Introduction
« Quand notre cœur est juste, nos prières sont justes. » William Philip, pasteur principal de The Tron Church à Glasgow, poursuit sa série sur le Notre Père. La première moitié de la prière nous a appris à nous adresser à Dieu comme à un Père et à demander que son règne vienne et que sa volonté soit faite.
Mais les chrétiens restent des créatures terrestres jusqu'au retour du Seigneur Jésus. Ils ont besoin d'être pourvus. La seconde moitié de la prière en parle : « Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6:11-12).
Le prédicateur y voit deux demandes qui reconnaissent ce que Dieu donne : la nourriture de chaque jour et le pardon de chaque jour. Il les éclaire par l'histoire de la manne dans le désert et par la parabole du serviteur impitoyable (Matthieu 18:21-35).
Plan du message
1. Une prière tournée vers le royaume
- On ne doit pas sortir le Notre Père de son contexte. Tout l'enseignement de ces chapitres porte sur une priorité : chercher premièrement le royaume de Dieu avant toutes les choses de la terre.
- À partir du verset 25, Jésus décrit les inquiétudes typiques de ceux qui ne connaissent pas Dieu comme Père. Les païens recherchent toutes ces choses, mais « votre Père céleste sait que vous en avez besoin » (verset 32).
- Parce que nous le connaissons, nous pouvons lui faire confiance et chercher premièrement son royaume et sa justice, sachant que tout le reste nous sera donné par-dessus (verset 33).
- Notre maître n'est pas le « lucre » de ce monde qui asservit tant de gens, mais un Père aimant dans les cieux. Nos pensées peuvent donc se tourner vers les trésors dans le ciel (versets 19 à 24).
2. Reconnaître que Dieu pourvoit au pain quotidien
- Les spécialistes débattent pour savoir s'il s'agit du pain d'aujourd'hui ou du pain de demain. Le pasteur sourit : « Toute personne normale qui n'est pas affligée d'un doctorat » voit ce que Jésus veut dire. Il s'agit de dépendre constamment de Dieu.
- Le pain quotidien est un raccourci pour toutes les nécessités de la vie : manger, boire, se vêtir. Dieu pourvoit « à la nourriture, aux vêtements, au logement et à l'argent pour la facture de gaz ».
- Il suggère d'ajouter un « toi » au début du verset : « Toi, donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. » C'est demander, et en même temps reconnaître que c'est Dieu qui donne.
- Le Nouveau Testament nous répète sans cesse de rendre grâces en toutes choses. « Il doit y avoir une raison. Je ne suis pas sûr que nous soyons naturellement reconnaissants. En fait, je sais que nous ne le sommes pas. Je ne suis certainement pas naturellement reconnaissant envers Dieu. »
- Prier ainsi, c'est dire : « Seigneur, nous te faisons confiance pour pourvoir à nos besoins, pas forcément à nos envies, et pour le faire à ta manière, pas à la mienne. »
3. Le pain de Dieu, à la manière de Dieu
- L'essence du péché est de refuser cela. Au jardin d'Éden, Dieu offre une abondance de biens à recevoir avec reconnaissance, avec une seule exception : une voie contraire à Dieu. Et c'est précisément celle-là que l'être humain veut prendre.
- Depuis Éden jusqu'à l'Europe du XXIe siècle, on pervertit les dons de Dieu en les voulant à notre manière. Le pasteur prend l'exemple de la sexualité, don magnifique de Dieu dans le mariage : « Merci pour le don, mais le mariage, non, nous le ferons à notre manière. »
- Dans Exode 16, Dieu donne la manne, qui avait le goût d'un gâteau au miel. Le prédicateur se souvient d'un moniteur d'école du dimanche qui avait apporté des gaufrettes et un rayon de miel : « Je ne l'ai jamais oublié. »
- Dieu dit au peuple de ne ramasser que pour un jour. Le peuple en garde pour le lendemain, et au matin tout est plein de vers. Puis Dieu dit de ramasser double la veille du sabbat pour pouvoir se reposer. Le peuple ne le fait pas et ne trouve rien le jour du sabbat. « Jusqu'à quand refuserez-vous d'observer mes commandements ? » (Exode 16:28).
- La leçon est donnée dans Deutéronome 8:3 : l'homme ne vit pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel. Ce n'est pas seulement du pain qu'il nous faut, c'est « le pain de Dieu, à la manière de Dieu ».
