Matthieu 14 : dans la tempête, il ne t'a pas abandonné

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Introduction

« La vie n'est pas toujours simple, on le sait tous. Même quand on est chrétien. » Benoît Lemestrez, de retour à Liège, sa ville, ouvre ainsi son message. Il ajoute même que c'est parfois plus compliqué pour un chrétien : il y a les tracas du monde, et en plus les oppositions du diable.

Le thème lui est venu d'une période difficile, il y a deux ans, où il a rencontré des chrétiens qu'il décrit comme « cruels ». Il s'est demandé comment on peut avoir le Saint-Esprit dans le cœur et être aussi méchant. Dans la prière et la lecture de la Bible, le Seigneur l'a conduit vers les derniers chapitres de Matthieu : Jésus lui-même a été frappé, couvert de crachats, crucifié. « S'il y en a un qui peut nous comprendre plus que tout le monde, c'est bien lui. »

Pour développer ce thème, « il ne m'a pas abandonné », il ouvre Matthieu 14:22-33, l'histoire de Pierre qui marche sur l'eau. Le même Pierre dont l'ombre suffira plus tard à guérir les malades à Jérusalem (Actes 5:12-16) est passé par la peur et le doute. Dieu ne prend pas des gens parfaits pour le servir. D'où cette affirmation qui surprend : avec Dieu, « l'échec est bon ».

Plan du message

1. Quand le vent est contraire alors que tu es avec Dieu

  • Jésus « obligea » les disciples à monter dans la barque. Il est omniscient, il sait très bien ce qui va se passer, et il le permet.
  • Pierre est pêcheur. Il va connaître un des plus gros échecs de sa vie dans sa zone de confort, sur un bateau, sur le lac où il travaille tous les jours. Là où l'on se croit le plus à l'aise, on ne s'attend pas à tomber.
  • « Le vent était contraire. » Des fois, la vie est contraire. Les disciples ont été envoyés par Jésus, et pourtant ils traversent une tempête. La question monte : « Est-ce que Dieu m'a abandonné ? »
  • Pendant ce temps, les pharisiens, ennemis de Jésus, sont tranquillement chez eux, en train de griller leur poisson devant le feu. Ce sont les amis de Jésus, ceux qu'il aime, qui affrontent le vent.

2. Le seul échec de Pierre : la peur

  • Jésus arrive en marchant sur l'eau. Tout le monde a peur et crie au fantôme. Jésus les rassure : « C'est moi. N'ayez pas peur. »
  • Pierre, l'intrépide, est celui qui doit parler. « Seigneur, si c'est toi » : c'est un conditionnel, il doute encore. Il sort pourtant de la barque et marche sur l'eau.
  • Puis il voit que le vent est fort, il a peur et commence à s'enfoncer. « Son seul échec ici, c'est la peur. » Pour le prédicateur, peur et foi ne vont pas ensemble : « Tu crois, tu n'as pas peur. Tu as peur, tu ne crois pas. »
  • Jésus lui dit, les yeux dans les yeux : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Il est dur avec celui qu'il aime, celui qui prêchera à la Pentecôte devant une foule où 3000 personnes se convertiront. Pierre aurait pu se sentir humilié devant tout le monde, et même abandonné.

3. L'échec ouvre la porte au miracle

  • « Comment voulez-vous que Dieu se révèle à nous si tout va toujours bien ? » C'est quand on passe par des soucis que la porte est grande ouverte au miracle.
  • « Si on veut un miracle, il faut une situation qui donne un miracle. » Pierre aurait dû se noyer en pleine tempête, et Jésus le saisit aussitôt. Il est « qualifié pour un miracle à travers l'échec ».
  • L'échec permet aussi de connaître Dieu autrement. Benoît Lemestrez cite le verbe hébreu yada, connaître dans l'intimité, celui qu'on emploie quand Adam connut Ève. Passer par l'échec et en sortir, c'est connaître Dieu de plus près : « Ah, Dieu, il est comme ça. Ah, Dieu, il est capable. »

