Daniel 9 : le temple au cœur du plan de Dieu

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Introduction

Après une longue pause, l'Assemblée Évangélique de Strasbourg reprend son étude biblique sur le livre de Daniel. L'étude s'était arrêtée à la fin du chapitre 9. Avant d'aller plus loin, le prédicateur veut s'arrêter sur une notion qu'il trouve essentielle en lisant les chapitres 9 et 10 : le temple.

Pourquoi Daniel ? Parce que c'est, avec l'Apocalypse, l'un des deux grands livres apocalyptiques de la Bible. Il parle de la fin des temps et du retour de Christ. On le connaît souvent par les histoires de l'école du dimanche, la fournaise ou la fosse aux lions, mais « Daniel, c'est pas que ça ».

Cette étude répond à une question simple : quelle place le temple occupe-t-il dans Daniel 9, et pourquoi est-il lié au Messie et à la fin des temps ? Elle se termine par un parcours de l'histoire du temple, du tabernacle jusqu'aux tensions actuelles autour du mont du Temple, à Jérusalem.

Plan du message

1. Daniel, un livre d'espoir où Christ a la victoire

  • Le livre a deux parties. Les chapitres 1 à 6, surtout en araméen, racontent les événements vécus par Daniel et ses compagnons à la cour de Babylone. Les chapitres 7 à 12, surtout en hébreu, rapportent ses visions sur l'avenir et sur le conflit entre les nations et le peuple de Dieu.
  • Daniel écrit en déportation à Babylone. L'araméen s'adresse certainement aussi aux habitants de Babylone, l'hébreu au peuple juif.
  • Ces visions peuvent faire peur, mais « si Dieu nous a donné ces livres-là avec le style apocalyptique, c'est pas pour nous faire peur ». Ils sont là pour donner de l'espoir face aux guerres, aux crises et à la persécution.
  • Ce qui nous attend, c'est « la victoire totale de Dieu et notre délivrance avec Christ, le vainqueur ». Ce ne sont pas les nations qui gagnent, c'est Jésus-Christ, qui revient en gloire.
  • Le thème du livre : Dieu est souverain. Il jugera les nations mais récompensera les saints. Dans la fosse aux lions comme dans la fournaise, « Dieu est souverain ».
  • La statue de Daniel 2 et les animaux de Daniel 7 parlent du temps des nations, ce temps où Israël vit sous l'oppression des nations.
  • Quatre parties, quatre animaux, quatre empires : l'empire babylonien, l'empire médo-perse, l'empire grec et l'empire romain. Ces empires-là sont déjà passés.
  • Chaque fois, le dernier empire pointe vers un roi particulier : la corne, la bête indescriptible, le « roi impudent et artificieux » de Daniel 8. C'est l'antéchrist, l'opposition totale et finale contre Dieu à la fin des temps.
  • Pendant un temps, il domine. Mais à la fin, il est « brisé, sans l'effort d'aucune main » (Daniel 8:25). « À chaque fois, il faut se souvenir, c'est Christ qui a la victoire. »

2. Daniel 9 : le temple au centre de la prière de Daniel

  • Le chapitre a deux parties : la prière de Daniel, sa repentance et sa supplication pour le peuple (versets 1 à 19), puis l'oracle de l'ange Gabriel sur les soixante-dix semaines (versets 20 à 27).
  • Le mot « semaine » désigne une période de sept. Il faut comprendre soixante-dix périodes de sept ans.
  • Le prédicateur rappelle la chronologie vue la fois précédente : à partir du décret d'Artaxerxès pour reconstruire Jérusalem en 445 avant Jésus-Christ, sept semaines (49 ans) mènent à l'achèvement des murailles, puis soixante-deux semaines (434 ans) mènent à la venue du Messie. Viennent ensuite le Messie retranché, la destruction de Jérusalem et du temple en 70, le temps des nations dont on ne connaît pas la durée, et enfin la dernière semaine : sept ans de tribulation.
  • Dans sa prière, Daniel demande : « que ta colère et ta fureur se détournent de ta ville, de Jérusalem, de ta montagne sainte », et « fais briller ta face sur ton sanctuaire dévasté » (Daniel 9:16-17). La montagne sainte, c'est le mont où se trouvait le temple.
  • Au verset 20, il présente ses supplications « en faveur de la sainte montagne de mon Dieu ». Ce qu'il espère, c'est la présence de Dieu, son lieu d'habitation. « C'est vraiment le cœur de sa prière. »

3. Le temple, dans le cœur de Dieu

  • Le temple n'est pas seulement important pour Daniel. En Esdras 1:1-3, l'Éternel réveille l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui déclare : « il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem ».
  • En Aggée 1:2-8, le peuple revenu à Jérusalem dit que « le temps n'est pas venu » de rebâtir la maison de l'Éternel. Il construit ses maisons, travaille, plante, mais rien ne porte de fruit : « vous avez beaucoup semé, et vous avez peu recueilli ».
  • Pourquoi ? « Parce qu'ils ont négligé ce que Dieu voulait le plus, ce temple. » Dieu leur dit : « Montez sur la montagne, apportez du bois, et bâtissez la maison : j'y prendrai plaisir et je la glorifierai, dit l'Éternel. »

