Introduction
« Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Michel Wuillot ouvre son message à l'Église évangélique du Réveil de Lausanne (Riponne) avec cette question de Jésus, posée juste après la parabole de la veuve qui revient chaque jour devant le juge (Luc 18:8). Il y a quelques mois, il avait encouragé l'Église à ne pas se relâcher dans la prière. Cette fois, il veut aller plus loin.
Nous savons tous qu'il est important d'avoir la foi. Mais le prédicateur pose une autre question : « C'est bien d'avoir la foi, c'est bien d'avoir eu la foi, mais est-ce que je continue à vivre par la foi ? » Le titre du message est simple : le juste vivra par la foi. Et il prévient en souriant qu'il va « marteler » cette pensée pour briser les têtes dures.
Le parcours va de la communion avec le Saint-Esprit à la foi comme langage de l'amour, puis à la question du temps de la réponse de Dieu. Il se termine sur une définition très concrète de la foi : rester ferme dans ses sentiments envers Dieu, quoi qu'il arrive, sans laisser le doute s'enraciner.
Plan du message
1. Le juste vivra par la foi, pas par sa propre force
- Hébreux 10:38 : « Et mon juste vivra par la foi ; mais, s'il se retire, mon âme ne prend point plaisir en lui. » Paul l'écrit aussi en Romains 1:17, en reprenant la révélation reçue par le prophète Habacuc (Habacuc 2:4).
- Le juste ne vit ni par sa propre force ni par sa propre intelligence. La vie que nous choisissons de vivre avec Jésus dans ce monde est appelée à refléter notre foi en lui.
- Vivre par la foi, c'est avoir choisi de vivre en communion avec Jésus : « Je lui donne la main, et maintenant, Jésus, je te laisse me conduire là où tu veux me conduire. »
- Le vendredi précédent, à Genève, deux jeunes venus pour la première ou la deuxième fois ont donné leur vie à Jésus. C'est toujours beau de voir des gens, jeunes ou moins jeunes, ouvrir leur vie au Seigneur et vouloir avancer avec lui.
2. Le Saint-Esprit n'est pas un trophée
- Le jour où nous avons cru, le Saint-Esprit est venu habiter en nous, et Paul dit que nous sommes devenus son temple. Mais que veut dire, concrètement, « le Saint-Esprit habite en moi » ?
- Certains l'ont accueilli comme un trophée : on le pose dans un coin, on le regarde avec un petit sourire et on se répète « je suis bon, je suis fort ». Oui, celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde, mais attention à ne pas s'enfermer dans un monde à part, déconnecté de la vraie vie, en devenant seulement plus orgueilleux.
- D'autres voient la présence de Dieu comme un jacuzzi ou un médicament : un moment pour se faire du bien quand ça ne va pas, une louange trouvée sur internet, puis on retourne vivre sa vie comme on l'entend.
- Ce que le Saint-Esprit donne, c'est une communion avec Dieu dans sa plénitude, Père, Fils et Saint-Esprit. Quand on est en relation avec quelqu'un, on ne vit plus comme avant : « Quand j'étais célibataire, je pouvais vivre comme un célibataire, mais quand je me suis marié, ma vie a complètement changé, et je ne le regrette pas. »
- Le but de cette communion est de donner à Dieu une influence totale sur ta vie, de le laisser prendre sa place de Seigneur, de roi et de guide, afin que ce ne soit plus toi qui vives, mais lui qui vive en toi.
- Le prédicateur partage une révélation récente : le Saint-Esprit remplit tout l'espace pour que je meure à moi-même, mais pas pour que je reste mort. Il prend toute la place pour donner de la place à la nouvelle créature. « Ce n'est plus le Michel charnel, c'est le Michel renouvelé, l'enfant de Dieu qui marche avec Jésus. »
3. Une communion pour les affaires du Père, vécue dans le corps
- Cette communion ne nous est pas donnée pour rendre la vie selon la chair plus facile ni pour satisfaire nos désirs. Elle est là pour connaître et poursuivre les intérêts de Dieu, « les affaires du Père ». Connais-tu vraiment le plan de Dieu pour ta vie ?
