Dieu est fidèle : la confiance de Paul pour ton église

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Dieu est fidèle : la confiance de Paul pour ton Église

Il y a des matins où l'actualité te tombe dessus comme une mauvaise nouvelle : négociations qui échouent, tensions internationales, conséquences graves à l'horizon. Frantz Galland commence ce dimanche par ce constat, puis il bascule : « Ce matin, bonne nouvelle. Bonne nouvelle parce que Dieu est Dieu. » Dieu ne change pas. Il reste souverain. Il sait ce qu'il fait, il sait ce qu'il permet. La terre lui appartient. Rien ne lui échappe. Pour tous ceux qui ont placé leur foi en Jésus-Christ, tu es dans le creux de sa main.

Ce message ouvre une nouvelle série sur 1 Corinthiens 1.1-9, intitulée « Christ, notre sagesse, fondement de notre Église et de nos vies ». Neuf versets d'introduction, et déjà une déflagration : Paul écrit à une Église abîmée par les divisions, l'immoralité, les procès entre croyants, les confusions doctrinales. Il pourrait rudoyer. Il choisit d'ouvrir sa lettre par une déclaration étonnamment encourageante. Pourquoi ? Parce que sa confiance n'est pas centrée sur les Corinthiens, mais sur Dieu et sur son œuvre.

Ce message te propose deux entrées : d'abord le contexte de cette épitre, puis ce que Paul rappelle dans son introduction — trois vérités qui redressent ton regard sur ton Église, sur les autres, et sur toi.

Plan du message

1. Le contexte de la lettre : Corinthe et ses paradoxes

Paul avait fondé cette Église lors de son deuxième voyage missionnaire (Actes 18), en l'an 52 après Jésus-Christ. Quatre ans plus tard, au cours de son troisième voyage, il lui écrit depuis Éphèse. Corinthe était stratégiquement située dans la province romaine d'Achaïe, sur une bande étroite entre la mer Adriatique et la mer Égée, avec deux ports qui faisaient le lien entre les deux mers. Un carrefour commercial est-ouest, donc prospère. Et avec la prospérité venait la luxure et l'immoralité, au point que le verbe « corinthiéniser » signifiait à l'époque vivre dans la débauche.

Ce couloir est-ouest est encore actif aujourd'hui grâce au canal de Corinthe, une voie artificielle de 6 km creusée à travers l'isthme de Corinthe, au sud de la Grèce moderne, pour relier les deux mers et éviter aux navires un détour de 400 km autour du Péloponnèse.

Le plan de l'épitre est simple : les six premiers chapitres sont des réprimandes qui concernent les divisions. Le rapport alarmant des gens de Chloé donne à Paul l'occasion de dénoncer ce qui ne va pas et d'exhorter les Corinthiens. Remarque le premier domaine qu'il pointe : les paroles. « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage » (1 Corinthiens 1.10). Attention : « même langage » n'est pas synonyme d'uniformité d'opinion, mais d'union dans la diversité sur ce qui est essentiel. Puis les chapitres 7 à 15 répondent aux questions que les Corinthiens avaient soulevées dans une lettre qui ne nous est pas parvenue.

Contrairement à l'Épitre aux Romains, où la doctrine est exposée pour être reçue, dans 1 Corinthiens la doctrine apparaît de manière incidente, pour répondre à des problèmes concrets. Le magnifique développement sur l'amour de 1 Corinthiens 13 surgit ainsi à la suite d'une question mal comprise sur le parler en langues. C'est l'une des épitres les plus circonstancielles de Paul : les sujets traités s'enracinent dans le vécu de ces croyants, plongés dans le contexte corrompu de l'une des plus grandes villes de l'empire romain.

2. Les problèmes apparents et les vrais problèmes

Dans sa lettre, l'apôtre va aborder un grand nombre de problèmes : divisions, désordre pendant les cultes, conception déformée de la vie chrétienne oscillant entre laxisme moral et ascétisme malsain, confusions théologiques sur des doctrines importantes comme la résurrection ou l'exercice de la liberté chrétienne, immoralité criante, procès entre croyants, et ainsi de suite. Une tâche monumentale. Frantz confie : « Personnellement, j'aurais dit : "Les gars, débrouillez-vous." » Mais Paul ne jette pas l'éponge.

