Introduction
Dans Ruth 3 et 4, un détail passe souvent inaperçu : il n'y a pas un, mais deux rédempteurs. Un premier parent, plus proche que Boaz, a la priorité du droit de rachat. Il accepte, puis se rétracte. C'est seulement là que Boaz peut intervenir, racheter Naomi, épouser Ruth, et faire d'elle une aïeule du roi David, et de Christ.
Cette histoire n'est pas seulement belle. Elle est prophétique. Le premier rédempteur, celui qui échoue, est l'image de la Loi. Le second, Boaz, qui va jusqu'au bout, est l'image de Jésus. Ce que la Loi ne pouvait pas faire pour toi, Christ l'a fait. Cet article reprend la prédication de JM Botteron sur Ruth 3-4 et t'invite à te coucher aux pieds de ton vrai Rédempteur.
Plan de l'article
1. Les paroles inspirées de Naomi : lave-toi, oins-toi, revêts tes habits
Dimanche précédent, la prédication avait exposé les trois premières paroles de Naomi à Ruth : lave-toi (la sanctification), oins-toi (l'onction d'huile, image du Saint-Esprit), revêts tes habits (le vêtement de louange). Naomi, qui parlait auparavant avec beaucoup d'amertume (« L'Éternel est contre moi », « je suis rempli d'amertume »), a changé de langage. Elle est maintenant remplie du Saint-Esprit et prononce des paroles inspirées.
Le principe est clair : tant que tu parles à tort et à travers, il y a peu de chance que Dieu t'utilise pour donner des paroles inspirées. Jésus le rappelle en Matthieu 12.37 : « Par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. » Cherche donc à avoir des paroles justes aux yeux de Dieu, en adéquation avec Sa Parole.
2. « Observe le lieu où il se couche » : une annonce prophétique de la résurrection
Au verset 4 de Ruth 3, Naomi dit à Ruth : « observe le lieu où il se couche ». Boaz, historiquement, est un homme réel. Mais dans l'Ancien Testament il est aussi un type de Christ, et Ruth une image de l'Église qui va vers son Époux.
Ouvre le Nouveau Testament. Quand Jésus meurt, il est mis au tombeau. Le troisième jour, Marie de Magdala et l'autre Marie viennent embaumer son corps. Elles s'inquiètent de la pierre, mais la pierre est déjà roulée. L'ange leur dit en Matthieu 28.6 : « Il n'est point ici ; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché. » La même expression que Naomi. Elle ne percevait pas encore le sens prophétique de ses propres paroles.
Ce tombeau est vide. C'est notre espérance. En 1 Corinthiens 15.20, Jésus est appelé « les prémices de ceux qui sont morts ». Quand tu arriveras à la fin de ta vie (si le Seigneur n'est pas revenu), tu ressusciteras comme lui. Regarde vers ce tombeau : il est vide.
3. « Couche-toi à ses pieds » : Jésus comme Sauveur et Seigneur
La parole suivante est audacieuse : « découvre ses pieds et couche-toi ». Ruth devait s'humilier aux pieds de Boaz. Toi aussi, tu es appelé à te coucher aux pieds du Seigneur.
Souviens-toi de la maison de Simon le pharisien (Luc 7.36-50). Il y a deux manières de s'approcher de Jésus. Simon est distant : il l'invite, mais le juge, analyse ses paroles, garde ses distances. Puis vient une femme, une pécheresse, avec un vase d'albâtre rempli d'un parfum d'un grand prix, l'équivalent d'une année entière de revenus. Elle se couche à ses pieds, verse tout le parfum, essuie avec ses cheveux. Elle a tout donné. Ses péchés sont pardonnés. Simon, lui, repart sans pardon parce qu'il ne s'est pas humilié.
