Introduction
« Est-ce qu'il nous arrive de vivre au hasard ? Est-ce que, comme chrétiens, nous vivons avec la notion de hasard ? » C'est la question que Rémy pose en ouvrant cette étude biblique à l'Assemblée de Dieu de Montpellier Richter. Elle lui est venue pendant ses dernières méditations, en tombant sur des textes qui parlent de tirer au sort.
Sa réponse est nette : « Je ne crois pas au hasard. » Il ne s'arrête pourtant pas à la formule. Il prend le temps de parcourir la Bible, d'abord l'Ancien Testament, puis le Nouveau, et il le fait exprès, parce qu'entre les deux il y a un tournant.
Un verset accompagne toute l'étude : « On jette le sort dans le pan de la robe, mais toute décision vient de l'Éternel » (Proverbes 16:33). Même quand cela ressemble au hasard, nous restons sous le regard de Dieu, qui demeure souverain en toutes choses.
Plan du message
1. Dans l'Ancien Testament, le sort ne se trompe jamais
- En Josué 7:14-18, un vol a eu lieu au milieu du peuple. Josué fait avancer les tribus, puis les familles, puis les hommes un à un. Le sort tombe sur Juda, sur la famille de Zérach, sur Zabdi, et enfin sur Acan. Une manière « un peu étrange » de trouver un coupable, reconnaît Rémy.
- Comment tirait-on au sort ? Pas à la courte paille. Exode 28:30 parle de l'urim et du thummim placés dans le pectoral du jugement, sur le cœur d'Aaron devant l'Éternel. Rémy ne va pas plus loin : le Talmud donne d'autres informations, mais « c'est bien de s'en tenir uniquement à la Parole de Dieu ».
- Le territoire d'Israël est partagé de la même façon (Nombres 33:54). En Josué 18, Josué jette le sort devant l'Éternel, à Silo, pour donner sa part à chaque tribu. Ceux qui recevaient leur terre ne croyaient pas au hasard : leur cœur était tourné vers l'Éternel.
- Même pour choisir le premier roi, il n'y a pas de vote « comme aujourd'hui ». Samuel fait approcher les tribus, le sort désigne Benjamin, puis la famille de Matri, puis Saül, fils de Kis (1 Samuel 10:20-21).
- « Dans tous les exemples, à chaque fois, il n'y a pas eu d'erreur. Dieu ne s'est pas trompé. » Si tu traverses une situation difficile et que tu te demandes comment cela peut t'arriver, sache qu'il n'y a pas de hasard : Dieu conduit les choses parfaitement.
2. Même chez les païens, Dieu conduit
- Jonas fuit, une tempête se lève et il dort au fond du bateau. Les marins disent : « Venez, et tirons au sort, pour savoir qui nous attire ce malheur. » Le sort tombe sur Jonas (Jonas 1:7).
- Rémy relève que ces marins sont des païens, des hommes qui n'ont pas foi en l'Éternel. Pourtant, d'une manière qu'il dit ne pas saisir, tout est bien conduit. Jonas n'est pas surpris : il sait.
- « Il n'y a pas de hasard, même pour quelqu'un qui n'est peut-être pas converti et qui pense que les choses se font par hasard. En réalité, Dieu agit. »
- Dernier exemple : après l'ascension, les onze veulent redevenir douze. Ils présentent Joseph appelé Barsabas et Matthias, ils prient : « Toi, Seigneur, qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi. » Le sort tombe sur Matthias (Actes 1:23-26).
3. La Pentecôte, le tournant
- Rémy pose une question à l'assemblée : quel est le moment précis, dans la Parole, où la notion de sort disparaît pour le croyant ? Quelqu'un répond, et c'est la bonne réponse : la Pentecôte, la venue du Saint-Esprit.
- Actes 1 et Actes 2 se suivent. « À partir de ce moment, tout change. » Après la venue de l'Esprit, Rémy n'a plus trouvé de tirage au sort chez les croyants : « Je peux me tromper, mais je ne l'ai pas trouvé. J'ai quand même un peu cherché. »
- Qui est le Saint-Esprit ? Nous n'avons qu'un seul Dieu, en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, tous présents dès la création. Jésus promet « un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité » (Jean 14:16-17).
- Au baptême de Jésus, le mot Trinité n'apparaît pas, mais tout est là au même moment : le Fils sort de l'eau, l'Esprit descend comme une colombe, la voix du Père dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Matthieu 3:16-17).
- « Tu n'agis pas par hasard, mais parce que l'Esprit de Dieu te guide. » Rémy encourage à chercher à être rempli de l'Esprit chaque jour, pas seulement une fois par an au moment de la Pentecôte.
