Introduction
Ce dimanche marque la fin du temps de la création, vécu en septembre en commun avec l'Église catholique. Le pasteur de l'Église Réformée Évangélique de Toulouse en profite pour aborder une question « qu'on entend dans tous les médias, à longueur de journée » : l'écologie. Comment en avoir une vision biblique ? « Quoi de mieux que de revenir à la base » : Genèse 1.
Il laisse de côté les débats sur le Big Bang ou sur la durée des six jours, « il faudrait la matinée, la journée et encore peut-être plus », et propose plutôt une étude biblique à qui le souhaite. Son but est ailleurs : comment vivre dans cette création, quel est notre rapport avec elle, et où placer notre espérance.
Le message suit un fil simple : la création et notre place dans celle-ci, la chute, la venue de Jésus-Christ et l'espérance qu'il apporte, puis quelques conséquences pratiques pour le disciple.
Plan du message
1. Réfléchir à l'écologie à travers la Bible
- L'écologie, explique le pasteur, c'est le rapport entre les activités des hommes et l'environnement dans lequel ils se trouvent.
- Face à tout sujet, il faut réfléchir bibliquement : la création, la chute, la rédemption et le retour de Christ. Sinon, on finit par admettre « certains présupposés qui sont derrière ».
- Exemple : « Sauvons la planète ». L'expression présuppose que c'est de notre ressort, que c'est par notre action qu'on va sauver la planète.
- D'autres questions se posent. Le disciple de Christ ne se préoccupe-t-il que du salut ? À l'inverse, seul le combat contre la pauvreté et la famine compte-t-il ? L'homme est-il une créature comme les autres ? « Est-ce que la mort d'un animal est aussi importante que la mort d'un enfant ? »
2. Une création voulue et bonne
- Aux versets 1 à 18, Dieu crée le ciel, la terre, la mer, le soleil, la lune et les étoiles. Le monde n'est pas le fruit du hasard, ni d'un destin implacable, ni de lois naturelles éternelles : Dieu crée avec une volonté.
- « Cela était bon » : il n'y a pas de neutralité dans la création. Les saisons, la pluie favorable à la vie végétale montrent la bonté de Dieu.
- Aux versets 20 à 23, les eaux grouillent d'êtres vivants. Le pasteur raconte avoir lu qu'on venait de découvrir une nouvelle espèce de manchot aux îles Kerguelen, déjà proche de l'extinction avant même d'être connue : « nous sommes sans cesse en train de nous émerveiller ».
- Au verset 22, Dieu bénit les animaux : « Soyez féconds, multipliez-vous. » Il leur donne la vie et la capacité de la transmettre.
- La création raconte qui est Dieu. Les galaxies vues par le télescope Hubble, la complexité de l'infiniment petit, l'atome avec ses neutrons et ses protons : on y apprend quelque chose sur lui. « Les cieux racontent la gloire de Dieu » (Psaume 19:2).
- Mais il ne faut pas adorer la création, au point de croire que ce que nous avons devant nous est le créateur, celui qui donne la vie.
3. L'homme fait à l'image de Dieu
- Au verset 26, l'homme est, comme Dieu, un être moral, responsable de ses actions, doué de pensée, de volonté et de cœur.
- Dieu parle à l'homme et le bénit : il entre en relation avec lui. Notre place dans la création est centrale.
- Cette relation fait de nous des êtres responsables, moraux et spirituels. « Ne pas vivre ce que nous disons, c'est en définitive ne pas ressembler à Dieu », ce n'est pas être vraiment humain tel que Dieu l'a voulu.
4. Des vice-rois au service du grand Roi
- Dans le Proche-Orient ancien, un roi représentait son dieu et travaillait en son nom, un peu comme Louis XIV, le Roi-Soleil de droit divin. Notre mandat est de ressembler à notre Dieu dans ce monde.
- « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, pour qu'il domine » (verset 26) : nous représentons Dieu, le roi du monde, en gérant ce qu'il nous donne.
