Introduction
Nous avons tous été trompés au moins une fois : par une publicité mensongère, par un mauvais commerçant, parfois même par ceux que nous aimons le plus. Nicola Palmieri, à la Chiesa Giugliano, part de cette expérience commune pour parler d'une tromperie particulière, celle qu'il appelle « la mère de toutes les tromperies ».
Le problème de la tromperie, dit-il, c'est qu'on ne s'en rend compte qu'à la fin, « quand le tour est déjà joué ». Tant que nous croyons vrai ce que nous vivons, nous ne voyons pas que nous sommes trompés.
Le message s'appuie sur un demi-verset d'Ésaïe : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal » (Ésaïe 5:20). Puis il conduit à la parole de Jésus sur le voleur qui vient dérober, égorger et détruire, et à la vraie vie que Christ donne.
Plan du message
1. Ce que la tromperie laisse derrière elle
- Une tromperie, c'est quelque chose qu'on nous présente comme vrai et bon, et dont on découvre à la fin que ce n'était ni si vrai ni si bon.
- Premier dégât : la méfiance. Les années passent et nous devenons de plus en plus soupçonneux. Dès qu'on nous propose quelque chose de bon, même gratuit, nous nous mettons sur la défensive.
- Cette méfiance touche les autres, parfois Dieu lui-même, et surtout l'annonce de l'Évangile : « Qu'est-ce qu'il essaie de me vendre ? Où veut-il m'emmener ? »
- Or tant que tu te méfies, tu ne peux pas construire de relation. Une relation repose, au moins au début, sur la confiance. C'est pareil avec le Seigneur : « Accorde au Seigneur un peu de confiance, et tu verras qu'il agira. »
2. Vivre dans l'illusion
- Deuxième dégât, plus grave : la tromperie nous fait vivre dans quelque chose qui n'est pas vrai.
- Le prédicateur explique l'origine du mot italien inganno : la préposition « in » et une forme verbale rare qui signifie marmonner, babiller, dire des choses inutiles. Vivre dans la tromperie, c'est placer sa confiance dans une réalité sans fondement.
- Il ne veut pas être un prophète de malheur, mais il constate que nous vivons souvent dans un monde d'illusions : courir après la publicité, la technologie, la mode, les nouveautés, les nouvelles religions. Une réalité jamais présente, jamais accomplie, toujours poursuivie.
- La Parole de Dieu a toujours exhorté son peuple à sortir de l'illusion pour embrasser ce qui est vrai, ce qui se vit réellement.
3. La mère de toutes les tromperies : appeler le mal bien
- « Malheur » : quand la Parole commence ainsi, ce n'est pas un encouragement. Jésus aussi le dit aux pharisiens.
- Le monde en vient à penser que le bien est un mal, parce que faire le bien ne rapporte plus. Le prédicateur cite le dicton de sa grand-mère : « Fais le bien, reçois le mal. »
- Un monde fondé sur l'intérêt personnel, et non sur le bien commun, conclut : mieux vaut faire le mal, parce qu'on vous respecte et qu'on vous craint.
- C'était déjà la tentation d'Israël au temps d'Ésaïe. Les nations voisines, qui adoraient d'autres dieux, semblaient prospérer et avoir des armées plus fortes. Ne valait-il pas mieux abandonner son Dieu ?
- La plus grande tromperie de l'homme moderne est de croire qu'il y a quelque chose de bon dans le mal, et de lui donner des noms plus agréables. « Le mal est le mal. Point. » Pas de compromis avec ce qui veut tuer notre vie.
4. Le pécheur n'est pas un héros
- Autre illusion : quand le mal ne paraît plus si mauvais, le pécheur lui-même devient sympathique.
- Le prédicateur s'appuie sur le théologien Harvey Cox : en Occident, nous considérons le péché et le pécheur comme une sorte de héros, parce que nous sommes nourris de mentalité grecque.
- Ulysse, Hercule, Persée, Thésée, Prométhée : les héros grecs sont ceux qui se rebellent contre les divinités et refusent de se soumettre.
- Le trompeur veut nous convaincre que notre Dieu ressemble à ces dieux grecs, et que le pécheur est un héros parce qu'il refuse d'obéir. Mais notre Dieu est le seul vrai Dieu, digne de tout honneur et de toute obéissance, parce que Dieu est amour.
- Dans la littérature et les films, le rebelle attire le regard. « Tout cela est tromperie et illusion. Il n'y a rien de bon dans le mal, rien d'héroïque, rien de beau dans le péché. »
5. Le trompeur et ses alliés, même chez les croyants
- On peut être trompé par sa propre chair (la sarx dont parle Paul), par une personne elle-même trompée qui parle de bonne foi, par le monde et ses modes, et par le trompeur par excellence, l'ancien serpent.
- Le trompeur s'attaque aussi aux croyants dans leur foi. « Cela m'est-il déjà arrivé ? Oui, cela m'arrive encore. » Il cite un théologien selon qui l'incrédule qui vit en nous doit être gardé chaque jour plus serré dans un coin.
- Première voix : « As-tu vraiment besoin de toute cette foi ? Il suffit de croire en quelque chose. » Une émotion, un moment, puis vivre comme bon te semble. Non : la foi en Dieu est vraie quand elle prend toute notre existence.
