Introduction
Pour ouvrir ce message, Florian Vanlaethem, stagiaire et membre de l'Église Protestante Évangélique Bruxelles-Woluwe, étudiant en première année à l'Institut Biblique de Bruxelles, part d'une image familière : l'enfant chez le médecin. Le vaccin n'est pas agréable, mais l'enfant y va avec une certaine confiance. Ses parents lui ont expliqué que c'est bon pour lui, ils sont passés par là eux aussi, « et le meilleur exemple, c'est qu'ils sont toujours en vie ».
Dieu agit ainsi avec nous. Le chemin auquel il nous invite est loin d'être confortable, mais c'est celui que son Fils a emprunté pour nous et qu'il a ouvert. Tu peux donc le prendre « avec une confiance absolue », parce que Jésus est vivant et qu'il a vaincu la mort.
À partir de Luc 9.18-27, le prédicateur suit trois étapes : qui est Jésus, quel est le chemin du Christ, et pourquoi son chemin est devenu le nôtre.
Plan du message
1. « Qui dit-on que je suis ? » La question des foules
- Un jour où Jésus prie à l'écart, il demande à ses disciples : « Qui dit-on que je suis ? » Les réponses fusent : Jean-Baptiste, Élie, un des anciens prophètes ressuscité.
- Le vendredi précédent, des milliers de personnes ont assisté à Forest National à la tournée Legend de Guillaume Pley, un spectacle où chacun vient raconter son histoire. Les vidéos promotionnelles montrent des spectateurs profondément émus, censés en ressortir transformés.
- Jésus aussi attirait les foules. Elles venaient pour voir des miracles, recevoir une guérison ou simplement le voir à l'œuvre. Elles étaient pleines d'admiration, au point de voir en lui une figure qui annonce le Messie.
- Pourtant, elles étaient « complètement à côté de la plaque » sur une question vitale pour elles. Elles représentent ce que la plupart des gens font de Jésus : un personnage fictif, un grand sage, un prophète, ou un fou plein de fantaisies.
- Le prédicateur pense aussi à l'islam, qui voit en Jésus un prophète né d'une vierge, mais pas le Fils de Dieu, ni celui qui est allé à la croix et qui est ressuscité.
- Des milliards de personnes se trompent ainsi sur une question qui les concerne au premier chef. Cette question révèle ce que nous sommes vraiment, des brebis perdues, et la réponse détermine où nous allons. C'est un encouragement à parler de Jésus autour de nous : le salut des gens en dépend.
2. « Le Christ de Dieu » : la réponse qui fonde une vie
- Au verset 20, Jésus ne se contente pas de l'opinion de la foule. Il veut savoir ce que pensent ses disciples. Pierre répond : « Le Christ de Dieu. »
- Le Messie n'est pas une nouveauté pour Pierre : c'est celui qu'Israël attendait avec impatience. Pierre dit en quelque sorte : « C'est toi, celui que nous attendions ? »
- Les émotions et les opinions ne suffisent pas à savoir si l'on est dans la vérité. « Être ému par Jésus ne veut certainement pas dire le connaître », de même que le respecter pour sa sagesse ne suffit pas.
- C'est la connaissance de qui il est vraiment qui révèle ce que nous sommes vraiment. Face à elle, il n'y a que deux options : l'accueillir ou le rejeter.
- « Ce qui se passe dans la salle reste dans la salle », dit-on. La question de Jésus, elle, n'est pas restée dans ce lieu retiré de la région de Césarée de Philippe dont parlent Matthieu et Marc. Elle traverse les générations et nous interpelle depuis 2 000 ans. Et toi, qui dis-tu que Jésus est ?
3. Un Messie qui doit souffrir
- Au verset 21, Jésus défend sévèrement à ses disciples de le dire à personne. Pierre a compris le titre, c'est un progrès énorme, mais pas encore quel Messie est Jésus. Dire le bon titre ne suffit pas : les démons l'ont fait aussi (Luc 4).
- Pour les gens de l'époque, le Messie n'était pas associé à la souffrance. C'était un libérateur, un roi conquérant envoyé par Dieu pour établir son trône en Israël et chasser les Romains. Si les disciples avaient annoncé la nouvelle, la foule aurait sans doute « sonné du cor » et déclaré la guerre aux Romains.
- Cette attente révèle ce que la foule pensait d'elle-même : une nation opprimée qui a besoin d'un libérateur. Si nous nous croyons justes et bons, le pardon des péchés n'a pas de sens pour nous. Si nous nous voyons comme des victimes, nous cherchons un juge qui condamne nos coupables. Mais si nous savons que nous sommes gravement malades, nous avons besoin d'urgence d'un médecin reconnu et compétent.
