris d'autres langues et d'autres cultures, mais il n'a jamais détourné la doctrine ni le message de l'Évangile. S'adapter, ce n'est pas se travestir pour plaire au monde : c'est faire taire son orgueil et son désir d'exister pour que la bonne nouvelle trouve son chemin dans le cœur de l'autre.

Jésus n'a-t-il pas dit qu'il apportait la division et non la paix ?

Oui, en Matthieu 10:34. Ce sera hélas le cas pour ceux qui refusent la bonne nouvelle. Mais en Matthieu 10:14, Jésus demande simplement de quitter cette maison, d'accepter le choix de ces personnes et de les bénir, sans s'arrêter en chemin. David Le Veo est persuadé que l'Évangile trouvera bien plus de cœurs ouverts que de portes fermées.

Comment devenir concrètement un artisan de paix au quotidien ?

Avant chaque rencontre (un client, un collègue, un proche), prends trois secondes pour prier : « Jésus, je veux être ce vecteur d'amour, je ne suis pas là pour diviser ni pour me faire justice, mais pour te laisser parler en premier. » Ce n'est pas un acquis : la fatigue et les circonstances ramènent chaque jour la chair, donc il faut le refaire à chaque fois.

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