- Cela touche tous les domaines. Les parents reflètent auprès de leurs enfants la sainteté, la justice, l'amour, la miséricorde et la patience de Dieu. Nos amitiés reflètent son amour et sa générosité. Il en va de même de notre temps et de notre vie de citoyen.
- Ce mandat culturel ne concerne pas seulement le salut. La vie de disciple ne s'arrête pas « le dimanche matin à la frontière de l'église ». Culte et culture sont liés : ce que nous adorons a des conséquences sur notre façon de vivre.
- Exemple : la société française aime, et peut-être adore, les loisirs. D'où la place donnée aux week-ends, aux RTT, aux vacances et à la retraite. À l'inverse, à travers l'histoire de l'Église, des peintres et des compositeurs ont mis leurs dons au service de la manifestation de Dieu.
- Au verset 27, homme et femme sont créés à l'image de Dieu : égaux devant lui et complémentaires. Nous avons besoin les uns des autres, dans le mariage comme dans l'Église.
- C'est là le fondement du soin de la création. Ce n'est pas d'abord la vue d'oiseaux marins morts sur une plage ou d'animaux tués par la pollution. « Notre unique fondement, c'est que nous sommes mis par Dieu dans une place particulière, celle de bien gérer ce que Dieu nous a donné. »
5. Le grain de sable dans la mécanique
- Au lieu de servir le grand Roi et de montrer qui il est, l'homme va se servir de tout ce qu'il a reçu pour son propre intérêt. À cause de sa rébellion, il « n'en fait qu'à sa tête ».
- Il est alors séparé de Dieu, séparé de la création et séparé de lui-même.
- Le péché ne veut pas dire que nous ne sommes plus à l'image de Dieu. Bien après la chute, Genèse 9:6 dit encore : « Celui qui verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé, car Dieu a fait l'homme à son image. » L'homme garde toute sa dignité.
- C'est un autre fondement de l'action sociale : pas seulement parce que les hommes souffrent et que cela nous rend tristes, mais parce qu'ils sont faits à l'image de Dieu. Cela « déracine » notre négligence, notre paresse et notre indifférence.
6. Jésus, le vrai Roi et notre espérance
- « La solution à tout cela n'est pas la mort des hommes ou des animaux. La solution, c'est Jésus-Christ. » Il est le roi parfait qui n'a pas cherché sa propre gloire, mais qui est mort à la croix pour prendre sur lui le prix de notre péché.
- Il est « l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création » (Colossiens 1:15) : le véritable humain, celui qui montre vraiment qui est Dieu.
- Face au dérèglement climatique et aux pollutions, on a l'impression d'un chaos grandissant. Mais « il n'y a rien de nouveau sous le soleil », et c'est Jésus qui transforme son peuple pour qu'il manifeste toujours plus qui est Dieu.
- Faire d'un chef d'entreprise qui ne pense qu'à son argent une personne généreuse, « c'est pas avec des règles ». Jésus seul peut aller dans le cœur et le transformer. Nous ne pouvons agir que de l'extérieur.
- Cette transformation ne vaut pas que pour aujourd'hui. Romains 8 annonce que la création attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu et qu'elle sera libérée de la servitude de la corruption. Un jour, toutes les souffrances et toutes les maladies auront disparu.
- Le pasteur met en garde contre ce qu'il appelle « le faux évangile de l'écologie » : croire que le seul problème est un manque d'information, de moyens ou de lois. « Nous devons faire ces choses-là », mais ce qui change les cœurs, ce n'est pas la loi, c'est Jésus. Notre espérance n'est pas que le monde s'unisse pour sauver la planète : cela n'arrivera que dans le royaume de Christ.
- Cela vaut pour tous les sujets, y compris l'éducation : « C'est pas moi finalement qui vais changer leur cœur, c'est le Seigneur. » Sinon, on tombe dans une sorte de toute-puissance.
