Introduction
Pourquoi le travail, qui est un don de Dieu, est-il si souvent pénible et frustrant ? C'est la question que pose Joe Macnamara à King's Church London, pour le deuxième message de la série « Good Work » (« Du bon travail »), prévue sur huit semaines.
La semaine précédente, Andrew avait élargi la réflexion au-delà du seul emploi rémunéré. Salarié ou non, avec ou sans emploi, chacun travaille d'une manière ou d'une autre, à différentes étapes de la vie. Nous y passons souvent près de 60 % de nos heures d'éveil, et beaucoup ont du mal à relier leur foi à leur travail.
Dans son message, Andrew avait aussi posé deux fondements tirés de Genèse 1 et 2. Genèse 3 montre ce qui s'est passé ensuite : ce qui avait commencé comme un don de Dieu est devenu un lieu de frustration, de conflit et même de douleur.
Plan du message
1. Le travail est bon, et c'est un don
- Le travail n'est pas mauvais. Il existait avant la chute, quand tout était bon.
- Dieu travaille et se repose. Créés à son image, nous faisons de même : nous travaillons et nous nous reposons. Jésus travaille, et Dieu travaillera encore dans la nouvelle création.
- Le travail est aussi une grâce. Nous n'avons pas été créés seulement pour nous reposer : le vrai repos vient après le travail. « Si nous nous reposions tout le temps, nous ne nous épanouirions pas. »
- Le cœur du passage est Genèse 3:16-19. Le prédicateur en tire trois éléments : la conséquence de la chute, la malédiction du péché, et la manière dont elle touche notre travail.
2. Épines et ronces : le travail devenu pénible
- Le sol est maudit : « il te produira des épines et des ronces » et « c'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Genèse 3:18-19).
- Joe Macnamara décrit un agriculteur qui travaille la terre du petit matin jusque tard le soir. Il rentre couvert de poussière, s'assoit devant la télévision, mange un repas léger, boit un peu d'eau, dort, et recommence. « Le travail n'a pas été conçu pour être aussi dur. »
- Cela ne concerne pas seulement le travail manuel. Le travail bénévole comme le travail rémunéré peuvent être source de frustration : ennui, épuisement, injustice, exploitation, conflit, jalousie, colère.
- Même quand les choses semblent porter du fruit, le travail reste pénible : le financement d'un projet est coupé, un sportif se blesse au sommet de sa carrière, un collègue obtient la promotion à ta place, tu es licencié de l'entreprise que tu as aidé à bâtir.
- Il invite à repenser aux trois ou quatre derniers jours : le jardin, l'éducation des enfants, l'emploi, le bénévolat, les déplacements, le ménage. Tout effort humain porte la marque de la frustration et de la futilité. Ce n'est pas parce que le travail est mauvais en lui-même, c'est la conséquence du péché dans un monde déchu.
3. La honte et la culpabilité au travail
- Avec la chute, le péché, la honte et la culpabilité entrent dans le monde. Adam et Ève se cachent de Dieu. Genèse 3:7 contraste avec Genèse 2:25, où ils étaient nus « et ils n'en avaient point honte ».
- Le prédicateur cite l'auteur David Atkinson : la honte est ce malaise envers soi-même au plus profond de son être. On sent que quelque chose ne va pas, sans pouvoir le nommer.
- Au travail, cette honte se manifeste de deux façons : le désir d'indépendance, faire les choses « à ma manière » et se rechercher soi-même ; ou le besoin de plaire aux autres et d'obtenir leur approbation.
- La culture occidentale contemporaine cherche à expliquer ces problèmes sans parler du péché, par les traumatismes de l'enfance ou la négligence d'un parent. Joe Macnamara ne minimise pas les effets dévastateurs d'un traumatisme ou d'un manque d'amour. Mais la Bible est claire : la cause profonde de nos problèmes, et de la frustration au travail, c'est le péché et notre séparation d'avec Dieu.
4. Aimer et travailler : deux tâches touchées différemment
- Les deux plus grands défis de la vie humaine sont peut-être d'aimer les autres et de travailler. Dans le texte, ils sont liés : la douleur de l'enfantement et la peine du travail de la terre (Genèse 3:16-17). Le prédicateur note qu'on parle d'ailleurs de « travail » pour l'accouchement.
- Il aborde avec prudence ce qu'il appelle un sujet « épineux » : les « métiers roses » et les « métiers bleus ». Les stéréotypes ne servent à rien. Chez lui, c'est lui qui sort les poubelles et sa femme qui cuisine, non parce qu'elle est une femme, mais parce qu'elle cuisine bien mieux que lui.
