Introduction
« Nous sommes au combat. » Anna Chapman ouvre ainsi son message à Trinity Cheltenham, dans la nouvelle série « Fit For The Fight » (prêts pour le combat) lancée la semaine précédente par Tim. Pour elle, ce n'est pas une opinion à débattre : si nous sommes chrétiens, nous sommes engagés dans un combat spirituel. Il suffit de regarder les nouvelles, mais le combat se joue aussi de plus près, dans nos pensées, nos cœurs, nos relations, nos mariages, nos lieux de travail et nos écoles.
La vraie question n'est donc pas de savoir si nous sommes au combat, mais comment y répondre. L'une des grandes réponses de la Bible, dit-elle, c'est de combattre dans la prière. Elle sent une urgence sur ce sujet pour l'Église au Royaume-Uni, et elle se met elle-même au rang des apprenants : en préparant ce message, elle a prié « Mon Dieu, j'ai besoin de mûrir dans ce domaine ».
À partir d'Exode 17, où Moïse tient le bâton de Dieu sur la colline pendant que Josué combat dans la vallée, elle montre que certaines batailles se gagnent dans la prière avant de se gagner ailleurs.
Plan du message
1. Marie et Marthe : l'intimité et l'autorité ensemble
- Anna Chapman pense que l'Église au Royaume-Uni, et sans doute Trinity aussi, est très à l'aise avec l'adoration, l'intimité, le fait de s'asseoir aux pieds de Dieu et de recevoir de lui. Elle l'est beaucoup moins avec l'intercession, la résistance spirituelle et le combat dans la prière.
- Ce langage de combat peut sembler réservé à quelques chrétiens à part. Nous aimons nous ranger dans de « petites boîtes chrétiennes » : les gens de prière qui se lèvent tôt pour aller dans la salle de prière avant que la plupart d'entre nous appuient sur la touche de rappel du réveil (12 à 15 personnes le font régulièrement dans l'Église, et elle aimerait qu'ils soient plus nombreux), les amoureux de la Bible et de la théologie, les amoureux de l'adoration.
- Deux grandes catégories ressortent : les « Marie », qui aiment s'asseoir aux pieds de Jésus et jouir de sa présence, et les « Marthe », tournées vers la mission, la percée et l'action. « Nous n'avons pas été créés pour être seulement l'un des deux. Nous avons besoin des deux en même temps. »
- David en est le modèle : il écrivait des chants d'adoration, se tenait dans la présence de Dieu, était un homme selon le cœur de Dieu, et il était aussi un roi guerrier.
- Elle cite James Aladiran, qui dirige un ministère de prière : « Si nous voulons rester dans l'intimité, nous devons apprendre à exercer l'autorité. Et si nous voulons exercer l'autorité, nous devons rester enracinés dans l'intimité. » C'est le résumé de toute la série : recevoir puis donner, demeurer puis avancer.
2. Qu'est-ce que la prière de combat ?
- Toute prière n'est pas une prière de combat. Anna Chapman retient la définition de James Aladiran : « La prière de combat est un acte de défi contre ce qui est, au nom de ce que Dieu a promis. »
- La Bible en est pleine. Abraham intercède pour Sodome. Jacob lutte avec Dieu et refuse de le laisser partir sans être béni. Anne répand son âme pour avoir un fils. Samuel crie à Dieu pour Israël. Élie prie pour la pluie. Daniel jeûne et prie pour la restauration du peuple de Dieu. Néhémie prie avant de rebâtir Jérusalem. Jésus est dans l'angoisse en prière à Gethsémané. L'Église primitive prie encore et encore pour recevoir de l'assurance et pour que l'Évangile se répande.
- « Ce n'est pas nouveau. » D'un épisode à l'autre, Dieu choisit d'agir à travers des gens qui prient.
3. Exode 17 : la vallée et la colline
- Israël vient de sortir d'Égypte. Le peuple a été délivré de façon miraculeuse, mais il a encore du mal à faire confiance à Dieu : il murmure, se plaint, gémit et se demande si Dieu est vraiment avec lui, alors qu'il vient de voir l'eau sortir d'un rocher en plein désert.