4. L'échec augmente ton potentiel

  • Le potentiel, rappelle le prédicateur, est lié à la puissance intérieure. Avec Dieu, ce n'est pas un potentiel qu'on exhibe, mais un potentiel secret : les dons qui grandissent pour le service de Dieu.
  • Pierre a plus de foi après la tempête qu'avant. « Pierre qui prêche avant le bateau et Pierre qui prêche après le bateau, ce n'est pas le même Pierre. » Il peut désormais raconter : on coulait, Jésus a marché sur l'eau, j'ai marché aussi, il m'a pris et m'a remis dans la barque.
  • Tu deviens différent parce que tu connais un Dieu différent, et tu apportes cette différence autour de toi. Pour lui, le réveil, c'est « amener la différence dans l'indifférence ».
  • Son témoignage : fils d'immigrés italiens restaurateurs, élevé avec la phrase de sa tante « Tu veux du fric ? Travaille », il a lutté vingt ans contre l'appel de Dieu à vivre par la foi. Après un troisième accident, un coma et un an et demi au lit, il a cédé. Sa femme, femme de prière, avait reçu la même conviction.
  • Avec le dernier salaire de sa femme, ils partent en mission, avec déjà un enfant à charge. Cette année-là, Dieu pourvoit chaque mois « de manière phénoménale ». C'est l'année où il a mis le plus d'argent de côté de sa vie, et la voiture qu'il conduit encore est un don reçu à ce moment-là. Il précise : « Fais-le si vraiment tu as la paix. C'est vraiment un appel. »
  • L'année suivante, il reprend une école comme directeur alors qu'il n'y a pas d'argent : il faut 9 000 à 10 000 par mois. Il sait désormais que Dieu pourvoit, et Dieu pourvoit chaque mois par des dons. La leçon apprise lui a donné une nouvelle stratégie.
  • L'échec donne enfin du discernement. Celui qui n'a jamais souffert répond à quelqu'un en crise : « Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ? » Celui qui est passé par là sait qu'il y a des saisons. Un arbre fruitier a trois saisons de préparation et une saison de fruits : il y a des saisons pour apprendre et des saisons pour donner.

5. Le droit à l'échec, le devoir d'apprendre

  • Le mot grec pour disciple désigne celui qui apprend en suivant un maître. « On est disciple jusqu'à notre dernier souffle. » Quand on est plus âgé, on est juste un disciple plus expérimenté.
  • « On a le droit à l'échec, on a le droit à rater, mais on a le devoir d'apprendre des leçons. » Le pire, c'est de sortir d'une souffrance sans rien en avoir appris, ce que la Bible appelle la stupidité. Les bonnes questions : qu'est-ce que j'ai appris, qu'est-ce que je dois modifier, changer, adapter ?
  • John Wesley a échoué en Amérique, avec la même prédication, la même prière, le même jeûne. Rentré en Angleterre, là, ça a marché, parce qu'il avait appris de son échec. Jean Calvin a été mis dehors de Genève, puis rappelé, et c'est après qu'il a réussi.
  • Son histoire familiale : abandonnés par leur père qui habitait à 800 mètres sans jamais appeler, les enfants ont dû travailler pendant que leur mère, atteinte d'un cancer, vivait avec environ 900 euros par mois.
  • Un de ses frères, dyslexique, s'est entendu dire par ses professeurs qu'il était « trop bête pour continuer ». Il a raté sa première année, puis a eu des examens de repêchage, puis a encore raté. À chaque appel, la même réponse : « Tu n'as pas le temps de pleurer. Quand on rate, on recommence. » Il a fini sa dernière année avec distinction.
  • Plus tard, à la ferme où ils faisaient la moisson, ce frère a vu pleurer la petite fille du fermier, dyslexique elle aussi. Il lui a dit : « Moi aussi, j'étais comme ça. Quand on rate, on recommence. »
  • « L'échec, il est bon, mais dans l'échec, on a une responsabilité. » On ne peut pas rester passif. Il faut se relever, persévérer, se battre, parce que Jésus est avec nous, « surtout quand c'est difficile ».