- C'est la prière de Jésus au désert (Matthieu 4:3-4). Le diable lui offre du pain à sa manière : change ces pierres en pains. Jésus répond avec les mots du Deutéronome.
- Cela vaut pour la nourriture, les vêtements, le travail et même le désir d'un conjoint : il n'est pas mal de prier pour ces choses, mais il faut les attendre à la manière de Dieu et en son temps.
4. Recevoir les dons sans les adorer
- La Bible ne fait pas de nous des ascètes qui méprisent les bons dons de Dieu. Paul écrit à Timothée que ce genre d'enseignement vient de doctrines de démons, et que tout ce que Dieu a créé doit être reçu avec actions de grâces (1 Timothée 4:1-4).
- Mais nous ne devons jamais adorer ces choses ni vivre pour elles. Paul parle de ceux qui « ont pour dieu leur ventre » (Philippiens 3:19). La manne était à apprécier, mais elle était passagère.
- Le pain terrestre doit nous rappeler le pain céleste, le pain de vie : celui qui vient à Jésus n'aura jamais faim, celui qui croit en lui n'aura jamais soif (Jean 6:35).
- C'est pourquoi les chrétiens rendent grâces avant le repas. « Nous ne bénissons pas la nourriture, on ne peut pas bénir la nourriture. Nous rendons grâces. » Chaque merci pour le pain d'aujourd'hui rappelle le pain du ciel descendu pour nous donner la vie éternelle.
5. Demander le pardon quotidien
- La deuxième demande est encore plus importante. Elle comporte deux parties inséparables : l'expérience du pardon (« pardonne-nous nos offenses ») et l'expression du pardon (« comme nous aussi nous pardonnons »).
- « On ne demande pas une chose dont on n'a pas besoin. » Demander pardon, c'est reconnaître que nous en avons besoin et que ce pardon ne peut venir que de Dieu, pas de nous-mêmes.
- C'est aussi demander précisément ce que Dieu a promis. Jésus est venu sauver son peuple de ses péchés, et il dit : demandez, et l'on vous donnera (Matthieu 7:7). « Dieu aime que nous lui demandions les choses mêmes qu'il a promis de nous donner. » C'est cela, la foi.
- Chaque sacrifice de l'Ancien Testament disait : « Seigneur, souviens-toi de ta miséricorde promise. » À la dédicace du temple, Salomon prie : exauce du lieu de ta demeure, des cieux, exauce et pardonne (1 Rois 8:30).
- Demander ainsi, c'est aussi montrer une vraie repentance : reconnaître son impuissance, venir humblement et demander à l'Esprit de changer son cœur pour marcher de nouveau sur les pas de Jésus.
6. Le pardon reçu se transmet
- « Je dois être très clair. » Jésus ne dit pas que la repentance est une condition préalable du pardon. C'est lorsque nous étions ennemis que Dieu nous a réconciliés avec lui (Romains 5:10), par un acte souverain de miséricorde.
- Mais la repentance en est la conséquence nécessaire. Le pasteur compare cela au sourire : sourire n'est pas une condition du bonheur, mais une personne heureuse sourit forcément. De même, il n'existe pas de personne généreuse en théorie et avare en pratique.
- « Le pardon de Dieu n'est pas une marchandise que nous recevons, c'est une puissance transformatrice que nous expérimentons. » Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur (Matthieu 6:21).
- Dans la parabole de Matthieu 18, un serviteur doit dix mille talents, « deux cent mille années de salaire » selon le prédicateur, une somme qui commence presque à approcher la dette nationale britannique. Elle est remise. Puis il étrangle un compagnon qui lui doit cent deniers, quelques mois de salaire, et le fait jeter en prison.
- Son cœur impitoyable montre qu'il n'a pas été changé par la miséricorde extraordinaire reçue. « Il ne connaissait pas vraiment son maître. » Le verset 34 est solennel : il est livré aux bourreaux. C'est ce que soulignent Matthieu 6:14-15.
7. Un diagnostic du cœur
- L'esprit d'impardon n'est pas un trait du ciel mais de l'enfer, du diable, père du mensonge. Pour le monde, la vengeance est souvent douce : « le morceau le plus savoureux jamais cuisiné en enfer », disait Walter Scott. C'est pourquoi les avocats spécialisés dans les litiges et les divorces ne manquent jamais de travail.