Derrière tous ces sujets sérieux et graves se cachent trois problèmes profonds et récurrents, comme le souligne l'introduction de la Bible d'étude de la foi réformée : la contestation de l'autorité de Paul, l'orgueil dans ce qui a trait à la vie spirituelle, et surtout le manque d'amour. Et la réponse de Paul à tous ces problèmes visibles et cachés, c'est l'Évangile auquel les chrétiens sont appelés à répondre.

3. Les destinataires : Corinthe et ton Église

Paul s'adresse aux Corinthiens, mais pas seulement. Verset 2 : « à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre. » Le rassemblement des croyants en tout lieu et de tous les temps fait partie des destinataires de la lettre. Y compris ton Église locale.

Ce serait tentant de te désolidariser du contenu en te disant : « Oh là là, cette Église, on en est quand même pas là. » Oui, mais si les gens de Chloé étaient venus assister à ta dernière assemblée générale, quel rapport auraient-ils fait à l'apôtre ? Et qu'est-ce que Paul aurait écrit à ton Église ? Le contenu t'aurait sans doute mis mal à l'aise. Pose-toi sérieusement et sincèrement la question.

4. L'Église appartient à Dieu, pas à toi

Première chose que Paul rappelle : « à l'Église de Dieu qui est à Corinthe. » L'Église appartient à Dieu. Pas à Paul, pas à ses collaborateurs, pas aux Corinthiens. Et si elle appartient à Dieu, rien ni personne ne pourra l'empêcher de la bâtir de la manière dont il voudra. « Je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16.18).

La réalité, c'est qu'avec ou sans toi, Dieu bâtira son Église. Il aura le dernier mot. Il sait ce qu'il fait. Il est capable d'utiliser des instruments aussi imparfaits que toi pour bâtir son Église — à condition que tu viennes à lui en reconnaissant que tu n'es pas capable, par toi-même, d'être un instrument qualifié pour le faire.

5. Une nouvelle histoire « en Jésus-Christ »

Deuxième chose que Paul rappelle : les croyants ont une nouvelle histoire, et ils ne doivent pas l'oublier. Verset 2, ils ont été « sanctifiés en Jésus-Christ » et ils sont « saints par vocation ». Deux expressions à peser.

« En Jésus-Christ » parle d'une union spirituelle avec Christ. Le jour où une personne demande pardon à Christ pour ses péchés, elle est plongée spirituellement en lui, rendue à la vie spirituelle (Paul l'explique en Éphésiens 2). L'expression revient trois fois dans cette introduction. C'est ton nouveau cadre de vie, ton nouvel environnement, au sein duquel tu accèdes à de nouvelles ressources par le Saint-Esprit qui t'a été donné et qui habite maintenant dans ton cœur. En union avec Jésus-Christ, tu retrouves les raisons de ta création : être mis à part — sanctifié — pour servir et adorer Dieu (v. 2). Tu bénéficies de la faveur, du sourire, de la grâce de Dieu (v. 4). De la rédemption (Romains 3). Tu es réconcilié, tu es une nouvelle créature.

« Saints par vocation » : en union avec Christ, tu as été sanctifié, mis à part, consacré, purifié de tes péchés. Tu es devenu saint par appel. « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité » (Jean 17.17). Et Paul rappellera au verset 30 : « Or, c'est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel de par Dieu a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption. » C'est l'œuvre de Dieu, pas la tienne. Le « pour nous » insiste sur l'idée de substitution : tout ce que tu ne pouvais ni être ni faire, le Seigneur Jésus l'a été et l'a fait pour toi, et t'en met au bénéfice par la foi.

Quand un logiciel plante sur un ordinateur, il faut le redémarrer. Mais Dieu fait plus que redémarrer quelque part en toi ce qui ne va pas. Il change aussi le processeur. Il te donne un cœur nouveau, et tu peux redémarrer avec des ressources que tu n'avais pas. Dieu fait un reset sur ta vie et t'offre un nouveau départ. Si tu n'as pas encore fait ce nouveau départ avec Dieu, tu peux le faire aujourd'hui. Viens à Christ. Demande-lui pardon. Recommence à zéro. Tu peux, toi aussi, faire partie de ceux à qui Paul écrit : « Vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu » (1 Corinthiens 6.11).

6. Pourquoi ce témoignage magnifique malgré la crise ?

Comment expliquer que Paul adresse un si beau témoignage à une Église qu'il devra sévèrement reprendre par la suite ? Deux raisons.

