Genèse 39 : le Seigneur est avec toi quand tout s'effondre

10 min de lecture

Introduction

Ce dimanche-là, le pasteur Horo Yokota, de l'Église Shalom d'Aburayama à Fukuoka, avait la grippe. L'Église a donc diffusé l'enregistrement d'un message qu'il avait apporté lors de la première séance du 35e Congrès de sanctification de Kyushu. Le texte : Genèse 39:6-23, Joseph chez Potiphar puis en prison. Le titre : « La grâce du Seigneur qui est avec nous, qui nous soutient et nous fait grandir ».

Le pasteur commence par une confidence. Lors de ce congrès, on l'a présenté en rappelant qu'au service funèbre de son père, il avait pu dire que celui-ci avait vécu comme il avait prêché. Après ce service, sa prière a été simple : « Fais-moi vivre ce que je prêche. » C'est dans cet esprit qu'il ouvre la vie de Joseph.

Sa conclusion, il la donne dès le départ : le cœur de la vie chrétienne, c'est d'être transformé à l'image de Christ. Et la vie de Joseph montre comment Dieu s'y prend, jusque dans une cellule de prison.

Plan du message

1. Le cœur de la vie chrétienne : être transformé à l'image de Christ

  • Le thème du congrès est le fruit de la sainteté : une foi et une vie qui portent du fruit. Le pasteur rend grâce pour la richesse du corps de Christ dans toutes les dénominations, et pour la famille d'Églises de la sainteté dans laquelle Dieu l'a placé.
  • Des pasteurs d'autres traditions lui confient une difficulté : des chrétiens croient en Jésus, sont sauvés, iront au ciel, mais s'arrêtent là. Ils ne savent pas comment vivre leur vie sur la terre.
  • Le salut et la vie éternelle sont une grâce immense. Mais il y a plus : porter dès maintenant le fruit de la sainteté, c'est-à-dire être changé à la ressemblance de Jésus.
  • Le pasteur reprend une image japonaise : le « honmaru », le donjon central d'un château, celui qu'il faut prendre pour gagner la bataille. Le donjon de la vie chrétienne, c'est d'être transformé à l'image de Christ.
  • Les lettres de Paul sont pleines de problèmes compliqués, à Corinthe comme en Galatie. Ces problèmes comptent, mais quand nous sommes changés à la ressemblance de Jésus, une lumière se lève sur eux et l'espérance revient, aussi dans l'Église.
  • Paul écrit aux Galates qu'il éprouve « de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Christ soit formé » en eux (Galates 4:19). Une femme n'enfante généralement qu'une fois pour un même enfant, remarque le pasteur avec humour, mais Paul accepte de recommencer.

2. Demeurer près de la source

  • Comment être transformé ? En demeurant en Christ, en restant dans son amour. C'est alors que Christ se forme en nous. « C'est peut-être très simple, mais l'Évangile est simple. »
  • Pour résumer la vie de Joseph, le pasteur lit Genèse 49:22 : « Joseph est le rejeton d'un arbre fertile, le rejeton d'un arbre fertile près d'une source ; les branches s'élèvent au-dessus de la muraille. »
  • La muraille, ce sont les murs de la vie : les limites, les contraintes, les obstacles qui semblent dire « tu n'iras pas plus loin ». Humainement, Joseph aurait dû s'arrêter. Il les a franchis les uns après les autres.
  • Le secret n'est ni un talent particulier ni une force propre. Joseph était un arbre planté près d'une source. Au Proche-Orient, où l'eau manque, l'eau est la vie elle-même. Joseph est resté relié à la source de la vie.
  • « Ce qui compte vraiment, ce n'est pas ceci ou cela : c'est de rester attaché à Christ, la source de la vie. »

3. Les nœuds du bambou

  • Le bambou pousse, forme un nœud, repousse, forme un nouveau nœud. Être formé à l'image de Christ ne se fait pas en ligne droite.
  • À chaque saison de la vie, ses épreuves : la vingtaine a les siennes, la trentaine apporte de nouveaux défis. On se heurte à des nœuds, à des murailles.
  • Quand on les franchit, une nouvelle croissance vient. Puis une autre épreuve, une autre étape. C'est ainsi que Christ prend forme en nous.
  • Tu te demandes peut-être pourquoi cela t'arrive. Dieu se sert de ces choses comme de matériaux pour te faire grandir à l'image de Christ et te préparer à porter davantage de fruit.
  • Ce fruit ne s'arrête pas à toi. Jésus est venu pour sauver. Quand nous lui ressemblons, Dieu se sert de nous pour le salut de notre famille, de nos amis, de nos enfants. Le fruit de la sainteté devient un fruit d'évangélisation.