- Jusque-là, Dieu combattait pour eux. Soudain, dans ce moment de faiblesse et d'incertitude, Amalek attaque à Rephidim. C'est la première vraie bataille d'Israël, avec une armée qui n'a reçu aucun entraînement.
- Moïse envoie Josué combattre dans la vallée et monte au sommet de la colline avec Aaron et Hur, le bâton de Dieu à la main. Lorsque Moïse élève sa main, Israël est le plus fort ; lorsqu'il la baisse, Amalek l'emporte.
- Deux batailles se livrent en même temps : celle qu'on voit, dans la vallée, et celle qu'on ne voit pas, sur la colline. Josué tient une épée, Moïse tient le bâton de Dieu. Le texte veut nous faire voir que ce qui se passe sur la colline influence directement ce qui se passe dans la vallée.
- Les bras tendus vers Dieu sont la posture hébraïque de la prière. Le bâton représente la parole de Dieu, la promesse qu'il a prononcée. « Ce n'est pas que Moïse ait des bras magiques. » Ce que Dieu enseigne ici est essentiel : « Certaines batailles se gagnent dans la prière avant de se gagner ailleurs. »
- Après la victoire, Moïse bâtit un autel et l'appelle « l'Éternel ma bannière ».
4. Se tenir entre deux réalités
- La prière de combat vit entre deux réalités. D'un côté, la réalité présente : ce que nous voyons devant nous, l'incertitude, la peur, la pression, l'ennemi à l'œuvre. De l'autre, la réalité du Royaume : ce que Dieu a dit et promis, la victoire, la liberté, la paix, sa présence.
- Face à l'anxiété, la réalité présente dit : « C'est ma nature, tout simplement. » La parole de Dieu dit : « Ne vous inquiétez de rien. »
- Face à une dépendance, elle dit : « Rien ne changera jamais. » Le Royaume répond : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. »
- Le désespoir dit : « Ce sera toujours comme ça. » Jésus dit : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. »
- La prière de combat se tient dans cet écart, entre ce qui se voit et ce qui ne se voit pas encore. Moïse fait face à la vallée, les bras levés vers le ciel, debout sur la promesse que Dieu avait faite à Israël : le pays, ses dons, sa présence sur le chemin. Il refuse que l'opposition ait le dernier mot.
5. Pourquoi prier si Dieu a promis ?
- « Si Dieu a promis, pourquoi faut-il prier ? » La question est théologique et légitime. Sa réponse : la base de la prière de combat, et en fait de toute prière, c'est que Dieu choisit la collaboration. Il cherche des enfants qui s'accordent avec sa volonté, avec le ciel, avec son Royaume.
- En 1 Rois 18, Dieu dit à Élie qu'il va envoyer la pluie. L'affaire semble réglée. Pourtant Élie monte sur la montagne, prie sept fois avec intensité, la tête entre les genoux, en attendant de voir cette pluie. Les promesses de Dieu ne sont pas une invitation à la passivité, mais à la collaboration.
- En Actes 12, Pierre est en prison, enchaîné, sous bonne garde, en attente d'exécution. Il est en paix : Dieu lui avait déjà dit comment il mourrait, et ce n'était pas ainsi. L'Église, elle, tient une réunion de prière toute la nuit. Dieu envoie un ange, les chaînes tombent, Pierre sort et l'Évangile continue d'avancer.
- « Dieu n'a pas besoin de nous. Mais il se réjouit d'agir à travers nous, en nous et avec nous. » Dieu donne la promesse, à nous de jouer notre rôle pour la saisir : posséder un pays, prier pour la pluie, croire pour un enfant, combattre pour les promesses de la génération suivante. Donner et posséder, ce n'est pas la même chose : Dieu fait sa part, à nous de faire la nôtre.
- Cette collaboration est tissée dans la création : dès la Genèse, Dieu a partagé la responsabilité avec l'humanité, il a délégué la domination et fait de nous des porteurs de son image. Nous ne prions donc pas depuis une position de faiblesse, mais d'autorité. « Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite » n'a de sens que s'il existe des lieux où le Royaume doit encore pénétrer.