Se coucher aux pieds de Jésus, c'est se consacrer entièrement à lui, renoncer à tes projets, mourir à toi-même. C'est ce que Paul exprime en Galates 2.20 : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi. »
Beaucoup de chrétiens ont accepté Jésus comme Sauveur, c'est une première étape sans laquelle personne ne peut être sauvé. Ils sont baptisés, ils participent au pain et au vin, ils servent. Mais quand vient le moment d'abandonner leurs projets, leur travail, leurs finances, leurs relations à sa direction, ils reculent. À ce moment-là, Jésus n'est pas encore leur Seigneur. Jean-Baptiste le disait de Jésus (Jean 3.30) : « Il faut qu'il croisse et que je diminue. »
4. Le premier rédempteur : la Loi qui se rétracte
Au chapitre 4, Boaz s'assoit à la porte de la ville. Un premier rédempteur arrive, la Bible ne rapporte même pas son nom. Boaz l'appelle « un tel » (Ruth 4.1). Il accepte de racheter la parcelle : « je rachèterai ». Mais quand il apprend qu'il devra aussi épouser Ruth la Moabite et susciter une descendance au défunt, il se retire : « Je ne puis pas racheter pour mon compte, de peur de détruire mon héritage. »
Ce premier rédempteur, c'est la Loi. La Loi de Moïse, avec ses 613 commandements, promettait la vie à celui qui l'accomplirait entièrement. Mais personne n'y est arrivé, ni Moïse, ni les sacrificateurs, ni un seul être humain. Galates 3.10 le dit : « Tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. »
La Loi a offert un chemin (les sacrifices d'animaux couvraient provisoirement les péchés), mais elle ne pouvait pas aboutir. Comme le premier rédempteur, elle s'est rétractée devant l'ampleur de la tâche.
5. Le second rédempteur : Boaz, image de Christ et de la grâce
Le premier écarté, Boaz peut intervenir. Il déclare en Ruth 4.9-10 : « Vous êtes témoins aujourd'hui que j'ai acquis de la main de Naomi tout ce qui appartenait à Élimélec, à Kiljon et à Machlon, et que je me suis également acquis pour femme Ruth la Moabite. » Il va jusqu'au bout. Il rachète, il épouse, il redonne un nom.
Boaz est l'image de Christ, le second Rédempteur. Là où la Loi a échoué, Jésus a triomphé. Jean 1.17 résume tout : « La loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » Jésus n'est pas venu abolir la Loi, mais l'accomplir (Matthieu 5.17), pour toi, à ta place.
Avant Christ, tu étais, comme les Éphésiens (Éphésiens 2.12) : « sans Christ, privé du droit de cité en Israël, étranger aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde ». Aujourd'hui, l'accès est ouvert par la foi. Galates 3.11 : « Le juste vivra par la foi. »
Et Galates 3.13 : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois. » Comme un paratonnerre attire la foudre pour t'épargner, la colère de Dieu qui devait tomber sur toi est tombée sur Christ.
6. Le sang qui suffit pour tous les péchés du monde
Le sang des animaux ne pouvait qu'ôter provisoirement le péché. Même si on avait égorgé tous les animaux de la terre, le sang n'aurait pas suffi à couvrir tous les péchés du monde. Mais le sang de Jésus est d'un autre ordre : spirituel, puissant, définitif, même rétroactif, les croyants de l'Ancien Testament ont bénéficié à l'avance de ce sacrifice.
Romains 3.25 l'affirme : « C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience. »
Pour être racheté aujourd'hui, il n'y a pas d'autre chemin : viens à Jésus, donne-lui ta vie, demande-lui pardon pour tes péchés.
7. La descendance de Ruth : Rahab, Ruth, et la grâce pour les exclus
L'histoire ne s'arrête pas au mariage. Ruth 4.13-17 nous apprend que Boaz et Ruth ont un fils, Obed (« serviteur »). Obed devient père de Jessé (Isaï), Jessé devient père de David. Et la généalogie de Matthieu 1 révèle un détail bouleversant : la mère de Boaz s'appelait Rahab, la prostituée de Jéricho, d'un peuple ennemi.
