Brebis et boucs : servir Jésus dans ceux qui souffrent

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Introduction

Le dimanche des Rameaux, tu te souviens que Jésus est entré à Jérusalem monté sur un âne, acclamé par la foule. Aujourd'hui, tu ne peux plus le rencontrer physiquement comme ce jour-là. Et pourtant, tu croises sa route bien plus souvent que tu ne le crois, sans même t'en rendre compte.

Dans Matthieu 25:31-46, Jésus lève un coin du voile sur le jugement dernier. Il se présente comme roi, comme juge, comme Fils de l'homme et comme berger qui sépare les brebis des boucs. Et il annonce quelque chose de bouleversant : c'est dans les personnes en souffrance mises sur ta route que tu peux rencontrer le Christ lui-même.

Ce texte, prononcé sur le mont des Oliviers à seulement deux jours de la Passion, contient à la fois des promesses merveilleuses et des avertissements solennels. Reçois-le avec un cœur humble.

Plan de la prédication

  1. Le juge, le roi, le berger : quatre preuves de la divinité de Christ
  2. Brebis ou boucs : ce que Jésus juge d'abord, c'est ta nature
  3. Les six visages de « ces plus petits de mes frères »
  4. Un amour pratique, pas théorique : l'ordre de la charité
  5. Le côté promesse et le côté avertissement du texte

1. Le juge, le roi, le berger : quatre preuves de la divinité de Christ

« Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire avec tous les saints anges, il s'assiéra sur son trône de gloire. » Tous, autant que nous sommes, nous comparaîtrons devant ce trône. Le fait même que Jésus juge nous montre qu'il est Dieu tout-puissant.

Dans ce passage, Jésus se donne quatre titres qui, mis bout à bout, forment autant de preuves de sa divinité : le juge qui rassemble toutes les nations, le roi de l'univers, le Fils de l'homme annoncé dans Daniel pour juger et gouverner le monde à la fin des temps, et le berger qui sépare les brebis des boucs, en écho direct à Ézéchiel 34 où l'Éternel lui-même se compare à un berger qui fait le tri de son troupeau.

Quand tu lis ce texte, tu contemples le Fils de Dieu dans toute sa gloire. Ce n'est pas un maître spirituel parmi d'autres. C'est le Seigneur devant qui chaque être humain se tiendra un jour.

2. Brebis ou boucs : ce que Jésus juge d'abord, c'est ta nature

Avant tout malentendu : ce texte ne dit pas que tu peux être sauvé par tes œuvres. L'Écriture est claire ailleurs : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu » (Éphésiens 2). Le même passage continue en disant que Dieu a préparé d'avance des œuvres bonnes pour que tu les mettes en pratique. Les bonnes œuvres ne sont pas la cause de ton salut, elles en sont le fruit.

C'est pourquoi Jésus commence son discours par la nature des personnes qu'il juge, avant même de parler de leurs œuvres. Nature de brebis ou nature de bouc. Dans la Bible, une brebis, c'est quelqu'un qui appartient à Christ, qui a la nature de l'Agneau de Dieu, son maître. Un bouc, à l'inverse, c'est quelqu'un qui n'appartient pas au Christ et qui n'a pas fait l'expérience de la nouvelle naissance.

Autre contresens à éviter : ce texte ne dit pas non plus que des non-chrétiens qui feraient des œuvres de charité pourraient être sauvés sans croire en Jésus. Le Fils de Dieu a été très clair : ceux qui le rejettent sont déjà jugés. Aimer son prochain est beau, mais nous vivons dans une société tellement humaniste qu'on oublie le premier des deux grands commandements : tu aimeras ton Dieu. Un humanitaire, même honorable, qui met Dieu de côté n'est que de l'humanisme sécularisé. La gloire de Dieu reste au centre : c'est bien du Fils de l'homme dans sa gloire, sur son trône de gloire, que Jésus parle.