7. Quelques conséquences pratiques
- Agir avec sagesse. Le monde est complexe à cause du péché et il n'existe pas de solution parfaite. Remplacer toutes les voitures à essence par des voitures électriques ? Il faut extraire du cobalt dans des mines en Afrique où les conditions de vie sont terribles.
- Ne pas porter le poids du salut de la terre sur nos épaules. Certains sont « tellement culpabilisés » de ne pas avoir jeté le bon déchet au bon endroit. Le pasteur distingue ce que j'ai à faire en tant qu'individu et la culpabilité générale.
- Connaître Dieu. Agir et manifester l'œuvre du Seigneur est important, mais le plus important, c'est de connaître le Seigneur.
- Apprendre le contentement. Dans une société très matérialiste, où les Églises elles-mêmes sont tombées dans ce travers, il faut revenir à cette valeur biblique : « être content de ce que Dieu me donne ». Paul a appris à se contenter de l'état où il se trouve (Philippiens 4:11-13). Si ce qui satisfait mon cœur, c'est Jésus-Christ, je peux être content dans la pauvreté comme dans la richesse. « C'est un chemin toute la vie », reconnaît le pasteur.
Points à retenir
- La création n'est ni un hasard ni une réalité neutre : Dieu l'a voulue, il l'a déclarée bonne, et elle raconte sa gloire. Elle n'est pas pour autant à adorer.
- Faits à l'image de Dieu, homme et femme sont appelés à gérer ce qu'il leur confie comme des vice-rois qui reflètent le grand Roi, dans tous les domaines de la vie.
- Le péché a abîmé la relation de l'homme avec Dieu, avec la création et avec lui-même, sans effacer sa dignité d'image de Dieu.
- Ni les lois ni les moyens ne transforment le cœur : Jésus seul le fait, et la création attend sa pleine libération.
- Agir avec sagesse, sans porter le salut de la terre sur nos épaules, en cherchant d'abord à connaître Dieu et à être content de ce qu'il donne.
Application personnelle
- Quand tu entends « sauvons la planète », quels présupposés reçois-tu sans les avoir passés au filtre de la Parole ?
- Dans quel domaine de ta vie (ta famille, tes amitiés, ton temps, ton travail) as-tu du mal à refléter qui est Dieu comme un bon gérant ?
- Ta foi s'arrête-t-elle à la porte de l'église le dimanche, ou ton culte façonne-t-il ta façon de vivre la semaine ?
- Portes-tu une culpabilité qui ne t'appartient pas, en oubliant que le salut de la terre est entre les mains du Seigneur ?
- Qu'est-ce qui satisfait ton cœur aujourd'hui : ce que tu possèdes et vois chez les autres, ou Jésus-Christ ?
Versets cités
- Genèse 1:1-28
- Psaume 19:2
- Genèse 9:6
- Colossiens 1:15
- Ecclésiaste 1:9
- Romains 8:19-21
- Philippiens 4:11-13
Questions fréquentes
Pourquoi un chrétien devrait-il prendre soin de la création ?
Pour le pasteur, le fondement n'est pas d'abord la tristesse devant des animaux morts de pollution. Notre unique fondement, c'est que Dieu nous a placés à une place particulière : comme des vice-rois au service du grand Roi, nous sommes appelés à bien gérer ce qu'il nous a donné et à refléter qui il est.
Qu'est-ce que le « faux évangile de l'écologie » ?
C'est la tentation de penser que le seul problème est un manque d'information, de moyens ou de lois, et de placer toute notre espérance dans les choses de ce monde. Le pasteur ne dit pas qu'il ne faut pas agir. Il rappelle que le problème se trouve dans le cœur et que seul Jésus peut le transformer.
Le péché a-t-il effacé l'image de Dieu en l'homme ?
Non. Genèse 9:6, écrit bien après la chute, dit encore que Dieu a fait l'homme à son image. L'homme garde toute sa dignité. C'est un autre fondement de l'action sociale : quand une personne faite à l'image de Dieu souffre, cela touche Dieu, et nous devrions en être touchés.