Dans la lignée directe de Jésus, on trouve donc Rahab (une prostituée étrangère) et Ruth (une Moabite exclue du peuple de Dieu). Le Rédempteur du monde a inclus dans sa propre généalogie ceux qui étaient méprisés, exclus, tombés. Personne n'est trop bas pour la grâce.
Jésus lui-même est né dans une étable, dans des conditions misérables. 1 Corinthiens 1.27 : « Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes. »
Points à retenir
- Deux rédempteurs, deux issues. Le premier (la Loi), accepte puis se rétracte. Le second (Christ), va jusqu'au bout de la promesse.
- Le tombeau vide était déjà annoncé. « Observe le lieu où il se couche » : ce que Naomi dit sans le savoir, l'ange le confirmera un jour au matin de Pâques.
- Sauveur ne suffit pas, il faut aussi Seigneur. Se coucher à ses pieds, c'est lui remettre ta vie entière, projets, travail, finances, relations.
- Personne n'a pu tenir la Loi. C'est pourquoi Christ nous a rachetés de sa malédiction en portant lui-même la nôtre à la croix.
- La grâce est pour les exclus. Rahab la prostituée et Ruth la Moabite sont dans la lignée du Messie. Aucun passé n'est disqualifiant.
Application personnelle
- À qui ressemblent le plus tes paroles cette semaine : à celles amères de la Naomi du chapitre 1, ou aux paroles inspirées de la Naomi du chapitre 3 ?
- Sur quel domaine concret (travail, finances, relation, projet), Jésus n'est-il pas encore ton Seigneur, seulement ton Sauveur ?
- Y a-t-il un « premier rédempteur » vers lequel tu retournes en secret : religion, performance, tes propres efforts pour être en règle avec Dieu ?
- Comme la femme au parfum, qu'est-ce que tu es prêt à « verser » aux pieds du Seigneur cette semaine, temps, argent, réputation, projet personnel ?
- Si Rahab et Ruth sont dans la généalogie de Christ, quelle honte de ton passé essaies-tu encore de cacher à celui qui inclut les exclus ?
Versets cités
- Ruth 3-4 · Le récit des deux rédempteurs
- Matthieu 12.37
- Matthieu 28.6
- 1 Corinthiens 15.20
- Luc 7.36-50
- Galates 2.20
- Jean 3.30
- Galates 3.10-13
- Jean 1.17
- Matthieu 5.17
- Éphésiens 2.12
- Romains 3.25
- Matthieu 1 · Généalogie incluant Rahab et Ruth
- 1 Corinthiens 1.27
- Galates 3.24
FAQ
Pourquoi la Bible ne donne-t-elle pas le nom du premier rédempteur dans Ruth 4 ?
Boaz l'appelle simplement « un tel ». Ce silence est théologique : le personnage est présent pour représenter, en type, la Loi qui promet le rachat sans pouvoir l'accomplir. Il n'a pas besoin d'un nom propre, car ce qui compte, c'est le rôle. La postérité, la mémoire, le nom vont rester au second rédempteur (Boaz), qui, lui, image Christ.
Si Jésus a accompli la Loi, dois-tu encore lui obéir ?
Christ nous rachète de la malédiction de la Loi, pas de la volonté de Dieu. Tu n'obéis plus pour gagner ton salut (impossible, comme le premier rédempteur), mais parce que tu es déjà racheté. L'obéissance devient un fruit, plus une condition. Tu passes de « je dois pour être sauvé » à « je peux parce que je suis sauvé ».
Comment savoir si tu as vraiment fait de Jésus ton Seigneur, pas seulement ton Sauveur ?
Regarde le point où tu ne veux pas céder. Si dans un domaine (travail, argent, couple, projet, réputation), tu réponds « non » quand le Seigneur te demande de lâcher, ce domaine n'a pas encore de Seigneur. Se coucher à ses pieds, comme la femme au parfum, c'est verser tout le vase, pas la moitié.
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