- Avec humour, il raconte ses progrès d'apprenti : il assaisonne désormais le poulet avec autre chose que du sel et du poivre, et il a appris que sa femme veut sa viande bien cuite, sans trace de sang. Elle, en revanche, n'est pas pressée de devenir apprentie pour les poubelles.
- En Genèse 1 et 2, l'homme et la femme sont créés pour dominer ensemble sur la création, en partenariat. Le texte ne dit pas que l'homme fera tout le travail physique pendant que la femme restera à la maison.
- L'idée que l'essentiel du travail se fait hors du foyer est très moderne. Dans l'Israël biblique, tout se faisait à la maison : l'homme y assurait les gros travaux, la femme les tâches domestiques. Ce n'est que depuis soixante-dix ou quatre-vingts ans que l'homme s'habille, quitte la maison pour tout son travail, puis revient. Pendant des siècles, la maison était le centre de tout : éducation, production, soin, médecine. Aujourd'hui, elle ressemble à une aire de repos où l'on revient dormir, manger et recharger ses batteries.
- D'où nos expressions : « Quand est-ce que tu reprends le travail ? », comme si une mère à la maison ne travaillait pas. Beaucoup de jeunes parents disent que retourner au travail est presque une pause : avec de jeunes enfants, c'est plus exigeant physiquement, mentalement et émotionnellement.
- Le péché touche la femme dans l'enfantement et la vie familiale, et l'homme dans le travail de la terre, sans que ce soit exclusif : beaucoup de femmes cultivent la terre et font des travaux manuels durs, et l'inverse est vrai. La seule tâche réservée à un sexe est de porter un enfant. Dans les deux cas, les tâches que Dieu avait confiées sont déformées par le péché.
5. Premier danger : la paresse
- Le péché apporte deux dangers auxquels le chrétien est exposé en permanence dans son travail : la paresse et l'idolâtrie.
- La paresse, c'est ne pas accorder au travail sa juste valeur, ne pas en avoir une vision biblique, le dévaloriser jusqu'à l'apathie. Nous vivons à une époque de confort et de divertissement, où l'on se laisse aller comme la caricature d'Homer Simpson.
- Dieu nous a appelés à agir. « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes » (Colossiens 3:23). Paul demande aussi d'avertir ceux qui vivent dans le désordre (1 Thessaloniciens 5:14).
- « Le diable trouve du travail aux mains oisives » : ce n'est pas un verset biblique, souligne le prédicateur, mais le principe est juste. Si tu ne fais pas ce à quoi Dieu t'appelle, l'ennemi trouvera de quoi t'occuper.
- Le paresseux a besoin qu'on lui dise sans cesse quoi faire, et il le fait à contrecœur. Il veut le sabbat sans le travail. Or le sabbat est une réponse au travail : tu as travaillé dur pendant la semaine, puis vient le repos. « Tu ne peux pas dire : je vis dans un sabbat permanent. Dieu ne l'a pas fait. »
6. Second danger : faire du travail une idole
- À l'opposé de la paresse se trouve l'idolâtrie du travail. Il devient le cœur de ton identité, la source de ta valeur, l'objet de ta consécration.
- Le danger guette le pasteur autant que les autres. Joe Macnamara se pose la question : son identité de pasteur l'occupe-t-elle plus que son identité de fils de Dieu ? « Et si je ne prêchais plus jamais ? » Ce que nous faisons découle de qui nous sommes.
- Personne, sur son lit de mort, ne dit : « J'aurais voulu travailler davantage. » On dit plutôt : « J'aurais voulu avoir plus de temps pour ma famille, pour la communauté, pour les choses de Dieu. »
- C'est pourquoi Dieu rappelle au verset 19 : « tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière ». Ce que tu fais de ta vie compte. Examine tes motivations : cherches-tu à prouver quelque chose, à servir l'idole du pouvoir, de l'argent ou de toi-même ?
- Une idole moderne s'ajoute : le « job de rêve ». La génération de ses grands-parents, et même de ses parents, travaillait pour payer les factures et vivre. Aujourd'hui, on veut un travail épanouissant, adapté à nos dons et à nos rêves. Beaucoup cherchent l'emploi qui comblera leur destinée et découvrent qu'il n'existe pas toujours. Le prédicateur se dit très privilégié d'avoir un travail pour lequel il se sent fait, mais ce n'est pas le cas de tous, et ce n'est pas un problème.
7. Jésus rachète notre travail
- Le réconfort de la Bible, c'est que Jésus est venu nous sauver de tout. Il n'est pas seulement venu payer pour nos péchés, même s'il l'a fait : il est venu racheter toutes choses pour lui-même, y compris le travail. Dans la nouvelle création, ce sera complètement différent.