- On ne peut pas combattre pour ce qu'on ne connaît pas. Anne priait pour un fils, alors que Dieu préparait un prophète qui marquerait toute une génération. Prier, c'est aussi écouter : le Saint-Esprit façonne nos prières et accorde notre cœur au sien. Trop souvent, avoue-t-elle, nous prions notre propre volonté en demandant à Dieu d'y apposer son tampon.
- Quand quelqu'un est convaincu du cœur de Dieu, de sa volonté et de ses promesses, sa prière change de ton. Il ne s'agit pas de crier pour crier ; c'est un ton de conviction, de détermination, de désir ardent, un cri, une résolution ferme où quelque chose se brise au plus profond.
6. Résister à partir de la victoire
- L'ennemi dit rarement : « Ah, Dieu a dit quelque chose, c'est logique, je me rends. » Nous faisons face au doute, à la peur, à l'incertitude sur ce que Dieu a dit.
- Jacques 4:7 dit : « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous. » Le texte ne dit pas de demander à Dieu de résister à ta place. Il dit : résiste. Ne laisse rien se dresser contre ta famille, tes relations, l'appel que Dieu t'a confié et les promesses qu'il a déposées en toi.
- Si quelqu'un entrait chez toi et prenait tes affaires pendant que tu es sur le canapé, tu ne lui dirais pas : « Entrez donc, prenez une tasse de thé. » Tu dirais : « Qui êtes-vous ? Comment osez-vous ? Sortez ! » Tu résisterais.
- Cette résistance nous donne de l'assurance, « parce que nous ne combattons pas pour la victoire, nous combattons à partir de la victoire ». Sur la croix, Jésus a dit : « Tout est accompli. » Le péché, la mort et Satan ont été vaincus. Mais le Nouveau Testament ne laisse jamais entendre que l'ennemi a disparu. « La croix a gagné la guerre, mais nous livrons encore des batailles. »
- L'œuvre achevée de la croix est le fondement de l'œuvre actuelle du Saint-Esprit. En Éphésiens 6, Paul décrit l'épée de l'Esprit comme la parole de Dieu. D'où le besoin d'avoir la Bible en nous, proche et accessible.
- Prier ainsi, ce n'est pas supplier un Dieu réticent ni lui tordre le bras. C'est s'accorder avec le ciel, se tenir avec autorité sur ses promesses et refuser que la réalité présente ait le dernier mot.
7. Une prière difficile qu'on ne mène pas seul
- « Je ne dis pas que c'est facile. C'est un travail difficile. » Moïse, grand homme et chef établi par Dieu, se fatigue. Si tu peines dans la prière, ce n'est pas qu'il y a quelque chose qui cloche chez toi : tout le monde peine.
- La prière est difficile parce qu'elle s'oppose à l'autosuffisance. Dans le Nouveau Testament, la chair désigne notre nature déchue, qui réclame le contrôle, l'indépendance et les résultats immédiats. Prier, c'est reconnaître qu'on ne peut pas y arriver seul et qu'on a besoin de Dieu. Comme les disciples dans l'évangile de Marc, invités à veiller et prier et qui s'endorment, persévérer est déjà un combat contre la chair.
- Anna Chapman raconte qu'elle « essaie » d'aimer la course à pied. Cette semaine, pendant un footing, c'est devenu difficile, et elle s'est parlé à elle-même : « Physiquement, tu en es capable. Mais c'est dur, c'est inconfortable, tu es arrivée à ce point-là. Il faut trouver la résolution et continuer. » Elle a senti Dieu lui dire : « Voilà à quoi ressemble la prière. »
- On n'apprend pas à prier en lisant sur la prière ni en écoutant un message sur elle : on apprend à prier en priant. Plus on persévère et plus on entre dans cet inconfort, plus la résistance se brise.