4. Joseph, de la confiance à la prison

  • Joseph est l'avant-dernier des douze fils de Jacob. Son père l'aime beaucoup, d'un amour un peu partial. Ses frères le jalousent, veulent le tuer, puis le vendent comme esclave en Égypte.
  • Dans la maison de Potiphar, Dieu bénit son travail. Son maître lui confie tout ce qu'il possède. Les choses semblent enfin aller mieux.
  • Puis la femme de son maître le remarque et cherche à l'attirer dans une relation sexuelle. Joseph refuse : « Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » (Genèse 39:9). Elle insiste jour après jour, il ne cède pas.
  • Elle finit par l'accuser à tort. Son maître ne l'écoute pas et le fait jeter en prison. La confiance bâtie pendant des années s'effondre d'un coup. Joseph est traité comme un criminel.
  • S'il avait mal agi, on comprendrait. Mais il a voulu vivre avec intégrité devant Dieu. Si l'on découpe cette seule scène, comme un extrait sur YouTube, on ne peut que demander : « Pourquoi, Dieu ? »
  • « Ce qui est merveilleux, c'est que sa vie ne s'arrête pas là. »

5. « C'est fini » : le jour où l'effort n'a pas suffi

  • Le pasteur raconte l'histoire de son fils aîné, aujourd'hui étudiant. Après le lycée, il a passé une année dans une école préparatoire pour entrer en faculté de gestion.
  • Son but : gagner de l'argent pour soutenir un jeune homme qu'il considère comme un grand frère, aujourd'hui évangéliste dans leur Église, et qui veut partir comme missionnaire à l'étranger.
  • Toute l'année, il a fait à vélo les 9 kilomètres qui séparent Aburayama de son école, soit 18 kilomètres par jour, sous la chaleur de l'été et dans le froid. Il rentrait à 22 h 30 et dînait ensuite. Le dimanche, il gardait le culte, jouait avec les enfants et aidait un collégien à préparer son examen d'entrée au lycée.
  • Les résultats n'ont pas été au rendez-vous. Il ne pouvait plus se présenter à l'université visée. En larmes, il a dit : « C'est fini. » Et : « J'ai compris que l'effort n'est pas récompensé. »
  • Le père n'avait pas de mots. Il n'a pu que pleurer avec son fils. Le lendemain matin, dans la prière, Dieu lui a donné Lamentations 3 : « Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne sont pas à leur terme » (Lamentations 3:22). Il a prié : « Même si l'effort n'a pas été récompensé, ta grâce ne s'épuise pas. Fais que mon fils le comprenne un jour. »
  • Aujourd'hui, son fils étudie dans une autre université que celle qu'il visait. Il a rejoint le KGK, un groupe d'étudiants chrétiens, en est devenu responsable cette année et vit sa foi dans la joie.
  • Il y a dans nos vies des moments où l'on pense « c'est fini ». La vie de Joseph ne s'est pas arrêtée en prison. La tienne non plus.

6. « L'Éternel fut avec Joseph »

  • Une expression revient dans Genèse 39 : « l'Éternel fut avec Joseph » (versets 2, 21 et 23). Selon le pasteur, le nom de l'Éternel apparaît douze fois dans l'histoire de Joseph, et huit de ces occurrences, les deux tiers, se trouvent dans ce chapitre.
  • Le moment où Joseph est dans la tristesse, la déception et le découragement n'est pas celui où Dieu est absent. C'est celui où Dieu se révèle à lui.
  • Le pasteur confie que cette découverte a changé sa vie de foi. Quand les choses partent à l'opposé de ce qu'il a demandé, quand Dieu semble ne pas agir, il se souvient de Joseph : c'est précisément là que Dieu était avec lui.
  • « Même quand tu es dans le brouillard et que tu ne comprends plus ce que Dieu fait, c'est à ce moment-là que le Seigneur est avec toi. » Et ce n'est pas la fin : la conduite de Dieu va plus loin.