6. Pierre, un révélateur de potentiel

  • On rit facilement de Pierre, l'intrépide qui rate toujours. Mais regarde ce qu'il a réussi : il a entrepris, il a osé, il a foncé. Dans la Bible, ils ne sont que deux à avoir marché sur l'eau : lui et Jésus.
  • « Quand tu passes par l'échec, il y a une marge de progression. » Pierre avait un réglage à faire, celui de la foi, et Dieu l'a fait.
  • Généralement, on aime comme on a été aimé et on méprise comme on a été méprisé. Sans guérison du cœur, celui dont on s'est moqué se moquera à son tour de ceux qui ratent.
  • Mais regarde Pierre en Actes 3:1-11. Devant l'homme boiteux de naissance à la porte du temple appelée la Belle, il dit : « Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai, je te le donne. Au nom de Jésus, lève-toi et marche. » Et il le prend par la main pour le faire lever, exactement comme Jésus l'avait pris par la main quand il coulait.
  • Ceux qui n'ont jamais connu l'échec deviennent des « tueurs de potentiel » et font le jeu de l'ennemi. Jésus, lui, est un révélateur de potentiel. « Le leadership, c'est voir le potentiel et faire rentrer les gens dans leur destinée. »
  • Là où d'autres ne voyaient qu'un boiteux, Pierre voyait un homme qui allait marcher, sauter et louer Dieu dans le temple. Il a cru dans l'incroyable. L'échec de Pierre n'était qu'un réglage de la foi, et l'échec par lequel tu passes en est peut-être un aussi.

7. Le mental : j'apprends ou je gagne

  • Il faut « un mental pour réussir dans l'échec ». Benoît Lemestrez l'a appris de Nelson Mandela, injustement emprisonné pendant 27 ans : dans la vie, deux choses, « j'apprends ou je gagne ».
  • Si tu es dans un temps où tu apprends, demande à Dieu ce que tu dois apprendre. Et un conseil : « Apprends-le vite, comme ça tu passes à autre chose. »
  • Si tu es dans un temps où tu gagnes, reste vigilant, parce qu'il n'est pas facile de rester là. Gère ton succès.
  • Sa prière finale résume le message : ne pas croire que, parce qu'on passe par l'échec, Dieu nous a abandonnés. « Au contraire, tu ne nous as pas abandonnés. »

Points à retenir

  • Traverser une tempête alors que tu obéis à Jésus ne signifie pas qu'il t'a abandonné. Il sait, il permet, et il vient vers toi.
  • La peur et la foi ne vont pas ensemble. L'échec de Pierre n'était qu'un réglage de sa foi.
  • L'échec ouvre la porte au miracle et te fait connaître Dieu dans l'intimité. Tu en sors avec plus de foi et plus de discernement.
  • Tu as le droit de rater, mais tu as le devoir d'apprendre. Quand on rate, on recommence.
  • Celui que Jésus a relevé devient capable de relever les autres et de voir en eux le potentiel que Dieu y a mis.

Application personnelle

  1. Dans quelle situation as-tu l'impression que « le vent est contraire » alors que tu cherches à suivre Jésus ?
  2. Qu'est-ce qui te fait regarder le vent plutôt que Jésus en ce moment, et quelle peur prend la place de ta foi ?
  3. Quel échec récent n'as-tu pas encore regardé en face pour te demander : qu'est-ce que j'ai appris, qu'est-ce que je dois changer ?
  4. Es-tu plutôt un révélateur ou un tueur de potentiel envers ceux qui ratent autour de toi ? Qui pourrais-tu prendre par la main cette semaine ?
  5. Es-tu dans un temps où tu apprends ou dans un temps où tu gagnes ? Que demandes-tu à Dieu pour cette saison ?

Versets cités

Questions fréquentes

Si Jésus a envoyé ses disciples dans la tempête, cela veut-il dire qu'il les a abandonnés ?

Non. Dans Matthieu 14, Jésus oblige ses disciples à monter dans la barque en sachant ce qui va se passer. Benoît Lemestrez souligne que les amis de Jésus traversent la tempête pendant que ses ennemis sont tranquillement chez eux. La tempête n'est pas le signe de l'abandon : Jésus vient vers eux en marchant sur l'eau et saisit Pierre par la main.

Quel a été l'échec de Pierre quand il a marché sur l'eau ?

Son seul échec, c'est la peur. En voyant que le vent était fort, Pierre a douté et a commencé à s'enfoncer. Pour le prédicateur, la peur et la foi ne vont pas ensemble. Mais Pierre a aussi osé : il est sorti de la barque et, avec Jésus, il est le seul dans la Bible à avoir marché sur l'eau. Son échec n'était qu'un réglage de la foi.

Comment l'échec peut-il nous faire grandir ?

L'échec ouvre la porte au miracle et permet de connaître Dieu dans l'intimité. Il fait grandir la foi, donne du discernement et prépare la saison suivante. À une condition : apprendre la leçon. Benoît Lemestrez reprend la phrase attribuée à Nelson Mandela : dans la vie, soit j'apprends, soit je gagne.

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