Première raison : Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. « Le témoignage de Christ ayant été solidement établi parmi vous » (v. 6). Si le comportement de ces croyants n'est pas conforme à ce qu'ils ont professé, ils restent enfants de Dieu, appelés à répondre à l'Évangile qu'ils ont embrassé en abandonnant les choses anciennes. Indépendamment de ton comportement, un fils reste toujours le fils de son père. Le jour où tu as accepté Christ dans ta vie, tu es devenu enfant de Dieu, et tu le restes. La communion peut être abîmée, mais elle peut être restaurée.

Deuxième raison : un principe de solidarité. Tous les membres de l'Église de Corinthe ne sont pas concernés par les péchés grossiers dénoncés. Cela transparaît par les petits mots de Paul : « Il y a parmi vous », « quelques-uns parmi vous ». Mais quand Paul s'adresse à l'Église, l'Église se retrouve solidaire dans les réprimandes, parce qu'elle est un corps. Elle est aussi solidaire dans les encouragements. Paul met tous les membres au bénéfice de sa confiance fondée sur la puissance de Dieu qui peut et qui veut restaurer ce qui a besoin de l'être. « Il vous affermira aussi jusqu'à la fin pour que vous soyez irréprochables au jour de notre Seigneur Jésus-Christ » (v. 8).

L'œuvre de Dieu, ce n'est pas de te rabaisser, ce n'est pas de te dire « tu es un mauvais, tu n'y arriveras jamais ». C'est de te redonner l'espérance en te ramenant à ce qu'il a fait pour toi. C'est cela que Dieu veut.

7. Trois applications pour aujourd'hui

Reconnaissance intentionnelle. Tu es entièrement accepté à cause de l'œuvre de Jésus-Christ, parce qu'il n'y a plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8.1). Bien comprendre l'Évangile passe par la réponse de la reconnaissance intentionnelle. Paul aurait eu toutes les raisons de manifester son mécontentement. Il avait passé plus de 18 mois à leur enseigner tout le conseil de Dieu. Mais il manifeste d'abord sa reconnaissance envers Dieu pour ces croyants qui ont beaucoup reçu de sa part (v. 4). Ton regard, comme celui de Paul, doit être sur Jésus, pour ne pas laisser le diable utiliser des mécontentements injustifiés au regard de tout ce que Dieu a fait pour toi. Si dans un contexte aussi détérioré, l'apôtre pouvait rendre à son Dieu de continuelles actions de grâce au sujet de ces croyants, à combien plus forte raison peux-tu remercier le Seigneur pour tes frères et sœurs et pour ce qu'il leur a donné. Cela n'empêche pas la discipline envers ceux qui pèchent, mais cela veut dire qu'il te faut être intentionnel pour relever ce qui est bien et ce qui émane de la grâce de Dieu.

Prière persévérante. « Je rends à mon Dieu de continuelles actions de grâce à votre sujet. » Paul lève ici le voile sur sa vie de prière habituelle, constante, persévérante pour ses frères et sœurs corinthiens. Et ces prières continuelles renforcent son amour sincère pour eux — alors qu'humainement, il aurait pu dire dans son cœur : « Je ne veux plus m'occuper de vous, dégagez, j'en ai assez. » Paul manifeste un cœur transformé. Comment allez-vous avoir un cœur transformé les uns pour les autres, avec des caractères pas faciles au milieu de vous ? Frantz s'inclut dedans : « On est tous dans l'eau si nous ne prions pas les uns pour les autres, de manière persévérante. » Il n'y a que Dieu qui peut changer les cœurs. En priant, tu apprends à voir tes frères et sœurs comme Dieu les voit : avec un regard d'espérance et non de jugement.

Confiance inébranlable dans la fidélité de Dieu. Si l'optimisme de Paul s'appuie sur la fidélité de Dieu, c'est parce qu'il sait. Il sait que Dieu est fidèle. Il l'écrit au verset 9 : « Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils Jésus-Christ. » C'est cette fidélité de Dieu qui s'engage à t'affermir et à te préserver du malin (2 Thessaloniciens 3.3). Cette fidélité qui ne permet pas que tu sois tenté au-delà de tes forces (1 Corinthiens 10.13). Cette fidélité qui demeure même si tu es infidèle, parce qu'il ne peut pas se renier lui-même (2 Timothée 2.13). Cette fidélité qui te pardonne et te purifie de tout péché si tu les confesses (1 Jean 1.9).

