Jacques 1 : de tout cœur avec Dieu, même sous la pression

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Introduction

« Physiquement, je ne sais pas faire le grand écart. Spirituellement, je suis très doué pour ça. » Andrew Ollerton ouvre ainsi une nouvelle série sur l'épître de Jacques à KingsGate Community Church, à Peterborough, au Royaume-Uni. Il avoue savoir chanter le dimanche « je te donne tout, Seigneur », puis faire tout autre chose le lundi. Adorer Dieu avec sa langue, puis critiquer quelqu'un avec la même langue.

Cette posture, dit-il, ruine la vie chrétienne et notre témoignage pour Jésus. Dieu nous a donné deux pieds, mais ils sont faits pour aller dans la même direction. Toute la lettre de Jacques est un appel à vivre « de tout cœur » : remettre toute ta vie entre les mains de Dieu et avancer dans une seule direction avec lui.

Ce message s'appuie sur Jacques 1:1-12 et montre que c'est vrai même sous la pression. Les moments difficiles sont même une occasion de devenir encore plus entier avec Dieu. Le prédicateur déroule trois points : la pression, nous y faisons tous face ; la perspective, nous en avons tous besoin ; la persévérance, il y a une grâce pour elle. Si un domaine de ta vie te semble lourd en ce moment, il t'invite à te pencher sur ce texte.

Plan du message

1. Jacques, du frère sceptique au serviteur de Jésus

  • On pense que l'auteur de la lettre est Jacques, frère ou demi-frère de Jésus. Marie a conçu Jésus sans union avec Joseph, puis le couple aurait eu d'autres enfants, dont Jacques. Il a donc grandi sous le même toit que Jésus : l'école, les jeux, les jouets qu'on se dispute.
  • Pourtant, il ne se présente pas comme « frère de Jésus », mais comme « serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ » (Jacques 1:1). Il a compris que Jésus n'était pas seulement son frère selon la chair, mais le Fils éternel de Dieu.
  • C'est d'autant plus frappant que sa propre famille a douté de Jésus. Un jour, ses proches ont voulu le ramener à la maison, pensant qu'il avait perdu la raison (Marc 3:21). Mais en voyant son frère aîné crucifié, puis ressuscité, Jacques a été convaincu.
  • Il est devenu un responsable de l'Église de Jérusalem. Selon la tradition de l'Église, vers l'an 62, il a été jeté du haut du temple puis lapidé à mort pour sa foi en Jésus.
  • Pour Andrew Ollerton, c'est un argument fort en faveur de la résurrection. S'il voulait convaincre le monde qu'il est le Fils de Dieu, la personne la plus difficile à persuader serait sa propre sœur : elle sait qu'il a été renvoyé d'un camp chrétien pour mauvaise conduite, elle était dans la voiture quand il a été flashé pour excès de vitesse, et elle sait que, petit, il a tué l'unique poisson rouge qu'elle avait. Seule la résurrection explique une conviction pour laquelle Jacques a accepté de mourir.

2. La pression : nous y faisons tous face

  • « Un diamant, c'est un morceau de charbon qui s'en est bien sorti sous la pression. » Scientifiquement, reconnaît le prédicateur, c'est un peu plus compliqué. Mais l'image dit bien ce que Jacques enseigne : les pressions de la vie ne sont pas le problème, elles sont ce que Dieu utilise pour faire de nous des caractères beaux et solides.
  • Jacques écrit « aux douze tribus qui sont dans la dispersion ». Il ne parle pas seulement du peuple juif, mais de l'Église, Juifs et non-Juifs, qu'il compare aux exilés de l'histoire biblique, chassés de leur pays et soumis à des puissances comme Babylone ou Rome.
  • « Si tu te sens parfaitement à l'aise dans le monde en tant que chrétien, tu es probablement en train de faire le grand écart. » Nous vivons dans une culture, sous des puissances et avec des valeurs étrangères. Les premiers lecteurs de Jacques étaient pauvres, opprimés, sans droits.
  • Le prédicateur souligne que Jacques présente les épreuves comme une certitude : tu vas connaître la pression. Et il parle d'épreuves « diverses », une expression très large. Certaines viennent parce que tu es chrétien, d'autres simplement de la vie : pressions financières, relationnelles, professionnelles, de santé.
  • Suivre Jésus n'a jamais été la promesse d'une vie facile. La promesse, c'est que Dieu transforme le charbon en diamant sous la pression.