7. Deux ans de silence pour passer du « moi » à « Dieu »

  • Dieu n'a pas seulement soutenu Joseph en prison. Il a fait grandir sa foi pendant ce temps.
  • Au chapitre 40, le grand échanson et le grand panetier de Pharaon sont emprisonnés. Ils font des rêves, Joseph les interprète, et l'échanson retrouve sa place auprès du roi.
  • Avant qu'il parte, Joseph lui demande : « Souviens-toi de moi […] fais-moi sortir de cette maison » (Genèse 40:14-15). Le pasteur compte six fois « moi » ou « je » dans ces deux versets. Joseph croit en Dieu, mais il reste en lui une part qui veut s'en sortir par ses propres moyens.
  • Joseph s'accroche à l'échanson. Et l'échanson l'oublie (Genèse 40:23). « C'est vraiment le pire, après tout ce que Joseph a fait pour lui. Mais c'est ce dont Joseph avait besoin. »
  • « Au bout de deux ans » (Genèse 41:1) : deux années de silence. Joseph a sans doute été déçu par les hommes, peut-être aussi par sa propre foi. Ce fut pour lui un temps de grâce où Dieu l'a façonné.
  • Toi aussi, tu te demandes peut-être pourquoi la porte ne s'ouvre pas, pourquoi ton plan n'avance pas plus vite. C'est peut-être le temps où ta foi passe d'une foi centrée sur toi à une foi centrée sur Dieu.
  • Quand Pharaon fait appeler Joseph pour interpréter son rêve, Joseph répond : « Ce n'est pas moi ! c'est Dieu qui donnera une réponse favorable à Pharaon » (Genèse 41:16).
  • Plus tard, il nomme son premier fils Manassé, « car, dit-il, Dieu m'a fait oublier toutes mes peines et toute la maison de mon père », et le second Éphraïm, « car Dieu m'a rendu fécond dans le pays de mon affliction » (Genèse 41:51-52). Il ne dit pas « j'ai réussi à oublier » ni « je suis devenu fécond ». Le sujet, c'est Dieu.
  • Passer de « je dois m'en sortir, je dois agir » à « Dieu fait, Dieu a fait, Dieu fera » : voilà la sanctification. C'est ainsi que nous sommes libérés de l'orgueil et tirés du marécage de la déception et du découragement.
  • Le pasteur termine par une prière : que le « moi » qui veut tout régler meure avec Jésus, que Jésus vive en nous, et que notre foi devienne centrée sur Jésus, centrée sur Dieu.

Points à retenir

  • Le cœur de la vie chrétienne n'est pas de régler chaque problème, mais d'être transformé à l'image de Christ.
  • Joseph a franchi ses murailles parce qu'il était planté près de la source. Demeurer en Christ est le secret d'une vie qui porte du fruit.
  • Quand tout s'effondre et que Dieu semble absent, c'est souvent là qu'il est le plus présent : « l'Éternel fut avec Joseph ».
  • Les temps de silence et d'attente peuvent être des temps de grâce où Dieu purifie une foi encore centrée sur soi.
  • Une foi mûre dit « ce n'est pas moi, c'est Dieu ». Le sujet de ta vie devient Dieu.

Application personnelle

  1. Quelle muraille se dresse devant toi en ce moment, et à quelle source puises-tu pour la franchir ?
  2. Y a-t-il une scène de ta vie que tu regardes isolément, en te disant « c'est fini » ? Que changerait la pensée que Dieu est avec toi à cet endroit précis ?
  3. Dans tes prières récentes, combien de fois dis-tu « moi », « je dois », « aide-moi à m'en sortir » ? Sur quel « échanson » comptes-tu pour te tirer d'affaire ?
  4. Traverses-tu un temps où la porte ne s'ouvre pas ? Comment pourrais-tu le recevoir comme un temps où Dieu te forme ?
  5. Dans quel domaine de ta vie pourrais-tu dire cette semaine, comme Joseph : « Ce n'est pas moi, c'est Dieu » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Où était Dieu quand Joseph a été jeté en prison ?

Horo Yokota relève que l'expression « l'Éternel fut avec Joseph » est concentrée dans Genèse 39. Selon lui, le nom de l'Éternel apparaît douze fois dans l'histoire de Joseph, dont huit dans ce seul chapitre. Le moment où Joseph perd tout est justement celui où Dieu se révèle le plus à lui.

Pourquoi Joseph est-il resté deux ans de plus en prison ?

Dans Genèse 40:14-15, Joseph supplie l'échanson de se souvenir de lui, et le prédicateur compte six fois le mot « moi » dans sa demande. L'échanson l'oublie. Pour Horo Yokota, ces deux années de silence ont été un temps de grâce où Dieu a transformé une foi encore centrée sur soi en une foi centrée sur Dieu.

Qu'est-ce qu'une foi centrée sur Dieu selon Genèse 41 ?

Devant Pharaon, Joseph répond : « Ce n'est pas moi ! c'est Dieu » (Genèse 41:16). En nommant ses fils Manassé et Éphraïm, il dit encore « Dieu m'a fait oublier » et « Dieu m'a rendu fécond ». Le sujet de sa vie n'est plus « je » mais Dieu. C'est cela, pour le prédicateur, le fruit de la sanctification.

Toutes les prédications sur « Épreuve »

Ne rate aucune prédication de 油山シャローム教会

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par 油山シャローム教会. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Genèse 39 : le Seigneur est avec toi quand tout s'effondre | Efficient Church