- Moïse ne s'arrête pas, mais il a besoin d'aide. Aaron et Hur placent une pierre sous lui et soutiennent littéralement ses bras. Ils ne s'arrêtent pas, car la bataille fait toujours rage ; ils tiennent à ce que Dieu a dit jusqu'à la percée. « Quelle image de l'Église ! »
- D'où sa question : « De qui soutiens-tu les bras ? Et qui soutient les tiens ? » Partenaires de prière, groupes de maison, jeunesse, Alpha, Element : tout groupe de croyants qui prient sert à cela. Si tu n'en as pas, choisis quelqu'un et demande-lui : « Est-ce que tu veux prier avec moi régulièrement ? »
- Elle prie depuis des années avec d'autres pour une personne qui lui est très proche et qui souffre de fortes douleurs au dos. Elle reconnaît qu'il est facile de finir par gérer la situation au lieu de la contester. C'est compréhensible, cela fait partie de la fatigue ; mais il s'agit de revenir, de combattre à nouveau et de dire : « Mon Dieu, je ne sais vraiment plus comment prier pour cela. J'ai besoin que tu me conduises. »
Points à retenir
- La prière de combat est « un acte de défi contre ce qui est, au nom de ce que Dieu a promis ». Elle refuse que la réalité visible ait le dernier mot.
- L'intimité et l'autorité vont ensemble : on ne combat bien qu'enraciné dans la présence de Dieu, et cette présence pousse à combattre.
- Les promesses de Dieu n'appellent pas à la passivité mais à la collaboration. Dieu se réjouit d'agir à travers des gens qui prient.
- Nous ne combattons pas pour la victoire mais à partir de la victoire de la croix, en résistant au diable avec la parole de Dieu.
- Personne ne tient seul les bras levés : la persévérance dans la prière se vit avec d'autres, comme Moïse avec Aaron et Hur.
Application personnelle
- Te sens-tu plutôt « Marie » ou plutôt « Marthe » ? Quel côté as-tu besoin de développer pour vivre l'intimité et l'autorité ensemble ?
- Quelle situation de ta vie as-tu fini par accepter comme définitive : une peur, un découragement, une tiédeur spirituelle, une relation brisée ? Quelle promesse de Dieu peux-tu lui opposer ?
- Pour quoi combats-tu dans la prière en ce moment ? Les personnes proches de toi le savent-elles ?
- De qui soutiens-tu les bras, et qui soutient les tiens ? Qui pourrais-tu inviter cette semaine à prier avec toi régulièrement ?
- As-tu laissé Dieu charger ton cœur de ce qui charge le sien, ou t'es-tu habitué à l'écart entre ce que tu vois et ce qu'il a promis ?
Versets cités
- Exode 17:8-16
- 1 Rois 18:41-45
- Actes 12:1-17
- 1 Samuel 1
- Genèse 1:26-28
- Matthieu 6:10
- Philippiens 4:6
- Jean 8:36
- Apocalypse 21:5
- Jacques 4:7
- Jean 19:30
- Éphésiens 6:17
- Marc 14:37-40
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la prière de combat ?
Anna Chapman reprend la définition de James Aladiran : « La prière de combat est un acte de défi contre ce qui est, au nom de ce que Dieu a promis. » C'est une prière qui se tient entre la réalité visible et la réalité du Royaume, et qui refuse que la situation présente ait le dernier mot.
Pourquoi prier si Dieu a déjà fait une promesse ?
Parce que les promesses de Dieu ne sont pas des invitations à la passivité, mais à la collaboration. Dieu promet la pluie à Élie, et Élie prie pourtant sept fois sur le Carmel. Pierre a une promesse sur sa vie, et l'Église prie toute la nuit pour sa libération. Dieu n'a pas besoin de nous, mais il se réjouit d'agir à travers nous.
Que représentent Aaron et Hur dans Exode 17 ?
Quand Moïse se fatigue, Aaron et Hur placent une pierre sous lui et soutiennent ses mains jusqu'au coucher du soleil. Pour Anna Chapman, c'est une image de l'Église : on ne persévère pas seul dans la prière. Elle pose deux questions : de qui soutiens-tu les bras, et qui soutient les tiens ?