3. Ne bâtis pas ta théologie sur tes circonstances

  • Ne te dis pas que, si ta vie est difficile en ce moment, Dieu ne t'aime plus. C'est une mauvaise théologie. La personne la plus aimée de toute l'histoire est morte de la mort la plus brutale, sur une croix, à Jérusalem.
  • « Tu ne peux pas déduire ce que Dieu ressent pour toi de ce qui t'arrive. » Ta théologie doit reposer sur l'Écriture et sur l'Évangile. Sinon, tu ajoutes l'insulte à la blessure : non seulement tu traverses une épreuve, mais tu crois en plus que Dieu ne t'aime plus.
  • Aux versets 9 à 11, Jacques renverse les idées reçues sur la richesse et la pauvreté. Beaucoup pensent que la réussite est le signe de la bénédiction de Dieu et la pauvreté celui de son rejet. Jacques dit au frère de humble condition de se glorifier de son élévation, et au riche de se glorifier de son humiliation, car il passera comme la fleur de l'herbe.
  • « Tu ne peux pas savoir ce que Dieu pense de toi d'après ton solde bancaire. » Si ton entreprise grandit, n'en conclus pas que Dieu t'aime davantage. Si rien ne marche, n'en conclus pas qu'il t'a oublié. Lis ta théologie dans la Bible, pas dans tes circonstances.
  • Ce qui compte le plus aux yeux de Dieu, ce n'est pas d'avoir un diamant au doigt, mais un caractère semblable à un diamant. C'est cela qu'il perfectionne en toi.

4. La perspective : nous en avons tous besoin

  • Le but de la vie n'est pas d'éviter la pression : tu n'y arriveras jamais, et si tu es chrétien, elle peut même augmenter. Le but, c'est d'être transformé à travers elle. Pour cela, il faut une perspective qui part du principe que Dieu a un dessein dans ce que tu traverses.
  • Le prédicateur prend l'image de la salle de sport : sur le moment, l'exercice rend plus faible. Après un entraînement intense, on a du mal à enfiler ses vêtements ou à ouvrir la porte en sortant. Mais si tu continues à te présenter et à affronter la résistance, ce qui t'affaiblit sur le moment te rend plus fort avec le temps.
  • « La pression emmène notre foi à la salle de sport. » Les épreuves te font te sentir faible, vulnérable, fragile. Mais si tu les accueilles avec foi, elles te rendent plus résistant, plus solide et plus glorieux aux yeux de Dieu.
  • Andrew Ollerton invite chacun à penser à la chose la plus difficile qu'il vit en ce moment, puis à lire : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés » (Jacques 1:2). C'est un énorme changement de regard.
  • Jacques ne te demande pas d'aimer ce qui est difficile. Il ne dit pas non plus que Dieu cause cette chose pour te faire souffrir. « Ce n'est pas tant ce que Dieu cause que ce que Dieu utilise. »
  • Pourquoi ? « Sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien » (Jacques 1:3-4). Là où la Louis Segond dit « patience », le prédicateur lit « persévérance ».