4. Le Messie et le temple, presque indissociables

  • Au verset 24, les soixante-dix semaines sont fixées notamment « pour oindre le saint des saints ». Le saint des saints, c'est le lieu très saint, mais on peut aussi y voir le Seigneur. « Est-ce qu'il parle du Messie ou est-ce qu'il parle du temple ? » Les deux sont centraux.
  • Jésus assimilera le temple à son corps (Jean 2:19-21). Le Messie et le temple sont liés.
  • Daniel fait un parallèle : lorsque le temple est rétabli, le Messie vient (verset 25) ; lorsque le Messie est retranché, le peuple d'un chef qui viendra détruit la ville et le sanctuaire (verset 26).
  • Au verset 27, durant la moitié de la semaine, le dévastateur, l'antéchrist, fait cesser le sacrifice et l'offrande. Quand il touche à ce qui est lié au culte, la ruine arrive sur lui : Christ revient et l'anéantit « d'un souffle ».
  • Pour que ces versets s'accomplissent, il faut un temple : « sans temple, il n'y a pas d'offrande ou de sacrifice ». Aujourd'hui, il n'y a pas de sacrifice en Israël, parce qu'il n'y a pas de temple.
  • Jésus parle de « l'abomination de la désolation » établie « dans le lieu saint » (Matthieu 24:15). Paul parle de l'homme impie « qui va jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se faire passer lui-même pour Dieu » (2 Thessaloniciens 2:3-4). Le mot grec naos désigne un bâtiment précis, et non le temple dans son ensemble : le sanctuaire, un lieu où tout le monde n'avait pas le droit d'aller.
  • L'image est celle d'un roi qui vient s'asseoir sur son trône dans le lieu de la présence de Dieu. Le prédicateur conclut : vu le lien entre les deux, ce temple est nécessaire au retour de Christ.

5. Un troisième temple ? Une société juive divisée

  • Aujourd'hui, il n'y a pas de temple à Jérusalem, mais il y a un projet de temple.
  • « En réalité, tout le monde aimerait qu'il y ait un temple. » Mais le mot important est « reconstruire ». Les sionistes religieux veulent le reconstruire. Les ultra-orthodoxes, les haredim, s'y opposent : pour eux, « c'est pas les hommes qui doivent reconstruire le temple, c'est le Messie lui-même ».
  • Pour certains d'entre eux, l'État d'Israël lui-même n'a pas de fondement, parce qu'il a été fondé par des décrets humains. Certains ne reviennent même pas en Israël, parce qu'ils attendent que le Messie le fasse.
  • Cette division crée des tensions : les ultra-orthodoxes refusent le service militaire alors qu'Israël est en conflit, et la plupart des hommes passent leurs journées à étudier sans travailler, aidés par l'État. Le prédicateur les a vus lors d'une visite en Israël.
  • Il y a aussi une troisième partie de la société, les laïcs, pour qui le temple n'a pas grand-chose à voir avec leur vie.

6. L'histoire du temple, du tabernacle à Hérode

  • Avant le temple, il y avait le tabernacle, la tente d'assignation : le parvis, l'autel, la cuve pour les ablutions, le lieu saint et, tout au fond, le lieu très saint. Un « pré-temple mobile », démontable, pour un peuple qui errait quarante ans dans le désert.
  • David voulait bâtir une maison pour Dieu, mais Dieu voulait un temple de paix (2 Samuel 7:10-13). David était un roi de guerre. C'est son fils Salomon qui le bâtit, et son nom rappelle shalom, la paix.
  • Le premier temple est bâti vers 960 avant Jésus-Christ et détruit par Nebucadnetsar en 586 : il a duré 374 ans. Il est construit sur la montagne de Morija (2 Chroniques 3:1), là où Abraham devait sacrifier son fils Isaac.
  • Le second temple, rebâti sous Zorobabel au retour de la déportation, est « le temple de la deuxième chance ». Le peuple avait péché et avait été jugé, « mais Dieu n'a pas laissé son peuple comme ça ». Quand le peuple se repent, il y a la restauration.
  • Pourtant, les anciens qui avaient vu le premier temple pleurent à grand bruit en voyant poser les fondations (Esdras 3:12). Il est moins glorieux, mais surtout, la nuée, la gloire de Dieu qui remplissait le temple de Salomon, n'est plus là.
  • La restauration est partielle, parce qu'il fallait la venue de Jésus : « Le vrai temple de Dieu, c'est Jésus-Christ et ensuite l'Église. » Dieu n'habite plus dans un bâtiment de pierre.
  • Hérode rase et reconstruit entièrement ce temple. Il veut un édifice luxueux, qui plaise aux hommes, dans une Jérusalem touristique et hellénisée, et cherche ainsi la sympathie des dirigeants juifs.
  • Le temple, qui devait être un lieu de rassemblement où les nations viendraient adorer Dieu, devient un lieu de division et de commerce plutôt que de prière, ce qui fera mal à Jésus.