- Au verset 22, Jésus annonce qu'il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les principaux sacrificateurs et les scribes, qu'il soit mis à mort et qu'il ressuscite le troisième jour.
- Ce verset est une clé : il empêche de se méprendre sur ce que Jésus est venu faire. C'est aussi un miroir : nous ne sommes pas seulement des victimes, nous sommes profondément malades d'un mal qui s'appelle le péché.
- La volonté des hommes, c'est un Messie à leur image, sans souffrance, et la mort de celui qui ne répond pas à leurs attentes. La volonté de Dieu, c'est un Messie qui passe par la souffrance, le rejet et la croix, puis qu'il ressuscite. « Dieu a toujours le dernier mot. »
4. Le Jésus sur mesure, un Messie sans croix
- Il est tellement plus facile de laisser ce que nous pensons de nous-mêmes décider de qui est Jésus. Le résultat, c'est un Jésus taillé sur mesure, à notre service, « un formidable outil pour notre confort et nos ambitions ».
- Ce Jésus-là nous attire tous : il ne demande rien d'autre que notre adoration et nous donne en échange tout ce que nous pourrions désirer.
- Le prédicateur évoque le génie de la lampe magique : chacun s'est déjà mis à la place du héros et s'est dit que son premier vœu serait d'obtenir une infinité d'autres vœux, pour avoir ce génie à disposition et réaliser tous ses rêves.
- Un Jésus ainsi conçu est un Jésus sans sa croix, un Messie complètement inutile, incapable de répondre à notre plus grand besoin : le pardon et la réconciliation avec Dieu.
- Pourquoi la croix ? Parce que Dieu nous aime profondément. Notre problème n'a jamais été un manque d'information : nous avons passé notre temps à dire à Dieu de s'en aller, à faire comme s'il n'existait pas, à fabriquer d'autres dieux. S'il devait mourir, il l'a fait à notre place.
- Le Messie médecin nous guérit par ses propres blessures (Ésaïe 53, Luc 5). La croix de notre Messie est notre espérance, et sa résurrection aussi. As-tu compris la place centrale de la mort et de la résurrection de Jésus pour ta foi et pour ta vie ?
5. Renoncer à soi-même, chaque jour
- « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive » (verset 23). Perdre ce que nous voulions pour nous-mêmes, c'est gagner ce pour quoi nous avons été faits : la vie.
- Ce verset ne parle pas d'une liste de choses à faire qui complique la vie sans raison, ni d'une religion de privations. On ne porte pas une croix pour le plaisir d'en porter une de plus. Notre croix, nous la portons derrière celui qui est passé par la mort et en est sorti vivant.
- C'est ce que Paul explique aux Romains : nous avons été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts, nous aussi nous marchions en nouveauté de vie (Romains 6.4). « Son chemin est devenu notre chemin. »
- Vivre selon la volonté de Dieu dans un corps et dans un monde qui le rejettent, c'est forcément difficile. Le prédicateur ne juge pas utile d'expliquer longuement le renoncement. Quelques mots suffisent, et l'Esprit de Dieu fait le travail : sexualité, vérité, argent, hospitalité, amour, idoles. « Nous savons. »
- Luc est le seul à préciser « chaque jour ». Le renoncement n'est pas une case que l'on coche une fois pour toutes.
- Vouloir vivre pleinement la vie reçue n'est pas mauvais en soi : ce désir est propre à l'homme et il est bon. Tout dépend de son centre. Est-ce moi, ou Jésus ? Quand Jésus est au centre, l'autre devient le centre : l'ami, le frère, le voisin, le collègue, l'étranger, la femme et l'enfant.
6. Le calcul de la foi et l'avant-goût du royaume
- Le paradoxe du verset 24 se comprend alors : celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de Jésus la sauvera.
- Le prédicateur fait le calcul avec des chiffres simples. Il a 29 ans et vivra peut-être jusqu'à 60, 70 ou 80 ans. À l'échelle de l'éternité, c'est dérisoire. Nos souffrances sont bien réelles, et il faut s'armer de courage, mais comparées à ce qui nous attend, elles ressemblent à la toute première piqûre reçue enfant pour un vaccin.