- Par le pardon que nous recevons, nous parlons au monde du cœur de Dieu. Par le pardon que nous accordons, nous lui disons la vérité sur notre propre cœur.
- William Philip a été cardiologue. Souvent, il reconnaissait un cœur malade dès que le patient franchissait la porte : son teint, sa respiration, son cou, ses chevilles. L'insuffisance cardiaque est un diagnostic facile à poser d'un coup d'œil.
- Les versets 14 et 15 sont un diagnostic de ce genre. Le verset 14 décrit un cœur sain, prêt à pardonner, « qui brûle de pardonner ». Le verset 15 décrit un cœur endurci, qui peut se dire chrétien, dire « Seigneur, Seigneur » et faire des miracles en son nom, mais à qui Jésus devra dire : je ne te connais pas (Matthieu 7:21-23).
- Le pardon doit être reçu : on ne peut pas pardonner à quelqu'un qui refuse de l'être. Mais nous devons être prêts à pardonner.
- Certains veulent le pardon de Dieu sans vouloir le Dieu du pardon dans leur vie. Souvent, ils veulent seulement se débarrasser d'une mauvaise conscience. « C'est les deux, ou ce n'est ni l'un ni l'autre. »
Points à retenir
- Demander le pain quotidien, c'est dépendre chaque jour de Dieu et reconnaître avec reconnaissance que tout vient de lui.
- Dieu pourvoit à nos besoins à sa manière et en son temps. Le péché consiste à vouloir ses dons à notre manière.
- Les dons de Dieu sont à recevoir avec actions de grâces, jamais à adorer. Le pain d'aujourd'hui rappelle le pain de vie.
- Le pardon de Dieu n'est pas une marchandise mais une puissance qui transforme : celui qui l'a reçu pardonne à son tour.
- Un cœur qui refuse de pardonner révèle un cœur qui n'a pas été changé par la miséricorde de Dieu.
Application personnelle
- Quand as-tu remercié Dieu pour la dernière fois, de façon consciente, pour ta nourriture, ton logement ou ton travail ?
- Dans quel domaine (argent, travail, désir d'un conjoint) es-tu tenté de vouloir le don de Dieu à ta manière plutôt qu'à la sienne ?
- Y a-t-il une chose bonne que tu as commencé à rechercher pour elle-même, au point qu'elle prenne la place de Dieu ?
- Quelle personne as-tu du mal à pardonner aujourd'hui ? Que te dit, à ce sujet, la dette immense qui t'a été remise ?
- Veux-tu seulement te débarrasser d'une mauvaise conscience, ou veux-tu vraiment le Dieu du pardon dans ta vie ?
Versets cités
- Matthieu 6:9-15
- Matthieu 18:21-35
- Matthieu 6:19-34
- Exode 16
- Deutéronome 8:3
- Matthieu 4:3-4
- 1 Timothée 4:1-4
- Philippiens 3:19
- Jean 6:35
- Matthieu 7:7
- 1 Rois 8:30
- Romains 5:10
- Matthieu 7:21-23
Questions fréquentes
Que signifie « Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien » ?
Pour William Philip, le pain quotidien désigne tout ce dont tu as besoin pour vivre : nourriture, vêtements, logement, argent pour les factures. Le demander chaque jour, c'est dépendre constamment de Dieu et reconnaître avec reconnaissance que c'est lui qui pourvoit, à sa manière et en son temps.
Faut-il pardonner aux autres pour être pardonné par Dieu ?
Le prédicateur précise que la repentance n'est pas une condition préalable du pardon : Dieu nous a réconciliés quand nous étions encore ses ennemis. Mais la repentance et le pardon accordé aux autres en sont la conséquence nécessaire, comme le sourire accompagne toujours la joie. Un cœur qui refuse de pardonner montre qu'il n'a pas été changé.
Que nous apprend la parabole du serviteur impitoyable ?
Dans Matthieu 18:21-35, un serviteur est libéré d'une dette impossible à rembourser, puis fait jeter en prison un compagnon qui lui doit cent deniers. Selon William Philip, son cœur impitoyable montre qu'il n'a jamais été transformé par la miséricorde reçue et qu'il ne connaissait pas vraiment son maître.