4. Être conduit commence par la prière
- En Actes 6:3-6, les apôtres demandent de choisir sept hommes « pleins d'Esprit-Saint et de sagesse ». On élit Étienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas. Puis les apôtres, « après avoir prié, leur imposèrent les mains ». Plus de sort : la méthode a changé.
- « Comment veut-on être conduit si on ne prie pas ? » Rémy confie qu'il lui est arrivé de reprocher à Dieu de ne pas l'avoir aidé, et d'entendre au fond de lui : « Rémy, est-ce que tu as prié ? Est-ce que tu m'as cherché ? » Il répond honnêtement : non, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même.
- Pendant longtemps, sa vie a été « un énorme désert » sans prière. Le jour où il s'est discipliné pour prier chaque jour, il a vu les choses changer : « être conduit comme je ne l'avais jamais été avant ».
- Certains suivaient peut-être les signes astrologiques et l'horoscope, « en plein dans le hasard ». Rémy espère qu'ils peuvent dire aujourd'hui : « Je me lève et je ne regarde pas l'horoscope, je regarde à Dieu. »
- Son témoignage : avant sa formation au ministère, il avait deux emplois, dont une entreprise qu'il avait créée et qui marchait bien, « un peu comme ton bébé ». Il a senti fortement que l'Esprit lui disait de la fermer et de lui faire confiance. Ses pasteurs l'ont écouté, mais ne pouvaient pas décider à sa place.
- Il a envoyé un e-mail à ses prestataires : il tiendrait ses engagements, mais l'entreprise n'existerait plus en janvier. Il était réticent, puis quelques minutes plus tard il a ressenti paix, joie et soulagement. Des portes se sont fermées, d'autres se sont ouvertes « miraculeusement », et il dit avoir vécu beaucoup de miracles cette année.
5. Écouter l'Esprit, même quand c'est illogique
- Paul et ses compagnons sont « empêchés par le Saint-Esprit d'annoncer la parole dans l'Asie », puis « l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas » d'entrer en Bithynie (Actes 16:6-7).
- Comment l'Esprit peut-il empêcher quelqu'un d'aller parler de Jésus ? Rémy avoue ne pas avoir la réponse. Ce qu'il sait : l'Esprit connaît tout, il protège, ce n'est peut-être pas le moment ni le lieu, et un autre endroit est prévu.
- Il faut savoir faire preuve d'humilité : « Seigneur, c'est vrai, je pensais ça, mais je me sens conduit autrement. D'accord, je veux être dans tes plans. »
- Est-ce Dieu qui parle, ma conscience, ou moi ? Rémy compare cela à un exercice : il a entendu une voix dans son cœur, il y est allé, il a vu du bon fruit. Peu à peu, il devient plus sensible à cette voix, sans prétendre ne jamais se tromper. « Ce n'est pas le hasard qui me conduit, c'est Dieu qui tient la barre. »
- Un exemple récent : toute la semaine, il ne trouvait pas de sujet. En pleine conversation avec quelqu'un, il a cessé d'écouter et s'est mis à entendre, et une référence lui est venue : Actes 4:12. Rentré chez lui, il a ouvert sa Bible, le verset lui a parlé, et le message s'est construit peu à peu.
6. Désirer être conduit, dans l'adoration
- « Il ne suffit pas de dire : Seigneur, conduis-moi. Est-ce qu'on le veut vraiment ? » En Actes 13:2, c'est pendant qu'ils servaient le Seigneur et qu'ils jeûnaient que l'Esprit a dit : « Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. »
- Les choses se passent quand on cherche la face de Dieu, pas quand on reste inactif en attendant qu'elles tombent du ciel. Rémy demande à chacun s'il prend le temps d'un culte personnel, sans jugement : il a lui-même longtemps fait partie de ceux qui ne lisaient pas vraiment la Bible.
- Aujourd'hui, la première chose qu'il fait le matin, c'est son culte avec le Seigneur Jésus. « Sinon, il manque quelque chose. »
- Barnabas et Saul étaient prêts, mais ils attendaient « le feu vert ». Ils ne sont pas partis en se disant qu'ils formaient une bonne équipe. C'est l'Esprit qui décide et qui envoie.
- Quel avantage d'avoir le Saint-Esprit dans sa vie ? Actes 15:28 : « Il a paru bon au Saint-Esprit et à nous. » Dans le débat sur la circoncision, les apôtres découvrent qu'ils sont sur la même longueur d'onde que l'Esprit. Rémy y voit une vraie joie : quand Dieu confirme ce qu'il a mis dans ton cœur.
- Un autre témoignage : face à un verset difficile, il allait chercher un commentaire biblique quand il a senti l'Esprit lui dire de chercher lui-même et de prier. Il a relu le verset et a écrit presque une demi-page sur un texte qu'il ne comprenait pas une minute avant. Il ne rejette pas les commentaires pour autant.