- Paul fait le même calcul : les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous (Romains 8.18). « Renonçons à nous-mêmes, c'est un privilège. »
- Il cite un exemple de foi qu'il trouve magnifique : d'anciens musulmans, hommes et femmes, qui, pour répondre à l'appel de Jésus, deviennent des apostats aux yeux des leurs. Ils deviennent une honte pour leur famille, se retrouvent parfois seuls et sans rien, et meurent parfois pour Jésus. Ils ont posé sur la table tout ce qu'ils allaient perdre et ont vu que tout perdre pour lui, c'était au final tout gagner.
- Le texte se termine par une promesse : quelques-uns de ceux qui sont là ne mourront point qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu (verset 27). Dieu ne nous demande pas de marcher à l'aveugle. Il nous donne déjà un avant-goût : la prière à un Dieu qui nous était inaccessible, l'amour qui grandit dans nos assemblées, le pardon et notre vraie identité enfin retrouvée.
7. Concrètement, à quoi ressemble ce chemin ?
- Suivre Jésus, c'est dire non au complément de salaire au noir à la fin du mois et rester intègre.
- C'est décrocher son téléphone et appeler le frère avec qui l'on s'est disputé la veille, il y a quelques mois ou il y a quelques années.
- C'est, à la machine à café, ne pas changer de sujet quand on parle de Dieu, mais prendre courage et annoncer le Messie, Jésus.
- « La liste est longue, et ce n'est souvent rien d'héroïque », simplement quelque chose de profondément bon qui plaît à Dieu et le glorifie.
- Ce n'est pas notre vie de disciple qui assure le salut. C'est lui, sa mort et sa résurrection, et le Père qui nous garde précieusement dans ses mains. Nous ne suivons pas Jésus pour être sauvés, mais parce qu'il nous a relevés et nous a révélé qui il est.
Points à retenir
- Admirer Jésus ou être ému par lui ne veut pas dire le connaître. La question « qui est-il ? » détermine où tu vas.
- Jésus est le Christ de Dieu, un Messie qui devait souffrir, être rejeté, mourir et ressusciter. Un Jésus sans croix ne peut pas te sauver.
- La croix est un miroir : tu n'es pas seulement une victime, tu es malade du péché et tu as besoin du médecin que Dieu a envoyé.
- Porter sa croix chaque jour, c'est marcher derrière celui qui est sorti vivant de la mort. Perdre ce que tu voulais pour toi, c'est gagner la vie.
- Tu ne suis pas Jésus pour être sauvé, tu le suis avec confiance parce qu'il t'a sauvé.
Application personnelle
- Si Jésus te posait aujourd'hui la question « Et toi, qui dis-tu que je suis ? », que répondrais-tu ?
- Dans ta prière et dans tes attentes, Jésus ressemble-t-il parfois au génie de la lampe, un Jésus à ton service ?
- Parmi les mots cités par le prédicateur (sexualité, vérité, argent, hospitalité, amour, idoles), lequel l'Esprit de Dieu met-il en lumière dans ta vie en ce moment ?
- Qui est au centre de ton désir de vivre pleinement : toi, ou Jésus et ceux qu'il place autour de toi ?
- Quel geste simple, sans rien d'héroïque, peux-tu poser cette semaine : appeler quelqu'un avec qui tu es en conflit, rester intègre, parler de Jésus à un collègue ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi Jésus demande-t-il à ses disciples de ne pas dire qu'il est le Christ ?
Pierre a donné le bon titre, mais les disciples ne comprenaient pas encore quel Messie était Jésus. Pour les foules, le Messie était un roi conquérant qui chasserait les Romains. Florian Vanlaethem explique que, si les disciples avaient annoncé la nouvelle, la foule aurait sans doute déclaré la guerre aux Romains. Jésus annonce alors qu'il doit souffrir, être rejeté, être mis à mort et ressusciter le troisième jour.
Que veut dire porter sa croix chaque jour selon Luc 9.23 ?
Ce n'est ni une liste de choses à faire ni une religion de privations. C'est marcher derrière celui qui est passé par la mort et en est sorti vivant : son chemin est devenu le nôtre. Luc est le seul à préciser « chaque jour », ce qui montre que le renoncement n'est pas une case que l'on coche une fois. Il touche des domaines concrets : la sexualité, la vérité, l'argent, l'hospitalité, l'amour, les idoles.
Suivre Jésus est-il une condition pour être sauvé ?
Non. Le prédicateur conclut que ce n'est pas notre vie de disciple qui assure le salut, mais Jésus lui-même, sa mort et sa résurrection, et le Père qui nous garde précieusement dans ses mains. Nous ne suivons pas Jésus pour être sauvés, nous le suivons avec confiance parce que nous sommes sauvés si nous avons placé notre foi en lui.