Il ne s'agit pas de nier la réalité du péché qui défigure trop souvent le témoignage de l'Église. Il s'agit de te saisir d'une réalité encore plus grande : celle de l'Évangile et de la fidélité de Dieu en toutes circonstances. « L'Éternel est bon, sa bonté dure toujours, et sa fidélité de génération en génération » (Psaume 100.5).

Points à retenir

  • Ton Église appartient à Dieu. Il la bâtira avec ou sans toi. Rien ni personne ne peut l'en empêcher. Cela te libère de la pression et te ramène à ta juste place : un instrument imparfait entre ses mains.
  • Tu as une nouvelle histoire « en Jésus-Christ ». Sanctifié, saint par vocation, comblé de la faveur de Dieu. Ce n'est pas ce que tu as accompli : c'est ce que Christ a été et a fait pour toi.
  • Dieu ne se repent pas de ses dons. Ton comportement peut abîmer la communion, il ne t'arrache pas ton statut d'enfant de Dieu. La restauration reste toujours possible.
  • La confiance de Paul n'est pas dans les Corinthiens : elle est dans Dieu. Ta confiance envers ton Église ne se fonde pas sur la performance des membres, mais sur la puissance de celui qui peut et veut restaurer.
  • Reconnaissance, prière, fidélité : trois piliers pour tenir. Rendre grâce intentionnellement, prier persévéramment, s'appuyer sur la fidélité de Dieu. Ces trois choix redressent ton regard sur ton Église, sur les autres, et sur toi.

Application personnelle

  1. Si les gens de Chloé étaient venus assister à ta dernière assemblée d'Église, quel rapport auraient-ils fait à l'apôtre Paul ? Qu'est-ce que Paul t'aurait écrit ?
  2. Sur quoi repose ta confiance envers ton Église en ce moment : sur la performance des membres, ou sur la fidélité de Dieu qui la bâtit ?
  3. Quand as-tu, pour la dernière fois, remercié Dieu de manière intentionnelle pour un frère ou une sœur en Christ ? Qui vas-tu nommer aujourd'hui ?
  4. Pour qui pries-tu persévéramment dans ton Église ? Y a-t-il quelqu'un dont le caractère t'agace au point que tu as laissé tomber la prière pour lui ?
  5. Si tu n'as jamais fait ce « nouveau départ » dont parle Frantz — demander pardon à Christ, être plongé en lui —, qu'est-ce qui te retient aujourd'hui ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi Paul commence-t-il sa lettre par des encouragements alors qu'il doit tout reprendre ensuite ?

Parce que sa confiance n'est pas centrée sur les Corinthiens, mais sur Dieu et sur son œuvre. Il sait qu'il n'a rien à attendre des Corinthiens et tout à attendre de son Dieu. Deux raisons théologiques justifient aussi ce choix. D'abord, Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel : le témoignage de Christ a été solidement établi parmi eux, ils restent enfants de Dieu. Ensuite, un principe de solidarité : tous ne sont pas concernés par les péchés grossiers dénoncés, mais l'Église est un corps — solidaire dans la réprimande comme dans l'encouragement.

Que veut dire « en Jésus-Christ » dans 1 Corinthiens 1 ?

L'expression revient trois fois dans les neuf premiers versets, et elle parle d'une union spirituelle avec Christ. Le jour où tu demandes pardon à Christ pour tes péchés, tu es plongé spirituellement en lui, rendu à la vie spirituelle. C'est ton nouveau cadre de vie, ton nouvel environnement, au sein duquel tu accèdes à de nouvelles ressources par le Saint-Esprit qui habite en toi. En union avec Jésus-Christ, tu retrouves les raisons de ta création : être mis à part pour servir et adorer Dieu, bénéficier de la faveur et de la rédemption, être une nouvelle créature.

Comment prier persévéramment pour un frère ou une sœur difficile ?

Frantz Galland est direct : « On est tous dans l'eau si nous ne prions pas les uns pour les autres. » Il n'y a que Dieu qui peut changer les cœurs — le tien y compris. Paul en est le témoin : ses prières continuelles pour les Corinthiens renforcent son amour sincère pour eux, alors qu'humainement, il aurait pu tout laisser tomber. En priant régulièrement pour quelqu'un, tu apprends à le voir comme Dieu le voit : avec un regard d'espérance et non de jugement. La prière persévérante n'est donc pas un exercice pour changer l'autre : c'est d'abord un exercice qui change ton regard sur lui.

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