3. Les six visages de « ces plus petits de mes frères »

Qui sont ces « plus petits » ? Le mot grec adelphos désigne des frères de sang mais aussi des frères au sens symbolique. Trois grandes interprétations existent : les juifs, l'humanité entière, ou les chrétiens. Cette dernière semble la meilleure, puisque Christ est le grand frère de tous les chrétiens. Cela explique pourquoi Jésus dit s'être trouvé lui-même dans ces personnes affamées, assoiffées, étrangères, nues, malades, en prison : il s'agit de chrétiens en qui le Christ, par son Esprit, habite et vit. Paul confirme cet ordre dans Galates 6:10 : « Pendant que nous en avons l'occasion, pratiquons le bien envers tous et surtout envers nos frères en la foi. » La charité bien ordonnée commence par l'Église, ta famille spirituelle, et particulièrement envers les frères et sœurs persécutés dans plus de 60 pays.

Mais attention à ne pas te comporter comme ce docteur de la loi qui demandait « qui est mon prochain ? » pour se dédouaner. Jésus t'a ordonné d'aimer aussi les non-chrétiens, de donner à quiconque te demande, d'aimer même tes ennemis. Un authentique chrétien aime tout le monde sans exception.

Jésus prend six exemples concrets : ceux qui ont faim, ceux qui ont soif, les étrangers, les nus, les malades, les prisonniers. Tous ont un dénominateur commun : ce sont des personnes en situation de très grande détresse, très grande précarité. Et il t'invite à les traiter comme si c'était Jésus en personne. Pour Dieu, ce n'est pas seulement une question de charité, c'est aussi une question de justice, comme le montre Ézéchiel : « l'homme juste, qui applique le droit et la justice, c'est celui qui donne son pain à celui qui a faim et qui couvre d'un habit celui qui est nu. »

4. Un amour pratique, pas théorique : l'ordre de la charité

Certains chrétiens considèrent presque comme des gros mots des termes tels que charité, œuvre sociale, humanitaire. Mais aux yeux du Seigneur, ce n'en sont pas. Si tu découpais dans ta Bible tous les versets où Dieu appelle à venir au secours du malheureux, tu te retrouverais avec une Bible en lambeaux. Tous les grands réveils dans l'histoire de l'Église ont été accompagnés d'œuvres sociales. Évangélisation en actes et évangélisation en paroles sont aussi importantes l'une que l'autre.

Sur l'accueil de l'étranger, la Bible est nette (Deutéronome 10:19). Être chrétien et raciste, c'est une contradiction dans les termes. Tout chrétien devrait avoir en horreur toute forme de racisme : antisémitisme, racisme anti-arabe, anti-noir, anti-asiatique, anti-blanc. Tous doivent être condamnés.

Sur les malades et les prisonniers, Jésus ne parle pas seulement de donner de l'argent, mais aussi de donner du temps, de l'amour, de l'énergie. Un mot de soutien, une visite, une prière. Pour les frères persécutés que tu ne peux pas visiter en vrai, tu peux les visiter par la prière et les soutenir via des associations comme Portes Ouvertes. Souviens-toi de l'auteur de l'épître aux Hébreux : « Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez prisonniers avec eux. »

Comme le dit Jean, aimons non pas en paroles seulement mais en actes et en vérité. Les premiers chrétiens étaient connus pour leur charité envers tous : ils recueillaient les bébés abandonnés dans l'Empire romain, ils soignaient même leurs persécuteurs. Ce sont ces œuvres qui ont fait basculer l'Empire vers le christianisme. Si la miséricorde n'est pas dans l'Église, où la trouvera-t-on ?

5. Le côté promesse et le côté avertissement du texte

Le côté promesse : les brebis authentiques sont bénies par le Père et un royaume éternel leur a été préparé dès la fondation du monde. Rien de ce que tu auras fait pour les autres ne sera oublié. Même un verre d'eau donné à l'un des disciples de Jésus ne te fera pas perdre ta récompense. Et remarque : dans le texte, les brebis sont étonnées quand Jésus leur rappelle leurs bonnes œuvres. Elles n'ont pas agi dans une logique comptable, mais par amour désintéressé, conformément à leur nature. Luther le disait : les seules vraies bonnes œuvres sont celles faites par reconnaissance envers Dieu, non pas pour être sauvé, mais parce que nous sommes sauvés.