- Dès maintenant, la première façon de racheter le travail est de le vivre comme une adoration : « faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10:31). Que tu ranges des rayons, opères à cœur ouvert, poses des briques, balaies les rues, enseignes à des enfants, crées du contenu, élèves tes enfants, aides aux tâches de la maison ou sois bénévole dans une structure d'aide locale, tout peut être fait pour le Seigneur. « Tout ce que je fais aujourd'hui est une adoration pour le Seigneur. »
- La seconde est de faire du travail un champ de mission. La mère du prédicateur est devenue chrétienne alors qu'elle était assistante d'enseignement dans une école : une collègue chrétienne lui a proposé de prier pour elle, l'a invitée à l'église et l'a conduite au Seigneur.
- Pour la plupart d'entre nous, le lieu de travail est l'endroit où nous passons le plus de temps avec des non-croyants. Dieu t'y a placé. Sois un thermostat, pas un thermomètre : le thermomètre reflète la température de la pièce, le thermostat la fixe. Ne participe pas aux commérages ni à la médisance : c'est toi qui donnes le ton, par ton intégrité, ton application, tes relations, ta générosité et ta manière de partager l'amour du Christ.
- Notre espérance n'est pas dans un emploi. Nos journées resteront marquées par le péché, la frustration et les conflits. Mais nous regardons à Jésus, celui qui vient nous délivrer de la malédiction, selon la promesse donnée dès Genèse 3:15 : la postérité de la femme écrasera la tête du serpent. Il vainc le péché, la mort, la culpabilité et la honte.
- Le prédicateur conclut avec le chant de Noël « Joy to the World » : que le péché et la tristesse ne croissent plus, que les épines n'infestent plus la terre ; il vient faire couler ses bénédictions aussi loin que s'étend la malédiction.
Points à retenir
- Le travail est bon et c'est un don de Dieu : il existait avant la chute.
- Les épines et les ronces de Genèse 3 expliquent la frustration, la fatigue et la futilité que nous vivons au travail.
- La cause profonde de nos difficultés n'est pas d'abord notre histoire, mais le péché et notre séparation d'avec Dieu.
- Deux dangers guettent le chrétien : la paresse, qui dévalue le travail, et l'idolâtrie, qui en fait notre identité.
- Jésus rachète notre travail : il peut devenir une adoration et un champ de mission, et notre espérance repose sur lui, pas sur un emploi.
Application personnelle
- Quelles « épines et ronces » as-tu rencontrées dans ton travail ces derniers jours, et comment les as-tu vécues devant Dieu ?
- Au travail, es-tu plutôt tenté par l'indépendance (« à ma manière ») ou par le besoin de plaire aux autres ?
- Penches-tu davantage vers la paresse ou vers l'idolâtrie du travail ? Que dirais-tu de toi si tu ne pouvais plus exercer ton métier ?
- Que changerait, demain matin, le fait de dire : « Tout ce que je fais aujourd'hui est une adoration pour le Seigneur » ?
- Sur ton lieu de travail, es-tu un thermomètre ou un thermostat ? Quelle personne pourrais-tu porter dans la prière cette semaine ?
Versets cités
- Genèse 3
- Genèse 3:16-19
- Genèse 3:7
- Genèse 3:15
- Genèse 2:25
- Colossiens 3:23
- 1 Thessaloniciens 5:14
- 1 Corinthiens 10:31
Questions fréquentes
Le travail est-il une conséquence du péché selon Genèse 3 ?
Non. Joe Macnamara rappelle que le travail existait avant la chute : Dieu travaille et se repose, et l'homme, créé à son image, fait de même. Le travail est bon et c'est un don. Ce que Genèse 3 introduit, ce sont les épines et les ronces : la frustration, la fatigue, l'injustice et la futilité qui touchent désormais notre travail.
Quels sont les deux dangers qui guettent le chrétien dans son travail ?
La paresse et l'idolâtrie. La paresse dévalue le travail et voudrait le sabbat sans le travail qui le précède. L'idolâtrie fait du travail le cœur de notre identité et la source de notre valeur. Le prédicateur rappelle que ce que nous faisons découle de qui nous sommes en Christ, et non l'inverse.
Comment Jésus rachète-t-il notre travail ?
Jésus n'est pas seulement venu payer pour nos péchés : il est venu racheter toutes choses, y compris le travail. Dès maintenant, nous pouvons vivre notre travail comme une adoration, pour la gloire de Dieu (1 Corinthiens 10:31), et comme un champ de mission. Notre espérance finale repose sur celui qui écrase la tête du serpent (Genèse 3:15).