5. Le raffineur penché sur le creuset

  • Le mot traduit par « épreuve » peut aussi évoquer l'affinage. Le prédicateur cite Malachie 3:3 : le Seigneur « s'assiéra, fondra et purifiera l'argent ».
  • Il décrit Dieu assis au-dessus d'un creuset où l'argent en fusion est purifié par la chaleur, réglant soigneusement le feu pour accomplir son dessein : façonner ton caractère à son image et à sa ressemblance.
  • On raconte que l'affineur savait que son travail était terminé quand, penché sur le métal, il voyait son reflet dans l'argent purifié. Dieu nous a créés à son image (Genèse 1:27). Le péché et la corruption ont abîmé cette image, mais Dieu enlève les scories jusqu'à ce qu'elle se reflète de nouveau en nous.
  • La pression peut affiner ta relation avec Dieu : « Souvent, c'est seulement quand nous savons qu'il est tout ce que nous avons que nous réalisons qu'il est tout ce dont nous avons besoin. »
  • Elle peut affiner tes priorités : une perte ou un chagrin te fait voir que tu vivais pour des choses futiles. Elle peut affiner tes relations : tu réalises que tu blessais tes proches en courant après des chimères sans valeur. Elle peut affiner ta compassion : tu comprends enfin ce que vivent les autres et tu deviens moins froid et moins critique.
  • Considérer l'épreuve autrement, c'est refuser de croire qu'elle est sans but (il y a un dessein) et refuser de croire qu'elle est sans fin (il y a une espérance au-delà).

6. La pression ne suffit pas : demande la sagesse

  • La pression ne produit pas ce fruit automatiquement. Il faut la pression plus la bonne perspective. « Le même soleil qui fait fondre la glace durcit l'argile. » Les mêmes circonstances peuvent amener une personne à se tourner vers Dieu et une autre à se détourner de lui.
  • Le prédicateur a vu beaucoup de gens, parfois sans faute de leur part, réagir au stress par de mauvais moyens et ajouter des problèmes au problème : on se met à boire pour tenir face aux difficultés au travail et on devient dépendant ; on dépense pour compenser une relation qui va mal et on s'endette ; on se jette dans une autre relation après l'échec de son mariage et on cause des ravages.
  • D'où le verset 5 : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » Prie : « Dieu, aide-moi, quand je suis sous pression, à ne pas prendre de décisions précipitées et insensées qui aggravent les choses. »
  • « Sans reproche » : Dieu ne se tient pas au-dessus de toi, les bras croisés, en disant « tu t'es mis dans ce pétrin, débrouille-toi ». Même si c'est un pétrin dont tu es responsable, il a les bras ouverts et te demande : « Comment puis-je t'aider ? »
  • Il n'abandonne pas les gens parce qu'ils se sont trompés. Il aide ceux qui se sont trompés à remettre les choses en ordre. C'est le même Dieu qui a livré son Fils à la mort sur la croix pour nos péchés et l'a ressuscité.

7. La persévérance : il y a une grâce pour elle

  • Ce que la salle de sport produit, c'est l'endurance, la force, la résistance. C'est ce que Dieu veut bâtir en toi : la capacité de tenir jusqu'au bout.
  • Les exilés rentreront un jour à la maison. Au bout de cette vie de luttes et d'épreuves, nous entrerons dans la nouvelle création, où ces choses ne seront plus. Dieu peut te donner la grâce de tenir jusque-là. Tu n'as pas à plier sous la pression.
  • « Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment » (Jacques 1:12). Un jour, tu te réjouiras de ne pas avoir cédé ni fait de compromis quand la vie était dure.
  • Nous sommes comme les fleurs des champs : là aujourd'hui, partis demain. Le prédicateur raconte que cet été, lors du Big Church Festival, alors qu'il montait une colline avec d'autres, un grand panneau est tombé sur des personnes juste devant eux, et l'une d'elles est décédée. Ils étaient à environ deux secondes de se trouver eux-mêmes dessous. Un rappel solennel : demain n'est garanti à personne.
  • Alors règle les choses aujourd'hui. Vis dans la pureté et la sainteté. Si tu n'as pas pardonné à quelqu'un, pardonne-lui aujourd'hui. S'il y a quelque chose que tu aurais dû faire, fais-le aujourd'hui. Passe cet appel. Serre dans tes bras quelqu'un que tu aimes au lieu de le tenir à distance.