- « Église de Lausanne Riponne, je me pose sérieusement cette question : dans quelle mesure vivons-nous par la foi en Jésus-Christ ? » Pendant nos journées, prenons-nous un moment pour penser à nos frères et sœurs, à ce que Dieu attend de nous ?
- Souvent, on se lève le matin en oubliant qui l'on est. Avant d'être mécanicien, médecin ou architecte, tu es d'abord un enfant de Dieu, un ambassadeur de Christ, une sorte d'« infiltré » que Dieu envoie là où il veut pour briller de sa lumière.
- Ce que Dieu fait dans ta vie personnelle est lié à ce qu'il fait dans son Église. Une main ne peut pas vivre indépendamment du corps : pour exploiter tout son potentiel, elle doit rester en cohésion avec les autres membres. Beaucoup d'enfants de Dieu n'atteignent pas leur potentiel parce qu'ils ne comprennent pas qu'ils font pleinement partie du corps.
- La première Église était chaque jour ensemble, au temple ou dans les maisons. Elle mangeait dans la simplicité, partageait la Parole et priait ensemble (Actes 2:46). Comme l'a dit un grand évangéliste, la réunion de prière permet de prendre la température d'une Église.
- « Ce n'est pas toujours agréable d'entendre ces choses. » Mais vivre par la foi ne nous conduira jamais à vivre seuls, sans communion avec nos frères et sœurs.
4. La foi, langage de l'amour
- Sans la foi, la communion avec Dieu n'est plus possible. En 1 Corinthiens 13:13, Paul nomme trois choses qui demeurent : la foi, l'espérance et l'amour, mais la plus grande est l'amour. L'amour est le pilier, la source d'où tout découle.
- Galates 5:6 parle de « la foi qui est agissante par la charité », et Romains 5:5 dit que l'espérance ne trompe point parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit. La foi et l'espérance jaillissent de l'amour : ce sont des langages de l'amour.
- Le prédicateur reprend les cinq langages de l'amour du pasteur et conseiller conjugal Gary Chapman : les paroles valorisantes, les moments de qualité (comme ceux qu'il s'apprête à vivre avec sa femme pour leurs 24 ans de mariage), les cadeaux, les services rendus (avec l'exemple, plein d'humour, des poubelles que ses enfants tardent à descendre et du lave-vaisselle) et le toucher physique, une main posée sur l'épaule.
- Bien des malentendus, dans le couple comme dans le travail d'équipe à l'Église, viennent de ce qu'on ne comprend pas l'autre. Mais dans la relation entre l'enfant de Dieu et Dieu, la foi doit être le langage universel.
- « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éphésiens 4:5-6). Il existe différentes manières de croire, mais pas différentes manières de s'approcher de Dieu et de lui plaire. Sans la foi, il est impossible de lui être agréable (Hébreux 11:6). Seule la foi qui vient de la Parole de Christ est légitime devant Dieu.
- C'est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi (Éphésiens 2:8). Et Jésus enseigne que la foi déplace les montagnes : « Ayez foi en Dieu » (Marc 11:22-23). Vivre par la foi, c'est vivre l'impossible, voir Dieu faire ce que tu ne peux pas faire par tes propres forces.
5. Né de l'Esprit, une intimité qui devient naturelle
- À Nicodème, Jésus dit : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit » (Jean 3:6-8). L'enfant de Dieu est un homme, une femme intimement en communion avec l'Esprit de Dieu.
- L'esprit de l'homme et l'Esprit de Dieu deviennent si intimes qu'on a du mal à distinguer où est Dieu et où est l'enfant de Dieu. Ce que tu fais, tu le fais parce que Dieu le fait, et cela devient naturel.