- Deuxième voix : « Pourquoi suivre toutes ces règles ? Ce n'est qu'une morale imposée qui t'enferme. » Le prédicateur répond : si l'Évangile était cela, il serait le premier à s'enfuir. Le croyant ne suit pas une morale rigide, il vit la vraie vie en Christ.
- Il cite John Taylor : « Dis oui au Seigneur, dis toujours oui au Seigneur, continue de dire oui au Seigneur, et tu n'auras pas le temps de dire non à autre chose. »
6. La vie et la mort : le voleur vient pour détruire
- Les mots bien et mal sont abstraits et laissent place à l'interprétation. Le Nouveau Testament utilise deux termes plus clairs : la vie et la mort. Le bien, c'est ce qui engendre la vie. Le mal, c'est ce qui engendre la mort.
- En Jean 10, Jésus est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. En face de lui, le voleur. Le mot grec kleptès (d'où vient « kleptomane ») désigne aussi le trompeur.
- « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire » (Jean 10:10). Il vient voler la vie que le Seigneur nous a donnée, nous vider de vie, au point de vivre « comme des morts à l'intérieur ».
- Le verbe traduit par égorger, thuô, signifie aussi sacrifier : le voleur offre la vie qu'il nous a prise sur l'autel de la mort, et notre existence devient un tribut rendu à la mort.
- Puis il détruit : il enlève l'espérance, la force, toute envie de se relever. Combien de témoignages d'hommes et de femmes qui disent : « Je sais que ma vie est détruite, je n'ai plus la force de changer, c'est trop tard. »
7. En Christ, il n'est jamais trop tard
- « Il n'est jamais trop tard pour toi, comme il ne l'a pas été pour moi. » Peu importe ce que le voleur a pris : en Christ, il y a une nouvelle histoire, une résurrection, une vie nouvelle.
- Jean emploie deux mots grecs. Bios désigne la vie biologique : naître, grandir, mourir. Pour la vraie vie, il emploie zoé. La vie éternelle est zoé, une vie dont la qualité est celle de l'éternité, celle de Dieu.
- Même ceux qui ont reçu la vie peuvent douter, à cause des épreuves, et croire que Jésus les a trompés. Le prédicateur n'a pas honte de le dire : Jérémie l'a dit au Seigneur, « ma plaie est incurable » et « tu as été pour moi comme une source trompeuse » (Jérémie 15:18).
- Ce ne sont que des moments. À la fin, c'est la couronne de la vie éternelle qui est gardée, jamais la mort. Osée le dit : « Il a déchiré, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il bandera nos plaies. Il nous rendra la vie dans deux jours ; le troisième jour il nous relèvera » (Osée 6:1-2).
- Conclusion : abandonner toute tromperie et toute illusion, et recevoir la vie en Jésus-Christ.
Points à retenir
- On ne découvre une tromperie qu'à la fin. Elle laisse derrière elle la méfiance et une vie fondée sur l'illusion.
- La mère de toutes les tromperies est d'appeler le mal bien et le bien mal (Ésaïe 5:20). Le mal est le mal, il n'y a rien de bon en lui.
- Le pécheur rebelle n'est pas un héros : notre Dieu n'est pas un dieu grec, il est amour et digne de toute obéissance.
- Le voleur, le trompeur, ne vient que pour dérober, égorger et détruire. Jésus, le bon berger, donne sa vie.
- En Christ, il n'est jamais trop tard : la vraie vie, la zoé, est offerte à celui qui la reçoit.
Application personnelle
- La méfiance laissée par des déceptions passées t'empêche-t-elle d'accorder un peu de confiance au Seigneur ?
- Quelle illusion poursuis-tu en ce moment : une nouveauté, une réussite, une image de la vie idéale ?
- Y a-t-il un mal auquel tu as donné un nom plus agréable pour ne plus le voir comme un mal ?
- Laquelle des deux voix entends-tu le plus : « tu n'as pas besoin de toute cette foi » ou « ce n'est qu'une morale imposée » ?
- As-tu l'impression qu'il est trop tard pour toi ? Qu'est-ce qui t'empêche de recevoir aujourd'hui la vie que Jésus donne ?
Versets cités
Questions fréquentes
Quelle est la grande tromperie selon Ésaïe 5:20 ?
Pour Nicola Palmieri, la mère de toutes les tromperies consiste à appeler le mal bien et le bien mal. Le monde finit par penser que faire le bien ne paie plus et qu'il y a quelque chose de bon dans le mal. Or le mal reste le mal : il n'y a rien de bon, rien d'héroïque, rien de beau dans le péché.
Que veut dire Jésus quand il dit que le voleur vient pour dérober, égorger et détruire ?
En Jean 10:10, le voleur (kleptès) est aussi le trompeur. Il vient voler la vie que Dieu nous a donnée. Le verbe traduit par égorger signifie aussi sacrifier : il offre cette vie sur l'autel de la mort. Puis il détruit, jusqu'à ne laisser que des ruines, sans espoir ni force.
Quelle différence entre bios et zoé dans l'Évangile de Jean ?
Le prédicateur explique que bios désigne la vie biologique : naître, grandir et mourir. Pour parler de la vraie vie, Jean emploie zoé. La vie éternelle est zoé, une vie d'une qualité qu'aucune autre vie ne peut avoir, la qualité de Dieu, que l'on reçoit seulement en Jésus-Christ.