7. Remplace le mot « hasard » par « conduit par Dieu »
- « J'ai pris ce chemin par hasard » : on le dit par automatisme, on l'a dit « un milliard de fois ». Rémy veut changer sa manière de parler : je suis passé par là parce que Dieu m'y a conduit, parfois même à mon insu, parce qu'il me protège.
- À celui qui pense être venu ce soir un peu par hasard, il répond : laisse-moi croire que c'est le Seigneur qui a mis dans ton cœur le désir de venir entendre la Parole.
- Il ne faut pas rendre gloire au hasard, ni lui faire confiance. Même chose pour « la vie m'a conduit ici » : « Jésus est la vie. Ce n'est pas la vie qui me conduit, c'est Jésus-Christ, qui est la vie, qui me conduit. »
- Au pied de la croix, les soldats tirent au sort la tunique de Jésus (Jean 19:24). Ce ne sont pas des croyants, et on pourrait parler de coïncidence. Rémy y voit un accomplissement : environ mille ans plus tôt, le Psaume 22:19 disait déjà : « Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. »
- Il a essayé de calculer la probabilité de sa propre existence et y a renoncé. « Que tu sois ici vivant, c'est un miracle. » Personne n'est né par hasard, personne n'est ici par hasard. Dieu t'a créé, façonné, formé, et il t'a choisi.
- Rémy précise qu'il reste nos choix et leurs conséquences, mais que c'est un autre sujet. L'étude se termine par un temps de prière pour être renouvelé et rempli de l'Esprit.
Points à retenir
- « On jette le sort dans le pan de la robe, mais toute décision vient de l'Éternel » : même ce qui ressemble au hasard reste sous le regard d'un Dieu souverain.
- Dans l'Ancien Testament, le sort désigne Acan, partage le pays et choisit Saül, et Dieu ne se trompe jamais. Il conduit même le sort jeté par des païens.
- Après la Pentecôte, les croyants ne tirent plus au sort : ils prient et suivent la conduite du Saint-Esprit.
- On ne peut pas être conduit sans prier, sans désirer vraiment être conduit et sans accepter un non de l'Esprit.
- Remplace « par hasard » et « la vie m'a conduit » par « Dieu m'a conduit » : personne n'est né ni n'est ici par hasard.
Application personnelle
- Dans quelle situation difficile te demandes-tu en ce moment : « Comment cela peut-il m'arriver ? » Peux-tu la remettre à un Dieu qui ne se trompe pas ?
- Quand as-tu reproché à Dieu de ne pas t'avoir conduit, sans avoir vraiment prié pour cette situation ?
- Prends-tu un temps de culte personnel chaque jour ? Quel moment de ta journée pourrais-tu lui réserver ?
- Y a-t-il une porte que l'Esprit semble te fermer, et que tu essaies d'ouvrir à ta manière ?
- Cette semaine, quand tu diras « par hasard » ou « la vie a fait que », peux-tu reformuler en reconnaissant que Dieu t'a conduit ?
Versets cités
- Proverbes 16:33
- Josué 7:14-18
- Exode 28:30
- Nombres 33:54
- Josué 18:6-10
- 1 Samuel 10:20-21
- Jonas 1:7
- Actes 1:23-26
- Jean 14:16-17
- Matthieu 3:16-17
- Actes 6:3-6
- Actes 16:6-7
- Actes 4:12
- Actes 13:2
- Actes 15:28
- Jean 19:24
- Psaume 22:19
Questions fréquentes
Que dit la Bible sur le hasard ?
Proverbes 16:33 le résume : on jette le sort dans le pan de la robe, mais toute décision vient de l'Éternel. Rémy montre qu'en Israël le sort désigne Acan, partage le pays et choisit Saül, et qu'à chaque fois Dieu ne s'est pas trompé. Même quand cela ressemble au hasard, nous restons sous le regard d'un Dieu souverain.
Les chrétiens doivent-ils encore tirer au sort pour prendre une décision ?
Le dernier tirage au sort parmi les disciples a lieu en Actes 1, pour remplacer Judas. Après la Pentecôte, Rémy n'en trouve plus parmi les croyants : en Actes 6, les apôtres prient et imposent les mains. Depuis la venue du Saint-Esprit, on est conduit par la prière et par la voix de l'Esprit.
Comment être conduit par le Saint-Esprit au quotidien ?
Rémy insiste sur la prière et le culte personnel : c'est pendant que les disciples servaient le Seigneur et jeûnaient que l'Esprit a parlé (Actes 13:2). Il faut aussi désirer vraiment être conduit, accepter un non même illogique (Actes 16:6-7) et apprendre peu à peu à reconnaître sa voix.