- Tu ne dis plus de gros mots, tu te lèves spontanément pour louer le Seigneur. Dans l'épreuve, au lieu de pleurer, tu lèves les mains : « Seigneur, je crois en toi. »
- Le monde montre son « dieu », avec un petit d, par les œuvres de la chair (Galates 5:19-21). L'enfant de Dieu montre un Dieu d'amour, qui sauve, libère, délivre, guérit, pardonne et donne la vie éternelle.
- « Nous avons tellement limité Dieu. » Face à un miracle qui tarde, on abandonne vite et on cherche une solution humaine. Peut-être que si tu avais persévéré dans la présence de Dieu, tu aurais vu sa puissance.
6. La foi a souvent besoin de temps
- Être avec Dieu, « c'est mieux que bien ». Et la foi implique quelque chose de très encourageant : Dieu répond à nos prières.
- La foi qui vient de la Parole et du Saint-Esprit reçoit toujours une réponse, mais Dieu reste le maître du moment de la réponse. Souvent, les enfants de Dieu ne voient pas l'exaucement parce qu'ils sont impatients.
- Le grand défi de l'Église est de demeurer continuellement dans la présence de Dieu, pas seulement le temps d'une réunion. Paul dit : « Priez sans cesse, soyez toujours joyeux » (1 Thessaloniciens 5:16-17).
- Après la prière, que fais-tu ? Tu croises quelqu'un, tu te mets en colère, tu te laisses influencer, tu passes cinq heures devant Netflix, et tu te fais voler ce que Dieu avait commencé pendant que tu priais.
- Rester connecté ne veut pas dire marcher les yeux fermés : « Ouvre les yeux avant de traverser ! » Le prédicateur raconte qu'il prie souvent en langues à voix basse, dans la rue ou en voiture, et qu'il demande en observant les gens : « Seigneur, as-tu quelque chose à me dire pour cette personne ? »
7. Avoir foi en Dieu : rester ferme dans ses sentiments
- Quand Jésus dit « Ayez foi en Dieu », le prédicateur en donne cette définition : mettre sa foi en Dieu, c'est choisir d'être ferme dans ses sentiments envers Dieu, quelles que soient les circonstances, les épreuves ou les soucis de la vie.
- C'est la fidélité. Dans le mariage, ce n'est pas un contrat, où l'on se protège et où l'on se débarrasse de l'autre s'il ne répond plus à nos exigences. C'est une alliance : même quand les choses ne vont pas comme on voudrait, on reste présent, et par sa présence on peut même amener le changement.
- La foi sera toujours éprouvée. Elle est comme un muscle : elle grandit sous la pression, mais aussi quand elle est bien nourrie et quand elle se repose dans la présence de Dieu.
- Quand les mauvaises nouvelles arrivent, nos émotions essaient chaque fois de renverser notre foi. Une foi faible se laisse emporter par ses émotions, et le peu de foi se transforme en doute. « Le doute est un poison. Le doute est le langage de la peur, mais la foi est le langage de l'amour. » Or l'amour parfait bannit la crainte (1 Jean 4:18).
- Celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent, et il ne doit pas s'attendre à recevoir quoi que ce soit du Seigneur (Jacques 1:6-7). À l'inverse, Ésaïe 26:3 promet : « À celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu'il se confie en toi. »
- Devant la Parole, il faut être comme un enfant qui croit simplement. Mais devant l'épreuve, un enfant prend peur et s'enfuit. Quand un homme ou une femme de Dieu réagit ainsi à chaque difficulté, c'est un problème : l'enfant doit laisser la place à l'homme de Dieu, à la femme de Dieu que tu es.
- Avoir peur au début n'est pas le problème. Le problème, c'est de laisser le doute s'enraciner. Né de la peur, il devient ensuite le catalyseur de la peur, jusqu'à te paralyser : tu recules devant chaque défi, tu ne t'engages plus et tu ne vis pas les victoires que le Seigneur avait prévues.