8. Tu peux perdre, mais tu n'abandonnes pas

  • Plus jeune, Andrew Ollerton jouait au rugby à l'école. Son père venait parfois le regarder et criait beaucoup depuis la ligne de touche. Un jour, en fin de match, son équipe était trop menée et les joueurs avaient cessé de jouer.
  • Son père a crié son nom de famille, puis : « Ce n'est pas grave de perdre, mais tu n'abandonnes pas. » Il ne l'a jamais oublié.
  • Même chrétien, tu connaîtras des pertes, des revers et des déceptions. Ce n'est pas grave de perdre. Mais n'abandonne pas. Ne laisse pas l'épreuve t'empêcher de jouer de tout cœur pour le Seigneur.
  • Au-delà de cette vie, il a une couronne de vie à poser sur ta tête. Et dans cette vie, toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu (Romains 8:28).
  • En fin de message, le prédicateur invite ceux qui traversent une épreuve à tendre les mains, comme un creuset, en y déposant devant Dieu ce qui fait mal, et à prier : « Seigneur, donne-moi ton regard sur mon épreuve. Aide-moi à ne pas gaspiller la pression que je vis, mais à la laisser affiner mon caractère. » Puis il appelle ceux qui vivent à moitié, un pied à l'église et l'autre dans leur propre vie, à poser les deux pieds et à suivre Jésus de tout cœur.

Points à retenir

  • Dieu nous a donné deux pieds pour aller dans la même direction : arrête le grand écart spirituel et vis de tout cœur pour Jésus.
  • Les épreuves viendront. Elles ne disent rien de l'amour de Dieu pour toi : lis ta théologie dans la Bible, pas dans tes circonstances.
  • Ce n'est pas tant ce que Dieu cause que ce que Dieu utilise. Comme un affineur, il se sert de la chaleur pour refléter son image en toi.
  • La pression ne transforme pas automatiquement : il faut la bonne perspective et la sagesse que Dieu donne simplement et sans reproche.
  • La persévérance mène à la couronne de vie. Ce n'est pas grave de perdre, mais n'abandonne pas.

Application personnelle

  1. Dans quel domaine de ta vie fais-tu le grand écart : ta langue, ton travail, ton argent, tes relations ?
  2. Quelle est l'épreuve la plus difficile que tu vis en ce moment ? Qu'est-ce que Dieu pourrait vouloir affiner en toi à travers elle ?
  3. As-tu tiré de tes circonstances une conclusion sur l'amour de Dieu que la Bible contredit ?
  4. Sous la pression, vers quoi te tournes-tu pour tenir ? Prends un moment aujourd'hui pour demander à Dieu sa sagesse.
  5. Y a-t-il quelqu'un à qui pardonner, un appel à passer ou un geste d'affection à faire aujourd'hui, sans attendre demain ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves » (Jacques 1:2) ?

Andrew Ollerton précise que Jacques ne te demande pas d'aimer ce qui est difficile, ni ne dit que Dieu cause ton épreuve pour te faire souffrir. La question n'est pas tant ce que Dieu cause que ce que Dieu utilise. Tu peux considérer l'épreuve autrement parce que Dieu s'en sert pour produire en toi la persévérance et te rendre parfait et accompli, sans faillir en rien.

Si ma vie est difficile, est-ce que Dieu ne m'aime plus ?

Non. Pour le prédicateur, c'est une mauvaise théologie de juger l'amour de Dieu d'après ses circonstances. La personne la plus aimée de toute l'histoire, Jésus, est morte sur une croix romaine. Ta théologie doit reposer sur l'Écriture et sur l'Évangile, pas sur ce qui t'arrive, ni sur l'état de ton compte en banque.

Pourquoi Jacques parle-t-il de demander la sagesse au milieu des épreuves ?

Parce que la pression ne transforme pas automatiquement. Le même soleil qui fait fondre la glace durcit l'argile : les mêmes circonstances rapprochent une personne de Dieu et en éloignent une autre. Il faut la pression plus la bonne perspective. Dieu promet de donner la sagesse à tous, simplement et sans reproche (Jacques 1:5), même quand tu es dans un pétrin dont tu es responsable.

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