7. Dieu, maître des temps, et le mont du Temple aujourd'hui

  • En 70, Titus ordonne de ne pas détruire le temple. Pourtant, d'après l'historien Flavius Josèphe, un soldat lance sans ordre une torche allumée, et le temple prend feu.
  • Josèphe remarque que le second temple a été détruit le même mois et le même jour que le premier, incendié par les Babyloniens. « Coïncidence ou pas ? Non. » On voit la main de Dieu, « maître du temps, maître des hommes ». « Dieu ne fait rien par hasard. »
  • Plus tard, l'empereur Hadrien bâtit un temple à Jupiter sur le mont du Temple et renomme Jérusalem Aelia Capitolina. La révolte de Simon Bar Kokhba, proclamé Messie par le rabbin Akiba, échoue : 985 villes détruites et 580 000 Juifs tués, selon les chiffres cités.
  • Le temple de Jupiter devient une église jusqu'au VIe siècle. Au VIIe siècle, Jérusalem est prise par les Arabes musulmans, qui érigent le Dôme du Rocher en 691.
  • Viennent ensuite 1948, la naissance de l'État d'Israël, puis 1967 et la guerre des Six Jours : Jérusalem est unifiée, mais le mont du Temple reste sous autorité musulmane. C'est là que beaucoup veulent bâtir le troisième temple, et c'est un lieu de tension constante.
  • Le prédicateur ouvre une dernière question pour la prochaine étude : des recherches historiques et archéologiques suggèrent que ce lieu « n'est peut-être pas le bon lieu ».

Points à retenir

  • Les livres apocalyptiques ne sont pas là pour faire peur : ils montrent que Dieu est souverain et que Christ a la victoire finale.
  • Dans Daniel 9, le temple est au cœur de la prière de Daniel, parce qu'il représente la présence de Dieu.
  • Le Messie et le temple sont liés : le temple rétabli, le Messie vient ; le Messie retranché, le temple est détruit.
  • La fin de Daniel 9 suppose un temple où le sacrifice sera interrompu, ce que confirment Jésus et Paul.
  • Le vrai temple de Dieu, c'est Jésus-Christ, puis l'Église : Dieu n'habite plus dans un bâtiment de pierre.

Application personnelle

  1. Quand tu regardes l'actualité et les conflits du monde, est-ce que tu t'arrêtes à la peur, ou est-ce que tu te souviens que Dieu est souverain ?
  2. Comme Daniel, qu'est-ce qui est au cœur de tes prières : tes besoins, ou la présence de Dieu ?
  3. Comme le peuple au temps d'Aggée, y a-t-il un domaine où tu as dit « le temps n'est pas venu » pour ce que Dieu te demande ?
  4. Le second temple a été le temple de la deuxième chance. Où as-tu besoin de croire que Dieu restaure celui qui se repent ?
  5. Si le vrai temple de Dieu, c'est Jésus-Christ puis l'Église, comment cela change-t-il ta manière de vivre la présence de Dieu cette semaine ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi le temple est-il si important dans Daniel 9 ?

Quand Daniel prie, il demande à Dieu de faire briller sa face sur son sanctuaire dévasté et il présente ses supplications en faveur de la sainte montagne de son Dieu (Daniel 9:17-20). Le temple représente la présence de Dieu, son lieu d'habitation : c'est le cœur de sa prière. L'oracle de Gabriel sur les soixante-dix semaines relie ensuite le temple à la venue du Messie.

Quel lien Daniel 9 fait-il entre le Messie et le temple ?

Le texte met en parallèle les deux : lorsque Jérusalem et le temple sont rebâtis, le Messie vient (verset 25) ; lorsque le Messie est retranché, la ville et le sanctuaire sont détruits (verset 26). Au verset 24, l'expression « oindre le saint des saints » peut même faire penser au temple comme au Messie. Jésus assimilera d'ailleurs le temple à son corps.

Faut-il un temple pour que s'accomplisse la fin de Daniel 9 ?

Selon l'étude, oui. Au verset 27, le dévastateur fait cesser le sacrifice et l'offrande. Or sans temple, il n'y a ni sacrifice ni offrande, et aujourd'hui il n'y en a pas en Israël. Jésus (Matthieu 24:15) et Paul (2 Thessaloniciens 2:3-4) parlent aussi du lieu saint et du temple de Dieu où l'adversaire viendra s'asseoir.

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