Le côté avertissement : les boucs sont punis pour ce qu'on appelle des péchés d'omission, pas pour des crimes flagrants, mais pour le bien qu'ils n'ont pas fait à ceux qui souffraient. Comme le dit Jacques, « celui qui sait faire le bien et ne le fait pas commet un péché ». Le point commun entre les boucs et le diable, ce n'est pas qu'ils seraient sataniques déclarés, c'est leur totale absence de compassion pour l'humanité souffrante. Comme le mauvais riche de la parabole avec le pauvre Lazare : il n'a rien volé, il n'a pas fraudé, on lui reproche seulement de n'avoir pas été miséricordieux. Et souviens-toi : Sodome n'a pas seulement été détruite pour sa perversité sexuelle. Ézéchiel 16:49-50 précise qu'elle « n'a pas soutenu la main du malheureux et du pauvre ».

Le seul qui a parfaitement pratiqué la charité, c'est Jésus-Christ. Et ce n'est pas un hasard s'il prononce ce discours à deux jours de la Passion. Ce n'est pas ta charité qui te sauve, c'est son sang versé. Aujourd'hui reste un jour de grâce. En ce dimanche des Rameaux, accueille le Seigneur Jésus aussi à travers les personnes les plus démunies, pour la seule gloire de Dieu.

Points à retenir

  • Dans Matthieu 25, Jésus se présente comme juge, roi, Fils de l'homme et berger : quatre titres qui affirment sa pleine divinité.
  • Le jugement porte d'abord sur ta nature (brebis ou bouc), pas sur un décompte d'œuvres : les bonnes œuvres sont le fruit du salut, pas sa cause.
  • Servir « les plus petits » (affamés, assoiffés, étrangers, nus, malades, prisonniers), c'est servir Jésus lui-même.
  • La charité bien ordonnée commence par la famille de la foi, sans jamais s'y arrêter : elle s'étend à tous, même aux ennemis.
  • Les boucs sont condamnés pour des péchés d'omission : le bien qu'ils n'ont pas fait aux souffrants révèle un cœur non transformé.

Application personnelle

  1. Quand as-tu, cette semaine, croisé quelqu'un en souffrance sans t'arrêter ? Comment le Saint-Esprit t'invite-t-il à mieux discerner ces rendez-vous divins ?
  2. Ta charité vient-elle d'une reconnaissance pour ce que Christ a fait pour toi, ou d'un désir d'être vu et d'accumuler des « bons points » ?
  3. Que fais-tu concrètement pour tes frères et sœurs chrétiens persécutés dans les 60 pays où la foi est réprimée ? Prière, don, engagement dans une association ?
  4. Y a-t-il dans ta vie une forme de mépris (racisme, indifférence de classe, jugement sur les pauvres) qui contredit ton appartenance à Christ ?
  5. Comment vas-tu répondre à l'appel de Jésus à donner non seulement de l'argent, mais aussi du temps, de l'écoute et de l'énergie à ceux qui souffrent autour de toi ?

Versets cités

FAQ

Matthieu 25:31-46 enseigne-t-il un salut par les œuvres ?

Non. Éphésiens 2 est explicite : le salut vient par grâce, au moyen de la foi, et non par les œuvres. Les bonnes œuvres décrites dans Matthieu 25 sont le fruit d'un cœur transformé par Christ, pas le prix payé pour entrer au paradis. Jésus juge d'abord la nature (brebis ou bouc), et les œuvres révèlent cette nature.

Qui sont « les plus petits de mes frères » ?

Trois interprétations existent : les juifs, l'humanité entière, ou les chrétiens. La lecture la plus fidèle est la troisième : Christ, grand frère de tous les chrétiens, s'identifie particulièrement à ses disciples en souffrance. Galates 6:10 confirme cet ordre : faire le bien envers tous, spécialement envers les frères en la foi. Cela ne dispense évidemment pas d'aimer aussi les non-chrétiens et même les ennemis.

Pourquoi les boucs sont-ils condamnés pour ce qu'ils n'ont pas fait ?

Parce que le refus persistant de la compassion révèle un cœur qui n'a jamais été régénéré. La Bible enseigne que « celui qui sait faire le bien et ne le fait pas commet un péché » (Jacques 4:17). L'indifférence installée envers la souffrance d'autrui est le signe qu'on partage la froideur du diable plutôt que la miséricorde du Christ. Ce sont donc bien la nature du cœur et son absence de fruit qui sont jugées.

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