- Le prédicateur conclut avec Josué 1:6-9 : « Fortifie-toi et prends courage. » Ne laisse pas les paroles de Jésus s'éloigner de ta bouche, médite-les jour et nuit et déclare-les, car c'est ainsi que tu nourris ta foi. « Ne t'effraie point et ne t'épouvante point, car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. »
- Dans la prière finale, il invite ceux qui vivent dans la peur et l'intimidation à se lever, à demander pardon pour les occasions manquées sans rester dans la culpabilité, et rappelle que Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse (2 Timothée 1:7).
Points à retenir
- Avoir eu la foi ne suffit pas : le juste est appelé à vivre par la foi, chaque jour, en donnant la main à Jésus.
- Le Saint-Esprit n'est ni un trophée ni un médicament. Il nous donne une communion qui donne à Dieu une influence totale sur notre vie et nous relie au corps de Christ.
- La foi est un langage de l'amour, et c'est le langage universel de l'enfant de Dieu devant son Père.
- Dieu répond toujours à la foi, mais il reste le maître du moment de la réponse. L'impatience et les ruptures de communion nous font manquer l'exaucement.
- Avoir foi en Dieu, c'est rester ferme dans ses sentiments envers lui quelles que soient les circonstances, sans laisser le doute s'enraciner.
Application personnelle
- Vis-tu encore par la foi aujourd'hui, ou te contentes-tu du souvenir de la foi que tu as eue ?
- Comment traites-tu la présence du Saint-Esprit : comme un trophée, comme un remède pour les mauvais jours, ou comme une communion qui change ta façon de vivre ?
- Dans ta journée, prends-tu un moment pour penser aux affaires du Père et à tes frères et sœurs de l'Église ?
- Après ton temps de prière, qu'est-ce qui vient le plus souvent interrompre ta communion avec Dieu ?
- Dans quelle épreuve as-tu laissé tes émotions ou le doute prendre le dessus, et que veut dire pour toi, cette semaine, « rester ferme dans tes sentiments » envers Dieu ?
Versets cités
- Luc 18:8
- Hébreux 10:38
- Romains 1:17
- Habacuc 2:4
- Actes 2:46
- 1 Corinthiens 13:13
- Galates 5:6
- Romains 5:5
- Éphésiens 4:5-6
- Hébreux 11:6
- Éphésiens 2:8
- Marc 11:22-23
- Jean 3:6-8
- Galates 5:19-21
- 1 Thessaloniciens 5:16-17
- 1 Jean 4:18
- Jacques 1:6-7
- Ésaïe 26:3-4
- Josué 1:6-9
- 2 Timothée 1:7
Questions fréquentes
Quelle différence entre avoir la foi et vivre par la foi ?
Pour Michel Wuillot, il est bon d'avoir la foi et d'avoir eu la foi, mais la question est de savoir si tu continues à vivre par la foi. Vivre par la foi, c'est avoir choisi la communion avec Jésus, lui donner la main et le laisser te conduire là où il veut, au lieu de vivre par ta propre force ou ta propre intelligence.
Que veut dire avoir foi en Dieu selon ce message ?
En s'appuyant sur Marc 11:22 et Ésaïe 26:3, le prédicateur définit la foi en Dieu comme le choix d'être ferme dans ses sentiments envers Dieu, quelles que soient les circonstances, les épreuves ou les soucis de la vie. C'est une fidélité d'alliance, comme dans le mariage, et non un contrat dont on sort quand l'autre ne répond plus à nos attentes.
Pourquoi le doute est-il appelé un poison ?
Le doute naît de la peur. Avoir peur au début n'est pas le problème, mais si tu laisses le doute s'enraciner, il devient un catalyseur de la peur, jusqu'à te paralyser. Tu recules alors devant chaque défi, tu ne t'engages plus et tu ne vis pas les victoires que le Seigneur avait prévues. Jacques 1:6-7 dit que celui qui doute ressemble au flot de la mer.